Gilbert Bayard. Diplomate et secrétaire des Finances de François Ier

De
Publié par

Le 31 mars 1547 François Ier vient de mourir. Henri II lui succède et rappelle aux affaires le connétable de Montmorency, qui en avait été éloigné quelques années auparavant. Gilbert Bayard est alors arrêté et jeté en prison où il mourra quelques mois plus tard. Qui est-il ? Et pourquoi un tel sort lui est réservé ?

Bien que souvent cité dans les biographies de François Ier, Gilbert Bayard, baron de La Font, est resté dans l'ombre. Pourtant, cet Auvergnat est demeuré au service du grand roi François pendant près de vingt-cinq ans. D'abord valet de chambre ordinaire, il est devenu avec les années l’un des principaux conseillers du souverain, constituant avec quelques autres la matrice des futurs secrétaires d'État, innovation du règne suivant.

Cette étude propose donc de lever le voile sur cet homme, qui par son investissement personnel, s’est véritablement hissé au rang d’homme d’État.

Publié le : lundi 1 janvier 2007
Lecture(s) : 64
Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782952973007
Nombre de pages : non-communiqué
Voir plus Voir moins
Cette publication est uniquement disponible à l'achat
CHAPITRE PREMIER La famille de Gilbert Bayard LA FAMILLEBAYARDLes origines de la famille Bayard sont difficiles à appréhender. Certes plusieurs notices généalogiques existent, cependant, la plupart du temps nous y trouvons de nombreuses incohérences. Daprès le comte de Chateaubodeau, dans un article 1 quil publie en 1934 , les premiers membres connus de cette famille sontToussainte etPierre Bayard, frères, vivant auXVsiècle, qui sont des conseillers au Parlement de Paris et des familiers du duc de Bourgogne, Philippe le Bon. MaistreToussaint Bayard a embrassé le parti bourguignon de bonne heure. En effet, il participe à la révolte cabochienne de 1413, à Paris, menée par Simon Caboche et manipulée par Jean sans Peur. Il est dailleurs frappé, à la suite de cet événement, dune sentence dexil et de bannissement prononcée par le roi Charles VI 2 le Fou pour sa participation aux troubles . Toussains Bayart est créé conseiller le 22 juillet 1418. Il est malade et presque aveugle le 19 février 1419. Sous Charles VII, il est porté au Rôle des XXII, le 28 novembre 1432. Le 28 février 1438, Toussains Baïart, ex-conseiller des XXII, sur décision du duc de Bourgogne, est reçu comme conseiller honoraire au Parlement, parce quil a perdu la vue. Il revient siéger aux 3 Enquêtes, lors de leur rétablissement le 8 octobre 1439 . Il meurt probablement en 1442, puisque à cette date Jean Cantelau est reçu comme conseiller le 12 juin,au lieu de feu Toussains Baïart. Il devait être un personnage important puisquil marie sa fille unique,Jeanne Bayard, en 1423, à maistre Jehan Cotereau, médecin du duc de Bourgogne, Philippe le Bon, et conseiller en son Grand Conseil. Ce Jehan Cotereau était le petit-fils de Jean Cotereau et de Yolande de Trie, fille du comte de Dammartin. De cette alliance naquirent trois enfants, dont Robert Cotereau (1432-1490), qui sauva la vie de Charles le Téméraire à la bataille de Montlhéry en 1465. Ce Robert Cotereau, aimé de Jeanne Hachette, fait chevalier par le Téméraire, devint lieutenant de ses fiefs en Brabant puis maître dhôtel et chambellan de lEmpereur Maximilien. Maistre Pierre Bayard, qui est quant à lui lancêtre des Bayard du Bour-bonnais, apparaît plus effacé ou plus sage que son frère, même sil est également 1 Bulletin de la Société dÉmulation du Bourbonnais, tome XXXVII, 1934, Moulins, pp. 222 à 227. Les sources du comte de Chateaubodeau sont les Dossiers bleus à Bayard  Chérin, volume 69, dont nous ferons dailleurs plusieurs mentions par la suite. Cependant, Chérin, quil ne faut pas toujours croire, fait des raccourcis. En effet, il fait de Toussaint Bayart lépoux de la fille du comte de Dammartin. 2 M.L. Bellaguet,Chronique du Religieux de Saint-Denys, Paris, imp. de Crapelet, 1852, tome V, p. 173. 3 Edouard Maugis,Histoire du Parlement de Paris, tome I, Burt Franklin, New York, p. 64.
7
GILBERT BAYARD
qualifié de familier de Philippe III le Bon. Ainsi, le premier ancêtre connu, et effectivement communément cité, estPierre Bayard, seigneur deMonclard, dans la paroisse dAubiat et deLa Chaize, dans la paroisse de Saint-Jean-de-Vensat. 4 Et ce Pierre Bayard a épousé, vers 1450, à Issoire, une certaine Alix Foreste . Cependant, nous tenons à préciser que le fief de La Chaize ne sera acquis quen 5 1477 par lun de ses fils et que la seigneurie de Monclard ne le sera quant à 6 elle, par les Bayard, que beaucoup plus tard, vers 1570 ; dailleurs, contrai-rement à ce que nous pouvons souvent lire, aucun membre de cette famille napparaît comme titulaire de ce fief avant cette date. Ainsi, même si Pierre Bayard et Alix Foreste sont les premiers ancêtres connus de cette famille, ils ne possédaient visiblement aucun des fiefs que lon a voulu leur attribuer. Enfin, nous ajou-terons, quil est très peu probable, comme lécrit le comte de Chateaubodeau, que Pierre Bayard servit sous le duc Pierre de Bourbon, en effet, ce dernier ayant hérité du duché à partir de 1488, cela donnerait un âge plus que vénérable à notre conseiller au parlement de Paris. Nous pensons quil sagit plutôt de son fils Pierre, qui servit les Beaujeu et dont nous parlerons plus loin. Plutôt quà Issoire, à Barberier, petite commune de lAllier et non loin de la frontière entre les duchés de Bourbonnais et de Bourgogne, nous trouvons une autre trace dun Bayard. En effet, le 19 décembre 1453,Loys Bayard, escuier, dit tenir du duc de Bourbonson hostel et manoir parellement avironné de foussez, un jardin ou verger aussi avironné de foussez, []lesquelles chouses sont assises en la chastellenie dUssel, au terroir et paroesse de Barbairiet, avec cens et rentes, le tout étant estimé à 8 livres, 12 sols et 6 deniers de rente 7 annuelle . De fait, ce Louis Bayard pourrait être également un parent ou un aïeul de Gilbert, confirmant le berceau bourbonnais de cette famille. Et comme nous allons le voir dun point de vue géographique, cela est tout à fait possible. Les enfants de Pierre Bayard et dAlix Foreste sont quatre frères :MerlinouMartinBayard, dont nous ne savons rien et qui paraît être mort jeune et sans 8 alliance ;Pierre, évoqué précédemment, seigneur de La Chaize en 1501, mort 9 semble-t-il sans alliance, inhumé dans léglise des Célestins de Vichy , qui est
4 Comte de Remacle Dictionnaire Généalogique Familles dAuvergne, 3 tomes et index, Clermont-Ferrand, 1995, A.R.G.H.A.  tome I, p. 155 et Dossiers Bleus 69 (Français 29614) R. 194409 fol. 24-25 BNF, La Font en Bourbonnois  Bayard.5 André Lapeyre et Rémy Scheurer Les Notaires et Secrétaires du roi sous les règnes de Louis XI, Charles VIII et Louis XII (1461-1515),Bibliothèque Nationale, 1978, 2 volumes, tome I, Paris, notices personnelles, tome II, généalogies et index. tome I, p. 23, notice 36. Le château de La Chaize, aujourdhui La Font, sur la commune de Vensat, existe toujours, bien que beaucoup transformé. 6 Bulletin de la Société dÉmulation du BourbonnaisXVI, 1908, Moulins, p. , tome 293. En outre une famille de Montclard existe une génération plus tard et est effectivement titulaire de ce fief, dont elle tire dailleurs sans doute son nom. 7 Ibid., p. 291. 8 Comte de Remacle,ouvr.cit., tome I, p. 155 et Dossiers Bleus, idem. 9 Comte de Remacle,ouvr. cit., tome I, p. 155 etBulletin de la Société dÉmulation du Bourbonnais, tome XVI, 1908, Moulins, p. 292.
8
GILBERT BAYARD
peut-être le conseiller de Charles VIII ainsi que son trésorier et receveur général 10 des comtés de Roussillon et Cerdagne en 1486 et 1488 . Le troisième frère est Maistre Anthoine Bayard,Conseiller de Monseigneur le roy, qui a acquis une charge de notaire et de secrétaire du roi, office qui confère la noblesse au 11 premier degré depuis 1485 . Loncle de Gilbert connaît une brillante carrière de trésorier et receveur général des finances en Languedoc, Beaujolais, Lyonnais et Forez puis comme trésorier, receveur général et procureur réal en Roussillon et 12 Cerdagne, sous les règnes de Louis XI, Charles VIII et Louis XII . Antoine Bayard épouse à une date inconnue Jehanne de Belleteste, alias Jehanne Barette ou 13 14 Baretelle, dame du Colombier , fief semble-t-il situé à Aigueperse , et sur la famille de laquelle nous ne savons rien. Il acquiert le 14 août 1477, pour la somme 15 de 440 livres tournois la seigneurie de La Chaize , située à quelques kilomètres dAigueperse, sur la paroisse de Saint-Jean-de-Vensat, doù est originaire son épouse. Il se porte également acheteur de celle de Langlas ou Langlard, qui sétend surles parroisses de Gannat, de Mazeriet, de Sauzet et de Rochefort. Il enfaictles foy et hommaige au roi le 30 août 1489. Il est précisé quil a acquis ce chastel et seigneurie de Langlar et ses appartenances assises en nostre païs de 16 Bourbonnois. Ce fief est situéJean de Montmorin et de son frère Pierre  de entre sa seigneurie auvergnate de La Chaize et celle que possédait Louis Bayard, dont nous avons parlé précédemment, à Barberier, à une quinzaine de kilomètres de là. Nous verrons par la suite que les principales seigneuries des Bayard se situeront toujours dans les environs immédiats du manoir de ce possible ancêtre ou parent. Ce qui laisse dailleurs supposer, avec une certaine conviction, à labbé Peynot, en 1908, que cest bien le petit fief deLoys Bayard,le nid féodal où 17 serait éclos maistre Anthoine Bayart.
10 John Hinsdale Scheide Collection (C074), Princeton University Library, Department of Rare Books, Manuscripts Division, Item n° 159-4286. Communication de Madame Margaret Sherry Rich, Reference Librarian/Archivist. Cette collection comporte un livre de comptes relatif à un déplacement royal et établit par Pierre Bayard, conseiller de Charles VIII (1483-1498), trésorier et receveur général de e Roussillon. Cette pièce était encore conservée à Castres dans la première moitié duXXsiècle et quand on sait quune branche de la famille Bayard sy fixa, on est tenté de penser que ce Pierre Bayard avait toutes les chances dappartenir à cette famille. En outre, il apparaît pourvu de loffice de trésorier et receveur général de Roussillon en 1486, alors que son frère lavait été précédemment de 1480 à 1486 (André Lapeyre et Rémy Scheurer,ouvr.cit., notice 36, p. 23). 11 Maigne,Abrégé méthodique de la science des armoiries, édition Pardès, Puiseaux, 1991, p. 418 et e Hélène Michaud,La Grande Chancellerie et les écritures royales auXVIsiècle (1515-1589), édition Presses Universitaires de France, Paris 1967, pp. 107 à 110. 12 Comte de Remacle,ouvr. cit., tome I, p. 155 ; André Lapeyre et Rémy Scheurer,ouvr. cit., pp. 22 et 23, notice 36 et Dossiers Bleus,idemfol. 24. 13 Archives Nationales, P. 483, C. 30. 14 André Lapeyre et Rémy Scheurer,ouvr. cit., p. 23. Ce fief est à présent nommé le Boyrond. 15 Ibid., p. 23  Nous sommes maintenant en Auvergne, dans le comté de Montpensier. 16 1 Archives Nationales, P. 484, C. 125  1356 , C. 201 etBulletin de la Société dÉmulation du Bour-bonnais, tome XVI, 1908, Moulins, pp. 290 et 291 et tome VIII, 1900, Moulins, p. 228, n° 1. Aujourdhui Langlard, commune de Mazerier, Allier. 17 Bulletin de la Société dÉmulation du Bourbonnais, tome XVI, 1908, Moulins, p. 291.
9
GILBERT BAYARD
Antoine Bayard sest fixé par la suite à Tours, comme en témoigne le par-tage de ses biens et de ceux de son épouse par leurs filles, dans cette ville, le 28 mai 1526. Il est décédé entre avril 1502, date à laquelle il exerce toujours son office de finance en Languedoc et 1506, date à laquelle lune de ses filles est sous la tutelle de Jeanne de Belleteste. Il laisse comme enfants quatre filles : Louise, dite laînée, dame de la Réaudière, mouvant de Tours, mariée en pre-mières noces à Jean Bourdin, seigneur de la Planche, paroisse de Maillé-Lailler, en Touraine, en 1508, qui fut notaire et secrétaire des rois Charles VIII et Louis XI ainsi que contrôleur général des finances de Normandie. Louise épou-18 sera en secondes noces Michel de Ballan, chevalier, seigneur de Maulévrier ; autreLouise, née à Aigueperse le 8 mars 1467, baptisée en la Sainte-Chapelle de cette ville, ayant pour parrain, Louis, comte de Montpensier et pour marraine Gabrielle, la fille de ce dernier, et qui épouse le 7 avril 1494 à Berthenay, Indre-et-Loire, noble homme Claude Le Voys, élu dOrléans, seigneur de Barbe-19 ronville, dont elle est veuve en 1522 et 1551 ;Françoise, sous la tutelle de sa mère en 1506, mariée en 1509 à André Porte, chevalier, clerc puis conseiller au parlement de Paris, maître des requêtes ordinaire de lhôtel et juge du ressort de Lyon. Ces deux dernières filles ont reçu en dot, chacune, le quart de la seigneurie de 20 Langlard . Antoine Bayard et Jeanne de Belleteste laissent égalementMadeleine, mariée à Thomas Bohier, maire de Tours en 1497, général des finances, cham-er bellan, secrétaire des finances, qui servit sous Charles VIII, Louis XII et François I et surtout qui est le célèbre bâtisseur de Chenonceau. Cet Auvergnat, dont la famille est originaire dIssoire, est le fils dAustremoine Bohier, anobli en 1490, et de Béraude Duprat, ce qui fait de ce grand financier le cousin germain du er 21 futur chancelier de François I , Antoine Duprat . Le père de Gilbert,MichelBayard, quatrième fils de Pierre Bayard et dAlix Forest, malgré sa carrière, est resté sur les terres familiales du Bourbonnais et dAuvergne. Il serait né vers 1453. Dès lâge de 15 ans il voyage avec Jean Briçonnet, receveur général des finances et diplomate de Louis XI. Signalé comme
18 Comte de Remacle,ouvr.cit.155, Dossiers Bleus,, tome I, p. idem et André Lapeyre et Rémy Scheurer,ouvr.cit., tome I, p. 51, notice 87. 19 Ibid., tome I, p. 155 et André Lapeyre et Rémy Scheurer,ouvr.cit., tome II, Pl. XI.Minutes des notaires de Paris (1551), Centre Historique des Archives Nationales (Paris) Fonds : MC, cote : ET/XIX/101, Louise Bayard est toujours vivante le 6 décembre 1551, elle est qualifiée de veuve de noble homme Claude Levoix, élu à Orléans. Lacte mentionne sa belle-fille noble dame Catherine Vaillant de Guélis, veuve de noble homme Claude Levoix, seigneur de Barberonville et conseiller au Parlement de Paris. Ce Claude II Levoix est décédé le 19 mars 1551. 20 IbidI, p. 155 et., tome Bulletin de la Société dÉmulation du BourbonnaisXVI, 1908,, tome Moulins, p. 292  Archives Nationales, P. 452, C. 70 et P. 483, C. 30. 21 Ibid., tome I, pp. 214 et 215. À la suite du décès de sa première épouse, Magdeleine Bayard, vers 1513, il devait épouser Catherine Briçonnet, fille de Guillaume Briçonnet, général des finances, cardinal, et de Raoulette de Beaune. Thomas Bohier mourut le 24 mars 1524 à Vigelli, en Italie. Quant à Antoine Duprat, il était lui-même fils dAntoine Duprat et de Jacqueline Bohier (Comte de Remacle,ouvr.cit., tome III, pp. 144 et 145).
10
GILBERT BAYARD
22 secrétaire des guerres, commis par Jacques Berziau le 30 mai 1487 , lieutenant 23 du procureur royal en Roussillon en 1493 , également qualifié la même année 24 de conseiller et trésorier du roi de France , il est envoyé par Louis XII pour tenir le compte des fortifications de Narbonne, Carcassonne et autres places fortes du Languedoc, le long de la frontière avec le Roussillon. Sous Charles VIII, de 1494 à 1496, il suit Gilbert de Montpensier en Italie, où ce dernier occupe Naples en qualité de vice-roi. Atteint de la goutte à lâge de 45 ans il se retire à Aigueperse, où il devient élu sur le fait des aides et tailles au bas pays dAuvergne par lettres 25 du 28 mai 1498 . Le 21 février 1503, ilconfesse tenir en foy et hommaige de Madame la duchesse de Bourbon, à cause de Gannat, le lieu, terre et chastellenie et mandement de Bassignat, avec les droiz et appartenances, ensemble la justice haulte, moyenne et basse, cens, rentes, prez, terres, garennes et autres revenus, droitz, devoirs, prouffictz et esmollumens dud. Lieu et chastellenie de Bassignat, plus 30 setiers, 5 coupes froment, mesure Gannat, 29 sols et 4 deniers, 4 gélines sur différents tènements ; le tout estimé valoir chascun an, par commune estimation, 25 livres. Il a acquis ce fief, situé sur la paroisse de Charmes, en 1501, denoble homme 26 François de la Pouche, escuyer, seigneur de la Ribe et de Bassignat. Il reçoit la seigneurie de La Chaize, probablement à la mort de son frère Pierre et ou 27 après le départ dAntoine pour la Touraine . Un auteur le qualifie aussi de seigneur de Vaussac, sur la paroisse de Paray, mais nous pensons que cette titulature est 28 erronée . À Aigueperse, cest lui qui fait probablement construire un hôtel parti-culier, dans les restes duquel on distingue encore aujourdhui les armes des Bayard 29 sculptées sur la fenêtre géminée dune pièce voûtée dogives .Maistre Michel
22 André Lapeyre et Rémy Scheurer,ouvr.cit., tome I, p. 34, notice 54. 23 Bulletin de la Société Agricole, Scientifique & Littéraire des Pyrénées Orientales, imp. J. Comet, 1833, p. 244. 24 Ibid., p. 46. Il est chargé avec Jean Coloma, secrétaire et commissaire de Ferdinand II le catho-lique, lors de la restitution du Roussillon au roi dAragon, de liquider les sommes dues à ce dernier. 25 Comte de Remacle,ouvr.cit., tome I, p. 155 ; Pierre Lacour,SPARSAE, Association culturelle  Aigueperse et ses environs2, février 1984, p. 14 et, n° Bulletin de la Société dÉmulation du Bourbonnais, tome XXXVII, 1934, Moulins, pp. 223 et 224. Dans lancienne France, uneélectionétait une circonscription financière administrée par un élu. 26 Ibid.,tome I, p. 155 etBulletin de la Société dÉmulation du BourbonnaisXVI, 1908,, tome 1 Moulins, p. 292, terrier du doyenné dEscurolles et Archives Nationales P. 458 , C. 81. 27 Ibid.,tome I, p. 155 etBulletin de la Société dÉmulation du Bourbonnais, tome XVI, 1908, Moulins, pp. 292 et 293. 28 Cet auteur est le commandant du Broc de Segange, dans son article sur la famille de La Loëre, dans leBulletin de la Société dÉmulation du BourbonnaisXVII, 1909, Moulins, p. 71. Je, tome pense personnellement, quil y a confusion entre le fief de Marsat, près de Riom, dont la famille Bayard deviendra acquéreur à la génération suivante, et le château de Marsah ou Marzat, situé à Voussac. En outre, nous ajouterons quun Jean de La Loëre, seigneur de Bonnefond, protonotaire apostolique était prieur commendataire de Voulsac mais de toute façon, lalliance avec les La Loëre ne se fera quà la génération suivante. (Registre de la noblesse de France,dHozier, troisième registre, p. 632, La Loëre). À moins quil ne faille voir dans Vaussac, Vensat, paroisse dans laquelle se trouve le fief de La Chaize. 29e Olivier Paradis Aigueperse à la fin duXVIsiècleSPARSAE  Association Culturelle dAigueperse, n° 25, janvier 1992 et Pierre Lacour,et ses environs Aigueperse SPARSAE, Association culturelle 2,, n° février 1984, pp. 14 et 15.
11
GILBERT BAYARD
Bayarddonc un personnage important dans le duché de Bourbonnais et est dAuvergne, non seulement par ses possessions, mais aussi par ses charges, car outre son office délu, il est conseiller au conseil de Madame Anne de France, dame de Beaujeu, duchesse de Bourbonnais et dAuvergne ; et depuis la mort de Louis XI en 1483, elle est devenue le premier personnage du royaume, assurant courageusement la régence jusquà lémancipation de Charles VIII. Cest certai-nement elle qui lavait attaché au service du jeune roi. Daprès le comte de Château-bodeau, Michel Bayard est mort à Aigueperse, à lâge de 60 ans, certainement vers 1513. Dailleurs, le 28 août 1522, lune de ses nièces fait foi et hommage 30 de sa part de Langlard par procuration et ne fait pas appel à lui . En outre nous navons plus trace de lui après 1503. Il est inhumé à Notre-Dame dAigueperse, dans la chapelle Saint-Laurent, dite chapelle des Bayard, quil avait fait ajouter à léglise dAigueperse et dont la clef de voûte porte ses armes :dazur au 31 chevron dor accompagné de trois étoiles du même.La mère de Gilbert Bayard, Marie-Gilberte Coiffier, appartient quant à elle à une vieille lignée de serviteurs des Bourbon. Ils habitent Aigueperse et y pos-sèdent dailleurs un hôtel voisinant avec celui des Bayard. Le probable bisaïeul de Marie-Gilberte, Guillaume Coiffier, marié à Isabeau de Laubespin, est conseiller et contrôleur de la maison du comte de Montpensier en 1387 et cest sûrement lui qui est secrétaire du duc de Bourbon et garde scel de son duché en 1412. Le grand-père maternel de Gilbert Bayard, Michel Coiffier, est maître des eaux et forêts du comté de Montpensier et a épousé Gilberte Goy, dame de la Guesle, 32 issue dune vieille famille noble dAigueperse . Les deux frères de Marie-Gilberte, ainsi que ses quatre beaux-frères, sont tous des serviteurs des Bourbon. Son frère aîné, Gilbert Coiffier, est seigneur de la Motte-Mazerier, fief immédiatement voisin de celui de Langlard. Ce Coiffier sera lauteur de la branche des Coiffier 33 dEffiat et ainsi lancêtre dAntoine Coiffier et du célèbre marquis de Cinq-34 Mars . Certains généalogistes font de Marie-Gilberte Coiffier la fille et non pas 35 la petite-fille de Guillaume . Nous ne le pensons pas. En effet, dans une lettre de Gilbert Bayard à Jean Breton du 26 novembre 1530, Gilbert fait référence à
30 Bulletin de la Société dÉmulation du Bourbonnais, tome XVI, 1908, Moulins, page 292. 31 Comte de Remacle,ouvr. cit., tome I, p. 155 et Pierre Lacour,SPARSAE, Association culturelle  Aigueperse et ses environs, n° 2, février 1984, p. 14. 32 Ibid., tome I, p. 531 et tome II, p. 211 et Dossiers Bleus,idem. Daprès le comte de Remacle, la famille Goy serait peut-être originaire du Vivarais. La Guesle est par ailleurs une maison forte située près dAigueperse. 33 Ibid.,tome II, p. 532. Antoine Coiffier, ditRuzé, mort en 1632, chevalier, marquis dEffiat, près dAigueperse, baron de Massy et de Longjumeau. Il fut secrétaire dÉtat. Nommé surintendant des finances en 1626, grand-maître de lartillerie en 1629, lieutenant-général des armées du roi en Piémont en 1630 et maréchal de France en 1631. 34 Ibid.,tome II, p. 532. Henri Coiffier dEffiat (1620-1642), ditRuzé dEffiat, marquis de Cinq-Mars, fils du précédent, capitaine des gardes du roi en 1635, maître de sa garde-robe en 1637 et grand écuyer de France en 1639. Favori de Louis XIII, il participa à une intrigue contre le roi et le cardinal de Richelieu, pourtant son bienfaiteur. Il fut arrêté à Lyon, jugé et condamné à mort. La sentence fut exécutée le 12 septembre 1642, il eut la tête tranchée. 35 André Lapeyre et Rémy Scheurer,ouvr.cit., tome II, Pl. XI.
12
GILBERT BAYARD
soncousin Mynars, il ne peut donc sagir que dun fils dune des surs de Marie-Gilberte, en loccurrence Charlotte, mariée avec Antoine Minard, châtelain 36 de Gannat. Marie-Gilberte est donc bien la fille de Michel Coiffier . Michel Bayard et Marie-Gilberte Coiffier ont eu au moins quatre enfants : Gilbert, objet de notre étude ;Jean, abbé de Saint-Austremoine dIssoire en 1533 sous le nom de Jean III ;Michelle, femme de Jean Chabon ou Chambon, sieur ou seigneur de Montpensier en 1538, veuve en 1565 et toujours vivante en 37 1569 ; etFrançoise, mariée à Jehan de, dame de la Tillye, paroisse de Fleury La Loëre, conseiller au parlement de Paris, receveur général de Languedoc, 38 seigneur de Paray-sur-Briailles et mort le 13 août 1528 . Nous reparlerons plus bas de la famille bourbonnaise de ce dernier. Ainsi Gilbert Bayard vient-il au monde au sein dune famille dauthentique, quoique de petite noblesse, possédant fiefs, ayant occupé et occupant des charges importantes auprès des ducs de Bourgogne et des Bourbon, ainsi quauprès des rois de France. Depuis au moins deux générations, ses membres sont des familiers du pouvoir. Elle porte :dazur au chevron dor accompagné de trois étoiles du 39 40 même; et non pasdazur, au croissant dargent, qui sont en fait les armes déclarées en 1696 à lArmorial général, au bureau de Moulins, par un Jean Bayart, marchand, visiblement non parent de nos Bayard. LES ÉPOUSESQuelques mots maintenant sur les deux femmes de Gilbert Bayard avant de 41 commencer létude de sa vie. Il épouse en premières noces le 6 mai 1508 , Madeleine Robertet, fille de François Robertet, seigneur des Buillons en Forez, notaire et secrétaire du roy et de Monseigneur le duc de Bourbon, esleu du Bas 42 Auvergne et receveur pour le roy en Forestz, et qui est également bailli dUsson et de Colette de La Loëre. François Robertet, grand serviteur et poète, qualités
36 Lettre de Gilbert Bayard à Jean Breton du 26 novembre 1530 [Malines]  BNF fr.3081, f°58. 37 Comte de Remacleouvr. cit., tome I, p. 155. 38 Ibid.etBulletin de la Société dÉmulation du Bourbonnais, tome XVII, 1909, Moulins À propos dun jeton  La famille de la Loëre, p. 71 et André Lapeyre et Rémy Scheurer,ouvr. cit., tome II, Pl. LIX. 39 Bulletin de la Société dÉmulation du Bourbonnais, tome XXXVII, 1934, Moulins, p. 227. 40 Soultrait (comte Georges de),Armorial du Bourbonnais, Moulins, imp. Desrosiers et Fils, Moulins, 1857. 41 André Lapeyre et Rémy Scheurer,ouvr.cit., tome II, Pl. XI. 42 Ibid., tome I, notice 590, p. 283 et Comte de Remacle,ouvr.cit., tome I, p. 155 et Molinet,Les Faictz et Dictz,édition N. Dupire, Paris, Société des anciens textes français, 1936-1939, 3 volumes, tome II, pp. 844-845.
13
GILBERT BAYARD
43 quil a sans nul doute hérité de son père, Jean Robertet , est aussi le frère du célèbre Florimond. Les familles Robertet et Bayard se connaissent déjà, elles fréquentent toutes deux la cour des Beaujeu, une tante maternelle de Gilbert, 44 Anne Coiffier a épousé Antoine de Ceriers, fils dAmable et de Jeanne Robertet , sur de François et de Florimond et les deux familles sont alliées aux Bohier. Nous ne savons rien de la date du décès de Madeleine Robertet. La seconde épouse de Gilbert est Marguerite de Porte, dame du Poujet, qui est dite, selon le comte de Remacle, veuve de Jean Vialle, élu de Tulle en lélection du Limousin et fille de François de Porte, seigneur du Poujet, en 45 Limousin, notaire et secrétaire du roi, et de Colette de La Loëre . Si bien que Bayard aurait conservé la même belle-mère dune épouse à lautre, ce qui expli-querait pourquoi, le 12 février 1531, le mariage est conclu avec dispense de co-parenté avec la première femme de Gilbert ? De fait, nous savons très peu de choses sur cette famille de Porte qui, comme nous lavons vu plus haut semble déjà alliée aux Bayard. Quelques recherches sur les anciennes familles du Limousin nous apprennent cependant que Noble Louise de La Loëre, veuve dès 1506 de Pierre Brossard, conseiller en lélection dAvranches, était encore qualifiée entre 1509 et 1545 de dame du Pouget, sur la paroisse de Saint-Martial-de-Gimel et de Porte, maison noble de Tulle, ainsi que veuve de Pierre Laporte, bourgeois et riche marchand de Tulle. Il est précisé enfin quelle eut pour fille Marguerite de Porte, citée en 1540, dame des mêmes fiefs entre 1552 et 1563, rentière sur Celaur et Poissac, laquelle est mariée à X. Bayard, dont elle eut un 46 fils Gilbert, etc. Quant à Jean Vialle ou Vealle, nous trouvons également, à Tulle, vers 1510 et en 1529, un Jean Vialle, seigneur ou sieur du Rieucros ou 47 Rioux, qualifié délu du Bas-Limousin , probablement donc le premier époux de Marguerite de Porte. Rieu, Rioux, Rieucros, Rioucros, il sagit certainement de la terre du Rieu, en Limousin, dont héritera Gilbert Bayard fils. Marguerite 48 de Porte survivra à Gilbert Bayard et testera le 19 janvier 1563 . 43 C.-A. Mayer et D. Bentley-Cranch,Florimond Robertet ( ?-1527) Homme détat français, édition Honoré Champion, Paris, 1994. pp. 18-19. Jean Robertet, né vers 1402 et décédé vers 1494, inhumé à Montbrison était bourgeois de Montbrison, bailli dUsson et dIssoire, secrétaire des ducs de Bourbon, notaire et secrétaire des rois Charles VII, Louis XI et Charles VIII et poète connu en son temps. Il avait épousé en premières noces Madeleine Bohier et en secondes noces Louise Chauvet. 44 Pierre Bayle, dans sonDictionnaire historique et critique,  Sixième édition  A-B. A Basle, chez Jean Louis Brandmuller  MDCCXLI  tome I A-B, pp. 335 et 336, note (B), fait de Jeanne Robertet la fille aînée de Florimond. Il précise quAmable de Cériers était au moment de son mariage leplus riche jeune homme de Riomet quil était fils dune Mariliac. 45 Comte de Remacle,ouvr. cit.,et André Lapeyre et Rémy Scheurer, tome I, p. 155 ouvr.cit.I,, tome notice 546, p. 263. 46 J.-B. Champeval,Dictionnaire des Familles Nobles et Notables de la Corrèze, Laffitte Reprints, Marseille, réimpression de lédition de Tulle 1911-1913, tome I, pp. 254 et 319. Sur les Laporte, dont rien ne nous dit quil sagisse de la famille Porte ou de Porte, nous lisons également que Prudent-Pierre Laporte, qualifié de père du marchand Pierre en 1465, faisait hommage en 1500 pour la Grandie, à Sainte-Férréole. Le Gilbert Bayard dont il est fait ici mention, est un fils de notre Gilbert. 47 Ibid., pp. 141, 242 et 379 et Lapeyre et Scheurer,ouvr. cit., tome II, Pl. XI. 48 Comte de Remacle,ouvr. cit., tome I, p. 155.
14
Soyez le premier à déposer un commentaire !

17/1000 caractères maximum.

Diffusez cette publication

Vous aimerez aussi