La qualité radiologique de l'environnement

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Après un rappel des différents constituants de l’écosphère, de leur dynamique propre et de leurs interactions, l’ouvrage passe en revue les diverses méthodes de surveillance de la qualité radiologique de l’environnement.
La première partie traite de la détection et de la quantification des contaminations radioactives dans les milieux physiques (milieux atmosphérique, aquatique et terrestre) et dans les organismes biologiques et les produits transformés par l’Homme. Les sources de pollution radioactive et les mesures à réaliser sont détaillées, les questions d’ordre méthodologique discutées. L’utilisation des bioaccumulateurs est largement développée, l’accent étant mis sur les aspects méthodologiques : choix des espèces sentinelles, biosurveillance passive et active et difficultés d’interprétation.
L’ouvrage aborde ensuite la démarche de surveillance de la qualité de l’environnement par l’observation des organismes biologiques (bioindicateurs). Il détaille les différentes méthodes disponibles pour évaluer les effets biologiques directs et indirects des expositions à de faibles doses d’irradiation interne et externe, à tous les niveaux d’organisation — de la molécule aux communautés (biomarqueurs).
La surveillance mise en place en France par les différents acteurs de la surveillance radiologique de l’environnement, et notamment par les commissions locales d’information auprès des installations nucléaires de base, est présentée dans une troisième partie.
Cet ouvrage s’adresse à tout lecteur doté d’une formation scientifique de base (acteurs des domaines de l’hygiène, de la sécurité et de l’environnement, professionnels de la gestion des risques…), ainsi qu’à toute personne concernée ou simplement intéressée par la surveillance et la prévention des pollutions et nuisances associées à l’utilisation de l’énergie nucléaire.
Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782759816422
Nombre de pages : 82
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LA QUALITÉ RADIOLOGIQUE
DE L’ENVIRONNEMENT
Stratégies et méthodes de surveillance
Jean-Claude Amiard, Christian Chenal, Suzanne Gazal, Jacques-Édouard Levasseur
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Après un rappel des différents constituants de l’écosphère, de leur dynamique propre
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et de e te a t s l’ uv age passe e revue les d verses mét ode
de la qualité radiologique de l’environnement.
La première partie traite de la détection et de la quantification des contaminations

radioactives dans les milieux physiques (milieux atmosphérique, aquatique et terrestre)
et dans les organismes biologiques et les produits transformés par l’Homme. Les sources
de pollution radioactive et les mesures à réaliser sont détaillées, les questions d’ordre
méthodologique discutées. L’utilisation des bioaccumulateurs est largement développée,
l’accent étant mis sur les aspects méthodologiques : choix des espèces sentinelles,
Stratégies

biosurveillance passive et active et difficultés d’interprétation.
L’ouvrage aborde ensuite la démarche de surveillance de la qual té de l’env ronnement
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et méthodes
par l’observation des organismes biologiques (bioindicateurs). Il détaille les différentes
méthodes disponibles pour évaluer les effets biologiques directs et indirects des
de surveillance

expositions à de faibles doses d’irradiation interne et externe, à tous les niveaux
d’organisation — de la molécule aux communautés (biomarqueurs).
La surveillance mise en place en France par les différents acteurs de la surveillance

radiologique de l’environnement, et notamment par les commissions locales d’information
auprès des installations nucléaires de base, est présentée dans une troisième partie.
Jean-Claude Amiard
Cet ouvrage s’adresse à tout lecteur doté d’une formation scientifique de base (acteurs
Christian Chenal
des domaines de l hyg ène, de la sécur té et de l’env ronnement, profe onnel de la
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Suzanne Gazal
gestion des risques…), ainsi qu’à toute personne concernée ou simplement intéressée
Jacques-Édouard Levasseur
par la surveillance et la prévention des pollutions et nuisances associées à l’utilisation
de l’énergie nucléaire.
Suzanne Gazal, coordonnatrice
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(
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.
ISBN : 978-2-7598-1128-1
Association Nationale des Comités
et Commissions Locales d'Information

Association Nationale des Comités
www.edpsciences.org
12 €
et Commissions Locales d'Information
LA QUALITÉ RADIOLOGIQUE DE L’ENVIRONNEMENT
coordonné par Suzanne GazalStratégies
et méthodes
de surveillance
Jean-Claude Amiard
Christian Chenal
Suzanne Gazal
Jacques-Édouard Levasseur
Suzanne Gazal, coordonnatrice
Association Nationale des Comités
et Commissions Locales d'InformationImprimé en France
ISBN : 978-2-7598-1128-1
Tous droits de traduction, d’adaptation et de reproduction par tous procédés, réservés
pour tous pays. La loi du 11 mars 1957 n’autorisant, aux termes des alinéas 2 et 3
de l’article 41, d’une part, que les « copies ou reproductions strictement réservées
à l’usage privé du copiste et non destinées à une utilisation collective », et d’autre
part, que les analyses et les courtes citations dans un but d’exemple et d’illustration,
« toute représentation intégrale, ou partielle, faite sans le consentement de l’auteur
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ou de ses ayants droit ou ayants cause est illicite » (alinéa 1 de l’article 40). Cette
représentation ou reproduction, par quelque procédé que ce soit, constituerait donc
une contrefaçon sanctionnée par les articles 425 et suivants du code pénal.
© EDP Sciences 2014Les auteurs
Suzanne GAZAL est maître de conférences en Psychologie du risque à
l’Université de Toulouse-2 et spécialiste des questions nucléaires. Ses
activités pédagogiques, de recherche et d’expertise s’inscrivent dans une
perspective transdisciplinaire et systémique. Elle a été par ailleurs un acteur-clé
dans l’émergence et la mise en œuvre des notions de débat contradictoire,
d’expertise plurielle et d’information indépendante en matière nucléaire.
Elle est actuellement présidente du Comité scientifque de l’Association
nationale des Comités et Commissions locales d’information (ANCCLI).
Jean-Claude AMIARD est directeur de recherche au CNRS et professeur
au Québec, ainsi qu’à l’Université Océanique de Chine. Sa production est
importante (140 publications internationales, 45 ouvrages ou chapitres,
150 congrès). Ses recherches sont centrées sur l’estimation de la
biodisponibilité et le transfert des métaux et radionucléides dans les chaînes trophiques.
Ses autres activités sont l’encadrement de thèses, l’enseignement dans
diverses universités, l’administration de la recherche et l’expertise auprès de
diverses instances.
† Christian CHENAL Professeur Emérite en Oncologie et Radiothérapie à
l’Université de Rennes-1, médecin hospitalier en Cancérologie et
Radiothérapie (Paris, Rennes), il s’est spécialisé dans la recherche clinique et dans
la recherche en radiobiologie. Il s’est notamment intéressé aux effets
cellulaires des faibles doses d’exposition et des expositions chroniques aux
rayonnements ionisants. Expert auprès de différentes instances françaises et
internationales, membre de nombreuses sociétés savantes, il est l’auteur de
200 publications et communications.IV La qualité radiologique de l’environnement
Jacques-Edouard LEVASSEUR est maître de conférences honoraire en
Ecologie végétale et Phytogéographie à l’Université de Rennes-1, botaniste
et géomorphologue, spécialiste du suivi environnemental des écosystèmes
naturels littoraux et continentaux perturbés ou anthropisés (dynamique
côtière, plantes invasives, hydrocarbures, zones irradiées). Il a contribué
en tant qu’expert à la gestion et à l’aménagement du territoire notamment
en zone côtière atlantique. Ses recherches actuelles portent sur les scenarii
d’évolution à moyen terme de la végétation littorale.
Les auteurs sont membres du Comité scientifque de l’ANCCLI.Préliminaire
eOn assiste depuis le milieu du XX siècle dans les pays industrialisés à
l’émergence de divers phénomènes (modifcation de la nature du risque et
de la relation au risque, perte de repères fondamentaux…) et à la survenue
d’évènements collectifs (catastrophes industrielles, crises sanitaires,
évolution du climat…), qui ont fondamentalement modifé la problématique du
risque et son acceptabilité sociale.
Dans ce contexte, l’accès à une information fable et disponible ainsi que
la mise en œuvre d’une réelle démarche de prévention de la part des
exploitants et des pouvoirs publics sont apparus comme des exigences fortes de la
société civile, tant en situation accidentelle qu’en fonctionnement de
routine des installations à risque. On a vu dans le même temps se développer
une demande d’implication citoyenne dans le processus d’expertise. Autant
d’exigences qui s’inscrivent dans le cadre du débat contradictoire et de la
pluralité de l’expertise.
La mise en place des commissions locales d’information et de
surveillance (CLI) auprès des grands équipements énergétiques et notamment des
installations nucléaires de base, encouragée par la circulaire Mauroy du
15 décembre 1981, constitue une réponse à cette évolution sociale. La loi du
13 juin 2006 relative à la transparence et à la sécurité en matière nucléaire
donne pour sa part à ces structures un statut juridique. Elle confrme et précise
le principe du droit à l’information du public concernant la sûreté nucléaire
et la radioprotection, ainsi que la mission générale des commissions locales
d’information auprès des installations nucléaires de base : assurer le suivi,
l’information et la concertation en matière de sûreté nucléaire, de
radioprotection et d’impact des activités nucléaires de l’installation sur les personnes
et sur l’environnement. À ce titre, elle pose notamment le principe de la
réalisation par les CLI de mesures, analyses et expertises environnementales, VI La qualité radiologique de l’environnement
compétences qui supposent le développement de capacités d’expertise
indépendantes des acteurs du nucléaire (exploitant, pouvoirs publics).
Dans ce contexte et conformément aux missions qui sont les siennes,
le Comité scientifque de l’Association nationale des comités et
commissions locales d’information (ANCCLI) a souhaité mettre à la disposition des
CLI, ainsi que de tous les acteurs intéressés, un document complet
relatif aux stratégies et méthodes de surveillance de la qualité radiologique de
l’environnement.
Après un rappel des différents constituants de l’écosphère (milieux
atmosphérique, aquatique et terrestre) et de leurs interactions, cet ouvrage passe
en revue les diverses méthodes de surveillance radiologique de
l’environnement (air, eau, sédiments, sols, faune, fore, chaîne alimentaire…). Il fait
ensuite le point sur les différents acteurs de la surveillance radiologique de
l’environnement, et propose notamment un bilan des actions indépendantes
conduites à cet égard par les commissions locales d’information auprès des
installations nucléaires de base : surveillance de l’air, surveillance des eaux,
analyses hydro-sédimentaires et pédologiques, suivi de la faune et de la fore,
suivi des denrées alimentaires.
Cet ouvrage constitue une référence. Il ne peut qu’inciter les acteurs de
la société civile, et en particulier les commissions locales d’information, à
s’inscrire plus avant dans une démarche de surveillance de l’environnement
et à solliciter si nécessaire l’appui d’experts indépendants – notamment du
Comité scientifque de l’ANCCLI.
Jean-Claude Delalonde
Président de l’Association nationale
des comités et commissions locales d’informationRemerciements
Les auteurs remercient les membres du Comité scientifque de l’ANCCLI
(Association nationale des comités et commissions locales d’information)
qui ont contribué activement à la relecture de l’ouvrage dans leurs domaines
d’expertise respectifs, et qui ont contribué par des relectures d’ensemble à la
cohérence de l’ouvrage et à sa correction.
Ils remercient également les comités et commissions locales
d’information auprès des installations nucléaires qui leur ont facilité l’accès à divers
données et documents.7KLVSDJHLQWHQWLRQDOO\OHIWEODQNPréface
Quand on pense aux risques liés aux activités nucléaires, la première
image qui vient à l’esprit est celle des accidents graves comme Tchernobyl
ou Fukushima. Et, naturellement, la prévention de ces accidents doit être
notre première préoccupation.
Cependant, cela ne doit pas nous conduire à négliger les effets potentiels
sur le public et l’environnement de rejets chroniques ou résultant d’incidents
limités mais parfois durables.
La refonte du régime des installations nucléaires de base (INB), engagée
par la loi relative à la transparence et à la sécurité en matière nucléaire du
13 juin 2006 (« loi TSN »), a pleinement tenu compte de cette nécessité
en étendant le dispositif de réglementation et de contrôle à l’ensemble des
impacts possibles de ces installations, qu’ils soient chroniques ou
accidentels. L’arrêté du 7 février 2012 fxant les règles générales relatives aux
installations nucléaires de base (dit « arrêté INB »), auquel l’ASN (Autorité de
sûreté nucléaire) a fortement contribué, a marqué une nouvelle avancée en
ce sens en prescrivant d’appliquer la même démarche de sûreté vis-à-vis de
tous les risques de l’installation, d’une manière proportionnée aux enjeux.
Nous ne devons pas non plus oublier les autres activités nucléaires,
industrielles ou médicales, susceptibles de donner lieu à des rejets radioactifs.
C’est dire que la surveillance de la qualité de l’environnement vis-à-vis
des pollutions radioactives est, pour l’ASN, un sujet très important. Cette
surveillance incombe pour partie aux pouvoirs publics ou aux exploitants
d’INB, sous le contrôle de l’ASN. Mais il est souhaitable qu’elle concerne
aussi une pluralité d’acteurs. C’est l’objet du réseau national de mesures de
la radioactivité de l’environnement (RNM) qui rassemble l’ensemble des X La qualité radiologique de l’environnement
acteurs effectuant une surveillance radiologique de l’environnement sur le
territoire national. Par sa pluralité, il contribue à faire progresser la qualité,
la crédibilité des mesures de radioactivité de l’environnement et la
transparence en matière d’information environnementale.
Pour autant, la réalisation de telles expertises est un exercice complexe.
Elle nécessite en effet non seulement d’avoir une connaissance des
substances rejetées par les installations nucléaires de base, une compréhension
des phénomènes de transfert des rejets dans l’environnement, mais elle
requiert également de solides compétences en matière de métrologie, de
paramètres mesurables et de techniques de mesure. Ces compétences
permettront, en fonction des objectifs à atteindre, de défnir un programme de
surveillance adapté, d’analyser les résultats de mesure, d’en percevoir les
limites, d’avancer des conclusions.
Je souhaite que les commissions locales d’information auprès des INB
(CLI) puissent renforcer leur implication dans la surveillance de
l’environnement et dans le RNM.
Pour toutes ces raisons, je me félicite de la publication de cet ouvrage de
synthèse sur les stratégies et méthodes de surveillance de la qualité
radiologique de l’environnement et du fait qu’il s’inscrive dans le cadre des travaux
du Comité scientifque de l’Association nationale des comités et
commissions locales d’information (ANCCLI). Cette initiative ne peut en effet que
contribuer à renforcer la capacité d’expertise des CLI, leur permettant ainsi
de jouer pleinement le rôle que leur confère la loi.
Pierre-Franck Chevet
Président de l’Autorité de sûreté nucléairePréambule
Le recours aux usages pacifques de l’énergie nucléaire représente sans
doute, simultanément à l’expansion fulgurante de l’informatique, le plus
fascinant des développements scientifques et techniques qu’a connus l’humanité
e
au cours du XX siècle. Cette source d’énergie présente l’exclusif avantage
d’être d’une densité énergétique colossale et de contribuer à la réduction des
émissions de polluants d’origine fossile, particulièrement préoccupants en
termes d’environnement et de santé publique à plus ou moins long terme.
Mais à l’opposé, l’usage de l’atome constitue le plus prométhéen des
acquis scientifques de l’humanité par suite des dangers potentiels qu’il
présente et des risques qui leur sont associés aux plans sanitaire et
écotoxicologique, lesquels excèdent de fort loin ceux de toute autre activité industrielle.
De ce fait, l’exploitation de l’énergie nucléaire exige plus que jamais la plus
grande rigueur dans la surveillance et le contrôle des installations afférentes.
Cette surveillance implique des efforts permanents, non seulement dans la
prévention d’un accident majeur, par suite des dommages calamiteux qui
lui sont associés (dommages dont Tchernobyl et Fukushima – fort
heureusement dans une moindre mesure – ont donné une illustration saisissante),
mais aussi dans le contrôle des pollutions diffuses, certes d’un faible niveau
d’intensité, qui accompagnent leur fonctionnement normal.
L’importance de cette surveillance ne pourra que croître dans un avenir
proche du fait de la crise contemporaine de l’énergie et de la lutte contre le
réchauffement climatique, qui se traduisent dans de nombreux pays par un
regain d’intérêt pour cette source d’énergie.
Le présent ouvrage arrive donc à une période particulièrement opportune
pour faire le point sur ces problématiques de surveillance et de contrôle des
installations nucléaires.
Ce livre comporte sept parties. Après une introduction sont abordées les
notions générales relatives aux mécanismes de circulation et de transfert
des polluants au sein et entre les divers compartiments de l’écosphère. Le XII La qualité radiologique de l’environnement
chapitre suivant comporte une analyse des rejets d’effuents effectués par
une installation nucléaire et une présentation des méthodologies propres à la
surveillance de l’environnement radioactif.
Le chapitre 4 traite de la détection et de la quantifcation des
contaminations radioactives des milieux physiques et des organismes. Une
importance plus particulière est accordée aux habitats aquatiques qui constituent
un « puits » pour les divers rejets radioactifs, qu’il s’agisse des effuents
liquides qui y sont déversés directement ou des dépôts provenant des rejets
atmosphériques. La méthode des bio-accumulateurs, dont l’importance est
générale en écotoxicologie, est traitée de manière plus circonstanciée.
Le chapitre 5, consacré à l’observations des organisations biologiques,
présente l’approche par les biomarqueurs et l’usage de méthodes biocœnotiques.
Une discussion plus approfondie concerne le choix des indices biotiques, ainsi
que l’usage de biomarqueurs généralistes ou spécifques, de défense ou de
dommage. Est plus particulièrement détaillé l’usage des biomarqueurs d’exposition
aux faibles doses d’irradiation externe et interne, dont l’objet est d’évaluer les
effets directs ou indirects de cette exposition à tous les niveaux d’organisation,
depuis la molécule jusqu’à la biocœnose. Les limites de l’usage de ces
biomarqueurs sont évoquées en conclusion du chapitre.
Le dernier chapitre concerne la mise en œuvre de la surveillance
radioécologique en France par les différents acteurs. Le rôle respectif des
exploitants et des commissions locales d’information est présenté et l’action de ces
dernières plus particulièrement détaillée.
En conclusion, nous ne pouvons que souligner combien la sortie de cet
ouvrage est opportune à un moment où initier la transition énergétique
revêt une importance stratégique en termes à la fois socio-économiques et
environnemental.
Cet ouvrage représente une excellente synthèse, étayée par une
bibliographie considérable, du sujet scientifque et technique complexe que constituent
la surveillance et la prévention des pollutions et nuisances associées à
l’utilisation pacifque, mais aussi militaire, de l’énergie nucléaire. Aussi en conseil -
lerons-nous très vivement la lecture à quiconque bénéfcie d’une formation
scientifque de base et/ou s’intéresse à ces questions d’importance majeure.
François Ramade
Professeur Émérite d’Écologie
Faculté des Sciences d’Orsay (Université de Paris-Sud)
Membre Honoraire du Conseil scientifque
de l’Institut de Protection et de Sûreté NucléaireSommaire
La contribution des auteurs ........................................................................................... 1
1. Introduction ................................................................................................................ 3
2. Milieux physiques et biosphère : la dynamique des transferts
de polluants au sein de l’écosphère ...................................................................... 5
3. Rejets et surveillance de l’environnement des installations nucléaires ...... 13
3.1. Les entrées de polluants dans l’environnement .............................................. 13
3.2. Quels sont les rejets effectués par les installations nucléaires .................... 14
3.3. Comment exercer une surveillance de l’environnement ? ............................ 15
4. La détection et la quantifcation des contaminations radioactives dans
les milieux physiques et dans les organismes ..................................................... 17
4.1.
les milieux ............................................................................................................. 18
4.1.1 Le milieu atmosphérique ....................................................................... 18
4.1.2 Le milieu aquatique ................................................................................ 19
4.1.3 Les sols ..................................................................................................... 25
4.2. La détection et la quantifcation des contaminations radioactives
dans les organismes et les produits transformés par l’Homme .................... 27
4.2.1 La problématique générale .................................................................... 27
4.2.2 La méthode des bioaccumulateurs ....................................................... 28
4.2.2.1 Bioaccumulation et bioamplifcation ................................................ 28
4.2.2.2 .................................................... 29
4.2.2.3 Amélioration des contrôles : surveillance active versus
surveillance passive ........................................................................ 30
4.2.3 Les diffcultés d’interprétation .............................................................. 30
4.3. Les exigences en matière de surveillance radiologique
de l’environnement : échantillonnage, interprétation des résultats ............. 32
4.3.1 Concernant les protocoles de suivi ....................................................... 34
4.3.2 Concernant le traitement des données ................................................. 38
4.3.3 Concernant la restitution des informations ......................................... 39
4.3.4 Conclusion ................................................................................................ 39
4.4. Conclusion ............................................................................................................ 39XIV La qualité radiologique de l’environnement
5. L’observation des organisations biologiques ..................................................... 41
5.1. Les biomarqueurs, une approche plus réaliste ? ............................................. 43
5.2. La détermination de la composition foristique et faunistique
des écosystèmes (dite aussi méthode des indices de diversité ou
méthode des indices biotiques).......................................................................... 43
5.2.1 La qualité de l’atmosphère .................................................................... 44
5.2.2 La qualité des eaux douces 45
5.2.3 La qualité du milieu marin 45
5.3. La quantifcation des modifcations de paramètres biologiques
(dite souvent méthode des biomarqueurs) ....................................................... 46
5.3.1 Les biomarqueurs généralistes et spécifques ..................................... 46
5.3.2 Les biomarqueurs de défense et de dommage .................................... 47
5.4. Les biomarqueurs d’exposition aux faibles doses d’irradiation externe et
interne en situation de contamination radiologique de l’environnement....... 47
5.4.1 Les biomarqueurs directs ....................................................................... 48
5.4.1.1 À l’échelon des communautés et des populations ............................. 48
5.4.1.2 À l’échelon de l’individu ................................................................. 49
5.4.1.3 À l’échelon cellulaire 50
5.4.1.4 À l’échelon moléculaire ................................................................... 51
5.4.2 Les biomarqueurs « indirects » ............................................................. 51
5.4.2.1 Les effets sur les activités enzymatiques .......................................... 51
5.4.2.2 Les effets sur l’expression des gènes ................................................ 52
5.4.2.3 Les effets sur l’expression des protéines ........................................... 52
5.4.2.4 La radioadaptation ........................................................................... 52
5.4.2.5 L’instabilité génomique 52
5.5. Conclusions et perspectives sur les biomarqueurs : biomarqueurs
à vocation écologique ......................................................................................... 53
6. La surveillance radioécologique mise en œuvre par différents acteurs ..... 55
6.1. Quels sont en France les acteurs de la surveillance de l’environnement
des installations nucléaires ? .............................................................................. 55
6.2. Quelques actions de surveillance par les exploitants et par les CLI ........... 56
6.2.1 La surveillance radioécologique par les exploitants ......................... 56
6.2.2 Quelle surveillance radioécologique par les commissions locales
d’information auprès des installations nucléaires de base ?................ 59
6.2.2.1 Modalités et objectifs de la surveillance exercée par les CLI ............. 60
6.2.2.2 Les milieux qui font l’objet de la surveillance exercée par les CLI .... 64
7. Conclusion sur les méthodes de surveillance de la qualité
de l’environnement ................................................................................................... 67
Références bibliographiques .......................................................................................... 69
Postface ................................................................................................................................ 79
Le Comité scientifque de l’ANCCLI .............................................................. 79La contribution des auteurs
Chapitres 1, 2, 3, 6, 7
Suzanne Gazal
Chapitre 4
Suzanne Gazal, Jacques-Édouard Levasseur, Jean-Claude Amiard
Chapitre 5
Jean-Claude Amiard, Christian Chenal, Suzanne Gazal
Coordination : Suzanne Gazal7KLVSDJHLQWHQWLRQDOO\OHIWEODQNChapitre 1
Introduction
L’observation de l’environnement est l’un des moyens qui permettent
d’évaluer les effets des interactions entre l’Homme et les milieux naturels.
Face aux conséquences potentiellement néfastes que peuvent entraîner ces
interactions, c’est un acte qui relève au premier abord du principe de
vigilance et qui peut ensuite aller, à des degrés divers, jusqu’au principe de
survie.
Dans ce contexte de surveillance, la mesure revêt un caractère de
première importance puisqu’elle apporte, même à l’état brut, une partie de la
réponse. En effet, c’est la valeur de cette mesure qui peut alerter, puis
motiver le déclenchement (ou non) d’un processus d’investigation plus ou moins
poussé.
La surveillance de l’état de l’environnement n’est pas une action qui
s’improvise car, au plan de l’éthique scientifque, elle doit répondre à des règles
bien précises et satisfaire à des protocoles rigoureux. C’est ainsi qu’une
première étape consiste à défnir, en fonction des échelles spatiale (locale,
régionale ou planétaire) et temporelle considérées, de la problématique et in
fne de la fnalité des objectifs, quel type de système de surveillance doit être
mis en place. La deuxième étape concerne la métrologie et notamment une
bonne pratique de la mesure dans le respect des règles qui seules permettront
de l’agréer. La troisième étape concerne l’exploitation des mesures, aussi
bien au plan scientifque, pour tenter d’expliquer les phénomènes observés
et pour s’interroger sur la pertinence des indicateurs choisis, que pour alerter
les pouvoirs publics en vue d’une éventuelle mise en place de dispositions
de crise. La dernière étape se veut généralement prospective puisqu’elle 4 La qualité radiologique de l’environnement
concerne l’amélioration, autant que faire se peut, de la mesure, et le
déploiement et l’interconnexion de réseaux, en vue de la création de véritables bases
de données.
Les méthodes aujourd’hui disponibles en matière de surveillance de
l’environnement s’articulent autour de deux démarches : la mesure des
concentrations et des expositions, et l’observation des organisations biologiques.
Après avoir rappelé brièvement la dynamique générale des transferts de
polluants au sein de l’écosphère, on présentera les stratégies de surveillance
de l’environnement, leur intérêt et leurs limites. La surveillance radiologique
1fera l’objet d’un intérêt particulier . On verra également comment cette
surveillance peut être mise en œuvre par différents acteurs, et notamment par les
exploitants ainsi que par les collectivités locales et les commissions locales
d’information auprès des installations nucléaires de base.
1. Ce document ne traitera pas de la dosimétrie individuelle.Chapitre 2
Milieux physiques et biosphère :
la dynamique des transferts
de polluants au sein de l’écosphère
On considère habituellement que l’écosphère comporte trois
compartiments physiques : les milieux atmosphérique, aquatique et terrestre, qui
entretiennent des relations complexes. Ils sont eux-mêmes constitués de
différents sous-compartiments au sein desquels et entre lesquels se produisent
des échanges également complexes, et qui jouent un rôle non négligeable
dans les échanges entre les différents milieux (fgures 1 et 2).
La mise en œuvre d’une surveillance environnementale repose sur une
connaissance de ces relations, qu’il convient avant toute chose de préciser.
Le milieu atmosphérique est composé exclusivement de l’environnement
physique. Celui-ci consiste en diverses masses d’air dont la pression (et pour
les deux premières, la température) et donc la densité, diminuent avec
l’altitude. Au niveau de la troposphère (à environ 8 km et 15 km au-dessus des
pôles et de l’équateur respectivement) et de la stratosphère (à environ 50 km
d’altitude), les mouvements de circulation atmosphérique sont assurés par les
vents et les courants ascendants. On peut ainsi citer les vents dominants d’ouest
et la circulation circumterrestre dans l’hémisphère nord entre 30° et 60° de
latitude, de même que les courants horizontaux et/ou la dérive ascensionnelle
et les échanges de masses d’air entre les deux hémisphères ou entre les pôles
et les tropiques (Oort 1970 ; Newell 1971). Ces mouvements contribuent à la
dispersion des particules et des gaz qui sont rejetés dans l’atmosphère.66 La qualité radiologique de l’environnement
En tout état de cause, ils apportent la confrmation que certaines espèces
de mousses terrestres sont très sensibles à de faibles niveaux de
contamination atmosphérique par le césium et constituent de ce fait de bons
indicateurs d’éventuelles retombées radioactives.
Ils suggèrent enfn que les mousses terrestres pourraient être utilisées
pour élaborer un modèle de calcul des contaminations atmosphériques –
dans le cadre notamment d’un protocole de surveillance active.
* L’identifcation des espèces prélevées montre une certaine hétérogénéité
de la composition des échantillons, inévitable en surveillance passive.
Les exigences évoquées plus haut concernant les méthodes
d’échantillonnage, la mesure et l’interprétation des résultats restent naturellement
essentielles (chap. 4.3 et encadré 3).
6.2.2.3. En conclusion, les actions de surveillance conduites par les CLI
permettent (i) de disposer de données recueillies de manière indépendante
concernant l’état de l’environnement des sites nucléaires, globalement ou
dans des domaines particuliers ; (ii) de confronter les résultats obtenus avec
les résultats produits par l’exploitant ou par l’Autorité de sûreté nucléaire ;
(iii) pour certaines, de comparer l’état radiologique de l’environnement
avant/après la mise en service de l’installation ; (iv) de faire apparaître des
points de vigilance et d’émettre à cet égard des recommandations ; (v) de
suivre les conséquences éventuelles d’évènements ou d’accidents se
produisant hors du territoire national (accident de Fukushima par exemple).
On notera que cette surveillance consiste à quantifier des
contaminations radioactives dans les milieux physiques et dans les organismes.
L’utilisation de bio-indicateurs n’est pas pour l’instant mise en œuvre. Le
plan de surveillance au moyen de Nicotiana tabacum L. (cf. chap. 5.4.1.3)
mis en place autour du CNPE de Golfech par le Conseil général de
Tarn-et-Garonne en 1988 n’a pu être, pour des raisons techniques,
poursuivi au-delà de 1992.Chapitre 7
Conclusion sur les méthodes
de surveillance de la qualité
de l’environnement
La quantifcation de la qualité de l’environnement par la réalisation de
mesures dans les milieux physiques et dans les organismes renseigne sur
l’exposition des êtres vivants aux polluants qui sont susceptibles d’être
présents dans leur environnement. Cependant, si la quantifcation de la qualité
de l’environnement à l’aide de mesures sur les bioaccumulateurs traduit bien
la contamination des organismes par les phénomènes de bioaccumulation
ou d’imprégnation, elle ne renseigne pas sur les éventuels dommages que
peut provoquer cette contamination. L’utilisation des indices biotiques a
en revanche une forte pertinence écotoxicologique, puisqu’elle permet de
constater des déséquilibres au niveau des communautés et des écosystèmes.
Néanmoins dans de nombreux cas, ce constat ne peut être fait qu’après un
temps de latence de plusieurs années et il est alors trop tard pour intervenir.
À l’inverse, l’utilisation des biomarqueurs permet de disposer de systèmes
d’alerte sensibles et précoces. Cependant, leur pertinence écotoxicologique
est faible, car l’apparition du biomarqueur n’est pas nécessairement suivie
de la disparition d’une population ou d’une modifcation de l’écosystème,
et elle n’est pas non plus l’indice d’un effet sur l’Homme. Le choix de
biomarqueurs de dommage, et notamment de biomarqueurs relatifs au
comportement, à la reproduction, au métabolisme énergétique et au fonctionnement
du matériel génétique, devrait améliorer sensiblement les capacités d’alerte
par les biomarqueurs.

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