Jules César

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En dépit de l’admiration qu’on porte depuis toujours au conquérant des Gaules, au vainqueur de la guerre civile, à l’amant de Cléopâtre et au bâtisseur d’empire, on a trop longtemps méconnu la singularité de César. On en a fait souvent, à la suite de ses détracteurs, un patricien soucieux de sauvegarder les positions de l’aristocratie, un soldat heureux mais surtout habile propagandiste, un autocrate aspirant à la tyrannie et peu regardant sur les moyens.
C’est mal mesurer la part prise par son génie propre dans sa destinée : il ne s’est ni servi ni prévalu de sa naissance, comptant plutôt sur sa force de séduction et son charisme de chef. Refondateur des institutions d’une République à bout de souffle, architecte d’une nouvelle société faisant leur place à des couches nouvelles, unificateur et organisateur des conquêtes de Rome, et même réformateur de la religion, cet homme quasi invaincu n’échoua qu’en un seul domaine : se constituer un parti assez solide pour asseoir durablement sa domination sur l’Etat, et pour imposer de lui-même l’image de père de la patrie. Les conjurés des ides de mars (44 av. J.-C.), unis par la seule détestation des nouveautés introduites par un homme qui les dépassait infiniment, l’assassinèrent sans profit réel. Car son œuvre répondait à une telle nécessité
historique qu’elle devait lui survivre des siècles : en peu d’années, son fils (adoptif) put faire fructifier un héritage qui était au fondement de l’exceptionnel rayonnement qu’eut le « siècle d’Auguste ».

Professeur émérite de l’université de Bordeaux-III, historien et archéologue, président de la Fédération historique du Sud-Ouest, correspondant de l’Institut, Robert Etienne est l’un des meilleurs historiens de la Rome antique. A côté de livres et d’articles savants, il a publié une célèbre Vie quotidienne à Pompéi.

Publié le : mercredi 18 juin 2008
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EAN13 : 9782213638737
Nombre de pages : 334
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En dépit de l’admiration qu’on porte depuis toujours au conquérant des Gaules, au vainqueur de la guerre civile, à l’amant de Cléopâtre et au bâtisseur d’empire, on a trop longtemps méconnu la singularité de César. On en a fait souvent, à la suite de ses détracteurs, un patricien soucieux de sauvegarder les positions de l’aristocratie, un soldat heureux mais surtout habile propagandiste, un autocrate aspirant à la tyrannie et peu regardant sur les moyens.
C’est mal mesurer la part prise par son génie propre dans sa destinée : il ne s’est ni servi ni prévalu de sa naissance, comptant plutôt sur sa force de séduction et son charisme de chef. Refondateur des institutions d’une République à bout de souffle, architecte d’une nouvelle société faisant leur place à des couches nouvelles, unificateur et organisateur des conquêtes de Rome, et même réformateur de la religion, cet homme quasi invaincu n’échoua qu’en un seul domaine : se constituer un parti assez solide pour asseoir durablement sa domination sur l’Etat, et pour imposer de lui-même l’image de père de la patrie. Les conjurés des ides de mars (44 av. J.-C.), unis par la seule détestation des nouveautés introduites par un homme qui les dépassait infiniment, l’assassinèrent sans profit réel. Car son œuvre répondait à une telle nécessité
historique qu’elle devait lui survivre des siècles : en peu d’années, son fils (adoptif) put faire fructifier un héritage qui était au fondement de l’exceptionnel rayonnement qu’eut le « siècle d’Auguste ».

Professeur émérite de l’université de Bordeaux-III, historien et archéologue, président de la Fédération historique du Sud-Ouest, correspondant de l’Institut, Robert Etienne est l’un des meilleurs historiens de la Rome antique. A côté de livres et d’articles savants, il a publié une célèbre Vie quotidienne à Pompéi.
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