Douze lettres aux Français trop tranquilles

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A ceux qui, lorsque tout change autour d'eux, souhaitent qu'on ne les trouble pas dans leur torpeur.

A ceux qui, parce qu'il y a des idéologies en faillite, croient qu'il n'y a plus d'idées qui vaillent.

A ceux qui ne savent plus s'ils veulent devenir Européens, rester Français, être à la fois Français et Européens, ou n'être plus rien du tout.

A ceux qui admirent, sans réserve aucune, les institutions de la Ve République.

A ceux qui croient que, parce que la nation est souveraine, le parti au pouvoir doit être souverain.

A ceux qui croient que, face à l'Etat, ils peuvent demeurer libres en restant seuls.

A ceux qui ne voient pas comment l'on pourrait à la fois respecter la dignité de tous les hommes et sauvegarder la personnalité de la France.

A ceux qui ne sont pas convaincus des vertus de la tolérance.

A ceux qui croient que la société française est déjà bien assez libre et qu'il faut refermer la " parenthèse libérale ".

A ceux qui croient que c'est à la collectivité seule d'assurer la justice, et que, pour y parvenir, elle doit sans trêve alourdir le poids qui pèse sur les individus et aggraver leur dépendance.

A ceux qui ne rêvent pas assez, qui croient qu'il est impossible de créer une autre société où la dignité de chacun soit mieux reconnue.

A ceux qui craignent que la France n'ait plus rien à dire au monde.
Publié le : samedi 1 septembre 1990
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Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782213652788
Nombre de pages : 240
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A ceux qui, lorsque tout change autour d'eux, souhaitent qu'on ne les trouble pas dans leur torpeur.

A ceux qui, parce qu'il y a des idéologies en faillite, croient qu'il n'y a plus d'idées qui vaillent.

A ceux qui ne savent plus s'ils veulent devenir Européens, rester Français, être à la fois Français et Européens, ou n'être plus rien du tout.

A ceux qui admirent, sans réserve aucune, les institutions de la Ve République.


A ceux qui croient que, parce que la nation est souveraine, le parti au pouvoir doit être souverain.

A ceux qui croient que, face à l'Etat, ils peuvent demeurer libres en restant seuls.

A ceux qui ne voient pas comment l'on pourrait à la fois respecter la dignité de tous les hommes et sauvegarder la personnalité de la France.

A ceux qui ne sont pas convaincus des vertus de la tolérance.


A ceux qui croient que la société française est déjà bien assez libre et qu'il faut refermer la " parenthèse libérale ".

A ceux qui croient que c'est à la collectivité seule d'assurer la justice, et que, pour y parvenir, elle doit sans trêve alourdir le poids qui pèse sur les individus et aggraver leur dépendance.

A ceux qui ne rêvent pas assez, qui croient qu'il est impossible de créer une autre société où la dignité de chacun soit mieux reconnue.

A ceux qui craignent que la France n'ait plus rien à dire au monde.
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