Félix Eboué de Cayenne au Caire 1884-1944

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« Le 17 mai 1944, à l’Hôpital français du Caire, mourait Félix Eboué, gouverneur général de l’Afrique Equatoriale Française, Compagnon de la Libération, membre du Conseil de Défense de l’Empire. Quatre ans auparavant, alors gouverneur du Tchad, il maintenait dans la guerre trois millions de kilomètres carrés, situés au cœur de l’Afrique. Il fut en effet le premier parmi les chefs coloniaux à refuser l’armistice, entraînant ainsi dans la Résistance toute l’Afrique équatoriale et le Cameroun. Il repose au Panthéon national, parmi les plus grands serviteurs de la France ; aux Antilles et en Afrique noire, l’histoire de sa vie se confond déjà avec la légende. Puissent les enseignements du gouverneur général Félix Eboué, fondés à la fois sur un profond amour de la France et de l’Afrique, être médités et compris avant qu’il ne soit trop tard ». Jean de La Roche, Le gouverneur général Félix Eboué, 1957.

Publié le : dimanche 1 janvier 2012
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EAN13 : 9782844509093
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FÉLIX ÉBOUÉ, LES GRANDES ÉTAPES D’UNE VIE
La Guyane
La famille de Félix Eboué est originaire d’Afrique. Ses ancêtres, captifs africains, furent transportés en Guyane pour y être vendus comme esclaves : on les retrouve enre-gistrés sur les habitations Sainte-Anne et l’Ermitage dans la région de Roura. L’aïeule de Félix, Henriette veuveEboé,n’accède à la liberté qu’avec l’application en Guyane du décret d’abo-lition de l’esclavage le 10 août 1848. Félix Eboué nait le 26 décembre 1884 à Cayenne. Il est le fils d’Urbain Yves Eboué (orpailleur et responsable de placer) et de Marie Joséphine Aurélie Léveillé. Il est le quatrième enfant d’une famille qui en compte cinq. Bon
Aurélie Léveillé, dite Man Lie, mère de Félix Eboué.
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élève au collège de Cayenne, mais sans excès, il obtient toutefois en juillet 1901 une bourse de la colonie pour poursuivre sa scolarité à Bordeaux, au Lycée Montaigne.
Maison natale de Félix Eboué, rue Christophe-Colomb à Cayenne.
Collège de Cayenne, début e XXsiècle.
L’ancien hôtel de ville de Cayenne (jusqu’en 1925).
Les années d’études
Félix Eboué embrasse les études avec intérêt, tant à Bordeaux qu’à Paris. Il est avide de culture et de connais-sances, lit beaucoup et fréquente les musées. Bachelier en 1905, Félix Eboué se rend à Paris pour préparer une licence de droit et son concours d’entrée à l’Ecole colo-niale. Reçu en 1906, il en sort diplômé en 1908 et, en fonction du classement de la moyenne obtenue, il est affecté à Madagascar. Mais, désireux de découvrir
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Vue du port de Bordeaux au e début duXXsiècle.
l’Afrique, il permute avec un de ses camarades antillais, Raymond Ferjus, pour une affectation au Congo : « Les hommes de ma génération ont vécu dans une atmosphère d’aventure, d’exploration. Le mystère de l’Afrique a poussé beaucoup d’entre nous vers le conti-nent noir. L’Afrique, berceau de mes ancêtres, a tou-jours exercé sur moi une attirance. » Au cours de l’un de ses congés en Guyane, il fait la connaissance d’Eugénie Tell, une institutrice, qu’il épouse le 14 juin 1922 à Saint-Laurent-du-Maroni.
Félix Éboué à l’Ecole coloniale (vers 1906).
École coloniale, Paris (en 1935).
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Carte de l’Oubangui-Chari et du T chad (P. Pollachi,Atlas colonial français. Paris, L’Illustration, 1929).
Administrateur colonial en Afrique
Arrivé à Brazzaville en 1909, Félix Eboué est affecté en Ouban-gui-Chari. Ce qui aurait pu n’être qu’un passage dans la car-rière d’un jeune admi-nistrateur va durer : Eboué y reste vingt-et-un ans (1909-1931). L’Afrique équatoriale française est alors tou-jours en cours d’explo-ration et de pacifica-tion, et toutes les régions de l’Oubangui-Chari ne sont pas paisibles. Affecté dans la circonscription d’Ouham, en qualité de chef de poste à Bouca (1909-1911), il est confronté aux compagnies concessionnaires dont les exactions provo-quent régulièrement les révoltes des peuples, qu’il doit soumettre par la force ou la négociation (les peuples Jaré). Eboué maintient l’ordre, assure la collecte des taxes et contribue à pacifier les territoires encore inconnus des Morouba. De 1911 à 1913, il est successivement nommé à Bozzoum – où cohabitent les peuples Mandja, Baya et Banda – puis à Ombello-Mondjo, comme administrateur de deuxième classe. En 1914, chef de la subdivi-sion de Kouango, il obtient la reddition des peuples rebelles, les Langbassi, grâce à l’alliance
Ci-contre : Eboué, administrateur en Oubangui-Chari.
En bas : résidence du gouverneur à Bangui.
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du chef local Sokambi, dont il étend les pouvoirs. Il fait alors valoir son droit à ses congés et part quelques mois en Guyane. En juillet 1918, il est nommé chef d’une des plus grandes circonscriptions de la colonie, celle d’Ouaka. Il y retrouve ses amis, le Guadeloupéen Henri Vendôme, les Guyanais Robert Hermine et René Maran. Il introduit dans ce territoire les cultures d’arachides, de sésame, de riz et de ricin. Il développe la prospection minière et fait construire les routes de Bambari, de Bangui. Passionné de recherches anthropologiques, Eboué publie dès 1918 uneGrammaire sango,banda, baya et mandjia, ainsi que des études portant sur les structures sociales et politiques des communautés africaines. Avec l’aide de son épouse, il publie une étude relative àLa clef musicale des langages tambourinés et sifflés. En dépit des bons résultats obtenus, la carrière de Félix Eboué n’avance pas : «Il doit enfouir en lui-même les injures des uns, l’ingratitude des autres, endurer le choc du préjugé de couleur et s’armer d’audace contenue dans l’accomplissement de son quotidien labeur.»
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« Musiciens arabes » en Oubangui-Chari.
Danseuse d’Oubangui, vers 1940.
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