Jeanne d'Arc

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1429. Une jeune paysanne inconnue, venue des bords de la Meuse, parvient à convaincre sa famille, le roi, l'armée et le peuple qu'une mission semblant dépasser l'entendement lui a été confiée, celle de délivrer le pauvre royaume de France. D'Orléans à Rouen, le destin lumineux et tragique de Jeanne d'Arc traverse les siècles et reste aujourd'hui d'une étonnante modernité.
Publié le : dimanche 1 avril 2012
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Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782353911325
Nombre de pages : 28
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Extrait



L'Appel

«Et pour la première fois, j’ai eu grand-peur. » Il est midi, sans doute en plein coeur de l’été 1424. Jeanne, que tout le monde appelle alors Jeannette, se trouve dans le jardin de son père, à Domrémy. Au bas des prés de ce petit village de Lorraine, «la Meuse endormeuse»1 coule paisiblement. C’est jour de jeûne.

Jeanne, treize ans à peine, a soudain la révélation de sa vocation, sinon de son destin : elle entend une voix lui demander de se bien gouverner et de fréquenter l’église. Elle se doit d’être exemplaire parce qu’elle comprend, petit à petit, qu’une mission, semblant dépasser l’entendement, lui a été confiée : relever le pauvre royaume de France dont Dieu a grande pitié. Maintenant elle pleure.

Comment une simple bergerette qui a appris à garder les bêtes et à filer la laine mais qui ne sait ni lire ni chevaucher, et encore moins guerroyer, pourrait-elle triompher des malheurs de son temps?

Jeanne, interrogée en 1429 à Poitiers, par des théologiens que le « roi de Bourges», méfiant, a mandatés pour l’examiner, répondra, non sans humour, à l’un d’eux qui lui demandait quel langage parlait sa voix :
«Meilleur que le vôtre.»

À peine deux ans plus tard, lors du procès de Rouen, face aux juges qui la harcèlent, les voix se sont personnifiées. Saint Michel, puis sainte Catherine – d’Alexandrie – bien populaires en son temps, ainsi que sainte Marguerite, dont il existe, au xve siècle, une statue dans l’église de Domrémy, lui ont fait connaître la volonté de Dieu.

L’iconographie magnifiera ces interventions célestes tandis que, à l’inverse, les rationalistes du Siècle des Lumières et leurs disciples réduiront ces prodiges à néant ou presque: la tendance à la mélancolie d’une petite paysanne élevée par une mère d’une grande piété et qui s’abandonne, bercée par les cloches de son village, à quelques rêveries… Ne dit-on pas que le royaume livré par une femme – Isabeau de Bavière – aux Anglais sera repris par une toute jeune fille ? « Et si c’était moi ?»

Une chose est sûre : Jeanne a la foi chevillée au corps et c’est ce qui compte face aux dures épreuves qui l’attendent.
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