//img.uscri.be/pth/b80a52df41e03018472cf9d7f6e4c45ba1a77868
Cet ouvrage fait partie de la bibliothèque YouScribe
Obtenez un accès à la bibliothèque pour le lire en ligne
En savoir plus

Ecole et décentralisation au Mali

De
218 pages
Ce livre montre que la décentralisation est un nouveau mode d'aménagement public de l'école qui associe les acteurs locaux, en l'occurrence les enseignants, les parents d'élèves, les élus et les communautés, dans les décisions éducatives. Ce travail collectif se fait par exemple au niveau de la conception des programmes scolaires, de l'évaluation des élèves, du recrutement des enseignants. Ce livre s'intéresse aux enjeux de l'appropriation de la nouvelle politique par les acteurs locaux.
Voir plus Voir moins
ÉCOLE ET DÉCENTRALISATION AU
aux
Des logiques d’appropriations locales
dynamiques
de
conquête
de
l’espace
MALI
scolaire
Idrissa Soïba TRAORE
ÉCOLE ET DÉCENTRALISATION AU MALI
Des logiques d’appropriations locales aux dynamiques de conquête de l’espace scolaire
PRÉFACE DUPROFESSEURJEANYVESROCHEX
LHNATTMAAR
5-7,
rue
de
©LHTANARMAT, 2011 lÉcole-Polytechnique ; 75005
http://www.librairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr
ISBN : 978-2-296-54521-2 EAN : 9782296545212
Paris
À
mon
père
f
eu
Soïba
Tr
aoré
Remerciements Mes remerciements sympathiques vont à lendroit de: - Jean Yves Rochex, mon directeur de thèse pour sa sympathie, sa diligence et sa rigueur. - Jean Emile Charlier, Professeuràla FacultéUniversitaire de Mons (FUCAM) Belgique ; Jean Louis Dérouët, Professeurà lINRP (Institut de Recherche Pédagogique) pour les nombreux articles envoyé Professes ;ur Soli Konéà lombre duquel jai fait mes premiers pas dans la recherche ; tous les professeurs de lUFR Sciences de léducation de Paris VIII - Mes mères : Fanta, Kadidiatou, Mariam et Maïmouna ; - Ma très chèreépouse Madame TraoréAminata Berthé - Mes enfants : Cheick Oumar, Souleymane, Kadiatou, Soïba. - Tous mes frères etsœurs particulièrement Souleymane, Saïdou, Mohamed, Bintou - Toutes les familles : Traoré, Diarra, Samaké, Berthé, Diallo, Diambou Keïta, Cissé, et Tounkara ; - Mes très chers amis et camarades Amadou Sacko, Alhassane Gaoukoye Dicko, Labass Lamine Diallo, Ibrahim Diallo, -Au Professeur Issa NDiaye pour ses conseils précieux; - Au Doyen de la FLASH, Professeur Salif Berthépour ses conseils et assistance - Tous mes collègues de la FLASH et particulièrement ceux du DER Sciences Sociales. -Tous les doctorants engagés dans le Projet dAppui à lenseignement supérieur, - A feu Moustaph Berthé - Messieurs Brehima Kassibo, Denis Douyon, Adama Coulibaly, Bakary Kassimir Coulibaly, Samba Doucouré, Hamady Diambou, Moussa Kéïta, Docteur Adama Diarra, feu Abdou Tounkara pour leurs conseils précieux ; - Tous ceux qui, de près ou de loinmont apportéleur concours dans ce travail. Quils trouvent ici lexpression de maprofonde gratitude. 6
Préface Promue par les organismes internationaux qui en sont bien souvent les bailleurs de fonds dans les pays pauvres, la décentralisation des systèmes éducatifs est devenue une des figures imposées des politiques scolaires contemporaines. Elle est la plupart du temps présentée comme une «impérieuse nécessité, comme un allant de soi, relevant des mêmes types de mesures et de processus sociopolitiquesdun pays à lautre, auxquels «résisteraientdes acteurs insuffisamment conscients des enjeux ou crispés sur des intérêts particuliers ou des modes de pensée obsolètes. Dans chacun des pays concernés, les réalités sontévidemment beaucoup plus complexes et lobjet politico-administratif«décentralisation du systèmeéducatifdissimule des objets et processus sociopolitiques, et des questions théoriques et empiriques multiples et entremêlées, que lon ne peut comprendre quen les rapportantàdes dimensions et des contextes historiques, sociaux et culturels bien plus larges. Telle est la visée de louvrage que nous livre Idrissa Traoré, ouvrage tiréde son travail de thèse consacréàla décentralisation du systèmeéducatif au Mali. Le contraste socio-historique entre ce pays et le nôtre mérite d’être soulignédemblée. En France, la décentralisation aétémise enœuvretardivementsur un territoire oùla Révolution, puis lEmpire, avaient balayéles pouvoirs traditionnels, la féodalitéet les privilèges et prérogatives des provinces, en vue de constituer un espace politique et administratif homogène. Au Mali, en revanche, ladministration coloniale, puis lÉtat national, se sont installés en se superposant et enétablissant de multiples arrangements et compromis avec les pouvoirs locaux et les chefferies traditionnelles et ce, avec les logiques et systèmes principiels sur lesquels ils reposent (pouvoir des anciens, logique de lhonneur, hiérarchie entre lignages, etc.) Visant non seulementàdécrire les processus politico-administratifs de «dénoitasilartnecdu systèmeéducatif malien, maisàanalyser leurs modes dappropriation par les divers acteurs sociaux, Idrissa Traoréa enquêtédans différentes communes-urbaine, rurale et semi-rurale- et auprès de quatre catégories dacteurs: responsables administratifs et pédagogiques ;élus ; parents et représentants des«communautés; enseignants. Ce travail denquête a permis un recueil de données conduisant à des descriptions et analyses comparatives très stimulantes, non seulement entre les différents types de communes mais, au sein de celles-ci, entreécoles publiques et écoles communautaires. Lauteur décritégalement de manière fort intéressante,les stratégies quil a déployées pour accéder aux terrains et pour entrer en contact avec ses informateurs, les modalités selon lesquelles il a usé, pour cela,de son statut dhéritier dune lignée de chefferie traditionnelle et de sa très bonne connaissance des modes déchange et de reconnaissance dans les différents contextes dans lesquels il a enquêté, et cette description 7
est porteuse de riches enseignements pour des chercheurs peu familiers avec les contraintes de lenquêdans des pays tels que le Mali, mte ême si son lecteur aimerait parfois en savoir plus quant aux méthodologies danalyse des effets de ces modalités denquête et des matériaux quelles ont permis de recueillir. Le travail qui nous est ici présentépermet tout dabord de mettre en lumière que la«déatisnioencaltr»du systèmeéducatif au Mali est le fait, non dun État fort qui aurait assurédepuis longtemps les conditions dune scolarisation de base universelle,comme cest le cas dans la plupart des pays occidentaux (dont la France, ancienne puissance coloniale), qui ont mis en œuvre un processus de décentralisation mais dunÉtat faible, impécunieux, incapable dassurer les conditions de cette scolarisation debase universelle et de pallier à la pénurie denseignants qualifiés, et contraint pour ce faire, davoir recours aux initiatives dorganismes ou organisations supranationaux, ouàcelles des«communautés. Il en résulte que les problèmes que la décentralisation est supposée résoudre,relèvent non dune emprise et dune homogénéitéjugées excessives du systèmeéducatif, mais de linverse, ce qui relativise et questionne pour le moins les préconisations adressées aux pays tels que le Mali depuis les pays occidentaux ou les organismes internationaux oùsexerce leur influence. Le deuxième point fort du travail réalisépar Idrissa Traoréréside dans la description et lanalyse comparative des attitudes et opinions, des attentes, des réticences ou des craintesdes différents acteurs à légard de la dése situent en milieu rural ou urbain,centralisation, selon que ces acteurs selon quils exercent dans (ou sont directement concernés par) uneécole publique ou uneécole communautaire. Particulièrement intéressante estàcet égard lanalyse des attentes à légard de la décentralisation, des protagonistes de lécole communautaire en commune rurale, qui en attendent un renforcement et une pérennisation de conditions de scolarisation ou dexercice professionnel particulièrement précaires, voire qui en espèrent une municipalisation de cesécoles et, plus largement, un réinvestissement du pouvoir traditionnel dans lespace scolaire, alors que les protagonistes des milieux urbains se montrent beaucoup plus réticents à légard de la décentralisation, voire soupçonneux à légard desélus chargés de sa mise en œuvre. Tout aussi intéressante est lanalyse dune demande décole soutenue par le phénomène dufadenya, de la rivalitéentre villages ruraux, plus que par un réel besoin décole ou une réelle demande de scolarisation. Le troisième point fort de ce travail réside dans lanalyse, différenciée dun contexte à lautre, des conditions sociales de mise en place des Comités de gestion scolaire (CGS) et de leurs rapports complexes, parfois harmonieux mais plus souvent problématiques, voire conflictuels, avec les Associations de parents délèves (APE) qui leur préexistaient, et dans la tentative de mise au jour de logiques sous-jacentes aux conflits ou compromis ainsi décrits. Au-delàmême de ces logiqueslogiques communautaires, démocratiques et 8
dacculturation, la description des diverses modalités de mise en place des CGS et de choix de leur Président (désignationvscandidature, durée non fixéevsmandat, consensusvs vote,ge etsagessevsinstruction, expérience et compétence) permet de voir combien, entre les deux pôles idéaltypiques de latradition communautaireet de lamodernité démocratique, ces modalités relèvent en fait de formations de compromis et dagencements composites se situant plus sur un continuum que dans laffrontement de logiques antagonistes. Jaurais pour ma part parfois souhaitéque la multitude de données, observations et remarques fort intéressantes que nous offre Idrissa Traoré soit davantage synthétisée et mise en perspectives théoriques de manière plus saillante. Mais ce travail est incontestablement un apport réelàla connaissance de réalités et processus fort peuétudiés, et il nous faut remercier son auteur dapporter ainsi sa contributionàce qui ne peutêtre quun travail collectif qui sache déjouer les tentations et les pièges de lmarque encore trop de travaux et de discours produitsethnocentrisme qui depuis le Nord sur les pays du Sud, sans pour autant sacrifieràla rigueur età lexigence scientifiques et théoriques.
Jean-Yves Rochex Professeur en Sciences de lÉducation Laboratoire ESCOL-CIRCEFT UniversitéParis 8 Saint-Denis
9
LISTE DES SIGLES & ABRÉVIATIONS ET TABLEAUX Sigles & abréviations ACODEP : Association Communautaire pour le Développement Participatif. ADEMA- PASJ : Alliance pour la démocratie au Mali - Parti Africain pour la Solidaritéet la Justice. ANICT : Agence Nationale des Investissements des Collectivités. APE: Association des Parents dlèves. AV : Associations Villageoises. BDM : Banque de Développement du Mali. BRM : Banque de la République du Mali. CADDE: Cellule dAppuiàla Déconcentration etàla Décentralisation de lducation. CAP: Centre dAnimation Pédagogique. CED: Centre dducation pour le Développement. CGS : Comitéde Gestion Scolaire. CIAVER: Centre International Audio Visuel dtude et de Recherche. CNE: Centre National dducation. CNRENF: Centre National des Ressources de lducation Non Formelle. CNRST : Centre National de Recherches Scientifique et Technique. CPS : Cellule de Planification et de Statistique. DCAP: Directeur du Centre dAnimation Pédagogique. DE: Décentralisation de lécole ou de léducation DNCT : Direction Nationale des Collectivités Territoriales. DNEB : Direction Nationale de lducation de Base. ECOM :cole Communautaire EP :cole publique FED : Fonds Européen de Développement. FAST : Facultédes Sciences et Techniques. FLASH : Facultédes Lettres, Langues, Arts et Sciences Humaines. FMI : Fonds Monétaire International. FSEG : Facultédes Sciencesconomique et de Gestion. FSJP : Facultédes Sciences Juridique et Politique. GRADE: Groupe de Recherche et dAppui au Développement. IEF: Inspection dEnseignement Fondamental. IFM : Institut de Formation des Maîtres. IIEP: Institut International de Planification de lducation. IPEG: Institut Pédagogique dEnseignement Général. IPN : Institut Pédagogique National. ISFRA : Institut Supérieur de Formation et Recherches Appliquées. OCDE : Organisation de coopération et de développementéconomique. ONG : Organisation Non Gouvernementale. PGRM : Présidence du Gouvernement de la République du Mali.
10