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Discours Préliminaire du Traité des Études

De
140 pages
Lecteur de Descartes et de Locke, disciple du Quintilien éducateur du De oratore, Rollin confronte les pratiques établies et les idéaux reçus à la réalité des établissements scolaires des années 1700 et aux exigences encore informulées d'une société qui allait changer plus vite que ses écoles, et conduit aussi loin qu'il était possible le double héritage pédagogique de la Renaissance du jansénisme. Ce texte qui donne à l'éducation humaniste sa forme la plus achevée en tire toutes les conséquences pédagogiques pour son époque et pour d'autres.
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ROLLIN
DISCOURS PRÉLIMINAIRE
DU
TRAITÉ DES ÉTUDESCollection Éducation et philosophie
La collection Éducation et Philosophie a pour objet les problèmes
généraux touchant à la formation des hommes.
Elle cherche à en.élucider les conditions et les données. Réfléchissant
de manière critique aux principes et aux finalités qui en déterminent le
parcours, cette collection touche tous ceux qui, de près ou de loin,
s'interrogent sur le sens des pratiques éducatives et la valeur des théories
qui les sous-tendent. Nous adressant aussi bien à l'éducateur qu'à
l'historien, au philosophe qu'au médecin, au psychologue qu'au sociologue,
nous ne saurions nous enfermer dans quelque discours de spécialiste.
Notre seul souci reste d'abord d'attirer l'attention de tous ceux qui
entretiennent des rapports plus ou moins étroits avec l'éducation sur les
questions d'ordre général, sans préférence ni parti pris. '
La juxtaposition infinie de domaines sans liens tend à s'affirmer de plus
en plus dans le domaine éducatif. Comment cet amalgame de
disciplines isolées pourrait-il constituer un savoir? La coexistence de
connaissances disparates ne fait pas une discipline nouvelle.
Face à cette diversité, il a semblé tout d'abord urgent et utile d'aborder le
fait éducatif à partir d'une rélexion à la fois générale et synthétique. Il
fallait en priorité regrouper les idées d'instruction, de formation,
d'animation, d'institution, d'enseignement, etc., sous celle d'éducation, sans
privilège ni exclusion puisque c'est autour d'elle que tentent de
s'articuler les multiples activités éducatives dans leur diversitié parfois
conflictuelle.
Déjà parus
Bernard JOLIBERT, Platon. L'ascèse éducative et l'intérêt de l'âme,
1994.
Jean LOMBARD, Aristote. Politique et éducation, 1994.
PLUTARQUE, Traité d'éducation, trad. Dany Houpert-Merly, 1995.
W. JAMES, Les conférences sur l'éducation,trad. Bernard Jolibert 1996.
Jean LOMBARD, Bergson. Création et éducation, 1997.
Bernard JOLIBERT, L'Éducation d'une émotion. Trac, timidité,
intimidation dans la littérature, 1997.
@ L'Harmattan, 1998
ISBN: 2-7384-6891-8ROLLIN
~
DISCOURS PRELIMINAIRE
DU
TRAITÉ DES ÉTUDES
Introduction et notes de
Jean LOMBARD
L'Harmattan L'Harmattan Inc.
5-7, rue de l'École Polytechnique 55, rue Saint-Jacques
75005 Paris - FRANCE Montréal (Qc) - CANADA H2Y lK9INTRODUCTION
Le Traité des études avait d'abord été publié
sous le titre De la manière d'enseigner et d'étudier les
belles lettres par rapport à l'esprit et au cœur. De fait,
l'ouvrage, dans lequel Voltaire voyait un livre « à jamais
utile »1, mérite à bien des égards d'être considéré comme
un traité et il occupe dans I'histoire de la pédagogie une
place essentielle. Pourtant, son auteur le présente, non
sans humilité, comme le simple recueil des traditions de
l'Université d'alors, c'est-à-dire comme le travail d'un
praticien dont le but « n'est pas de donner un nouveau
plan d'études ni de proposer de nouvelles règles et une
nouvelle méthode d'instruire la jeunesse mais seulement de
marquer ce qui s'observe sur ce sujet »2. Beaucoup plus
ambitieux qu'un simple manuel de pédagogie, beaucoup
moins radical dans la réflexion éducative qu'un ouvrage
philosophique, le Traité occupe en vérité une position
intermédiaire qui en fait, pour une large part, l'originalité et
le prix.
Aussi bien, il correspond à cet intervalle
apparemment voué aux pédagogues, et principalement aux
évêques précepteurs, qui a séparé, au XVIIème siècle et au
début du XVIIIème siècle, les deux temps forts de la
philosophie de l'éducation qu'ont été la réflexion de Descartes
I Voltaire avait pow1ant parlé du « janséniste Rollin... ce prolixe et inutile
)}compilateur à propos de ses écrits historiques (Lenre à Helvétius du 24
mars 1740).
2 Voir plus loin, p. 129.8 Introduction
et celle de Rousseaul. Certes, l'auteur du Discours de la
méthode n'a pas traité directement de questions
pédagogiques : pourtant, les Considérations touchant les sciences
qui forment la première partie du Discours sont un
chapitre de pédagogie qui, avec bien d'autres textes, prépare
une nouvelle théorie de l'éducation. Descartes a formulé,
à travers le récit qu'il fait de son séjour au Collège de La
Flèche2, ses critiques et ses préférences pédagogiques,
condamnant l'éducation formaliste des jésuites, appelant de ses
vœux une instruction plus positive et plus utile à la vie, et
posant ainsi, sans traiter d'autre chose que de la
rectification des fausses directions de l'esprit dans la recherche
de la vérité scientifique, quelques grands principes de l'
éducation moderne: l'égale aptitude des esprits à connaître
et à comprendre3, qui fonde le droit de tous à l'instruction,
la nécessité de conduire l'esprit selon une méthode
préalablement établie, qui définit l'éducation comme le
nécessaire complément des dons de la nature, la substitution de
la conviction réfléchie née du libre examen aux croyances
fondées sur l'autorité et à la simple transmission scolaire4.
Descartes estime cependant utiles l'étude de l'éloquence,
1 La période qui précède immédiatement la rédaction du Traité des études
correspond à cette « zone incertaine» aux confms des deux siècles, à ces
« terres mal connues, où l'on peut espérer encore découvertes et aventures»
que Paul Hazard a si bien analysées dans La crise de la conscience
européenne (/680-1715), Paris, Boivin, 1935. Par-delà ce qu'elle peut avoir
parfois de conserVateur, la pensée de RoBin, fondatrice de notre enseignement
secondaire, appartient bien à ces « années rudes et denses ». (id. , p. VII).
2 Discours de la méthode, première partie, Œuvres et lettres de Descartes,
Bibliothèque de la Pléiade, p. 128. Descartes dénonce le principe, qu'accepte
Rollin, selon lequel on peut par le moyen des lettres « acquérir une
connaissance claire et assurée de tout ce qui est utile à la vie ».
3 Puisque « le bon sens est la chose du monde la mieux partagée ».
4 Dans la formule « ne recevoir jamais aucune chose pour vraie que je ne la
connusse évidemment être telle », la règle de l'évidence peut aussi bien
avoir valeur de précepte pédagogique.Introduction 9
celle de la poésie, celle des littératures anciennes en tant
que « conversation avec les plus honnêtes gens des siècles
passés », l'histoire, aussi, « qui forme le jugement ».
Rollin a lu Descartes et il a tiré profit de cette
lecture. Il souligne, au quatrième livre du Traité des études,
cet apport du cartésianisme à sa propre démarche et, plus
largement, à la pensée de son temps: si on trouve. « dans
les discours... dans les traités de sciences, un ordre, une
exactitude, une justesse, une solidité qui n'étaient pas
autrefois si communs », il est probable qu'on doit « cette
manière de penser et d'écrire au progrès extraordinaire
qu'on a fait depuis un siècle dans l'étude de la
philosophie ». Rollin présente cette étude comme pouvant «
beaucoup servir à perfectionner la raison» et s'il se réfère
constamment, dans les chapitres qu'il lui consacre, aux textes
de la Logique de Port-Royal et du Traité des études de
l'Abbé Fleury, l'analyse de la raison comme principe et
objet de l'enseignement philosophique, la référence
explicite aux Méditations et aux Principes de physique, la
méthode proposée pour l'étude de chaque notion aussi,
montrent bien la place de la philosophie de Descartes dans sa
pédagogie!, même s'il ne va jamais jusqu'à mettre en doute
la fonction de transmission de l'éducation et ne peut donc
envisager la possibilité ni de « quitter l'étude des lettres»
qui fait l'originalité radicale du Discours de la méthode ni
de mettre en œuvre le véritable projet cartésien: « ne
chercher plus d'autre science que celle qui se pourrait trouver
1
t. 3, p. 176. On notera particulièrement la méthodologie retenue pour la
lecture des texies de Malebranche et de Descartes.10 Introduction
en moi-même ou bien dans le grand livre du monde» 1. A
tout le moins Rollin opte-t-il, à travers la place qu'il fait à
la philosophie de Descartes et à ses prolongements
pédagogiques, pour ce qui, dans le contexte de la publication du
Traité des études, est encore le choix d'une certaine
modernité2. Rollin, il est vrai, est aussi l'héritier des
jansénistes3, dont on sait combien ils ont, au fil du siècle, rompu,
en matière d'éducation, avec les traditions et. œuvré pour
substituer aux études jugées superficielles des collèges de
jésuites un cursus qui se voulait plus complet - au sens où
Saint-Cyran voyait dans l'éducation « l'unique nécessaire» -
et visant moins l'acquisition de connaissances que la
formation du jugement. « On ne devrait se servir des sciences»,
disait Nicole, « que comme d'un instrument pour
perfectionner sa raison »4.
Pourtant, l'enseignement secondaire a été
largement dominé, pendant la même période, par la pédagogie
des jésuites. Les Petites Ecoles de Port-Royal n'ont pas
I Descartes, Œuvres, p. 131. Descartes ne prend cette décision qu'après être
« sorti de la sujétion de (ses) précepteurs» mais on voit bien quelle
pédagogie, même destinée aux jeunes enfants, peut s'appuyer sur un tel
choix.
2 Certes, le Traité, publié à partir de 1726, est postérieur de presque un
siècle au Discours de la méthode paru en 1637. TI faut se souvenir,
cependant, qu' en raison de l'interdiction prolongée de la philosophie de
Descartes à l'Université, jusque très tard dans le XVIIème siècle, un choix
cartésien est encore « moderne» à la fm du siècle et un peu plus tard.
3
H. Ferté considère que le Règlement des études rédigé par Antoine Arnauld
en 1683 est « la véritable préface du Traité des études », Rollin, sa vie, ses
œuvres et l'université de son temps, Paris, Hachette, 1902, p. 187. TI
rappelle dans le même ouvrage, p. 195, que la Logique d'Arnault servit
aussi « d'introduction au cartésianisme ».
4Dans le traité De l'éducation d'un prince, Nicole défuùt aussi l'instruction
comme le souci de « porter les esprits jusqu'au point où ils sont capables
)),d'atteindre ce qui fonde le droit de chaque enfant à être instruit selon ses
facultés.Introduction 11
duré vingt ans et n'ont reçu que quelques centaines
d'élèves : même si l'éducation janséniste a survécu à la
dispersion des maîtres et à la disparition des établissements, les
principes des jésuites ont semblé, à l'époque, l'emporter. A
cet égard, Rollin est par excellence celui qui aura su
construire en contrepoint, à partir de l'expérience janséniste, une
éducation qui ne consiste pas seulement, selon le mot de
Bersot à propos des jésuites, à « amuser l'âme». En
dehors des congrégations enseignantes, où prédominent donc
les jésuites mais où les jansénistes exercent une autorité
intellectuelle sans commune mesure avec leur importance
réelle, le XVIIème siècle ne connaîtra plus guère, en
matière de pédagogie, que quelques penseurs indépendants,
principalement membres du clergé et éducateurs princiers, tels
Fénelon, précepteur du duc de Bourgognel, Bossuet,
précepteur du Dauphin2, ou défenseurs de l'éducation des filles
comme Madame de Sévigné, Jacqueline. Pascal, Madame de
Maintenon - et, là encore, Fénelon lui-même. La
diversification des disciplines enseignées, la place faite à une
nature enfantine désormais mieux décrite et objet d'une
observation psychologique plus attentive, l'idée de fonder autant
qu'il se peut l'éducation sur la liberté et le travail scolaire
sur l'intérêt et le plaisir connaissent alors des avancées
nouvelles, qui trouveront pour une part confirmation dans
Quelques pensées sur l'éducation que Locke publiera en 1693
en Angleterre et dont Rollin sera le lecteur attentif, leur
empruntant beaucoup, surtout en matière de discipline.
Sans doute la convergence de ces approches
nouvelles n'est-elle pas complète: néanmoins chacune
d'elles s'appuie sur une remise en cause de l'enseignement hérité
I Pour qui il écrit, comme on sait, son Télémaque entre 1694 et 1698.
2 Sa pédagogie est le sujet de sa célèbre Lettre de 1679 au Pape Innocent XI.12 Introduction
du courant humaniste tel qu'il se présentait alors,
progressivement alourdi et durci par l'usagel. La critique du
Collège de Westminster par Locke n'est pas si différente, à cet
égard, de celle de Descartes à propos du Collège de La
Flèche. Ses réflexions sur l'importance du corps, sur la vie
de l'enfant considérée indépendamment de l'étude et sur la
primauté du comportement par rapport au conditionnement
intellectuel, sur le recours au « divertissement» et à l'
acquisition raisonnée des connaissances rejoignent le
précepte de Fénelon: « il faut que le plaisir fasse tout», la rigueur
bien tempérée du Règlemenr de Jacqueline Pascal, le cri,
même, de Madame de Maintenon lors de l'absence d'un
professeur de latin à Saint-Cyr : « Victoire, voilà une
journée de gagnée »3. Il s'agit d'ôter à l'instruction pour
ajouter à l'éducation et, pour singulier qu'il apparaisse à plus
d'un titre, Locke définit parfaitement la nouvelle
problématique de. l'éducation à la fin du siècle en affirmant au
détour d'une réflexion sur l'éducation domestique que « la
vertu est chose plus difficile à acquérir que la connaissance
du monde» et que c'est « la vertu seule qui est la chose
4.difficile et essentielle dans l'éducation»
I Roger GaI parle, en ce sens, de « l'immobilité satisfaite de l'hwnanisme
établi » et l' analyse comme « \U1retard excessif du contenu de l'éducation
sur les ressources qu'ollie l'évolution de la pensée, de l'art et de la
science» favorisé, par le « conservatisme inné de l'éducation. » Histoire de
l'éducation, Paris, P.D.F. , 1987, pp. 70-71.
2 Le Règlement pour les enfants correspond au régime instauré à Port-Royal
où Jacqueline Pascal, sœur cadette de Blaise Pascal, s'était retirée en 1652
et était devenue dès 1655 « sous-ml!itresse chargée des novices».
3Cité par le Dictionnaire de la pédagogie de F. Buisson.
4
1. Locke, Quelques pensées sur l'éducation, Paris, Vrin, 1966, pp. 88-93.
On consultera avec profit les notes de 1. Chateau dans cette édition, qui
permettent d'intéressantes comparaisons avec la pédagogie de Montaigne,
Rollin, Rousseau, Kant et bien d'autres.Introduction 13
Ainsi, à partir des principes posés par
Descartes, dont on voit bien le rôle décisif qu'ils ont joué dans
l'histoire de la pédagogie bien qu'ils ne lui aient pas été
particulièrement destinés, les penseurs de l'éducation ont
tout au long du siècle tenté de réfonner les écoles et les
collèges, les contenus d'enseignement et les pratiques
scolaires. Ils n'ont pourtant que rarement entrepris une
réflexion globale qui s'attache à la fois à la détermination
philosophique des fins de l'éducation, à la connaissance des
conditions psychologiques et épistémologiques de
l'enseignement et à la nécessaire adaptation de la scolarité aux
exigences des fins poursuivies et aux contraintes de
l'organisation des études. L'approche la plus synthétique et donc
la plus originale est sans aucun doute celle de ComéniusI,
dont le caractère systématique est pour l'époque
exceptionnel. Prophétique à plus d'un titre, elle ne sera
reconnue que plus tard pour ce qu'elle est: une invention
radicale et de portée universelle. Pourtant, la pensée du «
Galilée de l'éducation», selon le mot de Michelet, aura,
comme celle de Galilée lui-même, fait date beaucoup plus
qu'elle n'aura, dans un premier temps, fait école.
Après un siècle de réfonnes qui furent surtout
des aménagements successifs, Rousseau et les philosophes
du XVIIIème siècle donneront à la question de l'éducation
un tour radicalement nouveau. Paru en 17622, l'Emile
annonce l'avènement de la raison philosophique dans l'art
d'élever les hommes et l'ambition, pour la pédagogie, de
travailler non plus seulement pour l'homme présent mais
1
La Grande Didactique (Didactica Magna) paraît en latin en 1657. Elle peut
être considérée comme la source de la conception européenne de l'
enseignement.
2Les jésuites sont expulsés la même année. Rousseau préparait l'Emile depuis
1653.14 Introduction
pour l'avenir de l'humanité. L'idée d'une éducation
publique et nationale qui fait des citoyens et s'emploie à
préparer à la vie et non à la mort naîtra des philosophes,
Condillac, Diderot, Helvetius, Kant, au terme d'une nouvelle
cril, qui prolonge celles detique des études et des collèges
Descartes et de Locke: la permanence des problèmes
d'organisation scolaire l'emportait déjà, à l'âge classique, sur
les ruptures théoriques et la volonté d'innover. De ce point
de vue, le Traité des étucks de Rollin, dans lequel on
pourrait voir le dernier état de la pédagogie du XVIIème siècle,
est aussi la source de son prolongement dans des périodes
bien postérieures et sans doute aussi la synthèse appelée à
transmettre jusqu'à l'école d' aujourd 'hui, par-delà les
changements radicaux que I'histoire lui a apportés, I'héritage de
la pédagogie humaniste.
Encore le terme d'humanisme appelle-t-il une
précision. Rollin s'écarte sur plusieurs points de la
pédagogie de Port-Royal, mais il en est le disciple. Or, pendant
que l'église catholique tentait de trouver un compromis
entre humanisme et christianisme, les jansénistes affirmaient
le néant de l'homme sans Dieu: attitude pour le moins
antihumaniste, malgré la promotion de l'individu qu'elle finit
par assurer. L'humanisme de Rollin est d'une autre nature.
Il est lié d'abord à la pédagogie issue du XVIème siècle,
qui se propose de réaliser un modèle humain, postulant que
l'humanité se dégage par l'étude d'un état de nature qui est
aussi, d'une certaine manière, celui de l'enfant. Il est lié
aussi, naturellement, à cette acceptation humaniste de
l'héritage littéraire gréco-latin - et particulièrement du
platonisme et du stoïcisme - considéré comme une propédeutique à
1 Voir en particulier la critique des collèges par Diderot dans son Plan d'une
université (1776) composé pour Catherine n.