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Carnets de clandestinité

De
176 pages
À 16 ans, Moshé Flinker fuit les Pays-Bas avec ses parents, ses cinq soeurs et son jeune frère pour tenter d’échapper aux persécutions nazies.

Arrivé à Bruxelles, désoeuvré et sans repères, il commence à écrire en hébreu son Journal dans lequel il retranscrit des scènes de la vie quotidienne et suit très attentivement l’évolution de la guerre. Il analyse l’histoire juive et, animé d’une foi profonde, acquiert la conviction que la création d’un État sur la terre ancestrale est la seule réponse possible à une tentative d’extermination unique dans l’histoire. Il comprend aussi que la connaissance de la langue arabe est un élément essentiel de la coexistence future en Eretz Israel et se met à apprendre l’arabe.

L’un de ses écrits se termine par ces mots : « J’ai l’impression d’être mort. Me voici. » Arrêté, suite à une dénonciation, il est déporté le 19 mai 1944 à Auschwitz avec ses parents et deux de ses soeurs.

En octobre 1944, son père et lui sont évacués d’Auschwitz vers le camp de Stutthof situé aux environs de Dantzig, au nord de la Pologne. En novembre 1944, ils sont transférés à Echterdingen, près de Stuttgart, d’où ils sont envoyés à Bergen-Belsen. Ils y arrivent, épuisés, le 22 janvier 1945 et y disparaissent.

Retrouvés à Bruxelles par ses soeurs après la guerre, dans la cave de l’immeuble où avait vécu sa famille, ces cahiers disent avec force et acuité les angoisses spirituelles d’un jeune garçon juif, d’une étonnante maturité intellectuelle et politique. Plus encore ils donnent à voir la supériorité des armes de l’esprit sur la force brute.


 
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À la recherche de Moshé Flinker
par Guy-Alain Sitbon
« Ce n’est pas moi qui ai choisi mon personnage, c’ est lui qui est venu me chercher. » J’ai toujours pensé que cette phrase n’ était qu’une coquetterie d’écrivain jusqu’à ce que j’en arrive après plusieurs années de proximité avec le texte, lectures et relectures, travail de traduction, recherche du man uscrit, à devoir me rendre aussi à cette évidence : les péripéties du texte et autour du texte étaient si nombreuses et de toutes natures que j’en suis arrivé à me demander si une main invisible ne me guidait pas – ou essayait de me perdre. C’est à New York, où je vivais alors, dans une petite librairie du Lower East Side, que j’ai découvert la version anglaise du journal de Moshé Flinker dans l’édition publiée par Yad Vashem sous le titreYoung Moshé Diary. Le choc fut immédiat et durable, suivi d’une interrogation lancinante qui m’a poursuivi lo ngtemps et me poursuit encore : pourquoi ce texte est-il inconnu du grand public ? La comparaison avec Anne Frank était à l’époque immédiate – nous étions en 1979 et c’était pratiquement le seul journal d’adolescent publié et auréolé d’un succès quasi planétaire. Les années passent. La vie professionnelle m’éloigne du sujet. Le journal de Moshé reste toujours inconnu sauf de quelques très rares spécialistes ou écrivains. Aharon Appelfeld y fait une très belle mais brève allusion dans un de ses romans. Saul Friedländer le cite et lui consacre plusieurs pages dans son livreLes Années d’extermination. Quelques pages sont publiées dansL’Enfant et le Génocide de Catherine Coquio et Aurélie Kaliski. C’est peu. Je décide de le traduire et de le faire publier pour essayer d’y remédier. En 2009, je commence la rédaction d’un mémoire universitaire et le projet nécessite la consultation du manuscrit du journal dont j’ai à l’époque toutes les raisons de penser qu’il se trouve à Yad Vashem à Jérusalem. Par le plus grand des hasards, un ami me met en contact avec la personne responsable du service Justes des nations originaires des Pays-Bas à Yad Vashem. Grâce à elle j’apprends très vite que le manuscrit ne s’y trouve plus mais est entre les mains de la famille qui vit à Jérusalem. La rencontre avec la famille de Moshé eut lieu à Jérusalem, dans le quartier de Méa Shéarim. C’est là que vit Léa, la sœur dont Moshé parle dans son journal. Elle aussi a été arrêtée et déportée en même temps que lui mais elle est revenue. Revenue aussi des camps, Esther, la sœur aînée, est décédée, de m ême qu’Aharon, le jeune frère. Mais les autres sœurs étaient là : Gusta, Rivka et Rachel, ainsi que leur belle-sœur. Ce fut un moment inoubliable tant l’émotion était palpable, tant l’amour et l’admiration pour le jeune frère disparu étaient grands. Elles e n parlaient comme d’un ange au Paradis. Très vite elles donnent leur accord à mon entrepris e de publication, sensibles elles aussi au fait que leur frère n’a pas la reconnaissa nce qu’il mérite au panthéon des jeunes diaristes ayant vécu pendant la Shoah. Plus tard, la famille me communique le fac-similé du journal. Ce sont quatre cahiers manus crits. Le journal lui-même (24 novembre 1942 au 6 septembre 1943) et trois aut res cahiers de travail qui comprennent notamment les pages d’exercices en arabe, des textes de la Bible et de la tradition juive que Moshé a recopiés ou retranscrits de mémoire, mais aussi et surtout, inscrits en marge ou au milieu d’autres textes, des poèmes et des textes en prose de Moshé.
1 La confrontation de ma traduction – effectuée à partir de l’édition en hébreu de Yad Vashem – au manuscrit a mis au jour de nouveaux écrits de Moshé qui n’avaient jamais été publiés et permis de rétablir l’ordre des textes des quatre cahiers tels qu’ils étaient lorsqu’ils ont été retrouvés par les sœurs de Moshé Flinker.
1. Tous les textes en hébreu dont Moshé Flinker est l’auteur ont été traduits par Guy-Alain Sitbon. Les pages écrites en néerlandais ont été traduites à partir de la version hébraïque. Cette traduction a ensuite été confrontée au texte original néerlandais avec l’aide d’Hélène Sobel.
Moshé Flinker
Moshé Flinker est né à La Haye en 1926. Son père et lui meurent probablement d’une épidémie de typhus à Bergen-Belsen.
Götz ALY et Susanne HEIM
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Relégué en page 7
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En Pologne, après la Libération
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Ouvrage publié sous la direction de Georges Bensoussan
Pour la traduction française : © Calmann-Lévy, 2017
COUVERTURE Maquette :Nicolas Trautmann Photographie :Troupe allemande remontant la rue du Cantersteen à Bruxelles au mois d’août 1941. © Jimmy Bourgeois – Bruxelles.
ISBN : 978-2-7021-6130-2
www.calmann-levy.fr
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