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Paris en guerre 1914-1918

De
381 pages


La vie au quotidien des Parisiens durant toute la Grande Guerre.
Des témoignages de première main illustrés par 1 600 documents d'époque...
Un ensemble d'une richesse inouïe !



Paris en guerres 1914-1918 est le premier livre à dévoiler dans le détail, par l'image et les témoignages saisis sur le vif, ce douloureux épisode de notre histoire.
Des témoignages rares, 1600 documents, dont de nombreux inédits : photographies, affiches publicitaires et d'information en couleurs, dessins satiriques et caricatures, illustrations issues de livres et de revues illustrant l'actualité...
Mois par mois, " Sur le front ", des encadrés chronologiques qui permettent de replacer la vie à Paris dans le contexte général du conflit en France et dans le monde
Des double-pages spéciales sur des sujets particuliers : la presse quotidienne, les magazines et la censure, la presse enfantine, la littérature de propagande, les appareillages pour les grands blessés...
Comment vécurent ces Français de l'arrière - femmes, enfants, vieillards - dans la capitale bombardée, rationnée, envahie par les blessés que le front déverse sans discontinuer ?
Malgré les mauvaises nouvelles qui les accablent jour après jour, les Parisiens vont traverser l'orage avec un moral, un courage et un humour inépuisables.



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couverture
 

 Gare du Nord (10arrt), octobre 1914. Groupe de soldats indiens partant pour le front.

couverture

À René, mon père
À Damien, mon fils
la passion de l’histoire
est une affaire de famille !

L’AUTEUR

Spécialiste du Paris du XIXe siècle, Philippe Mellot est l’auteur d’une dizaine d’ouvrages qui retracent la vie parisienne à travers d’innombrables photographies et dessins d’époque, des centaines d’anecdotes stupéfiantes et de précieux témoignages d’auteurs et de journalistes du temps. Après les succès de Paris sens dessus dessous (1991) et de Paris disparu (1996), il dévoile la vie sulfureuse et artistique de la Butte dans La Vie secrète de Montmartre (2008) et révèle les secrets du Quartier Latin (2009) puis ceux des Halles de Paris (2010). L’année suivante, dans Les Vies secrètes du vieux Paris, Philippe Mellot ouvre le livre d’or des petites gens, des mauvais garçons et des fi lles de joie, une exploration inédite des quartiers pauvres et ténébreux de la capitale à la fin du XIXe siècle. En 2012, dans Vivre à Paris, de la Restauration à la Belle Époque, il traverse la ville en omnibus, explore la vie misérable des bords de la Seine et de la Bièvre, côtoie le peuple sacrifié des faubourgs et dresse le portrait des Grands Boulevards, célébrés dans le monde entier pour leurs fastes et leurs richesses.

PRÉAMBULE

Bombardés, rationnés, pris en tenaille entre les « optimistes » et les « pessimistes », désabusés par le défilé des cortèges de blessés que le front déverse quotidiennement dans les nouveaux hôpitaux privés et publics, les Parisiens – pour la plupart des femmes, des enfants, des vieillards, des réfugiés et des… embusqués – vont malgré tout réussir à traverser la tempête, souvent avec un moral, un humour et un courage inépuisable.

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Cette guerre préfigure les autres grands drames du XXe siècle. Elle est la première à embraser la planète, la première à utiliser des armes de destruction massive, la première à générer un nombre aussi incroyable de victimes, près de dix-neuf millions de morts civils et militaires et plus de vingt et un millions de blessés, et enfin la première à utiliser l’aviation à des fins militaires. Une innovation dont Paris éprouvera les effets dès le 28 août 1914 en s’inscrivant dans les annales comme la première ville de l’histoire à subir des bombardements aériens.

Paris est alors aussi au centre de deux mondes que tout sépare désormais. Entre les Poilus, d’une part, qui vivent l’enfer du front et le peuple de l’arrière, d’autre part, pour qui la vie continue en toute inconscience de l’atroce réalité des combats, une conséquence de la désinformation que la censure des autorités militaires applique au courrier et à la presse. Mais pour les Poilus, le plus inacceptable est sans doute cette nouvelle bourgeoisie qui s’enrichit grâce à la spéculation sur les fournitures de guerre et qui étale sa fortune avec arrogance. Cette rupture entre le front et l’arrière va durablement affecter les soldats qui, lors de leurs très rares permissions, préféreront rester muets sur la vie dans les tranchées, couvrant d’un voile pudique leurs terrifiants voyages au bout de la nuit.

Pendant que les Poilus se battent dans la Somme ou à Verdun, les guerriers de l’arrière se livreront à Paris à une épuration systématique de la culture allemande. Les œuvres d’Offenbach, pourtant père de l’opérette parisienne, sont proscrites. Goethe et Hoffmann sont voués aux gémonies. Le Werther de Massenet ne peut plus être représenté, car ce grand drame lyrique français est bien sûr inspiré du roman épistolaire de Goethe. Quant à Wagner, tant aimé des Français, son destin est vite scellé… La Grande chancellerie de la Légion d’honneur elle-même ne sera pas en reste en radiant de l’ordre tous les ressortissants allemands. La Société nationale des beaux-arts en fera autant ! Paris est décidément en guerres sur tous les fronts…

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Car ce sont bien des guerres que les Parisiens mèneront durant plus de quatre années. D’abord une guerre contre la misère dans une ville bientôt rationnée et alors que les petits commerçants enchaînent, sous des prétextes fallacieux, les augmentations de prix sur les produits de première nécessité. Une guerre contre la terreur lorsque les Allemands auront recours, en 1918, à des canons à longue portée pour frapper la capitale. Une guerre également contre la nausée lorsqu’ils sentiront confusément que leurs enfants ont été transformés en chair à canon lors d’offensives meurtrières et mal préparées. Enfin, une guerre de tous les instants contre le désespoir qui les guette dans un conflit qui n’en finit pas… Des guerres dont personne ne sortira indemne.

Cette guerre va aussi faire bouger quelque temps les lignes de notre société. Après la mobilisation des hommes – ils ont de vingt à quarante-huit ans – les femmes seront amenées à jouer un rôle de premier plan dans l’effort de guerre. À la campagne, elles remplacent leurs maris pour les durs travaux des champs et à la ville se substituent à eux dans de nombreux secteurs d’activité. Elles travaillent jusqu’à dix heures par jour dans les usines d’armement (on les surnommera les « munitionnettes »), distribuent le courrier, deviennent conductrices de tramways, livreuses de charbon… cela sans compter leur dévouement dans leurs rôles d’infirmières et de marraines de soldats ! Combien d’entre elles deviendront chef de famille après la mort de leur mari au « champ d’honneur » ? La paix revenue, cette émancipation ne subsistera finalement que dans quelques milieux intellectuels et bourgeois, la saignée démographique étant telle qu’il leur faudra bien accepter un retour aux valeurs traditionnelles, à leur rôle d’épouses et surtout à celui de mères. Renvoyées à leurs fourneaux, aucune évolution sociale ne viendra donc saluer leur inestimable contribution à la victoire et, malgré les efforts des suffragettes, elles devront encore patienter jusqu’en 1944 avant de se voir accorder le droit de vote…

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À la lumière de centaines de témoignages pris sur le vif et de milliers d’informations décrivant leur quotidien au fil des mois, Paris en guerre retrace dans le détail l’existence des Parisiens de juillet 1914 à novembre 1918. Entrés dans la guerre, étourdis par des années d’insouciance, ils se réveilleront un 11 novembre, groggys mais fiers de leur victoire chèrement acquise, et surtout bien décidés à faire coûte que coûte payer la note à l’Allemand abhorré ! Ça leur vaudra une autre guerre…

Philippe Mellot

L’INSOUCIANCE
AVANT LE
CATACLYSME

Les vacances d’été 1914 s’annoncent sous les meilleurs auspices. Les Français n’ont prêté qu’une attention distraite à l’assassinat de l’archiduc François-Ferdinand et les gesticulations des grands de ce monde, qui se déroulent en coulisses, semblent dérisoires en comparaison de ces vacances qui s’annoncent radieuses. Tels des « somnambules », les Parisiens, comme la plupart des français, avancent, imperturbablement, vers le plus grand abattoir que l’Europe ait mis en œuvre jusque-là.

 

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JUILLET 1914

LES PARISIENS
EN VACANCES

Le numéro de Lectures pour tous, daté du 1er août, fleurait bon les vacances ! Depuis déjà plusieurs années, les Parisiens « villégiaturent » dans tous les coins de France : 140 000 sur les plages du Nord, autant en Normandie, 200 000 en Auvergne, 120 000 en dans les Vosges et en Lorraine, 65 000 en Bretagne… la Côte d’Azur, trop loin ou trop chère, ne rassemblant en été que 13 000 âmes venues de la capitale. Intitulé « Messieurs les Parisiens, en voiture ! », cet article ne disait pas, qu’à partir du 2 août, les trains prendraient une tout autre direction… et surtout n’annonçait pas que les « vacances », pour les plus chanceux, en l’occurrence ceux qui y survivraient, dureraient plus de quatre ans…

SUR LE FRONT

28 JUIN

imageBosnie-Herzégovine L’archiduc François-Ferdinand, héritier du trône austro-hongrois et son épouse sont assassinés à Sarajevo par l’étudiant Gavrilo Princip, un Bosniaque venu de Serbie.

23 JUILLET

imageAutriche Ultimatum à la Serbie.

28 JUILLET

imageAutriche-Hongrie Déclaration de guerre à la Serbie.

30 JUILLET

imageAutriche-Hongrie Ordre de mobilisation générale.

imageRussie Ordre de mobilisation des armées stationnées au sud et au sud-est de l’Empire.

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