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Fins des biens et des maux

De
338 pages
« Que poursuit la Nature comme la chose la plus désirable de toutes ? Que fuit-elle comme le pire des maux ? » Pour répondre à ces questions et tenter ainsi de déterminer la Fin de l’homme, seule garante de la « vie heureuse », Cicéron convoque dans son premier traité éthique (45 av. J.-C.) les philosophies post-aristotéliciennes, confronte leurs « arts de vivre », et juge leur aptitude respective à assurer le bonheur. La forme dialoguée fait saisir sur le vif comment des éthiques si différentes (en particulier épicurienne et stoïcienne) ont été construites à partir de la « tendance première » des êtres vivants – un principe dont le choix constitue une innovation souvent méconnue. Ce texte offre, sur la période hellénistique et les dernières années de la République romaine, un témoignage d’autant plus exceptionnel que les œuvres des auteurs mentionnés sont perdues. Et, parce qu’il met au cœur des débats la notion d’honestum, insiste sur le « métier » d’homme et défend la « société » universelle, Cicéron se révèle « premier avocat de l’idée d’humanité » (Stefan Zweig). Cette traduction du De finibus bonorum et malorum est la première complète en français depuis les années 1930.
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Cicéron
Fins pes biens et pes maux
GF Flammarion
© Flammarion, Paris, 2016. Déôt légal : ISBN Eub : 9782081387386
ISBN PDF Web : 9782081387379
Le livre a été imrimé sous les références : ISBN : 9782081382633
Ouvrage comosé et converti ar Meta-systems (59100 Roubaix)
Présentation de l'éditeur « Que poursuit la Nature comme la chose la plus dés irable de toutes ? Que fuit-elle comme le pire des maux ? » Pour répondre à ces ques tions et tenter ainsi de déterminer la Fin de l’homme, seule garante de la « vie heureuse », Cicéron convoque dans son premier traité éthique (45 av. J.-C.) les philosophies post-aristotéliciennes, confronte leurs « arts de vivre », et juge leur apt itude respective à assurer le bonheur. La forme dialoguée fait saisir sur le vif comment d es éthiques si différentes (en particulier épicurienne et stoïcienne) ont été cons truites à partir de la « tendance première » des êtres vivants – un principe dont le choix constitue une innovation souvent méconnue. Ce texte offre, sur la période hellénistique et les dernières années de la République romaine, un témoignage d’autant plus exceptionnel q ue les œuvres des auteurs mentionnés sont perdues. Et, parce qu’il met au cœu r des débats la notion d’honestum, insiste sur le « métier » d’homme et dé fend la « société » universelle, Cicéron se révèle « premier avocat de l’idée d’huma nité » (Stefan Zweig). Cette traduction du De finibus bonorum et malorum e st la première complète en français depuis les années 1930.
De Cicéron dans la même collection
ACADÉMIQUES (édition bilingue) DE LA DIVINATION (édition bilingue)
Fins des biens et des maux
REMERCIEMENTS
L'introduction et la traduction ont été relues et p onctuellement corrigées par Catherine Dalimier et par Pierre Pellegrin. Je tien s à leur exprimer ma gratitude ainsi qu'aux autres personnes qui, par leurs critiques, l eurs conseils, leurs encouragements, m'ont aidée à diverses étapes de la rédaction, en p articulier Sylviane Bokdam, Denise Blondeau, Frédérique Ildefonse. Je remercie enfin Charlotte von Essen, maître d'œuv re experte, patiente et généreuse de cette édition. Je dédie cette traduction à la mémoire de Françoise Kerleroux, l'amie linguiste dont les remarques me guidèrent lors de mes premiers ess ais.
José KANY-TURPIN
Le texte latin à partir duquel cette traduction a é té établie est téléchargeable gratuitement sur le site des éditions Flammarion.
INTRODUCTION
Composé en 45 avant l'ère chrétienne, le dialogue s ur lesFins des biens et des maux (De finibus bonorum et malorum), premier des grands traités éthiques de 1 Cicéron , s'inscrit résolument dans la tradition socratique en définissant la sagesse comme l'art de vivre. Il présente puis soumet à une critique systématique les principales théories grecques en vigueur sur la Fin de la conduite humaine, cette finalité qui précisément détermine les normes de la sagesse : « Quelle est la Fin, le but, le terme ultime auquel doivent être rapportés tous nos projets de vivre bien et d'agir correctement ? Que poursuit la Nature comme la chose la plus désirable de 2 toutes ? » (I, 11) . C'est assurément l'un de nos principaux documents s ur le sujet, parfois même le seul, pour la période hellénistique et romaine : sa ns lui, on ignorerait la doctrine de l'académicien Antiochus d'Ascalon, contemporain de Cicéron, ou bien encore le classement des éthiques grecques établi par Carnéad e de Cyrène quelque cent ans plus tôt. Cependant, l'intérêt de cet ouvrage foisonnant n'es t pas seulement doxographique. Il tient aussi, et peut-être surtout, à la méthode cho isie. La recherche est menée à partir d'un principe dont l'importance et la singularité f urent mises en lumière par Jacques 3 Brunschwig . L'ouvrage examine en effet comment les philosophe s hellénistiques et Antiochus ont tenté de déterminer la Fin de l'homme en observant celui-ci « au berceau ». Il offre ainsi un des rares témoignages sur cette conception novatrice selon laquelle l'éthique trouve son commencement et son p rincipe directeur dans la tendance première de l'homme, tendance naturelle commune à t ous les êtres animés. Or le naturalisme de l'éthique grecque soulève une questi on majeure : dans quelle mesure est-il conciliable avec une culture donnée et plus précisément avec « les mœurs » 4 (mores) dont se réclame le nom même de morale ? Cette problématique forme en quelque sorte le fil rouge de l'ouvrage. Le dialogu eDe finibusdonc un présente témoignage historique et anthropologique exceptionn el sur la période hellénistique et sur les dernières années de la République romaine. Mais il fait mieux : en mettant la notion d'honestumau cœur des discussions et en esquissant celle de s ujet moral, en insistant sur le « métier » d'homme, il pose les ba ses d'un humanisme que reconnaîtra la postérité. C'est en cette qualité qu'il fut reçu à l'aube de la Renaissance par Pétrarque (lequel avait acquis probablement en 1343 l'un des manuscrits du traité, récemment parvenu en Italie) et, au début du XVe siècle, par d'autres humanistes, 5 notamment le Pogge, qui contribua à sa diffusion da ns le cercle florentin . Il joua dès lors un rôle important dans le développement de l'é thique occidentale jusqu'aux Lumières. Une autre préoccupation de Cicéron peut fasciner un lecteur contemporain : son souci pédagogique et linguistique. Lorsqu'il examin e la puissance des diverses théories dont il a connaissance (notamment épicurie nne et stoïcienne), il prend autant en compte la rigueur de leur démonstration que la v alidité du principe adopté. Il montre en particulier le rôle du système de la langue dans l'édification des systèmes de pensée. Enfin, il questionne l'usage technique de l a langue grecque par les philosophes, allant jusqu'à transcrire certains ter mes grecs avant de les traduire. Ce
qet, en général, les limites deui permet d'évaluer ses « décisions » de traducteur l'exercice de traduction dans le domaine théorique.
A. Présentation générale
Fins des biens et des mauxdans le projet philosophique de Cicéron
6 Ce dialogue est le troisième des ouvrages que Cicéron consacra à des questions exclusivement philosophiques, après son éloignement forcé de la vie politique en 47. « Si je me suis mis à exposer en détail la philosop hie, la raison en est le malheur de la 7 cité […]. Comme notre République avait subi ce sort , me trouvant dépossédé de mes fonctions antérieures, j'ai repris mes anciennes ét udes parce que c'était le meilleur moyen d'affranchir mon esprit de ses chagrins, mais aussi pour me rendre utile à mes 8 concitoyens par quelque moyen que je pourrais . » En l'espace de trois ans, Cicéron écrivit ou dicta onze traités abordant les divers d omaines de la philosophie : la logique, l'éthique et la physique. Porter à la connaissance de ses compatriotes les idées d'auteurs grecs éminents sur les principaux thèmes de la philosophie, voilà, dit-il, son 9 projet . Il composa l'Hortensiusrant(dont il ne reste que des fragments) sans doute du l'hiver 46-45. Cette exhortation à la philosophie é tait achevée, semble-t-il, quand sa fille 10 Tullia mourut à la mi-février 45 . Cicéron avait alors soixante et un ans. La rapidi avec laquelle il composa ensuite son œuvre philosop hique ne manquera pas de surprendre. Mais seule cette activité apportait un « soulagement » à ses souffrances et 11 à ses peines , y compris durant ses nuits d'insomnie : «Nihil somni », écrivait-il à son ami Atticus au moment de la rédaction du dialog ue sur lesFins, en juin 45. Deux ans et demi plus tard, en novembre 43, alors même q u'il rédigeait sa deuxième Philippiquecontre Antoine, il composa son dernier traité,Des devoirs. Quelle place leDe finibusquedans « l'exercice de la philosophie »  occupe-t-il constitua pour Cicéron la rédaction de ses traités après la mort de sa fille ? Entrepris après uneConsolationperdue, le premier d'entre eux, les aujourd'hui Académiques, était achevé en mai 45. Dans le résumé de son œuvre qu'offre son traitéDe la divinationmanière de philosopher me, Cicéron le présente ainsi : « J'ai montré quelle 12 paraissait la moins présomptueuse, la plus cohérent e et la plus élégante . » Diffusé 13 peu après lesAcadémiques, au début du mois de juillet 45, le dialogue sur l esFins fut suivi desTusculanesique :, ces « conférences » consacrées de nouveau à l'éth « La vertu, si elle existe, se tient au-dessus de t outes les vicissitudes humaines », à savoir la mort, la douleur, le chagrin et les divers « troubles de l'âme ». Vient ensuite la trilogie :De la nature des dieux,De la divination,Du destin, sujets relevant traditionnellement de la physique. Dans leDe fato(Du destin), écrit après la mort de César, Cicéron réfute la notion d'une nécessité abs olue et il essaie de fonder ontologiquement la liberté humaine. Le dernier ouvr age philosophique,Des devoirs, revient, après les traitésDe l'amitiéetDe la vieillesse, à un thème central de l'éthique : la notion de métier d'homme, présentée à la fin du premier traité éthique, s'explicite alors dans les devoirs. Au début du livre II desFinsue du, l'auteur rappelle très brièvement à quelle pratiq discours philosophique il s'est rallié : celle de l a Nouvelle Académie sceptique, fondée