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Du soutien parental à la suppléance familiale

De
181 pages
De nos jours les interventions éducatives en milieu ouvert se sont développées. Des équipes éducatives sont chargées d'aider les familles et de soutenir les parents dans leur rôle éducatif. Dans ce type d'intervention la famille est favorisée comme espace d'éducation, de socialisation mais aussi de contrôle des adolescents. Après avoir cherché à mieux cerner les logiques et modes d'action menés auprès des familles, l'auteur étudie les processus en jeu lors de la décision de placement.
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A Luce, Samuel et Milena

Mes remerciements aux travailleurs sociaux de l'AED Buzenval qui ont bien voulu s'entretenir avec moi, aux secrétaires et documentalistes qui m'ont aidé à collecter les documents utiles à ma recherche. Merci également à Anne-Marie Doucet-Dahlgren et Claude Rouyer de l'ETSUP pour leur aide précieuse, et à Michèle Gardette pour son soutien bienveillant. Merci enfin à Damien Lescure pour sa relecture rigoureuse et amicale.

PREFACE
« Ce que l’enfant est en mesure de faire aujourd’hui à l’aide des adultes, il pourra l’accomplir seul demain », énonçait le psychologue Vygotsky, il y a maintenant un siècle. Somme toute, les institutions sociales comme l’histoire et la culture transmises aux enfants, occuperaient une place majeure dans le sens où l’environnement serait considéré comme facteur d’évolution relationnelle et socioculturelle. Les personnes (parents, éducateurs, pairs), qui entourent le petit d’homme joueraient un rôle prépondérant à chacune de ses nouvelles acquisitions. Comment interpréter ce type de considération lorsque l’on sait que la famille n’est pas uniquement le creuset de bonheur et de développement ? Dans certains cas, elle ne peut pas assurer le quotidien avec sa progéniture, et des solutions plus ou moins heureuses sont apportées en termes d’aménagement. C’est à partir de ce point de vue qu’Enrique Garcia place l’objet de recherche qui est à l’origine de son ouvrage. On sait que les enfants occupent à l’heure actuelle une place particulière du fait même qu’ils sont moins nombreux mais plus investis par les membres de la famille. Il résulte de ces changements face aux rôles maternels et paternels, que ce sont de nouveaux repères, externes qui sont retenus comme modèles. On est bien loin du type de transmission intergénérationnelle, évoqué dans l’expression souvent utilisée « tel père, tel fils » et au fur et à mesure qu’ils grandissent, on remarque que les géniteurs ne se référent plus uniquement à leur propre éducation. Aussi, à l’adolescence, explique l’auteur, se retrouvent-ils face à bon nombre d’incertitudes éducatives qu’ils doivent apprendre à gérer jour après jour. A cela se rajoute l’influence des médias et des « spécialistes » de l’enfance et de l’adolescence sur ce qu’il faut faire ou ne pas faire. 7

Les parents eux-mêmes semblent peu à peu prendre conscience de cet impact. Ce qui revient à dire qu’ils sont avertis de l’acuité du rôle qu’ils ont à jouer par rapport à l’avenir des jeunes en terme de responsabilité, valeurs, règles à inculquer et bien évidemment de réussite scolaire, éléments mis en exergue par l’auteur. Sur ce dernier point, on relève un fort investissement parental, les filles et garçons étant placés, du côté de l’école comme de la famille dans une compétitivité dès le plus jeune âge, quelle que soit la situation sociale. Dans l’éventualité d’un accompagnement à la parentalité, les diverses instances socio-éducatives sont amenées pour différentes raisons à repenser et à prendre en compte le rôle fondamental des familles, celles-ci n’étant plus considérées comme « assistées » mais plutôt comme « partenaire » d’une co-éducation. On peut penser que, même si les parents restent effectivement les premiers éducateurs, ils ne sont pas les seuls. Mais encore faut-il pouvoir assumer ce rôle complexe. Certains se trouvent dans une telle vulnérabilité sociale, et psychologique qu’ils ne parviennent pas à faire face aux problématiques de l’adolescence. Leur origine sociale influe sur les relations instaurées avec les enseignants et les travailleurs sociaux. Ce qui distingue plus particulièrement les parents selon leur milieu socio-économique, ce sont les attentes qu’ils ont vis-à-vis de ces professionnels et leur disposition à s’investir dans des activités et projets. Cela signifie que les relations entre les familles et les institutions ne sont pas seulement liées à la position sociale des mères et des pères mais aussi aux interactions propres à chacune des personnes. Preuve à l’appui, les témoignages des parents que l’auteur a recueillis et qui lui permet de poser très justement la question des compétences mises en œuvre. Le jeune est en vérité au cœur de la problématique des échanges parents-professionnels, qui se trouvent en fait presque entièrement sous le contrôle de ce dernier. Les messages, les informations transitent par lui et plus il gagne 8

en maturité, plus c’est à lui que revient le fait de transmettre ou non des informations des uns envers les autres, en provenance en particulier du milieu scolaire. Dans ce contexte précis, les conflits entre les parents et garçons (en grande majorité) surgissent, souligne Enrique Garcia. Certains adolescents se retrouvent ainsi en porte-àfaux, passent à l’acte et pour reprendre les mots de l’auteur, font preuve de désobéissance, d’absentéisme et de décrochage. Ils sont en errance dans tous les sens du terme, les difficultés scolaires ne faisant que s’aggraver. Comment faire en sorte que ces jeunes suivis à l’Aide sociale à l’enfance sortent du prisme de l’inadaptation ? Il est alors question de prévenir sinon d’accompagner les adolescents afin qu’ils puissent trouver la juste mesure quant à un projet d’insertion. Loin de l’idée ancienne d’enfermer en vase clos pour mieux redresser, c’est le maintien en circuit normal qui est à l’heure actuelle préconisé. A la seule différence près, si ce jeune fait l’objet d’une mesure éducative, c’est l’éducateur spécialisé qui est en charge de son accompagnement et d’une mission spécifique auprès de sa famille. L’auteur s’est donné les moyens de mettre à l’épreuve les idées reçues sur le rôle de l’éducateur et dresse un portrait nuancé. A l’éducateur de faire le tri parmi les problématiques tumultueuses de chacun des adolescents et de ne retenir que le bon grain. A lui de prendre en considération les aptitudes positives afin de monter un projet au sein duquel chacun peut se construire ou se reconstruire. S’il s’agit pour le jeune d’un redémarrage, comment cela est-il vécu par ce professionnel. Enrique Garcia pose le problème qui taraude bon nombre de professionnels. Si le placement n’est pas une fin en soi, comment considérer le travail mis en place dès le début de l’AED ? Parler d’échec à ces mesures mises en place est-il justifié ? On a coutume de qualifier les pratiques du travail social de multiples, d’hétérogènes. En tout état de cause, la difficulté principale semble être liée à la nature même des 9

interventions qui sont avant tout de type relationnel. L’enquête menée par l’auteur sur le terrain de l’Aide sociale à l’enfance apporte un éclairage original. Il semble que les professionnels agissent de telle sorte que leur jeune interlocuteur puisse atteindre l'objectif fixé. Dès lors, une forme de coopération est pensée où rien ne peut, de fait, être envisagé sans l’élaboration de projets. Si l’on essaie de dresser un inventaire de ce qui est fait, on note d’emblée que des méthodes aux effets l’éducateur oscille entre compensatoires et une mise en pratique de savoirs pédagogiques emprunts d’exigence et de réussite. Pour y parvenir, un déplacement semble nécessaire, ne serait-ce que pour apprendre à naviguer en toute autonomie. C’est ce qui ressort tout au moins pour les cas d’adolescents repris dans l’ouvrage. Loin des schémas réducteurs, les résultats de l’enquête, qui restent d’ordre qualitatif, ouvrent de nouvelles pistes de réflexions. On relève que les éducateurs spécialisés pensent leurs actions de façon à ce que l’adolescent trouve les moyens de réaliser un projet, ceci d’un commun accord. Les témoignages inscrits dans l’ouvrage vont dans ce sens, et laissent en entrevoir la complexité de la relation éducative. On comprend que grâce à la richesse des données recueillies et relevées avec nuance par l’auteur, de nouveaux questionnements propres au champ de l’éducation spécialisée sont en émergence. On ne peut qu’encourager l’auteur à continuer à investiguer avec autant d’envergure les méandres de la protection de l’enfance. Anne-Marie Doucet-Dahlgren Etsup – Creas Université Paris Ouest Nanterre La DéfenseCREF, secteur « Education familiale et interventions auprès des familles »

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SOMMAIRE
PREFACE .......................................................................................................... 7 INTRODUCTION............................................................................................... 13 - Première partie DE L’ENFERMEMENT DES MINEURS A LA PROTECTION DE L’ENFANCE .......... 19 1 - L’enfermement des mineurs...................................................................... 23 2 - Emergence d’une alternative à l’enfermement.......................................... 35 3 - La protection de l’enfance aujourd’hui ..................................................... 47

- Deuxième partie LES INTERVENTIONS SOCIO-EDUCATIVES AUPRES DES FAMILLES .................. 73

4 - Familles et adolescents.............................................................................. 77 5 - Les interventions socio-éducatives............................................................ 84 6 - La question des compétences parentales ................................................... 95

- Troisième partie – OBSERVATIONS SUR LE TERRAIN : LE PLACEMENT DES ADOLESCENTS SUIVIS EN AED..................................... 107 7 - Le placement dans le cadre de l’AED ..................................................... 115 8 – La perception des difficultés familiales par les travailleurs sociaux....... 121 9 - Les visées des actions menées en AED................................................... 132 10- La décision de placement : l’échec de l’AED ?...................................... 145 CONCLUSION ET PERSPECTIVES................................................................... 159

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INTRODUCTION1
La pratique du placement des mineurs a été la première forme d’intervention auprès des familles en difficulté. Maurice CAPUL et Michel LEMAY nous le rappellent : « Les placements des enfants dans des établissements particuliers ou des familles d’emprunt forment, au cours d’une durée pluriséculaire, le socle commun d’où sont nées la plupart des formules contemporaines. Le bien-fondé ou pas des internats, scolaires ou spécialisés, constitue un thème récurrent depuis très longtemps2. » Le placement dans le cadre des politiques de protection de l’enfance demeure encore aujourd’hui une question d’actualité qui fait débat. Il suffit pour s’en rendre compte de consulter des publications récentes qui traitent de ce sujet. Ainsi le mensuel Lien Social titrait en couverture du numéro du 7 septembre 2006 : « Les maisons d’enfants à l’épreuve du temps » dans lequel deux auteurs3 y confrontaient leur point de vue. L’un dénonçant la mise à l’écart de la famille dans les situations de placement, l’autre justifiant les séparations comme pouvant être des mesures salutaires pour les enfants. En mars 2006, la revue du CNAEMO4 intitulait son cd-rom n°12 : « Faut-il encore placer les enfants ? » Dans un autre domaine, la Revue d’histoire de l’enfance “irrégulière” du
Cet ouvrage s’inspire en grande partie du mémoire de recherche intitulé Le placement en internat des adolescents suivis en milieu ouvert. Une analyse des facteurs décisionnaires, réalisé par l’auteur en 2008, sous la direction d’A-M. DOUCET-DAHLGREN dans le cadre du Diplôme supérieur en travail social (DSTS) à l’ETSUP (Paris). Le DSTS, entièrement refondu, s’intitule désormais Diplôme d'Etat d'ingénierie sociale (DEIS). 2 CAPUL M., LEMAY M., De l’éducation spécialisée, Ramonville St-Agne, Erès, 1997, p.85. 3 Il s’agit de Gilles CHENET auteur d’En finir avec le placement ou j’habite chez mes parents, Editions Jeunesse & Droit, Paris, 2004, et de Michel CHAPPONNAIS auteur de Placer l’enfant en institution : MECS, foyers éducatifs et villages d’enfants, Dunod, Paris, 2005. 4 Carrefour National de l’Action Educative en Milieu Ouvert.
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CNFE-PJJ5 consacrait son numéro annuel daté de décembre 2005 à la question de l’enfermement des « mineurs de justice », avec un article critique sur les centres éducatifs fermés. Enfin, l’ONED6 organisait le 22 juin 2006 sa journée thématique autour des « pratiques entre AED/AEMO7 et placement ». Il s’agissait pour l'observatoire dirigé par Paul DURNING de mettre en perspective des dispositifs, dits innovants, qui se situent entre l’action éducative et le placement. Tout en précisant qu’il ne s’agit pas de remettre en cause les deux piliers historiques de la protection de l’enfance, l’idée qu’ils ne sont plus tout à fait satisfaisants est malgré tout posée. L’un étant jugé finalement peu efficace, et l’autre potentiellement destructeur des liens familiaux. La situation actuelle du dispositif de protection de l’enfance est le résultat de l’évolution des politiques d’intervention auprès des familles. Ainsi, depuis la Seconde guerre mondiale, le nombre de placements n’a cessé de baisser, et les mesures d’action éducative8 auprès des familles, de type AEMO et AED, se sont largement développées. On sépare moins les enfants de leur famille, et des équipes éducatives se chargent de les aider et de les soutenir dans leur rôle de parents. En effet, les mesures d’action éducative ont pour projet de favoriser la famille comme espace d’éducation.

Centre National de Formation et d’Etude de la Protection Judiciaire de la Jeunesse situé à Vaucresson. Revue d’histoire de l’enfance irrégulière, le temps de l’histoire, n°7, « Enfermements et éducations », décembre 2005. 6 L’observatoire national de l’enfance en danger créé par la loi du 2 janvier 2004 relative à l’accueil et la protection de l’enfance a été dirigé par Paul DURNING jusqu’en 2009. 7 L’action éducative à domicile est une mesure administrative. L’action éducative en milieu ouvert est une mesure judicaire. 8 FABLET D., Suppléance familiale et interventions socio-éducatives. L’Harmattan, Paris, 2005.

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Ainsi le dispositif de protection de l’enfance actuel permet une large gamme d’intervention, du « milieu ouvert9 » au « milieu fermé », de l’intervention demandée par les parents à l’intervention contrainte par une décision de justice. Toutes ces interventions socio-éducatives d’aide à la famille ou de suppléance familiale visent en premier lieu la protection de l’enfant. Nous l’avons dit, le placement reste un outil de référence dans les pratiques des professionnels qui œuvrent pour la protection de l’enfance. Il constitue une pratique courante dans le cadre des mesures en milieu ouvert, qu’elles soient judiciaires ou administratives. On peut supposer que l’accueil en établissement ou chez un assistant familial10 d’un enfant sera décidé lorsque la mesure en « milieu ouvert » n’est pas considérée comme suffisamment protectrice pour celui-ci. Dans le cadre des mesures d’AEMO, les deux motifs majeurs de placement sont identifiés11. Il intervient principalement dans deux cas de figure : - La maltraitance des mineurs - Les conflits entre parents et adolescents Dans cette dernière situation, la séparation est souvent demandée par les parents pour qui « le placement constitue l’aboutissement d’une situation devenue intolérable. Il est souvent ressenti comme échec et soulagement tout à la fois12. » C’est cette problématique qui sera le fil conducteur
Le « milieu ouvert » fait référence aux AED et AEMO en opposition à la prise en charge dans des établissements comme les internats éducatifs. 10 Nous rappelons que depuis la loi du 27 juin 2005, le terme de « familles d’accueil » n’est plus à utiliser. Il est remplacé par « assistants familiaux ». Il existe dorénavant un diplôme d’Etat et une formation obligatoire pour les assistants familiaux embauchés au titre de l’ASE. 11 DURNING P. et BREUGNOT P. « l’AEMO, objet de recherche en émergence : analyse de 25 rapports (1990-2000) » in DURNING P. et CHRETIEN J., L’AEMO en recherche. L’état des connaissances. L’état des questions. Matrice, 2001. 12 CAPUL M., les groupes rééducatifs, Paris, PUF, 1969, p. 76.
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de notre ouvrage. Nous écartons donc les enfants maltraités et les jeunes placés pour des faits de délinquance. En choisissant les deux pratiques les plus emblématiques du dispositif, l’action éducative à domicile et le placement, il nous a semblé intéressant de chercher à savoir comment et pourquoi les intervenants auprès des familles envisageaient le passage de l’AED, mesure qui s’efforce de maintenir l’enfant auprès de sa famille, au placement, qui est une mesure de suppléance familiale. A quel moment de la mesure d’AED, le placement est-il décidé ? Pour quelles raisons ? Dans quel but ? Sans entrer dans le débat concernant les avantages et les inconvénients du placement, il est aujourd’hui convenu que le placement est une mesure utile de protection dans les situations évidentes de maltraitance13, d’abus sexuel et de violence grave. Personne aujourd’hui ne peut contester la nécessité de protéger l’enfant de sa famille par une mesure de séparation ponctuelle ou durable dans de telles situations. Ces situations restent cependant minoritaires au regard du nombre total de placements. Le nombre de mineurs placés est largement supérieur au nombre d’enfants maltraités14. Ainsi, la décision de séparation, dans le cadre de la protection de l’enfance, concerne également, et majoritairement, des mineurs qui ne sont pas maltraités au sens de l’ODAS. Il s’agit en grande partie d’ « enfants en risque ». C’est parmi
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Selon l’observatoire national de l‘action sociale décentralisée (ODAS), l’enfant maltraité est « celui qui est victime de violence physique, d’abus sexuel, de cruauté mentale, de négligence lourde ayant des conséquences graves sur son développement psychologique et/ou physique». L’enfant en risque est « celui qui connaît des conditions d’existence qui peuvent mettre en danger sa sécurité, sa santé, sa moralité, son éducation ou son entretien, mais qui n’est pas pour autant maltraité ». 14 En 2006, l’ODAS dénombrait 19 000 enfants maltraités et 79 000 enfants en risque de l’être, soit 98 000 enfants en danger. Pour cette même année, il y a eu 119 577 enfants confiés à l’aide sociale à l’enfance et 20 882 placements directs par le juge, soit 140 459 enfants placés (Sources : ODAS 2007 et DREES 2008)

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cette population que nous retrouvons les adolescents en conflit avec leur famille pour qui une séparation et un placement en établissement éducatif sont proposés par les équipes d’AED. Dans ces situations, quels sont alors les facteurs qui déterminent la décision de placement des adolescents qui ne sont pas en situation de maltraitance, mais en conflit avec leur famille ? C’est cette question cruciale qui a motivé l'écriture de cet ouvrage. La première partie s’attachera à présenter le contexte de cet ouvrage qui retracera de façon succincte l’histoire de l’enfermement des mineurs au XVIIIe siècle jusqu’à l’époque actuelle. Nous chercherons aussi à comprendre comment ont émergé des alternatives à l’enfermement, pour enfin présenter le dispositif de protection de l’enfance tel que nous pouvons le connaître aujourd’hui. La deuxième partie tentera une approche de quelques concepts qui intéressent l'objet de cet ouvrage : les interventions socio-éducatives et la question des compétences parentales. La troisième partie s’appuiera sur l'analyse de nombreux documents issus du terrain et le décryptage de quelques entretiens effectués auprès des travailleurs sociaux d’un service d’action éducative à domicile (AED), pour cerner de plus près la réalité des placements mis en œuvre dans le cadre d'une mesure d'action éducative à domicile. Enfin, nous proposerons des perspectives de réflexion et de travail pour les professionnels et les étudiants intéressés par les interventions auprès des familles, à travers deux aspects : la décision de placement et l’accompagnement des parents en milieu ouvert. 17