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Le monde grec

De
304 pages

Cet ouvrage retrace les origines de l'Histoire grecque (la Grèce minoenne et mycénienne, la Grèce archaïque), la Grèce classique (Spartes, Athènes, les relations internationales, la vie économique et sociale, la vie religieuse) et l'époque hellénistique (l'évolution politique, l'économie et la société), pour terminer par les sources littéraires de l'Histoire de la Grèce.

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1
Le monde égéen e auIImillénaire
Les régions baignées par la mer Égée voient la mise en place au cours du e IImillénaire av. J.-C. d’une nouvelle organisation politique, économique et sociale. Celle-ci s’impose tout d’abord au milieu de l’Âge du Bronze en Crète, où, entreca2000 et 1450/1375 av. J.-C., la civilisation minoenne déve-loppe de grands ensembles architecturaux monumentaux qui sont le cœur de ce nouveau système, dit « palatial ». Une classe dirigeante, qui maîtrise l’écri-ture et qui se dote d’une bureaucratie, est à la tête de ces palais et règne sur de petites régions. Il s’agit là de l’irruption dans les régions égéennes d’un phénomène connu plus anciennement au Proche-Orient et en Égypte : l’appa-rition de l’État. Entreca1600 et 1075/1050 av. J.-C., la civilisation mycé-nienne adopte sur le continent une organisation similaire, avant de s’étendre en s’installant notamment en Crète, où les Mycéniens, dont les élites au moins s’expriment en grec, imposent leur pouvoir. Tout comme les Minoens aupa-ravant, ils assoient leur influence par la maîtrise des mers, et par la mise en place d’un réseau d’échanges en Méditerranée orientale, tandis que leur e présence à l’ouest est sensible jusqu’en Italie. À la fin duIImillénaire, qui correspond également à la fin de l’Âge du Bronze, la civilisation mycénienne est emportée, dans des circonstances qui demeurent mal connues. Les régions qui désormais constituent le monde grec connaissent une période de repli : les centres palatiaux sont délaissés et souvent l’habitat est transféré vers des hauteurs aisées à défendre, tandis que l’usage de l’écriture disparaît. Les deux siècles qui suivent, que l’on désigne traditionnellement par l’expression connotée péjorativement de « Siècles obscurs », constituent en fait une période de profondes transformations. Les modes de vie changent – c’est notamment visible à travers les pratiques funéraires – et de nouvelles tech-niques sont éprouvées, comme la métallurgie du fer. Surtout, c’est au cours de cette période que sont mis en place certains des éléments constitutifs de la cité grecque de l’époque archaïque.
e LeIImillénaire voit dans les régions égéennes l’apparition de l’écriture, mais les sources à notre disposition demeurent très largement matérielles. Les deux
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écritures mises au point par les Minoens, le hiéroglyphique et le linéaire A, nous sont en effet restées hermétiques jusqu’à maintenant. Le déchiffrement du linéaire B, que les Mycéniens ont adapté du linéaire A, a révélé la plus ancienne forme de grec connue. Son usage, selon ce que nous laisse entrevoir la documentation disponible, semble avoir été limité à la sphère administra-tive ; les documents qui l’utilisent nous renseignent essentiellement sur la vie économique et sur certains aspects limités de l’organisation politique et sociale des royaumes mycéniens. L’écriture disparaît des régions égéennes en même temps que ces derniers, et ne réapparaît sous la forme de l’alphabet grec, adapté de l’alphabet phénicien, qu’au début de la période archaïque, au cours e duVIIIsiècle. L’iconographie est quant à elle muette, et si les personnages mis en scène sur différents supports – glyptique, peinture murale, etc. – peuvent avoir représenté des divinités ou des figures historiques, rien ne l’indique explicitement.
Des civilisations minoenne et mycénienne, c’est donc la « culture matérielle » qui nous est le plus accessible : les événements, pour autant que nous puissions les détecter, sont moins faciles à appréhender. Les replacer dans l’échelle du temps constitue un problème supplémentaire : faute de documents écrits datés, nous ne disposons pas pour le monde égéen d’une chronologie absolue, et nous devons nous reposer sur les correspondances avec la chronologie égyptienne. Cette méthode n’est cependant pas d’une fiabilité totale, notamment pour les périodes les plus anciennes, alors que les techniques scientifiques de datation – le radiocarbone notamment – demeurent trop peu précises et produisent des résultats peu homogènes. L’essentiel du travail en ce domaine repose donc sur une chronologie relative, fondée sur l’évolution stylistique de la céramique.
Ces difficultés inhérentes à la nature même de notre documentation ne consti-tuent pourtant pas un obstacle insurmontable à la connaissance de ces civilisa-tions protohistoriques, dont certains traits culturels se sont maintenus au-delà des « Siècles obscurs ».
–––––––––––BIBLIOGRAPHIE GÉNÉRALE DU CHAPITRE–––––––––––
Ouvrages généraux On dispose d’un manuel de référence en français : TREUIL, R., DARCQUE, P., POURSAT, J.-Cl., TOUCHAIS, G.,Les Civilisations égéennes du de Néolithique et de l’Âge du Bronzeéd., 2008., Paris, PUF, coll. Nouvelle Clio, 2 Des synthèses en anglais constituent des outils de travail utiles : CHADWICK, J.,The Mycenaean World, Cambridge, 1976, rééd. 1991. CULLEN, T. (éd.),Aegean Prehistory : a review, Boston, American Institute of Archaeology, 2001. DICKINSON, O. T. P. K.,The Aegean Bronze Age, Cambridge, Cambridge University Press, 1994. DICKINSON, O.,The Aegean from Bronze Age to Iron Age. Continuity and Change between the twelfth and eighth centuries BC, Abingdon, 2006. Un manuel récent d’histoire de l’art est en grande partie consacré à la civilisation minoenne : POURSAT, J.-Cl.,L’Art égéen. 1. Grèce, Cyclades, Crète, jusqu’au milieu du second millénaire av. J.-C., Paris, Picard, coll. Les Manuels d’art et d’archéologie antiques, 2008. On pourra enfin consulter deux autres synthèses en langue française :
e 1. Le monde égéen auIImillénaire
FINLEY M. I.,Les Premiers Temps de la Grèce, Paris, Flammarion, coll. Champs, 1980. POURSAT, J.-Cl.,La Grèce préclassique, Paris, Seuil, coll. Points Histoire, 1995. Ouvrages spécialisés CARLIER, P.,La Royauté en Grèce avant Alexandre, Strasbourg, AECR, 1984. DARCQUE, P.,L’Habitat mycénien : formes et fonctions de l’espace bâti en Grèce continentale e à la fin duIImillénaire avant J.-C., Paris et Athènes, École française d’Athènes, coll. BÉFAR (= Bibliothèque des Écoles Françaises d’Athènes et de Rome) n° 319, 2005. DESBOROUGH, V.R.,The Last Mycenaeans and their Successors : an archaeological survey, c. 1200 - c. 1000 BC, Oxford, 1964. HOOKER, J. T.,Linear B. An Introduction, Bristol, 1980. MAZARAKIS-AINIAN, A.,From Rulers’ Dwellings to Temples : Architecture, Religion and Society in Early Iron Age Greece (1100-700 B.C.), Jonsered, Paul Aströms, coll. SIMA n° 121, 1997. SNODGRASS, A. M.,: an Archaeological Survey of the 11 th to theThe Dark Age of Greece 8 th Centuries BC, Édimbourg, 1971.
Nota bene: les renvois aux ouvrages ci-dessus mentionnés seront effectués simplement par la mention des auteurs.
La civilisation minoenne13
MMéénnélélaaiioonn Vaphio LACONIE HaghiósStéphanos
MÉLOS
ÉLIDE
ÉGÉE
SAMOS
Frontière politique actuelle
II e millénaire
NAXOS
THÉRA
ÉTOLIE
Le monde égéen au
Milet
ACHAIE
LaCanée Arméni
EUBÉE Orchomène PHOCIDELLeefkfakanndidi BÉOTIE TThhèèbbeess ATTIQUE AtAhthèènneess Mycènes ARGOLIDE ArgosTirynthe ARCADIE
Iolkos
LESBOS
II e millénaire
ÉPIRE
THESSALIE
1. Le monde égéen au
Troie
PPaallaaikikaasstrtroo ZZaakkrrooss
RHODES
14
CYTHÈRE Kastri
0
CHIOS
200km
CYCLADES
MESSÉNIE PPylylooss
MER
Cnossos• • Malia CRÈTE Galatas PhaistosGournia Kommos
e XI dynastie
Égypte
Construction du palais et de la fortification de Tirynthe (HR IIIA1)
Intégration progressive de la Crète au monde mycénien (MR III A1)
Céramique géométrique
e XVIII dynastie Nouvel Empire
e XII dynastie e e XIII -XVII dynastie Seconde période intermédiaire : Hyksos
Tombes du cercle A de Mycènes Premiers documents en linéaire B (HM III - HR I) Premièrestholoià Mycènes (HR II B)
Construction des premiers palais (MM I B)
2050/1950 vers 1900
1700/1650
Destruction des seconds palais. Premiers documents en linéaire B à Cnossos (MR II)
vers 1450
Grèce continentale
Réoccupation et destruction des sites palatiaux (MR II). Fonctionnement palatial à Cnossos seulement
vers 1200
Peuples de la mer (première vague)
Règne de Ramsès II
Céramique protogéométrique
e XIX dynastie
e XXI dynastie e XXII dynastie
Premières tablettes en linéaire B
Extension de la citadelle de Mycènes (HR III B1) Construction des grandestholoi de Mycènes (ex. : le Trésor d’Atrée)
Renforcement des remparts des citadelles de Mycènes et Tirynthe
1400/1375
1450/1400
1375/1325
vers 1375
Premiers documents d’archives en linéaire A (MM II)
Destruction du palais de Cnossos (MR III A1-A2)
Construction des palais de Mycènes, de Pylos et de Thèbes. Fortification de Mycènes (HR III A2)
1950/1800 vers 1800
Réaménagement partiel et réoccupation du palais de Cnossos. Attestation du fonctionnement d’autres centres (La Canée, Malia)
Dates
Tableau chronologique
e XX dynastie Peuples de la mer (seconde vague)
Désagrégation progressive de la culture mycénienne (HR III C)
Destruction des grands centres mycéniens. Disparition du système palatial et du linéaire B
Nota bene: toutes les dates sonta. C.
1050 950 900
15
Règne d’Aménophis III
La civilisation minoenne
Fin de l’utilisation du linéaire B. Abandon du palais de Cnossos (MR III C)
1200/1050
1325/1275
vers 1300 vers 1250
1600/1500
1650/1550
Destruction des premiers palais Construction des seconds (MM III)
Crète
Tombes du Cercle B de Mycènes (HM III)