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Sur les chemins de terre brune

De
512 pages
Européens, Anglo-Saxons ou Asiatiques, anonymes et personnalités célèbres, ils furent nombreux à sillonner l’Allemagne de 1933 à 1939. Flânant de Brême à Heidelberg, ces touristes parcoururent les lieux de pèlerinage du nazisme en action, Munich-Nuremberg-Berchtesgaden, jusqu’au camp de concentration de Dachau.
Quelles furent leurs impressions face à ce pays aussi séduisant qu’effrayant, doté de structures d’accueil performantes ? Tantôt parodie de voyages-Potemkine, riche en mises en scène, tantôt fenêtre entr’ouverte sur l’autoritarisme, l’Allemagne nazie a su attirer des sphères aussi variées que les cercles mondains, les anciens combattants, les diplomates, les journalistes, le monde des arts ou les grands dirigeants économiques. Des préparatifs, véritable tour sur soi avant la confrontation au nazisme, à la diffusion du retour, les différents temps du voyage révèlent une chronologie propre aux méthodes de séduction mises en place par le Troisième Reich à l’égard de l’étranger.
En s’appuyant sur une riche documentation littéraire, Frédéric Sallée dresse un tableau nuancé et novateur des relations internationales de l’Allemagne des années trente. De l’approbation aveugle au rejet inconditionnel d’un séjour en « Hitlérie », la gamme variée des réactions des voyageurs révèle comment le pays façonna son image aux yeux du monde.
 
Agrégé, Frédéric Sallée est docteur en histoire de l’université de Grenoble-Alpes. Spécialiste de l’Allemagne nazie et de ses représentations, il est membre associé au laboratoire universitaire Histoire Cultures Italie Europe (LUHCIE).
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En couverture : Publicité Be la Lufthansa, « A Pleasant Trip to Germany », 1935, réalisée par l’affichiste Jupp Wiertz. © Deutsches Historisches Museum, erlin / I. Desnica
En intérieur Be couverture : Publicité Be la Lufthansa émise à l’occasion Bes jeux Olympiques B’été Be erlin en août 1936, réalisée par l’affichiste munichois LuBwig Hohlwein. © Collection privée / Peter Newark Historical Pictures / riBgeman Images.
Création graphique : Antoine Bu Payrat
Illustrations in-texte : p. 172 : « Welcome to Germany », brochure Be la Reichsbahn Be 1938 par Hermann SchneiBer. © DaviB Levine, Collection particulière. p. 204 : Une BeLa Tribuna IllustrataBu 3 octobre 1937 sur la visite Be Mussolini à Hitler. © Mary Evans Picture Library.
p. 421 : Carte Bu réseau ferroviaire, autoroutier et aérien allemanB en 1936. © Cornell Library / Broits réservés. p. 422 : Carte « Germany, the eautiful Travel Country » émise par les services Bu RDR en 1936 © Cornell Library / Broits réservés.
ISN : 9782213700014
© Librairie Arthème FayarB, 2017.
À Elsa
Couverture
Page de titre
Page de copyright
Introduction
Première partie
Table des matières
Chapitre premier : Le voyage, objet d’histoire vécu et perçu Remerciements
Introduction
« Mais les vrais voyageurs sont ceux-là seuls qui p artent p o u r partir, cœurs légers, semblables aux ballons, de leur fatalité jamais ils ne s’écartent et, sans savoir p ourquoi, disent toujours : Allons ! » Charles Baudelaire, « Le voyage », Les Fleurs du mal, 1857.
Partir pour partir. Partir cœur léger. Allons. La p rose baudelairienne fait écho à l’imagerie collective qui règne à la seule évocatio n du mot « voyage ». Une pratique mêlée à l’aventure, un acte dominé par les sentiments, où jamais la finalité ne semble être liée à un quelconque effort rationnel, tant voyager est preuve d’un dépassement de l’être. Cet acte passionné a-t-il encore du sens dans la dé couverte d’une terrea priori hostile à toute forme d’exaltation exogène à la mat rice politique préalablement définie par le régime ? La dictature,a fortioritotalitaire, ne condamne-t-elle pas par nature sa possible découverte et compréhension par les visiteurs étrangers ? La question semble réglée lorsque Jean-Baptiste Durose lle publie saPolitique étrangère de la Francece qu’onen 1979. « L’Allemagne, on la connaît très mal par 1 y voyage peu . » L’exercice est présenté comme margi nal et la méconnaissance du régime, par un syllogisme évident, paraît explic able. L’Allemagne est une dictature. On ne voyage pas dans une dictature. On ne voyage pas en Allemagne. Raisonnement implacable si ce n’est l’étonnement qu i surgit au regard de la confrontation à l’histoire. Tout n’est pas né du voyage d’automne 1941 et de ce séjour des intellectuels, désormais devenu symbole de la collaboration. La ph otographie des Brasillach, Drieu la Rochelle et consorts, aux côtés duSonderführerHeller, sur le Gerhard quai de la gare du Nord en novembre 1941, a figé po ur la postérité le rapport du voyageur à l’Allemagne nazie, ne sachant plus si no us étions face au début d’une relation intime entre deux nations ou au point d’ab outissement d’un lien séculaire. La survalorisation du voyage d’automne comme « mome nt d’histoire » a troublé la 2 linéarité et la continuité d’une pratique plus anci enne . Entre 1933 et 1939, la multiplication des déplacements relativise la pensé e de Duroselle, le voyage en terre dictatoriale perçu comme une pratique excepti onnelle devient une démarche ordinaire. La lecture des archives allemandes confo rte cela. Walther Funk, secrétaire d’État chargé du tourisme auprès du mini stère de la Propagande et de e l’Éducation au peuple, insiste sur la nécessité d’o uvrir le III Reich au monde extérieur : « Tandis que les gouvernements du systè me de la république de Weimar ne pouvaient qu’avoir honte de montrer aux é trangers un pays appauvri, mal géré, déchu, la volonté du gouvernement nationa l-socialiste est de faire venir 3 en Allemagne le plus grand nombre possible d’étrang ers . » À partir de 1935, Hermann Esser, fidèle d’Hitler depuis le putch manq ué de novembre 1923, est nommé à la vice-présidence du Reichsbahnzentrale fü r den Deutschen Reiseverkehr. Le rôle de cette structure touristiqu e centrale du Reich est renforcé lors de la première étape de reprise en main de la politique du voyage en 4 Allemagne le 23 juin 1933, par les « lois de la mis e au pas ».