Grottes ornées - Un guide raconte…

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Voilà maintenant plusieurs années que l’auteur, Jean-Marie Pelletant, entraîne néophytes et passionnés dans un incroyable voyage au coeur des grottes ornées du Périgord, marchant sur les traces de notre ancêtre direct Homo sapiens, autrement nommé Cro-Magnon, tentant d’oeuvrer à la reconnaissance posthume de nos « grands maîtres » fresquistes du Paléolithique supérieur.

Son ouvrage, Grottes ornées, un guide raconte…, offre à toutes et à tous l’occasion de se transposer plusieurs milliers d’années en arrière et d’entrevoir l’esprit et les motivations de nos ascendants directs d’alors, nos « grand-pères », nos « grand-mères ».

Un voyage initiatique et non académique au coeur de l’émotion. Une vraie « lettre à Cro-Magnon » au travers des millénaires…


« Le spectacle est impressionnant, émouvant… Jean-Marie, le guide, par la faculté qu'il a de mettre en scène les fresques, de faire en sorte que le visiteur perçoive l’image comme l’Homme de Cro-Magnon, est passionnant… »

AMÉLIE GAUTIER, Sud Ouest

Publié le : vendredi 18 septembre 2015
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Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782954748801
Nombre de pages : 126
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Préface
Les débuts de saison touristique nous ont habitués, par-ticulièrement en Périgord, à voir fleurir une abondante litté-rature destinée au grand public. La thématique « pré-histoire » étant une des spécialités de la région, il paraissait logique de saluer la sortie d’un nouvel ouvrage sur l’art pariétal… Un de plus, parmi tant d’autres, à tenter une place de choix dans les vitrines d’un libraire, mais bénéficiant tout au moins de la personnalité et de la qualification de son auteur,Jean-Marie Pelletant.Ce dernier, en sa qualité d’agent du patrimoine du ministère de la Cultureresponsable des visites dans un des plus prestigieux sanctuaires paléolithiques de France, la grotte deFont-de-Gaume, possède une légitimité qui ne peut lui être contestée. Certes, l’auteur n’est pas le premier à passer, depuis de longues années, la plus grande partie de sa vie professionnelle dans les profondeurs de galeries ornées de peintures et de gravures mondialement connues. Il est en revanche, à ma connaissance, le premier à faire partager ses ressentis, ses questionnements…
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Cette approche originale m’a séduit : une aventure per-sonnelle, forte d’une véritable familiarité, d’une vraie connaissance du milieu souterrain et de l’art préhistorique, ni livresque, ni strictement scientifique, des plus beaux témoignages de la première expression symbolique de l’hu-manité, éprouvée, expérimentée pour ainsi dire… Par ailleurs il ne s’agit pas, non plus, à l’évidence, d’une réflexion plus ou moins objective sur l’art paléolithique : c’est bien davantage le créateur, l’artiste, qui est au cœur du questionnement. Certes, le lecteur, pour autant qu’il reste attentif au contenu sans se laisser entraîner par le style qui nous situe d’emblée dans l’ambiance d’une discussion ami-cale, trouvera dans cet ouvrage l’essentiel des acquis en-gendrés par plus d’un siècle de recherches, entre autres, des messages fondamentaux sur la conservation de ce patrimoine particulièrement fragile… Au delà de ce survol des connaissances, de cette petite « encyclopédie raisonnée » de l’art pariétal, il était également plausible de se risquer, fort des enseignements du passé, à une réflexion sur le monde contemporain et ses rapports avec la nature.Jean-Marie Pelletanta volontiers franchi ce pas et livre ainsi la vision personnelle et dédramatisée qu’il en a, en regard de l’univers prétendument idyllique, qui n’est séparé de nous que par un petit millier de générations humaines… JEAN-JACQUESCLEYET-MERLEAdministrateur des sites préhistoriques de la vallée de la Vézère Centre des monuments nationaux  Conservateur général du patrimoine
Avant-propos
Encore un ouvrage sur l’art préhistorique… En fait, l’art des grottes a fait l’objet de très nombreuses publications rédigées pour la plupart selon des considéra-tions scientifiques. Beaucoup plus rares sont les œuvres lit-téraires faisant appel à des critères relevant du ressenti, de l’émotion éprouvés face à celui-ci. De fait il n’est donc ici nullement question de réécrire sous une autre forme ce que d’autres bien plus érudits ont si bien su relater avant moi. C’est ma position, je dois bien l’avouer privilégiée, de guide en grottes ornées qui m’a tout naturellement amené à faire partager mon expérience ainsi que celle de mes contem-porains, confrontés que nous sommes aux plus vieilles ma-nifestations artistiques du monde, et ce au cœur de milieux si intimes et particuliers que sont les grottes. C’est donc délibérément sous l’angle du sentiment pro-voqué, de la sensation, de l’émoi éprouvés, du poétique, du mystérieux ou encore de l’universel que j’ai choisi de traiter le sujet. Tout au fil des pages qui suivent, c’est bien à l’artiste d’un si lointain passé que je m’adresse directement, lui relatant l’état de notre conscience révélée à son contact et nous per-
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mettant de plonger réellement au cœur de l’esprit humain ancien mais par ricochet inévitable, bien entendu, actuel… En abordant des concepts finalement aussi universels que ceux de l’évolution de nos sociétés, de notre auto-proclamé avancement intellectuel, de notre détachement vis à vis de notre environnement naturel, et la liste n’est pas exhaustive, l’analyse de nos ancêtres directs d’alors ainsi que de leur œuvre, nous entraîne à traiter in fine de thématiques on ne peut plus d’actualité… JEAN-MARIEPELLETANT
Accéder…
Je me sens tout de même écrasé par la majesté du lieu qui m’environne. Au-dessus de ma tête, la falaise s’élève haute et large, striée de traînées noirâtres comme si un incendie l’avait co-loré de ses exploits. L’endroit est réellement très séduisant et c’est une surprenante plénitude qui s’y impose malgré ce-pendant un saisissement permanent. Pour l’agrémenter ce seront des chênes verts rabougris et tortueux environnés d’un lierre d’un vert profond. L’ensemble contribue à la mise en avant des monumentaux pans de calcaire grisâtre comme suspendus en surplomb. On a vécu ici il y a fort longtemps. Ce n’est pas très étonnant. Le paysage offrait certes un aspect très différent mais sa beauté s’avérait certainement égale. Ce fut un lieu choisi. Ces gens-là avaient bon goût, on en reparlera. Une fois confronté au porche de pierre qui m’invite à aller plus avant dans mon entreprise, une halte, une respiration s’imposent à la contemplation du site. Et puis c’est une foule d’interrogations qui fuse déjà dans ma cervelle. Mais bon, chaque chose en son temps… Environné de minéral aux teintes jaunâtres et parsemé de plages d’ocres aux tons rougeâtres, d’un coup d’œil circulaire se dévoile à ma périphérie une voûte quasi-parfaite. Et dire
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que quelques dizaines de millions d’années plus tôt le fond des mers se trouvait là, torturant la roche de ces courants in-cessants, la travaillant, la sculptant, l’érodant afin de nous offrir ce décor si troublant aujourd’hui. Une entrée de grotte c’est généralement ça. Un élément d’un site naturel, vieux, non pas comme le monde… mais presque. Le résultat en tous cas d’un phénomène ancien qui se serait fait un malin et savoureux plaisir de nous surprendre ou encore de nous inquiéter, mais de nous fasciner, assuré-ment. Se trouver là aujourd’hui c’est pour nous se présenter au seuil de la porte d’un autre monde, celui-ci s’avérant alors autant inconnu que déroutant. Un univers à part entière cependant accessible à tout un chacun si peu que l’on accepte de s’armer de curiosité, mais tellement différent de notre environnement connu, que c’est bien la réticence qui va l’emporter pour beaucoup d’entre nous sur le bonheur intense que sa découverte, son explo-ration peuvent procurer. Un monde à part… La nuit tout d’abord. Dans un milieu souterrain c’est l’obscurité qui s’impose. Hiver comme été, de jour comme de nuit, le soleil n’existe tout simplement pas, la lune non plus d’ailleurs, ces notions n’ont même pas lieu d’être et il est très difficile d’imaginer qu’un lieu puisse être demeuré dans l’obscurité de manière permanente depuis la nuit des temps. En outre, et pour être plus explicite, il serait plus exact de parler de noir total et non d’obscurité. La dif-férence majeure étant qu’un individu en milieu obscur voit sa vision s’adapter au fur et à mesure de sa présence. Dans une situation de noir total, cela ne se produit pas. On est alors aveugle les yeux grands ouverts aussi longtemps que l’on y séjourne… À moins, bien évidemment, que l’on
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s’équipe d’un système d’éclairage, obligatoire de toute fa-çon… mais là, c’est évoquer un registre tellement important et spécifique au lieu précis que je souhaite évoquer qu’il sera bon et nécessaire de développer cette notion dans un chapitre ultérieur et particulier… Une autre caractéristique de cet univers si singulier, c’est le profond silence qu’il recèle… Un silence incomparable à tous ceux qu’il nous a semblé saisir à un moment ou à un autre, et cela à des occasions aussi rares que précieuses.Ce noir enveloppant ainsi que cette surdité si entêtante y sont tant omniprésents, qu’ils pourraient bien y devenir pour certains de véritables générateurs d’angoisses, tout comme pour d’autres, d’inattendus révélateurs de leurs propres consciences d’êtres humains. Noir et silence remplissent alors un espace hypothétique à deviner, à ressentir, à savourer. Qui n’a jamais rêvé d’une telle paix, d’une telle sérénité… Les pollutions visuelles et sonores sont tout simplement absentes. Elles n’existent plus. Dans une grotte profonde, notre seule vie subsiste, notre seul cœur bat et l’on peut même l’y entendre et l’y sentir s’y soulever, notre cerveau vient alors s’y révéler et notre seule émotion vient s’y surdimensionner, concourant réellement à une plénitude inégalée, oserais-je dire une jouissance… Voir le noir, l’invisible, écouter le silence et finalement l’entendre entraînent alors à la révélation de nos propres individus. Mais bon, j’anticipe. Pour le moment ma vision extérieure du lieu me fait prendre conscience que si je n’étais préoccupé par les affres et aléas de ma vie d’homme soi-disant moderne, bref si je m’écoutais, je m’installerais bien là, à l’abri du so-leil, de la pluie… Passons.
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