La Caraïbe et son histoire

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L'histoire des Caraïbes est trop souvent perçue sous le seul angle des relations entre les îles et les métropoles européennes qui les dominent : Angleterre, Espagne, France, Pays-Bas. Il nous semble à nous que la Caraïbe est une entité qui existe par elle-même. Elle existe d'abord par les contacts que les différentes colonies ont su nouer les unes avec les autres. Sa personnalité profonde est aussi à rechercher dans les rapports complexes qui la relient aux autres régions du monde : l'Amérique bien sûr, l'Afrique évidemment, mais aussi le reste de l'Europe et le monde asiatique d'où sont venus tant de travailleurs à la fin du xixe siècle.



Ce sont ces contacts qui sont à l'origine du monde culturel antillais. Il en résulte un ensemble composite qui explique la richesse du regard que les Antillais portent sur eux-mêmes, mais aussi la diversité du regard des autres sur le monde caribéen. Ce sont ces réflexions qui sont à la base de ce volume qui réunit des chercheurs de toute origine. Ils ont voulu par ces quelques pages approfondir une approche de l'identité d'une région qui nous tient tellement à cœur.


Publié le : samedi 1 janvier 2011
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EAN13 : 9782844506115
Nombre de pages : 200
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LAcARAïbe eT Son HiSToiRe- SeS conTAcTS AVec Le MonDe exTéRieUR
De la Méditerranée au monde des Antilles : le témoignage des archives de Raguse(DuBrOvNIk)
nENad Fejic
il Est uNE vIllE, sItuÉE au BOrd dE la mEr AdrIatIQuE, au NOm latIN dE RagusE, Et slavE dE DuBrOvNIk, dONt lEs marINs Et marChaNds sIllONNaIENt lEs E E OCÉaNs Et, dE tOutE ÉvIdENCE, vIsItaIENt lE mONdE dEs ANtIllEs auxViiEtxViii sIèClE. La rÉpuBlIQuE marItImE dE RagusE, très prOChE par lE sItE Qu’EllE OCCu-paIt, Et lE rôlE Qu’EllE assumaIt, dE VENIsE, ÉtaIt pENdaNt la maJEurE partIE du MOyEN-ÂgE Et dE l’ÉpOQuE mOdErNE, uNE vÉrItaBlE têtE dE pONt dE la ChrÉ-tIENtÉ OCCIdENtalE daNs lE mONdE OttOmaN dEs balkaNs ; sa lIBErtÉ, tOutE rEla-tIvE, ChèrEmENt aCQuIsE, par lEs trIButs vErsÉs suCCEssIvEmENt auX HONgrOIs Et auX TurCs ottOmaNs, luI pErmEttaIt d’assumEr uN rôlE spÉCIfIQuE duraNt dEs sIèClEs. eN EffEt, mêmE auX ÉpOQuEs dEs plus durs CONflIts ENtrE la ChrÉtIENtÉ Et lEs ottOmaNs, lOrs dEs guErrEs dEs SaINtEs lIguEs, QuI aBOutIrENt à la BataIllE dE LÉpaNtE EN 1571, RagusE sErvaIt dE plaQuE tOurNaNtE, pOur lEs ÉChaNgEs dEs prOduIts EssENtIEls, tEls lEs CÉrÉalEs, lEs mÉtauX prÉCIEuX, Ou lEs prOduIts dE luXE, QuI ÉtaIENt aChEmINÉs vErs lEs graNds marChÉs dEs vIllEs OttOmaNEs Ou OCCIdENtalEs : uNE vÉrItaBlE zONE fraNChE du MOyEN-ÂgE Et du prEmIEr âgE mOdErNE. LE savOIr-faIrE, la CapaCItÉ dE sE suBstItuEr auX etats plus puIssaNts, maIs ENgagÉs daNs dEs CONflIts INtErNatIONauX, Et par CONsÉQuENt INtErdIts dE COmmErCE EN tErrItOIrE ENNEmI, furENt à l’OrIgINE du suCCès ragusaIN à travErs lEs âgEs. Plus ENCOrE QuE lEs VÉNItIENs, parCE Qu’Ils ÉtaIENt plus faIBlEs, plus vulNÉraBlEs, lEs RagusaINs faIsaIENt prEuvE, EN taNt Qu’hOmmEs d’affaIrEs, d’uNE vÉrItaBlE mOdÉratION daNs l’affIrmatION dE lEur IdENtItÉ lOCalE. c’Est aINsI QuE l’ON trOuvE lEs NavIrEs ragusaINs, au sErvICE dE l’espagNE, dE l’etat PONtIfICal, dE GêNEs Et d’autrEs puIssaNCEs. eN 1550 dÉJà, GêNEs aBaNdONNE uNE partIE dE sEs tâChEs marItImEs daNs la mEr TyrrhÉNIENNE auX RagusaINs ; sElON FErNaNd braudEl, CEuX-CI,leurs cargos assurent les transports de« avec blé et de sel siciliens et les voyages au long cours en direction de l’Espagne, de l’Atlantique ou du Levant. La mer Tyrrhénienne serait presque un lac ragusain s’il n’y avait la présence des Marseillais ». La prÉsENCE dEs marINs Et marChaNds ragusaINs EN MÉdItErraNÉE OCCI-dENtalE, Et au-dElà du dÉtrOIt dE GIBraltar, JusQu’EN ANglEtErrE Et auX E E FlaNdrEs, auxVEtxVisIèClE, ÉtaNt rECONNuE dEpuIs lONgtEmps, Il sE pOsE la
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QuEstION EssENtIEllE dEs dÉButs dE lEur avENturE traNsatlaNtIQuE, QuI lEs mIt EN CONtaCt avEC lE nOuvEau mONdE, Et EN partICulIEr avEC lE mONdE dEs ANtIllEs. DaNs CE dOmaINE, Il faut BIEN dIstINguEr lE fONd hIstOrIQuE dEs appOrts lÉgEN-daIrEs QuI CIrCulaIENt par lE passÉ, Et CIrCulENt dE NOs JOurs ENCOrE, COmmE dE mauvaIsEs pIèCEs, parmI la BONNE mONNaIE. AINsI, dE NOs JOurs ENCOrE, raCONtE-t-ON auX vOyagEurs pEu avErtIs, uNE aNCIENNE lÉgENdE, sElON laQuEllE dEuX marINs ragusaINs auraIENt partICIpÉ au prEmIEr vOyagE dE chrIstOphE cOlOmB EN AmÉrIQuE EN 1492 ; Il N’EN va pas dE mêmE, fOrt hEurEusEmENt, dE NOmBrEuX tÉmOIgNagEs authENtIQuEs dE la prÉsENCE dEs RagusaINs auX AmÉrIQuEs, admIraBlEmENt CONsErvÉs daNs lEs ArChIvEs muNICIpalEs dE la vIllE. SI lEs rENsEIgNEmENts d’arChIvEs sur lEs sÉJOurs dEs RagusaINs EN AmÉrIQuE sONt malgrÉ tOut, assEz tardIfs, CEla s’EXplIQuE par lE faIt QuE l’EXErCICE du COmmErCE avEC lE nOuvEau mONdE ÉtaIt aCCOrdÉ EN espagNE, uNIQuEmENt auX suJEts dE sa MaJEstÉ CathOlIQuE ; s’Il vOulaIt s’ÉtaBlIr dura-BlEmENt EN AmÉrIQuE, lE rEssOrtIssaNt ragusaIN dEvaIt prÉalaBlEmENt dEvENIr suJEt du rOI d’espagNE ; CE prIvIlègE luI ÉtaIt aCCOrdÉ par lE cONsEIl gÉNÉral dEs iNdEs (cONCEJO gENEral dE iNdIas).
LEs dOCumENts prOvENaNt dEs arChIvEs du cONsEIl gÉNÉral dEs iNdEs à SÉvIllE, NOus apprENNENt Qu’uN RagusaIN, pOur dEvENIr suJEt du rOI d’espagNE, dEvaIt sÉJOurNEr au mOINs vINgt aNs EN espagNE, dONt dIX au mOINs, marIÉ à uNE espagNOlE, CONfEssEr la rElIgION CathOlIQuE Et rOmaINE, êtrE EN pOssEssION dE valEurs ImmOBIlIèrEs d’au mOINs 4000 duCats Et payEr à la CaIssE dE l’etat uNE taXE dE NaturalIsatION dE 400 à 500 duCats. TOutEs CEs CONdItIONs N’ÉtaIENt pas à la pOrtÉE dEs plus mOdEstEs rEssOrtIssaNts dE la pEtItE rÉpuBlIQuE slavE ; par CONtrE, CEuX QuI rÉussIssaIENt à dEvENIr suJEts EspagNOls, après uNE vINgtaINE d’aNNÉEs passÉEs à SEvIllE Ou à cadIz, pEut-êtrE NE sE sENtaIENt-Ils plus vraImENt prOChEs dE lEur vIllE NatalE, BIEN Qu’Ils aIENt pu y CONsErvEr dEs attaChEs famIlIalEs Ou prOfEssIONNEllEs. LE prEmIEr RagusaIN à êtrE EmBarQuÉ à SÉvIllE EN dIrECtION dE l’AmÉrIQuE EN 1537 appartENaIt à l’IllustrE famIllE patrICIENNE dE basIlIO. oN saIt dE luI, Qu’Il vOu-laIt COmmErCEr daNs lEs pays NOuvEllEmENt CONQuIs, Et Qu’Il ÉtaIt muNI dE lEttrEs dE rECOmmaNdatION dEs autOrItÉs EspagNOlEs. MaIs ON IgNOrE tOut dE sON sOrt ultÉrIEur. PEut-êtrE, Eut-Il à sOuffrIr dEs CONflIts ENtrE PIzarrO Et AlmagrO QuI ENsaNglaNtaIENt à l’ÉpOQuE lEs pays NOuvEllEmENt CONQuIs.
LEs frèrEs, MathIEu Et DOmINIQuE dE cONCEdI, OrIgINaIrEs d’uNE pEtItE îlE, EN faCE dE RagusE, rEgagNèrENt EN 1552 lEur pays Natal, après avOIr vÉCu uNE trENtaINE d’aNNÉEs auX ANtIllEs. DaNs lEs EauX dE MarsEIllE, lEur NavIrE fut INtErCEptÉ par lEs COrsaIrEs, puIs sÉQuEstrÉ daNs lE pOrt dE la vIllE. L’ÉvÉNEmENt a susCItÉ uN vIf mÉCONtENtEmENt parmI lEs RagusaINs QuI ONt mêmE alErtÉ, par lE BIaIs dE lEur CONsul, lEs autOrItÉs OttOmaNEs à istamBOul.
LEs tÉmOIgNagEs CONCErNaNt uNE frÉQuENtatION plus rÉgulIèrE du mONdE dEs ANtIllEs par lEs RagusaINs sONt plus tardIfs. AINsI, lE CONsul dE RagusE à LIvOurNE, prINCIpal pOrt tOsCaN, sE plaINt-Il, lE 27 mars 1758, auprès dE sON gOuvErNEmENt, dE sON CONCItOyEN jEaN GIaCaldINI, ClErC au BOrd d’uN NavIrE ragusaIN»« Madonna Santissima del Rosario , QuI auraIt dÉsErtÉ sON NavIrE,
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pOur s’EmBarQuEr sur uNE NavE autrIChIENNE, apparEIllaNt vErs SaINt eustaChE, îlE dEs ANtIllEs NÉErlaNdaIsEs. D’autrEs îlEs sONt plus rÉgulIèrEmENt ÉvOQuÉEs, CONfIrmaNt aINsI, NON sEulEmENt dEs vIsItEs BrèvEs Et pONCtuEllEs, maIs aussI dEs sÉJOurs prOlONgÉs dEs rEssOrtIssaNts dE la pEtItE vIllE slavE : parmI CEs îlEs du mONdE dEs ANtIllEs lE plus sOuvENt ÉvOQuÉEs daNs lEs arChIvEs ragusaINEs sE trOuvENt la MartINIQuE, cuBa, SaINt-DOmINguE Et SaINt-ThOmas. LEs prE-mIErs tÉmOIgNagEs sur la MartINIQuE NOus arrIvENt à partIr dE 1782. cEttE mêmE aNNÉE, lE 27 NOvEmBrE, uNE assuraNCE Est CONtraCtÉE daNs la vIllE slavE, CONtrE lE fEu, lEs pÉrIls dE la mEr Et lEs pIratEs, pOur uN vOyagE dE RagusE Jus-Qu’à SaINt-DOmINguE Et la MartINIQuE.
LE CONsul ragusaIN à MarsEIllE, INfOrmE sON gOuvErNEmENt lE 11 JuIN 1783, Qu’uNE NavE ragusaINENotre-Dame-de-Carmel et Saint-BlaisevIENt d’arrIvEr daNs la vIllE phOCÉENNE, EN prOvENaNCE dE la MartINIQuE, Et Qu’ON attENd lEs prOChaINs JOurs, d’autrEs NavIrEs EN prOvENaNCE dEs ANtIllEs. LE 11 OCtOBrE 1783, sON hOmOlOguE à barCElONE ÉCrIvaIt au gOuvErNEmENt Qu’uN NavIrE ragusaIN, avEC à BOrd trEIzE marINs vENaIt d’arrIvEr à la CapItalE Cata-laNE, ChargÉ dE suCrE, dE CafÉ Et dE CaCaO. L’arrIvÉE du mêmE NavIrE saNs ENCOmBrE à MarsEIllE Est CONfIrmÉE lE 22 NOvEmBrE dE la mêmE aNNÉE par lE CONsul à MarsEIllE.
LEs dIffICultÉs rENCONtrÉEs par lE CapItaINE du BrIgaNtIN ragusaINBuon Augurio, sONt à l’OrIgINE du dOCumENt lE plus EXhaustIf, CONCErNaNt uN sÉJOur dE RagusaIN EN MartINIQuE. LE NavIrE apparEIlla dE MarsEIllE, lE 24 fÉvrIEr 1804, EN dIrECtION dE SaINt-ThOmas, avEC uNE CargaIsON dIvErsE. Après 59 JOurs dE mEr Il attEIgNIt la mEr dEs ANtIllEs. eN hautE mEr, Il rENCONtra lE mau-vaIs tEmps, Et lEs vaguEs EmpOrtèrENt lEs rÉsErvEs d’Eau Et dE BOIs dE COm-BustION, amassÉEs sur lE pONt. TOus CEs ÉvÉNEmENts rENdIrENt la travErsÉE partICulIèrEmENt dIffICIlE. DE surCrOît, lE NavIrE fut INtErCEptÉ QuatOrzE fOIs par dEs BâtImENts dE guErrE aNglaIs, QuI EXamINèrENt mINutIEusEmENt lEs dOCumENts du NavIrE Et la marChaNdIsE. LOrsQuE lE NavIrE arrIva EN MartINIQuE, afIN dE rENOuvElEr sEs prOvIsIONs, sElON lEs dOCumENts ragusaINs, lEs autOrItÉs lOCalEs CONtraIgNIrENt lE CapItaINE à vENdrE la marChaNdIsE Et à s’apprOvIsIONNEr sur lE marChÉ lOCal, EN CafÉ, EN suCrE Et EN autrEs prOduIts lOCauX NON prÉCIsÉs. cE N’ÉtaIt pas la fIN dEs trIBulatIONs, pOur lE BrIgaNtIN ragusaIN, QuI fut à NOuvEau INtErCEptÉ sur lE ChEmIN du rEtOur, par uNE frÉgatE aNglaIsE, QuI sÉQuEstra l’ÉQuIpagE Et lE rEmplaça par uN ÉQuIpagE aNglaIs. LE CapItaINE prOtEsta, INvOQuaNt sON OrIgINE, lE faIt QuE la marChaNdIsE appartE-NaIt auX rEssOrtIssaNts d’uN etat NEutrE Et QuE lEs autOrItÉs EN MartINIQuE luI avaIENt CONfIsQuÉ sa marChaNdIsE ; sEs prOtEstatIONs furENt vaINEs : lE NavIrE fut EsCOrtÉmanu militariJusQu’à la barBadE. LE CapItaINE y dÉplOya dEs EffOrts CONsIdÉraBlEs pOur lIBÉrEr lE NavIrE Et l’ÉQuIpagE : auX autOrItÉs lOCalEs Il rappEla QuE lE pOrt dE MarsEIllE, d’Où Il ÉtaIt partI, N’ÉtaIt pas sOumIs au BlO-Cus, QuE lE NavIrE NE s’ÉtaIt arrêtÉ EN MartINIQuE, QuE parCE QuE Il y ÉtaIt CONtraINt, Qu’Il y avaIt ÉtÉ prIvÉ dE sa CargaIsON QuI avaIt ÉtÉ ÉChaNgÉE, mal-grÉ sON OppOsItION, CONtrE lEs prOduIts lOCauX, Qu’Il N’y avaIt pas dE rÉglE-mENtatION BrItaNNIQuE prÉvOyaNt la CONfIsCatION dEs NavIrEs Et CargaIsONs dEs
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rEssOrtIssaNts dEs etats NEutrEs, QuE luI-mêmE ÉtaIt muNI dE tOus lEs dOCu-mENts OffICIEls, QuI prOuvaIENt sEs BONNEs INtENtIONs. eN vaIN : Il sE vIt CONfIs-QuEr lE NavIrE Et tOutE sa CargaIsON par lEs ANglaIs. il NE pOuvaIt gardEr QuE lE strICt NÉCEssaIrE, Et mêmE lEs dOCumENts du NavIrE NE luI ÉtaIENt pas rEstI-tuÉs. LE CapItaINE EN tOmBa maladE, Et lOrsQu’Il sE rÉtaBlIt, Il sE rENdIt à l’îlE dE SaINt-ThOmas, d’Où Il partIt sur uN autrE NavIrE, avEC dEuX mEmBrEs d’ÉQuIpagE sEulEmENt, EN dIrECtION dE la MÉdItErraNÉE. TOrtOlla, SaINt-ThOmas, SaINtE-crOIX, SaINt-barthÉlEmy sONt d’autrEs îlEs dEs ANtIllEs vIsItÉEs par lEs RagusaINs, au COurs dE lEurs vOyagEs traNsat-laNtIQuEs. AINsI, uN NavIrE ragusaIN EN prOvENaNCE dE LIvOurNE, QuI sE dIrI-gEaIt vErs SaINt-ThOmas, fut-Il sÉQuEstrÉ lE huIt NOvEmBrE 1798 à 350 mIllEs dE la MartINIQuE par uNE COrvEttE fraNçaIsELa Chevette, Et dIrIgÉ vErs cayENNE. eN 1806, lE CapItaINE d’uN BrIgaNtIN ragusaIN affrÉta à LIvOurNE sON NavIrE à l’uN dE sEs CONCItOyENs, pOur uN vOyagE JusQu’à SaINt-ThOmas. Sur lE ChEmIN du rEtOur, lE NavIrE dEvaIt s’arrêtEr à LIvOurNE Ou lE Cas ÉChÉaNt à naplEs, avaNt dE rEgagNEr RagusE ; la CargaIsON du NavIrE ÉtaIt COmpOsÉE dE prOduIts aussI dIvErs QuE dEs fûts rEmplIs dE vIN Et d’Eau dE vIE, d’huIlE, dE savON, dE BOugIEs, d’amaNdEs, dE raIsIN sEC, dE papIEr, dE ChapEauX, dE plaNtEs mÉdICINalEs, dE safraN, dE pâtEs, dE vErrEs EN CrIstal, dE lENtIllEs, dE frOmagE, dE salamI, dE pEIgNEs EN IvOIrE, dE BOuChONs dE lIègE, dE parapluIEs Et dE tIssus dIvErs. TOus CEs artIClEs dEvaIENt êtrE vENdus à SaINt-ThOmas, sur plaCE, Et lE CapItaINE dEvaIt aChEtEr EN CONtrEpartIE, du CafÉ vErt dE la mEIllEurE QualItÉ, dE la dErNIèrE rÉCOltE, du suCrE Et uN pEu dE CaCaO dE BONNE QualItÉ. TOus CEs prOduIts dEvaIENt êtrE aChEmINÉs vErs LIvOurNE, naplEs Et RagusE. DaNs lEs GraNdEs ANtIllEs, à SaINt-DOmINguE Et à cuBa, lEs RagusaINs s’ÉtaBlIssENt plus sOuvENt à dEmEurE. eN 1788, ON trOuvE plusIEurs RagusaINs à cap-FraNçOIs (à SaINt-DOmINguE), dONt uN patrON d’auBErgE, Où sE rÉuNIs-saIENt rÉgulIèrEmENt sEs CONCItOyENs ÉtaBlIs daNs la vIllE. eN 1802, lE CONsul ragusaIN à LIvOurNE, INfOrmaIt sON gOuvErNEmENt QuE lEs trOupEs fraNçaIsEs QuI OCCupaIENt LIvOurNE, avaIENt rÉQuIsItIONNÉ dEs NavIrEs QuI sE trOuvaIENt au mOuIllagE, pOur assurEr lE traNspOrt dEs trOupEs à cadIz, Et dE cadIz à SaINt-DOmINguE, afIN d’y COmBattrE l’INsurrECtION dE TOussaINt LOuvErturE. D’après lE CONsul, lEs CapItaINEs dEs NavIrEs affIr-maIENt avOIr ÉtÉ payÉs dEuX mOIs à l’avaNCE, tOut EN prÉCIsaNt QuE lEur sEr-vICE, sElON tOutEs lEs prOBaBIlItÉs, dEvraIENt durEr plus lONgtEmps ; lE CONsul rÉussIt à affraNChIr uN CErtaIN NOmBrE dE CapItaINEs du sErvICE OBlIgatOIrE, maIs NOmBrEuX furENt CEuX QuI fINalEmENt durENt partIr malgrÉ EuX vErs SaINt-DOmINguE. cuBa ÉtaIt aussI uNE dEstINatION prIvIlÉgIÉE dEs NavIrEs ragusaINs. nOus ÉvOQuErONs, parmI lEs tÉmOIgNagEs d’arChIvEs, CEluI d’uN CapItaINE dE fOr-tuNE, QuI fIt, EN NOvEmBrE Et dÉCEmBrE 1805, uNE travErsÉE dE 46 JOurs ENtrE La HavaNE Et LIsBONNE. eN EffEt, plusIEurs mEmBrEs dE sON ÉQuIpagE ÉtaNt dÉCÉdÉs dE la fIèvrE JauNE à La HavaNE, lEs pErtEs furENt COmpENsÉEs par lE
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rECrutEmENt dEs rEssOrtIssaNts ÉtraNgErs. LE CapItaINE du NavIrE ÉtaIt autrI-ChIEN, Et parmI lEs mEmBrEs dE l’ÉQuIpagE, Il y avaIt uN FraNçaIs. cEt apErçu, fOrCÉmENt sOmmaIrE, Car lEs rIChIssImEs arChIvEs dE RagusE NE sONt pas ENCOrE ÉpuIsÉEs par lEs ChErChEurs, NOus pErmEt NÉaNmOINs dE CONClurE QuE la prÉsENCE dEs marINs Et marChaNds dE la vIllE slavE daNs lE mONdE dEs ANtIllEs N’ÉtaIt pas passÉE INapErçuE. AyaNt COmmENCÉ à frÉQuEN-tEr lEs ANtIllEs à l’auBE dE l’âgE mOdErNE, lEs RagusaINs s’y s’ONt rENdus, par-E E tICulIèrEmENt NOmBrEuX vErs la fIN duxViiiEt lE dÉBut duxixsIèClE. ParmI lEs îlEs lE plus sOuvENt frÉQuENtÉEs : cuBa, SaINt-DOmINguE, SaINt-ThOmas, La MartINIQuE, Et EN mOINdrE mEsurE SaINt-eustaChE, SaINt-crOIX, TOrtOlla, la barBadE, SaINt-barthÉlEmy. il Est plus dIffICIlE dE sE prONONCEr sur lEs prO-duIts vÉhICulÉs, BIEN QuE NOus EN ayONs QuElQuEs tÉmOIgNagEs ÉvOQuÉs plus haut. D’autrEs etats ONt prIs lE rElaIs, Et lEs marChaNds Et marINs dE la vIllE adrIatIQuE mIrENt lEur savOIr faIrE marItImE Et COmmErCIal au sErvICE dEs puIssaNCEs à vOCatION atlaNtIQuE, la FraNCE Et l’ANglEtErrE. cEpENdaNt, mêmE lOrsQu’Ils NavIguaIENt au sErvICE d’autruI, sOus pavIllON ÉtraNgEr, lEs RagusaINs pErpÉtraIENt Et vÉhICulaIENt la mÉmOIrE d’uNE mIssION plusIEurs fOIs sÉCulaIrE, ENtIèrEmENt CONsaCrÉE à la maîtrIsE dEs mErs Et dEs OCÉaNs.
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