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Introduction
Depuîs es années 1880, a France étaît devenue un grand pays d’îmmîgratîon. Non sans rencontrer une hostîîté dont témoîgnaît une xénophobîe structuree, des centaînes de mîîers d’étrangers s’y înstaèrent, d’autres contînuant à mîgrer au gré des saîsons et de a conjoncture économîque. À a veîe de a guerre, ’étran-ger – bege, îtaîen, espagno et même aemand – étaît une Igure connue et de mîeux en mîeux acceptée magré tout.
La Premîère Guerre mondîae, pour a France, sîgnîIa a présence de centaînes de mîîers d’hommes venus du monde entîer pour combattre et travaîer. Certaîns – amîs ou ennemîs – provenaîent des pays îmîtrophes ; d’autres, înconnus ou presque, arrîvaîent des empîres coonîaux ou de Chîne.
Avant a guerre déjà, un Mangîn ou un Pennequîn avaîent posé e probème de ’usage des coonîaux dans a stratégîe mîîtaîre rançaîse. Les besoîns humaîns urent tes, dès e début du conlît, que es rétîcences à ’empoî de tîraîeurs, spahîs et autres goumîers urent assez vîte baayées. La grave pénurîe de maîn-d’œuvre conduîsît par aîeurs es autorîtés rançaîses à recruter des dîzaînes de mîîers de travaîeurs dans es coonîes. Certaîns n’étaîent pas vraîment étrangers, puîsqu’îs étaîent rançaîs ; maîs, consîdérés comme des indigènes, îs n’étaîent pas cîtoyens, ce quî aîsaît d’eux, d’une certaîne manîère, des étrangers.
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Précédés de représentatîons très argement éaborées et dîfusées par ’îdéoogîe et a domînatîon coonîaes, es coonîaux vînrent donc comme sodats maîs aussî comme travaîeurs. Sî es premîers ne réquentèrent qu’exceptîonneement es popuatîons cîvîes, te ne ut pas e cas des seconds. Le conlît ut donc ’occasîon de nouveaux contacts, es uns et es autres se découvrant mutueement. Pour a premîère oîs aussî, et bîen que tout aît été réaîsé pour évîter eur cohabîtatîon, urent réunîs au combat, aux champs, dans es usînes ou sur es chantîers des hommes partageant a domînatîon coonîae rançaîse, et paroîs brîtannîque.
La France étaît devenue une sorte de Babe à une époque où e concept deracestructuraît très argement a vîsîon que es pays dîtscivilisésavaîent du monde. Cea n’aa pas sans dîicutés nî probèmes, et es conséquences pour es popuatîons rançaîses comme pour ces mîîons d’hommes pus ou moîns étrangers urent majeures.
Les étrangers en France : des situations et des statuts très divers
Depuîs e passage du généra Bouanger au mînîstère de a Guerre, es étrangers étaîent en France ’objet d’une surveîance renorcée : e carnet A recensaît, dans chaque département, es étrangers résîdant en France en âge de servîr es armées, tandîs que e carnet B concernaît es étrangers et es Françaîs soupçonnés d’espîonnage ou d’antîmîîtarîsme. Au recensement de 1911, on avaît dénombré 1160 000 étrangers, dont pus de 100 000 Aemands, 15 000 Autrîchîens et 3 000 Hongroîs. L’état de guerre rendaît îndîspen-sabes des mesures de sécurîté générae appîcabes à tous es étrangers. La décaratîon de guerre radîcaîsa évîdemment eur surveîance et eur contrôe. Dès e 2 août 1914 ut aînsî înstauré e permîs de séjour pour tous es étrangers ; e endemaîn, on rétabît es passeports, avec vîsa, pour entrer en France et, à partîr de 1916, es étrangers durent tous être porteurs d’une carte d’îdentîté. Pour autant, e quaîIcatî d’étrangerrecouvraît bîen des réaîtés. L’étranger pouvaît être un
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ennemî, un amî, un neutre, un sodat, un cîvî réugîé, un travaîeur, ou même un compatrîote venant d’une autre régîon.
Les civils Quand l’étranger devient l’ennemi Dès e 2 août 1914 ut édîcté eDécret relatif aux mesures à prendre à l’égard des étrangers stationnés en France, quî prescrîvaît « à toute personne de natîonaîté étrangère se trouvant actueement sur e terrîtoîre rançaîs de aîre connatre son îdentîté au commîssarîat de poîce, à a maîrîe ou à ’admînîstrateur de sa résîdence. Devront satîsaîre à cette obîgatîon tous es étrangers […], même s’îs ont aît […] a décaratîon prévue par e décret du 2 octobre 1888 ». Les étrangers devaîent posséder un permîs de séjour et demander un sau-conduît pour se dépacer, notamment dans a zone des armées. Les sujets des puîssances ennemîes (Aemands, Austro-Hongroîs) dîsposaîent de vîngt-quatre heures pour évacuer e nord-est de a France. Queques semaînes pus tard, e 15 septembre, e mînîstère de ’ïntérîeur ordonna que « tous es Austro-Aemands sans exceptîon », même s’îs étaîent por-teurs d’un permîs de séjour, soîent conduîts d’abord dans des dépôts répartîs sur tout e terrîtoîre (écoes, casernes, orts décassés), puîs dans « des camps de concentratîon ». Autrement dît, es ressortîssants des pays avec esques a France étaît en guerre étaîent consîdérés comme des ennemîs qu’î aaît înterner. Par a suîte, queques adoucîssements urent appor-tés à cette mesure drastîque : Asacîens-Lorraîns, Poonaîs et Tchèques notamment purent bénéIcîer d’un régîme dérogatoîre, tout comme es emmes nées
rançaîses maîs devenues autrîchîennes ou aemandes par marîage. Au prîntemps 1915, î y auraît eu envîron 20 000 înternés cîvîs : envîron 7 500 Aemands et 4 600 Austro-Hongroîs étaîent répartîs entre 58 camps de concentratîon en France ; près de 9 000 étrangers de dîverses orîgînes demeuraîent dans es dépôts îbres. Le pus grand camp ut probabement ceuî de ’e Longue, dans a presqu’e de Crozon : construît par e génîe à partîr de novembre 1914, puîs par es prîsonnîers eux-mêmes, ce camp vît passer près de 5000 hommes, parmî esques de très nombreux înteectues et artîstes, te e cînéaste autrîchîen Pabst.
En 1916, après es dîférents rapatrîements efectués – notamment par ’întermédîaîre des pays neutres –, î restaît moîns de 10 000 înternés, et en 1918 on en comptaît à peu près 6 000. Au tota, on estîme que 45 000 étrangers urent înternés.
Portefeuille de Luigi Cavanna, immigré italien mobilisé par l’armée italienne. Ce portefeuille a été cousu dans un morceau de drap grisvert de son uniforme. © Coll. Musée de l’histoire de l’immigration
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