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Vivre en famille au cœur de la ville

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203 pages
La réinvention de l'habitat familial par le développement de la ville satellite, de la cité jardin et plus largement de la banlieue a suscité (et suscite encore) beaucoup d'enthousiasme ; or, les effets pervers de la prolifération de ces formes urbaines, notamment par la disqualification des quartiers anciens et des espaces publics, puis par la dépendance à l'automobile, sont de plus en plus évidents. Aujourd'hui, le défi de mieux arrimer la vie en famille et la ville reste entier. Il passe par la transformation des milieux aménagés dans les dernières décennies, mais surtout par la requalification des quartiers anciens au coeur de la ville.
Ce livre ne propose pas seulement de revisiter les arguments mettant en opposition ville et banlieue. Il vise à rendre intelligible une réalité complexe et nuancée : celle de la diversité des quartiers, des familles et des perspectives d'intervention dans le but non pas de favoriser une forme d'habitat au détriment d'une autre, mais d'envisager l'environnement urbain comme un ensemble d'espaces complémentaires et, à leur manière, profitables.
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Sous la direction de Je a n-P hil ippe Mel ocheetJua n Tor r es Préface de François Cardinal
Les Presses de l’Université de Montréal
VIVRE EN FAMILLE AU CŒUR DE LA VILLE
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Sous la direction de Jean-Pilippe Meloce et Juan Torres
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VIVRE EN FAMILLE AU CŒUR DE LA VILLE
Préface de François Cardinal
Les Presses de l’Université de Montréal
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Catalogage avant publication de BibliotHèque et ArcHives nationales du Québec et BibliotHèque et ArcHives Canada
 Vivre en famille au cœur de la ville  (PUM)  Comprend des références bibliograpiques.   ----  . Rénovation urbaine. . Politique familiale. . Meloce, Jean-Pilippe, - . . Torres, Juan, - . . Collection : PUM. .  .’ --
Mise en pages : Folio infograpie
 (papier) : ----  (PDF) : ----  (ePub) : ----
e Dépôt légal :  trimestre  Bibliotèque et Arcives nationales du Québec © Les Presses de l’Université de Montréal, 
Les Presses de l’Université de Montréal remercient de leur soutien financier le Conseil des arts du Canada et la Société de développement des entreprises culturelles du Québec (SODEC).
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Préface
François Cardinal
Je peux vous faire un aveu ? J’abite en banlieue. Oui, je vis en famille au cœur de la banlieue. Et néanmoins, on m’a demandé d’écrire la préface de ce livre. Et j’ai accepté de le faire. Vous sursautez ? Vous ne comprenez pas ce qu’un banlieusard peut bien avoir à nous apprendre sur un sujet aussi urbain ? Voilà justement pourquoi ce sujet m’intéresse tant. Voilà, très précisément, pourquoi j’ai écrit des dizaines et des dizaines de textes sur le sujet ces dernières années, pourquoi j’ai accepté de participer au colloque qui a justement précédé la rédaction de cet ouvrage. Le sujet est d’une grande importance pour Montréal, pour sa région, et pourtant, les seuls qui semblent avoir le droit de se pencer sur le pé-nomène, les seuls qui se sentent autorisés à en parler avec autorité, ce sont les citadins. Surtout ceux du centre. Pourtant, il s’agit bien d’un dossier métropolitain, aux répercussions nationales, même. Mais allez com-prendre… Les suburbains ne semblent avoir droit de cité que pour se justifier. Comme si leur décision était mauvaise en soi. Il y a le bon coix, la ville. Et il y a le vilain coix, la banlieue. Un sous-entendu qui véicule un paquet de préjugés, qui fait abstraction de la géograpie de l’île de Montréal. Un sous-entendu, surtout, qui empêce de comprendre véri-tablement le pénomène de migration des familles.
* * *
Il faut en venir à l’évidence, les deux solitudes, ce ne sont plus les anglos et les francos. Ce sont les citadins et les banlieusards, qui ne se comprennent pas, ne se parlent pas. Deux solitudes que je cerce bien umblement à
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rapprocer, par mon travail, en abordant la région comme un tout. Deux solitudes que le colloque Vivre en famille au cœur de la ville a également tenté de rapprocer en avril , à sa façon, en abordant le pénomène avec ouverture, de manière large, objective. Et c’est tant mieux. Car ce n’est pas en montrant du doigt les jeunes parents qui prennent le pont qu’on trouvera une solution au pénomène. Ce n’est pas non plus en traçant une ligne vertueuse entre l’île et la banlieue qu’on réussira à mieux comprendre les interactions qui lient les deux territoires. Il faut plutôt nuancer le débat. Il faut l’éclairer, le détailler, le décorti-quer afin de mieux comprendre les interactions et migrations qui lient l’urbain au périurbain. Il faut analyser « l’évolution des cycles de vie » (Gill, capitre ), comprendre « les modes de vie urbains des jeunes familles » (Germain, capitre ), évaluer les « préférences de consommation » (Meloce, capitre ), noter la force de la banlieue dans « l’imaginaire social » (Fortin, capitre ), soupeser « les préférences résidentielles » des jeunes adultes (Lord et Lotfi, capitre ). Il faut aussi saisir ce qui alimente les perceptions négatives de la ville (Plante, capitre ), comprendre pourquoi les jeunes familles coisissent tel ou tel type de logements (Cantal et Wexler, capitre ), cerner le type d’envi-ronnement qui plaît aux familles (Torres, capitre ), s’interroger sur la composition des logements offerts aux familles en ville (Dufresne et Girard, capitre ) et se référer à ce qui se fait ailleurs (homas, capitre ). Bref, il faut saisir ce qui pousse les parents à quitter l’île, ce qui les incite à s’installer dans la ville voisine, ce qui motive certains à se rendre en deuxième ou troisième couronne. Il faut, enfin, tenter de comprendre si la plupart des jeunes familles succombent au cant des sirènes de la péripérie ou s’ils fuient carrément la ville.
* * *
J’ai posé la question sur mon blogue, il y a quelques années. Les réactions à mon billet de blogue montraient la nécessité d’aborder cet enjeu avec ouverture, sans jugement ni a priori. De mener une réflexion sur le mode de la discussion en incluant tout le monde. On retrouvait de tout dans ces nombreux commentaires, mais un fil conducteur s’en dégageait : la plupart des banlieusards disaient avoir quitté la ville plutôt qu’adopté la banlieue avec envie et entousiasme. Bref, les
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commentaires étaient davantagecontreMontréal quepourla banlieue. On évoquait souvent le coût des propriétés sur l’île, mais aussi les pro-grammes approximatifs d’accès à la propriété de Montréal, la surtaxe à l’immatriculation, l’état de décrépitude des infrastructures, l’absence d’équipements municipaux pour la famille, les ausses à répétition de taxes et tarifs, la baisse de service liée au gel des dotations d’arrondisse-ment, etc. Autant de causes de l’exode qui s’ajoutent à celles évoquées dans les procaines pages de cet ouvrage, comme le manque de logements de plus de deux cambres et d’environnements urbains conçus pour les familles. Une très longue liste de critiques et de doléances contre la ville. Ce qui est paradoxalement, à mon avis, une bonne nouvelle pour cette même ville…
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De toute évidence, Montréal ne répondra pas de la même manière à l’exode si les gens la fuient par dépit… ou s’ils partent parce qu’ils veulent absolument un bungalow. Le jeune couple qui fait ses boîtes et traverse les ponts pour umer l’air de la banlieue, posséder un grand terrain et une énorme maison, la ville peut difficilement le retenir. Le citoyen qui veut à tout prix se rapprocer du DIX ou du Carrefour Laval, Montréal doit se résigner à le laisser partir. Le citadin qui a besoin de se rapprocer de ses grands-parents, de fréquenter une école en particulier ou de rejoindre son épouse (comme moi…), la ville doit se résigner à le laisser partir. Mais la jeune famille qui part parce que les taxes sont trop élevées, les programmes municipaux d’accès à la propriété trop cices ou les rues trop cabossées, la ville peut la retenir en limitant la ausse du fardeau fiscal, en bonifiant les programmes d’accès ou en prenant davantage soin de ses infrastructures. « Le problème, a souligné avec justesse un lecteur sur mon blogue, ce n’est pas que certains préfèrent la banlieue à la ville, mais bien que plusieurs voudraient rester en ville… mais en sont inca-pables. » Voilà ce qui a été le cœur de la réflexion du colloque d’avril . Voilà ce que tentent de mieux comprendre les auteurs des textes contenus dans cet ouvrage qui fera date, à n’en pas douter. Bonne lecture !