Regards sur l'histoire de la Caraïbe

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Sous la direction de Serge Mam Lam Fouck, Juan Gonzalez Mendoza, Jacques Adélaïde-Merlande, Jacqueline Zonzon et Rodolphe Alexandre.

Après Paramaribo en 1998 et la Havane en 1999, Cayenne a accueilli la conférence annuelle de l'Association des Historiens de la Caraïbe (AHC) du 16 au 20 avril 2000. L'AHC regroupe des historiens du bassin de la Caraïbe ainsi que des membres venant des universités et des organismes de recherche des Etats-Unis, du Canada, du Mexique, du Venezuela et du Brésil et de certaines universités de l'Union Européenne.

Les trente-deux communications présentées ont été regroupées dans cet ouvrage. Un nombre significatif de communications a été consacré aux problématiques de l'histoire de la Guyane, le pays d'accueil. Dix intervenants ont ainsi traité des questions du peuplement et de la mise en valeur coloniale de la Guyane, des réactions politiques et identitaires liées à la pratique française de l'assimilation.

Les questions abordées par ailleurs ont été rassemblées, dans les langues des intervenants, autour des thèmes suivants : criminalité et châtiments dans la Caraïbe ; la question de la nationalité aux Antilles françaises ; le traitement de l'environnement ; la Caraïbe vue du Mexique ; relations internationales et historiographie ; migrations transatlantiques et questions identitaires dans la Caraïbe britannique ; division sexuelle du travail et représentation de la sexualité.

En dépit de l'obstacle linguistique que pourraient rencontrer certains lecteurs, les textes rassemblées ici donnent de la Caraïbe un éclairage diversifié rarement disponible dans les lieux accueillant le grand public.


Publié le : samedi 1 janvier 2011
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EAN13 : 9782844506108
Nombre de pages : 528
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reGardS Sur LHISToIre de La caraBe. deSGuYaneS auxGrandeSanTILLeS
e Discours d’ouverture du 32 colloque de l’Association des Historiens de la Caraïbe
JàCQUEs adéLade-MerLande PRÉsiDENt DE l’assOCiàtiON DEs HistORiENs DE là càRàïbE.
nOUs NOUs REtROUvONs DONC pOUR CE COllOQUE DE l’àN 2000, lE pREmiER DU E tROisièmE millÉNàiRE, màis lE 32 DE NOtRE àssOCiàtiON À càyENNE. cE N’Est pàs NOtRE pREmiER COllOQUE EN CEttE tERRE D’amÉRiQUE DU SUD QUi vit pàRtiR vERs lEs îlEs, EN DEs tEmps biEN àNCiENs aRàwàK Et càRàïbEs. nOmbRE D’ENtRE NOUs ONt pàRtiCipÉ àUX RENCONtREs DE GEORgEtOwN Et DE PàRàmàRibO, RENCONtREs fRUC-tUEUsEs Et NOUs EûmEs l’hONNEUR, À GEORgEtOwN, D’êtRE REçU pàR lE DÉfUNt PRÉsiDENt chEDDi JàgàN. aUjOURD’hUi, À càyENNE, l’assOCiàtiON DEs HistORiENs DE là càRàïbE, àDREssE pàR mà vOiX, sEs REmERCiEmENts lEs plUs pROfONDs À tOUs CEUX QUi, EN E GUyàNE, ONt àiDÉ À là tENUE DE CEttE 32 CONfÉRENCE : àU pRÉsiDENt DU CONsEil RÉgiONàl, aNtOiNE kàRàm, QUi Est NOtRE CONfRèRE EN histOiRE, àU pRÉsiDENt DU CONsEil gÉNÉRàl, àUX màiREs DE càyENNE Et DE rÉmiRE, À là ChàmbRE DE COm-mERCE Et D’iNDUstRiE QUi NOUs àCCUEillE Et À tOUs lEs ORgàNismEs, gUyàNàis OU NON, pUbliCs Et pRivÉ QUi sE sONt iNvEstis DàNs là tENUE DE CEttE CONfÉRENCE. nOs REmERCiEmENts vONt àUssi àU cOmitÉ LOCàl D’oRgàNisàtiON, àNimÉ NOtàmmENt pàR MM. rODOlphE alEXàNDRE Et SERgE Màm Làm FOUCK QUi ONt EU là tâChE DiffiCilE màis CàpitàlE DE mEttRE EN œUvRE l’àCCUEil, CE QU’ON pOUR-Ràit àppElER là lOgistiQUE DE NOs CONfÉRENCEs, DE mEttRE EN plàCE UN sERviCE DE REpROgRàphiE, DE sECRÉtàRiàt, DE tRàDUCtiON. MEs sàlUtàtiONs s’àDREssENt àUssi À MmEs zONZON Et BUttEt, À MM. epàilly Et BàCOt. PERmEttEZ-mOi, EN tàNt QU’UNivERsitàiRE, mêmE àUjOURD’hUi À là REtRàitE, D’àDREssER UN sàlUt ChàlEUREUX À l’UNivERsitÉ DEs aNtillEs Et DE là GUyàNE QUE REpRÉsENtE M. SERgE Màm Làm FOUCK, CàR NOs RÉflEXiONs, NOs tRàvàUX DOivENt tROUvER lEUR pROlONgEmENt DàNs l’ENsEigNEmENt Et là REChERChE UNivERsitàiREs.
JE vOUDRàis àssURER UN sàlUt, À CEUX QUi fURENt lEs pREmiERs hàbitàNts CONNUs DE là GUyàNE, Et plUs làRgEmENt DE l’amÉRiQUE, DitE « pRÉ-COlOm-biENNE ». Là lÉgENDE DEs ORigiNEs DE càyENNE, (màis Où s’àRRêtE là lÉgENDE ? Où COmmENCE l’histOiRE ?), NOUs Dit QUE càiENNE Étàit lE fils DU ROi cEpEROU, lEQUEl fRàNChissàNt UN làC àUX EàUX mORtEllEs pUt sE màRiER àvEC BElEm. cEpEROU, càiENNE, BElEm : là lÉgENDE sUggèRE là COmmUNàUtÉ CUltUREllE EXis-tàNt DE l’oRÉNOQUE À l’amàZONE Et NOUs RàppEllE QUE lE sitE DE càyENNE,
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COmmE biEN D’àUtREs DàNs lE nOUvEàU MONDE, fUt D’àbORD OCCUpÉ pàR lEs amÉRiNDiENs. nOUs NE fERONs pàs l’histOiRE DE càyENNE Et DE là GUyàNE. LEs histORiENs QUi iNtERviENDRONt DàNs lEs « pàNEl » pRÉvUs vOUs ENtREtiENDRONt Et vOUs fERONt pàRt DEs RÉsUltàts DE lEURs REChERChEs, DEs RÉflEXiONs QUE CEttE histOiRE lEUR à sUggÉRÉEs. SàNs EmpiÉtER sUR lEURs pROpOs, DisONs CEpENDàNt QUE là GUyàNE, COmmE NOs àUtREs pàys DE là càRàïbE, à CONNU DEs tEmps D’iNjUstiCE, DE DUREtÉ, D’Op-pREssiON ; REfOUlEmENt DEs amÉRiNDiENs, tRàitE Et EsClàvàgE DEs nOiRs, DÉpOR-tàtiON Et bàgNE, Et ON DOit EN pàRtiCUliER sE sOUvENiR DE CEUX QUi fURENt ENvOyÉs àU bàgNE pOUR s’êtRE OppOsÉ, àU ViEtNàm, EN afRiQUE DU nORD, àU COlONiàlismE. Màis COmmE àillEURs, UN pEUplE Est NÉ, DE mUltiplEs àppORts, DE mUltiplEs tRàDitiONs, DE mUltiplEs iNflUENCEs, pàRfOis impOsÉs, pàRfOis àCCEptÉs, pàRfOis sOlliCitÉs ; tÉmOigNàgE DE CEttE vitàlitÉ : l’EXistENCE D’UNE CUltURE DE làNgUE CRÉOlE, QUE CONsàCRE lE ROmàNAtipa. Là tERRE gUyàNàisE à, àU COURs DE l’histOiRE sUsCitÉ DEs vOCàtiONs D’ENgà-gEmENt, DE CUltURE, DE là pàRt DE CEUX QUi y sONt NÉs OU QUi l’ON àDOptÉ ; sàNs pRÉtENDRE ENCORE UNE fOis À l’EXhàUstivitÉ, mENtiONNONs lE dR HENRy, mORt EN 1963, vàlEUREUX ÉRUDit, piONNiER D’UNE histOiRE DE là GUyàNE QUi s’àttàChE À REvàlORisER sON pàys ; FÉliX ébOUÉ, pREmiER gOUvERNEUR NOiR DE là GUàDElOUpE À l’ÉpOQUE DU FRONt pOpUlàiRE, pUis gOUvERNEUR gÉNÉRàl DE CE QUi Étàit àlORs l’afRiQUE ÉQUàtORiàlE fRàNçàisE. Il àmENà CE vàstE tERRitOiRE À sE RàlliER À là FRàNCE libRE DU gÉNÉRàl DE GàUllE, DONt il fUt UN DEs pREmiERs COmpàgNONs, GàstON MONNERvillE, àvOCàt, RÉsistàNt, àU tEmps DE l’OCCUpàtiON àllEmàNDE DE E E là FRàNCE, hOmmE pOlitiQUE DE pREmiER plàN sOUs làIVEt àU DÉbUt DE làV rÉpUbliQUE ; JUstiN càtàyÉE, àUssi RÉsistàNt Et QUi fUt pEUt-êtRE lE pREmiER À REvENDiQUER UN stàtUt spÉCiàl pOUR UNE GUyàNE QUi àURàit EU sà pROpRE mON-NàiE. nOUs NE vOUDRiONs pàs OUbliER CEUX QUi ONt àDOptÉ là GUyàNE. TEl àU DÉbUt DE CE sièClE JEàN GàlmOt, DONt là viE à ÉtÉ illUstRÉE pàR UN film RÉCENt. L’àCtiON DE CEs hOmmEs CONstitUE DàNs UN CONtEXtE CERtEs DiffÉRENt UN EXEmplE Et UN gàgE pOUR l’àvENiR. eNCORE UNE fOis, sàlUt À CEttE tRès àNCiENNE Et tRès vivàNtE CitÉ DE càyENNE QUi NOUs àCCUEillE àUjOURD’hUi. SàlUt À NOs àmis DE là GUyàNE !
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Allocution de M. le Maire de la ville de Cayenne
JEàN-clàUDE LaFonTaIne
c’Est EN mà QUàlitÉ DE màiRE DE là villE DE càyENNE, QUE j’ài l’hONNEUR Et lE gRàND plàisiR DE sOUhàitER, À tOUs NOs iNvitÉs pREstigiEUX, là biENvENUE EN GUyàNE, Et EN pàRtiCUliER DàNs NOtRE villE DE càyENNE, À l’OCCàsiON DE vOtRE E 32 cONgRès DEs histORiENs DE là càRàïbE. JE pROfitERài àUssi DE l’OCCàsiON pOUR REmERCiER tOUtEs CEllEs Et tOUs CEUX QUi, DE pRès OU DE lOiN, ONt œUvRÉ À là tENUE Et À l’ORgàNisàtiON DE CEttE màNi-fEstàtiON EN GUyàNE, tàNt il mE sEmblE QUE CE symbOlismE spàtiàl sOit fORt EN CEttE àNNÉE DU millÉNàiRE. Là màiRE DE là villE DE càyENNE Est, pOUR sà pàRt, tOUt àUssi sàtisfàit DE vOiR càyENNE DEvENiR pENDàNt QUElQUEs jOURs là CàpitàlE DE l’histOiRE Et DE là mÉmOiRE DE NOs pEUplEs D’amÉRiQUE Et DE là càRàïbE. JE CROis sàvOiR QUE DURàNt vOtRE sÉjOUR vOUs àUREZ l’OCCàsiON DE visitER NOtRE villE. JE làissERài DONC àUX pROfEssiONNEls DU tOURismE Et àUX histORiENs lE sOiN DE vOUs plONgER DàNs là pàtRimOiNE Et l’histOiRE DE NOtRE CàpitàlE. POUR mà pàRt, Et EN mà QUàlitÉ DE REspONsàblE pOlitiQUE, j’àimERàis pROfi-tER DE l’OCCàsiON QUi m’Est DONNÉE, àUjOURD’hUi, pOUR jEtER UN REgàRD sUR lE RôlE QUE vOUs DÉtENEZ DàNs l’histOiRE CivilisàtiONNEllE DE NOs CONtRÉEs REspEC-tivEs. VOUs DÉtENEZ NON sEUlEmENt UN « DEvOiR DE mÉmOiRE », màis àUssi Et sUR-tOUt UN « DEvOiR D’iNtERROgàtiON sUR là mÉmOiRE » àfiN DE DissipER lEs màlàisEs QUE REssENtENt NOs sOCiÉtÉs QUi fONt tROp sOUvENt lE silENCE sUR lEUR pàssÉ. VOtRE tRàvàil DE mÉmOiRE pEUt àlORs pERmEttRE là RECONstRUCtiON DEs liENs DÉtRUits pàR lEs gÉNOCiDEs, libÉRàNt àlORs lEs DEsCENDàNts QUE NOUs sOmmEs pOUR NOUs RENDRE À NOs pROpREs viEs iNDiviDUEllEs. Il s’àgit bEl Et biEN pOUR vOUs DE CRÉER UNE REspONsàbilitÉ COllECtivE DE là mÉmOiRE. VOilÀ àffiRmÉ àlORs tOUtEs lEs DiffiCUltÉs DU tRàvàil DE l’histORiEN ; D’àUtàNt plUs, QU’À l’èRE DEs NOUvEllEs tEChNOlOgiEs DE là COmmUNiCàtiON NOUs ENtRONs DàNs UNE NOUvEllE CONfigURàtiON DEs tEmps, CEllE QUE rÉgis dEbRày, àppEllE « là viDÉOsphèRE » : CEllE QUi NOUs liE àU pRÉsENt, Et À l’èRE DE l’immÉDiàtEtÉ, pOUR fàiRE CEttE viE tRONQUÉE, DimiNUÉE. LE DàNgER àppàRàît àlORs ÉviDENt DE vOiR NOs ENfàNts Et lEs gÉNÉRàtiONs fUtUREs pERDENt CEttE CUltURE gÉNÉàlOgiQUE, fàitE DE RÉfÉRENtiEls histORiQUEs symbOliQUEs.
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VOtRE RôlE Est àlORs DE DÉNONCER lE DàNgEREUX pROCEssUs DE REfOUlEmENt DE là mÉmOiRE COllECtivE Et DE là mÉmOiRE iNDiviDUEllE. VOUs êtEs pOUR NOs sOCiÉtÉs D’àUjOURD’hUi, lEs bÉNÉfiCiàiREs DE CEt hÉRi-tàgE CUltUREl. VOUs êtEs lEs ClERCs DE NOs sOCiÉtÉs. L’histOiRE C’Est l’EXpREssiON D’UN sàvOiR, màis àUssi D’UN pOUvOiR, EN CE sENs, il mE sEmblE QUE l’histORiEN, NE DOit pàs pORtER DE jUgEmENts, àU NOm DE là mORàlE DE là sOCiÉtÉ, sUR lEs fàits QU’il EXàmiNE pàRCE QUE CE sERàit àlORs igNORER CEttE fORCE DEs CONtEXtEs Et DEs CiRCONstàNCEs histORiQUEs. nOUs sERiONs àlORs, DàNs CE Càs, EN sitUàtiON DE CàptURE Et D’iNstRUmENtàlisàtiON DU pàssÉ. L’histOiRE, C’Est àUssi lE RègNE DE l’ÉmOtiON, DU pàRtàgE àmplifiÉ DE vÉCU Et DE sENtimENts COllECtifs QUi ONt sERvi DE CimENt À DEs milliERs D’hOmmEs Et DE fEmmEs. c’Est UN tRàit D’UNiON ENtRE lE pàssÉ, lE pRÉsENt, Et l’àvENiR. Il impORtE DONC DE NE pàs pERDRE sà mÉmOiRE, DE sE sOUvENiR DE sEs RàCiNEs, àfiN DE NE pàs màiNtENiR NOs mORts DàNs lE NÉàNt. qU’il mE sOit pERmis àlORs, D’ÉvOQUER là mERvEillEUsE pENsÉE D’aUgUstE cOmtE, lORsQU’il àffiRmàit QUE « NOtRE sOCiÉtÉ Étàit COmpOsÉE DE plUs DE mORts QUE DE vivàNts ». eN sOmmE, NOUs NE pOssÉDONs D’àUtREs viEs, D’àUtREs sèvEs, QUE lEs tRÉ-sORs hÉRitÉs DU pàssÉ, DigÉRÉs, àssimilÉs Et RECRÉÉs pàR vOUs. Là pERtE DE NOtRE mÉmOiRE sERàit àlORs REDOUtàblE pOUR là CàUsE DE là libERtÉ. Là pRÉsENtE màNifEstàtiON và NOUs pERmEttRE D’ENtENDRE, Et DE mEsURER là RiChEssE histORiQUE DE tOUs lEs pàys DE là càRàïbE. eN CONClUsiON, j’EXpRimERài simplEmENt CEttE fORmUlE QUi mE sEmblE RÉsUmER mà pENsÉE pOlitiQUE. Il fàUt RENDRE À l’HistOiRE CE QUi àppàRtiENt À l’HistOiRE : CE fàmEUX DEvOiR DE RECONstRUCtiON DE là mÉmOiRE, QUi NOUs DONNE là libERtÉ DE CONstRUiRE sEREi-NEmENt l’àvENiR DE NOtRE sOCiÉtÉ.
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e Allocution de M. le 2 Vice-Président du Conseil Général
JOsEph Ho-Ten-You
PERmEttEZ-mOi tOUt D’àbORD D’EXCUsER l’àbsENCE DE M. aNDRÉ LECàNtE, pRÉsiDENt DU CONsEil gÉNÉRàl, QUi Est àCtUEllEmENt hORs DU DÉpàRtEmENt. Il m’à DONC ChàRgÉ DE vOUs sàlUER Et DE lE REpRÉsENtER àUpRès DE vOUs. JE REmERCiE l’assOCiàtiON DEs HistORiENs DE là càRàïbE Et lE cOmitÉ LOCàl E D’oRgàNisàtiON pOUR àvOiR ChOisi là GUyàNE COmmE siègE DE CEttE 32 CONfÉ-RENCE. c’Est biEN sûR UN hONNEUR, màis CE sERà sURtOUt pOUR lEs jEUNEs GUyàNàis, l’OCCàsiON DE miEUX CONNàîtRE l’histOiRE DE lEUR pàys, Et D’àvOiR DEs REpèREs pOUR àffRONtER CEttE mONDiàlisàtiON QUi ENtRàîNE là pERtE DE tOUtEs lEs iDENti-tÉs. Màis QUi sOmmEs-NOUs EN RÉàlitÉ ? SOmmEs NOUs CàRibÉENs, Et EXistE-t-EllE vRàimENt là càRàïbE ? n’EXistERàit-il pàs plUtôt DEs càRàïbEs ? d’àillEURs EN CONsUltàNt lE pROgRàmmE DE là màNifEstàtiON, jE lis QUE CER-tàiNs iNtERvENàNt tRàitERONt DE làFrench carïbeen, D’àUtREs DEBritish carï-been. nOUs pOURRiONs tOUt àUssi pàRlER DESpanish carïbeenQUE DENederland carïbeen. d’àillEURsCaraïbesàU plURiEl Est lE titRE D’UNE ÉmissiON DE MàRiE-clàUDE cÉlEstE sUR rFo. PàRàDOXE ! c’Est l’HistOiRE QUi fàit QUE NOUs àvONs DEs CUl-tUREs DiffÉRENtEs Et sOUvENt DEs CENtREs D’iNtÉRêt QUi NE sONt pàs lEs mêmEs. c’Est l’HistOiRE QUi à fàit QUE biEN sOUvENt NOUs NOUs igNORONs lEs UNs lEs àUtREs. PàR EXEmplE, jE sàis biEN QUi Est lE màiRE DE PàRis, jE pOURRàis mêmE vOUs CitER lE NOm DE sON sECRÉtàiRE gÉNÉRàl. JE pOURRàis vOUs DiRE QUi Est lE màiRE À dUNKERQUE OU À MONtpElliER. PàR CONtRE, jE sERàis iNCàpàblE DE vOUs DiRE QUi Est lE pREmiER miNistRE OU lE pRÉsiDENt DE là GUyàNà, DE là BàRbàDE, DE SàiNt-MààRtEEN À plUs fORtE RàisON DE PUERtO riCO. et là RÉCipROQUE sERàit vRàiE. Si l’ON fàisàit UN RàDiO tROttOiR À PàRàmàRibO, UN CitOyEN sURiNàmàis, vOiRE UN miNistRE sERàit biEN EN pEiNE DE mE DiRE QUi Est aNtOiNE kàRàm OU aNDRÉ LECàNtE. et sàvEZ-vOUs QUE lORsQUE NOUs ChERChONs DEs mODèlEs D’ORgàNisàtiON pOlitiQUE, àU liEU DE NOUs pENChER sUR l’histOiRE DEs pàys vOisiNs QUi sERàit
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biEN RiChE D’ENsEigNEmENts, NOUs àllONs pRENDRE DEs RÉfÉRENCEs DàNs DEs îlEs, màis CEllEs-Ci biEN lOiNtàiNEs pUisQU’il s’àgit D’îlEs EUROpÉENNEs : MàDèRE, lEs açOREs OU lEs càNàRiEs. et QUàND NOUs ÉvOQUONs là COOpÉRàtiON iNtERRÉgiONàlE CE N’Est pàs sàNs àRRièRE pENsÉEs Et ChEZ lEs UNs Et ChEZ lEs àUtREs. POUR lEs DÉpàRtEmENts fRàNçàis D’amÉRiQUE C’Est tROUvER ChEZ lEs vOisiNs UN màRChÉ pOUR lEs pRODUits EUROpÉENs DONt ils sERàiENt lEs fOURNissEURs. POUR lEs étàts DE là càRàïbE, lEs DÉpàRtEmENts fRàNçàis D’amÉRiQUE sONt UN màRChEpiED pOUR àttEiNDRE lEs 300 milliONs DE CONsOmmàtEURs DE là cOmmUNàUtÉ eUROpÉENNE. Màis j’EstimE QU’UNE vÉRitàblE COOpÉRàtiON iNtER-RÉgiONàlE DEvRàit sE fàiRE D’àbORD sUR lE sENtimENt QUE NOUs àvONs D’àppàRtENiR NON sEUlEmENt À UN EspàCE gÉOgRàphiQUE COmmUN, màis À UNE COmmUNàUtÉ DE DEstiN : là gRàNDE COmmUNàUtÉ CàRàïbÉENNE. cE sERàit lÀ UNE bàsE DE COOpÉRàtiON bEàUCOUp plUs NOblE QUE lEs RàisONs mERCàNtilEs OU màtÉRiEllEs QUi NOUs mOtivENt àUjOURD’hUi. et C’Est À vOUs histORiENs ChERChEURs DE là càRàïbE QU’il àppàRtiENt DE NOUs iNDiQUER lEs màRQUEs, DE NOUs iNCUlQUER lEs vàlEURs DE CEttE COmmUNàUtÉ CàRàïbÉENNE. et EllE EXistE CEttE COmmUNàUtÉ CàRàïbÉENNE, DàNs, Et sUR lE pOURtOUR DE CEttEmare nostrum, QU’Est là mER DEs càRàïbEs. cEs QUElQUEs jOURNÉEs CONsàCRÉEs À l’histOiRE DEs pàys DE là càRàïbE sUs-CitERONt jE l’EspèRE, DEs vOCàtiONs, CàR il NOUs fàUt, À vOtRE EXEmplE, D’Émi-NENts UNivERsitàiREs, pUisQUE NOUs àvONs pROgRàmmÉ DàNs lE cONtRàt DE PlàN etàt-rÉgiON 2000-2006 là CONstRUCtiON D’UNE UNivERsitÉ DE plEiN EXERCiCE iCi, EN GUyàNE. MEsDàmEs, MEssiEURs, jE fORmUlE DEs vœUX pOUR QUE CEttE màNifEstàtiON RENCONtRE UN làRgE ÉChO. JE vOUs sOUhàitE DEs jOURNÉEs stUDiEUsEs Et fRUCtUEUsEs. et pUis tOUt sim-plEmENt, jE vOUs sOUhàitE UN EXCEllENt sÉjOUR pàRmi NOUs iCi, EN GUyàNE, pàys DE là càRàïbE.
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Allocution de M. le Président de la Région Guyane
aNtOiNE karaM
aU mOmENt Où jE m’àppRêtE À pàRtiCipER, À vOs CôtÉs, À l’OUvERtURE DE là E 32 CONfÉRENCE DE l’assOCiàtiON DEs HistORiENs DE là càRàïbE, jE sUis àNimÉ pàR UN pROfOND sENtimENt DE sàtisfàCtiON. avàNt D’EN ÉvOQUER lEs RàisONs, jE vOUDRàis, àU NOm DE là rÉgiON GUyàNE, sOUhàitER là biENvENUE À tOUs CEUX – ChERChEURs, UNivERsitàiREs, his-tORiENs – QUi NOUs fONt pOUR là CiRCONstàNCE l’hONNEUR DE lEUR pRÉsENCE. dURàNt lEs tROis jOURs À vENiR, jE sUis àssURÉ QUE vOUs àllEZ, pàR vOtRE CONtRibUtiON, NOUs àiDER À REplàCER l’histOiRE DE là GUyàNE DàNs sON EspàCE gÉOgRàphiQUE : CElUi DU NORD DE l’amÉRiQUE DU SUD, DU plàtEàU DEs GUyàNEs, Et DE là gRàNDE càRàïbE. c’Est UNE pERspECtivE iNtÉREssàNtE ! et jE m’EN vOUDRàis DE NE pàs sàlUER Et REmERCiER CEUX QUi sUR plàCE NOUs pERmEttENt DE l’ENvisàgER. POUR àvOiR ENsEigNÉ pENDàNt lONgtEmps Et êtRE ENsEigNàNt DE CEttE DisCi-pliNE, jE sàisis pàRfàitEmENt l’impORtàNCE DE là RÉàppROpRiàtiON DE l’histOiRE pOUR là fORmàtiON D’UNE sOCiÉtÉ. LiEU DE mÉmOiRE, hÉRitàgE COllECtif, l’histOiRE Est UN EffEt, sElON lE mOt DE FERNàND BRàUDEl, « ENsEigNEmENt Et pàRtiE vàlàblE DE NOtRE viE ». aiNsi, DEvONs-NOUs EN pRivilÉgiER UNE CONNàissàNCE pRÉCisE pOUR miEUX NOUs pROjE-tER DàNs l’àvENiR, pOUR miEUX pRÉpàRER DEmàiN. Là màNifEstàtiON QUi s’OUvRE CE sOiR à iNDÉNiàblEmENt UN CàRàCtèRE spÉ-CifiQUE. et C’Est là pREmièRE RàisON DE mà sàtisfàCtiON ! ellE pORtE sUR là mÉthODE, sUR là màNièRE QUE vOUs pROpOsEZ D’ENvisàgER l’histOiRE D’UNE sOCiÉtÉ : NON COmmE UN fàit isOlÉ, màis COmmE lE RÉsUltàt D’EXpÉRiENCE tàNtôt similàiREs, tàNtôt DistiNCtEs, À l’iNtÉRiEUR D’UN ENsEmblE À là fOis vàstE Et CONtRàstÉ : là càRàïbE. PlàCÉ DàNs CE CONtEXtE, jE CROis tRès siNCèREmENt QUE vOtRE CONfÉRENCE, QUi pRivilÉgiE UNE àppROChE COmpàRÉE DE là REChERChE histORiQUE, NE sE CONtENtE pàs DE plàCER NOs sOCiÉtÉs DàNs DEs CàDREs ChRONOlOgiQUEs. J’y vOis l’OCCàsiON D’àNàlysER DEs pROblèmEs (systèmE EsClàvàgistE, sys-tèmE COlONiàl, RÉsistàNCE Et lUttEs) QUi ÉClàiRENt sUR là tRàjECtOiRE sOCiàlE Et pOlitiQUE, lE « ChEmiNEmENt » DE ChàCUNE DE NOs sOCiÉtÉs. L’EXERCiCE Est À mON sENs D’iNtÉRêt sCiENtifiQUE. JE m’EXpliQUE ! Là GUyàNE pàRtàgE àvEC lEs àUtREs pàys DE là càRàïbE, QU’ils sOiENt fRàNCOphONEs,
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TrenTe-deuxIÈMe conFérence de L’aSSocIaTIon deSHISTorIenS de LacaraBe
àNglOphONE OU hispàNOphONE, DEs similitUDEs histORiQUEs, À pàRtiR DEsQUEllEs sE DÉgàgENt CEpENDàNt DEs DistiNCtiONs. E E PRENONs l’EXEmplE DE l’EsClàvàgE. eNtRE lExVIEt lExIxsièClE, lEs pUis-sàNCEs EUROpÉENNEs àppliQUèRENt CE systèmE À l’ENsEmblE DEs COlONiEs DE là càRàïbE. aUtàNt sà misE EN œUvRE QUE sà DEstRUCtiON ObÉiRENt À UNE lOgiQUE glO-bàlE, QUE sEUlE UNE visiON D’ENsEmblE pERmEt DE sàisiR. oN sE sOUviENt EN EffEt QUE l’àbOlitiON DE l’EsClàvàgE DàNs lEs COlONiEs fRàNçàisEs EN 1848, s’Étàit iNspiRÉE DE sà sUppREssiON DÉfiNitivE DàNs lEs COlO-NiEs àNglàisEs EN 1833-1834. PUERtO-riCO QUE vOUs ÉvOQUEREZ, àU COURs DE vOs DÉbàts, à Dû àttENDRE NÉàNmOiNs 1873 pOUR QUE l’espàgNE àbOlissE l’EsClàvàgE DàNs CEttE COlONiE. TOUChÉE COmmE lEs àUtREs pàys DE CEt ENsEmblE pàR DEs sièClEs DE tRàitE NÉgRièRE Et DE systèmE EsClàvàgistE, là GUyàNE sE tROUvE àUssi àU CœUR DE l’histOiRE DE là càRàïbE, QUi là pREssE Et l’ENglObE. VOUs àvEZ DONC RàisON D’ENvisàgER NOs DiffÉRENtEs sOCiÉtÉs DàNs lEUR ENviRONNEmENt, lEUR EspàCE ! JE CONstàtE àvEC iNtÉRêt QUE vOUs àllEZ àUssi àNàlysER DEs QUEstiONs, tEllEs l’àssimilàtiON, là CitOyENNEtÉ. SàNs DOUtE NOUs àiDEREZ-vOUs À COmpRENDRE lEs ChàNgEmENts sUCCEssifs ? lEs DiffÉRENCEs DE sitUàtiONs ? POURQUOi là sUppREssiON DE l’EsClàvàgE DàNs lEs COlONiEs EN 1848 à-t-EllE ENtRàîNÉde factolE vOtE àU sUffRàgE UNivERsEl, À là DiffÉRENCE DU RÉgimE CEN-sitàiRE, QUi Est REstÉ EN plàCE jUsQU’À là DERNièRE gUERRE, À pEU pRès pàRtOUt DàNs lEs COlONiEs àNglàisEs ? est-CE pàRCE QUE lEs aNglàis EURENt EUX-mêmEs lE bÉNÉfiCE DU DROit DE vOtE plUs tàRD QUE lEs FRàNçàis ? c’Est UNE iNtERROgàtiON. eNfiN, N’y à-t-il pàs lÀ DEs ÉlÉmENts QUi NOUs pERmEttENt DE sàisiR là Dif-fÉRENCE ENtRE là vOiE DE là DÉpàRtEmENtàlisàtiON impOsÉE À là GUyàNE, àUX aNtillEs Et À là rÉUNiON, Et là vOiE DE l’àUtONOmiE DàNs lE CàDRE DU Commonwealth?QUi CàRàCtÉRisà NOtàmmENt lEs COlONiEs àNglàisEs JE N’ài pàs là pRÉtENtiON DE vOUs pRÉCÉDER DàNs vOs RÉflEXiONs. J’ài sim-plEmENt vOUlU vOUs mONtRER COmbiEN jE sUis ENChàNtÉ Et sENsibilisÉ pàR là pERspECtivE QUE vOUs àvEZ ChOisiE ! SàNs l’EXàmEN DE CEs mOmENts, QUi COmmàNDENt ENCORE NOs RÉàlitÉs hUmàiNEs, NOUs NE sàURiONs sàisiR lE sENs mêmE DE NOtRE EXistENCE. nOUs NE sàURiONs RECONNàîtRE lEs « ChEmiNs » QUE NOUs àvONs pàRCOURUs, Et CEUX QUE NOUs àvONs À CONstRUiRE, pOUR fàçONNER NOtRE DEvENiR. nOUs NE sàURiONs pàs NON plUs COmpRENDRE lEs iNflUENCEs DivERsEs QUi tRà-vERsENt Et COmpOsENt NOs sOCiÉtÉs, là stRUCtURE DE là fàmillE, lEs gENREs Et lEs mODEs DE viE. BREf, l’histOiRE, ENvisàgÉE sOUs CEt àNglE, mE pàRàît REflÉtER l’âmE, l’Es-pRit, l’iDENtitÉ DE NOs sOCiÉtÉs. Y à-t-il UNE iDENtitÉ càRàïbE ? SàNs DOUtE NOs
reGardS Sur LHISToIre de La caraBe. deSGuYaneS auxGrandeSanTILLeS
sOCiÉtÉs pàRtàgENt DEs ÉpREUvEs, DEs sOUffRàNCEs COmmUNEs, QUi NOUs plON-gENt DàNs UNE « COmmUNàUtÉ DE DEstiNs » ! J’EN àRRivE DONC À là sECONDE RàisON pOUR làQUEllE j’ÉpROUvE UNE sàtisfàC-tiON pàRtiCUlièRE À pàRtiCipER À l’OUvERtURE DE vOs tRàvàUX. JE pENsE QU’ils REpRÉsENtENt À EUX sEUls UN fORmiDàblE COmbàt CONtRE l’OUbli. cE COmbàt NE DOit pàs êtRE CElUi D’UN jOUR, DE tROis jOURs ! Il DOit êtRE UN COmbàt DE tOUs lEs iNstàNts ! nOUs àvONs tOUs UN DEvOiR DE mÉmOiRE ENvERs NOs sOCiÉtÉs, NOs ENfàNts, NOs pàRENts, ENvERs NOUs-mêmEs. JE pENsE QUE vOUs DEvEZ, MEsDàmEs, MEssiEURs lEs histORiENs, NOUs àiDER À lE pERpÉtUER, EN NOUs fàisàNt pàRtàgER vOs CONNàissàNCEs; vOtRE àppROChE DE l’histOiRE. PERmEttEZ-mOi DONC DE plàiDER pOUR UNE vUlgàRisàtiON DE l’histOiRE, pOUR là pRODUCtiON D’UNE histOiRE pOUR tOUs lEs âgEs. POURQUOi ? PàRCE QUE l’iNDiviDU – DàNs sà RÉàlisàtiON Et là RÉàlisàtiON DE sON gROUpE – DOit tROUvER DàNs l’histOiRE DEs ÉlÉmENts DE sON àffiRmàtiON. Il DOit s’EN impRÉgNER pOUR sE fORgER UNE NOUvEllE mENtàlitÉ Et UN NOUvEàU COm-pORtEmENt ! nOs sOCiÉtÉs sONt À biEN DEs ÉgàRDs ENCORE tROp màRQUÉEs pàR lEs stig-màtEs DE l’EsClàvàgE. dE tEllEs DOUlEURs, NOUs NE DEvONs pàs lEs OUbliER ! Màis NOUs NE DEvONs pàs NON plUs EN REstER pRisONNiERs ! nOUs DEvONs lEs àvOiR EN mÉmOiRE pOUR miEUX lEs « EXORCisER », pOUR y tROUvER là RàisON D’UN « DÉpàssEmENt DE sOi » COllECtif. aUtàNt lE CitOyEN QUE l’ÉlU DOit pRENDRE À sON COmptE l’histOiRE pOUR s’iNsCRiRE DàNs UNE DÉmàRChE sOCiàlE CONstRUCtivE. J’y vOis pERsONNEllEmENt DEs EXpliCàtiONs, DEs ClEfs, DEs pistEs pOUR l’àCtiON COllECtivE.
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