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Economie et formation

135 pages
Ce numéro aborde la question des recherches en économie de la formation depuis les années 1970, à travers trois périodes d'invention (1970-1985), de construction (1985-1995) et d'accumulation (1995-2005). Mais la question préalable est l'incertitude de l'existence de ce champ propre. Y a-t-il une réalité homogène de l'économie de la formation, ou ne serait-ce qu'une appellation factice qui en recouvre les multiples sens et variantes ? C'est en fait toute une réflexion sur l'économie du savoir qui est en jeu.
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Le Comité éditorial s'est constitué en association de droit français dénommée Association internationale pour la promotion des recherches en éducation et formation des adultes (Aiprefa). L'Aiprefa a été enregistrée au Journal officieldu 15 février 2003. L'association, dont le siège social est à l'université de Paris X Nanterre, est propriétaire de la revue: elle en a les responsabilités d'édition, de gestion et de diffusion. Le deuxième bureau est composé de Philippe Carré,
Etienne Bourgeois, Sandra Bellier, Gérard

Jean-Montcler

et Sandrine

Collette.

Comité éditorial
Brigitte Albero Q\1aître de conférences en sciences de l'éducation, INRP) Jacques Aubret Inetop-Cnam) Christian Batal et formation) (professeur émérite, Pierre Caspar (professeur, Chaire formation des adultes, Cnam) de

Pierre Dominicé (professeur de sciences de l'éducation, Université de Genève) Gérard Jean-Montcler Q\1aître de confé-rences en sciences de l'éducation, Université Paris X) Paul Santelmann (Responsable prospective, AFP A) de la

(pDG Interface Études

Sandra Bellier (Directrice du développement e-business du groupe Adecco) Etienne Bourgeois (professeur de sciences de l'éducation, Université catholique de Louvain) Jean-Pierre Boutinet (professeur sociologie, uca Angers) de

Claudie Solar (professeure d'andragogie et de psychopédagogie, Université de Montréal)

André T arby (professeur de sciences de
l'éducation, Université Lille 1) Frank Vidal (Directeur Advancia, CCIP) André Voisin (Économiste, Paris)

Philippe Carré (professeur de sciences. de l'éducation, Université Paris X)

Fondateur: Directeur de publication: Responsable éditorial: Secrétaire général de rédaction: Traductionsfrançais-espagnol: Traductionsfrançais-anglais:

Jacky Beillerot Philippe Carré Sandrine Collette GérardJean-Montcler Dyanne Escorcia StephenBrewer

Revue SAVOIRS
Université Paris X Nanterre UFR SPSE, Bât. C. 301 200, avenue de la République - 92001 Nanterre Cedex email: revue.savoirs@u-paris10.fr

Numéros parus
N° 1- 2003. Note de rynthèse- Expérience et formation Débat - La validation des acquis de l'expérience Article - Logiques de formation en entreprise d'entraînement N° 2 2003. Note de rynthèse- Les styles d'apprentissage: entre flou conceptuel et intérêt pratique Débat - Les styles d'apprentissage en formation: enjeux théoriques, épistémologiques et pratiques Articles 8 L'exercice de la pensée critique en recherche-formation: vers la construction d'une éthique des relations entre chercheUrs et enseignants débutants 8 Quelques usages de l'activité d'ingénierie de formation

-

N° 3

- 2003.

Note de rynthèse- Histoire de la formation, formation de l'histoire Articles 8 Les interactions utilisateur-environnement hypermédia en situation réelle de formation 8 L'incitateur andragogique. Pour une meilleure compréhension des enjeux dans les formations adultes et les formations en ligne Hors-série personnelle. 2004 - De l'apprentissage Autour de l'œuvre d'Albert social Bandura au sentiment d'efficacité

N° 4 - 2004.
Note de rynthèse- Que savons-nous sur cet adulte qui part en formation? Débat - Le désarroi adulte face au savoir Articles 8 Formation continue et transformation des pratiques enseignantes: rapport à la formation 8 Temporalités biographiques et temporalités institutionnelles: construction identitaire de l'ingénieur promu le la

N° 5

Note de rynthèse - Technologies et formation: travaux, interrogations, pistes de réflexion dans un champ de recherche éclaté Débat - Une technologie démocratique est-elle. possible ? Article - La dynamique des interactions tuteurs-stagiaires en situation de conseil pédagogique Note de rynthèse - L'idée d'éducation permanente et son expression internationale depuis les années 1960 Débat - L'Éducation permanente. .. en quête de reconnaissance Articles 8 Autoréférence et exploitation opportuniste d'un environnement hypermédia « ouvert» : étude de l'activité d'utilisateurs 8 Des principes éthiques pour une philosophie de l'accompagnement

- 2004.

N° 6 - 2004.

Savoirs
revue internationale de

recherches en éducation et formation des adultes
,

2005 - 7
et formation

Economie

Revue publiée avec le concours:
- de l'association Interface recherche
-

de la Chambre de Commerce et d'Industrie de Paris

- de l'Université Paris X Nanterre

L'Harmattan 5-7, rue de l'Ecole Polytechnique 75005 Paris FRANCE

L'Harmattan Hongrie Hargita u. 3 1026 Budapest HONGRIE

L'Harmattan
Via Bava, 37 10214 Torino ITALIE

@ L'Harmattan, 2005 ISBN: 2-7475-8220-5 EAN : 9782747582209

Savoirs, 7, 2005 Écono11lie et for11lation
Éditorial. . .. . . . . . . . . . . . . . . . . .. . . . . . . . . . . . . . .. . . . . . . . .. . . . . . . . .. . . . . . . . . . . . . . . . . ..

p. 7

Note de synthèse André Voisin - La formation et son économie. Un état des études et des
recherches en France. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . ...

p.ll

Débat Dialogue entreSandraBellieretPierreCaspar- L'économie de la formation: quels types de débats?
Rebonds
Bernard Blandin

p. 41

-

À propos

de «Technologies

et formation:

travaux,

interrogations, pistes de réflexion éclaté» (Savoirs, n° 5) Articles de recherche Faten Loukil - Institutionnalisation
système de formation tunisien.

dans un champ

de recherche p. 57

de la qualité et structuration

du

. .. .... .. . ... ...... .. ... . ... ... . .. .. . .. . ... .

p. 71 p.93

Gilles Dieumegard, Marc Durand - L'expérience des apprenants en eformation: revue de littérature.. . .. .. .. .. .. .. .. .. . .. .. .. .. .. . . .. . .. . .. .... Notes de lecture
L Albarello

-

Devenir

praticien-chercheur.

Comment

réconcilier

la

recherche et la pratique sociale (M. Vandamme). . .. . .. . .. . . . . . . . . . . .... E. de Lescure (coord).- La construction du système français de formation professionnelle continue. Retour sur l'accord du 9 juillet 1970 et la loi du 16 juillet 1971 Cf. Palazzeschi).. .. .. .. .. .. .. .. .. .. .. .. .. . .. .. .. .. . Action Learning. Researchand Practice - Vol. 1 (M. Vandamme) ............. Vie de la recherche
Th ès es (F'. F. LAo t). . . .. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . ...

p.113 p.116 p.119

p. 125

Groupe d'études-histoire

de la formation (Gehfa). . .. . . . . .. . . . . . . . . . . .. .

p. 129

Éditorial

Il n'est sans doute pas anodin que la première livraison de l'année soit placée sous le signe de l'économie, à l'heure de la mise en place de nouvelles modalités réglementaires de la formation dans un univers de contraintes budgétaires croissantes. Le choix est justifié: on sait depuis longtemps qu'en matière éducative, selon la formule de J.-M. Albertini, c'est «l'économie qui mène le bal». Pourtant, et malgré l'évidence des enjeux, constate A. Voisin dans les pages qui suivent, cette discipline majeure reste une mal-aimée des sciences de la formation, réunissant des travaux disparates, parcellaires, centrés sur des thématiques «volatiles», peu visibles, peu eXploités. Sa note de synthèse, agrémentée du débat entre P. Caspar et S. Bellier qui la suit, contribuera, on peut l'espérer, à la mise en évidence de la légitimité - de l'urgence? - d'un retour à l'économie dans la recherche en formation. L'année 2005 voit différents changements significatifs se mettre en place dans et autour de la revue Savoirs. Au plan éditorial, une rubrique « Rebonds» est créée dès le présent numéro pour ouvrir ses pages à différents types d'interactions: dialogues entre auteurs, entre lecteurs et auteurs, réactions à des articles publiés, propositions spontanées de contribution à l'une ou l'autre des thématiques scientifiques traitées dans un numéro antérieur, etc. De plus, la «Vie de la recherche» se voit agrémentée d'une section « thèses» qui, grâce à l'aide de Françoise Laot, auteur d'un ouvrage qui fait ici figure de prédécesseurl, permettra dans un premier temps de repérer, et espérons-le, dans un second, de commenter, les recherches doctorales au fur et à mesure de leurs soutenances. Au plan du développement, un effort significatif est entrepris pour accroître la visibilité de la revue, tant auprès des chercheurs que des autres catégories de publics. Les premiers (doctorants, enseignants-chercheurs, directeurs de recherche, chargés d'études) en proposant des articles à la revue et en faisant connaître son existence autour d'eux, construisent avec le Comité éditorial et les Lecteurs appelés à expertiser les travaux, un support de référence de niveau international pour la recherche en formation. Les seconds (formateurs, responsables de formation, consultants), quant à eux, en aidant à
1 Laot, F.F. L'Harmattan. (2002). 40 ans de rechercheen formation d'adultes (1960-2000). Paris:

Savoirs, 7, 2005

sa diffusion, participent de la professionnalisation progressive de l'univers flou de l'éducation des adultes. La création d'un site web, dont le prototype verra le jour au cours du premier semestre de cette année, sera l'outil principal de cet effort. L'organisation de journées d'études, l'une à Angers le 18 mars, l'autre à Paris le 17 octobre, autour des travaux publiés dans les numéros de l'année écoulée, est un second vecteur de visibilité. L'information systématique, par la voie des réseaux électroniques, sur la parution de chaque nouveau numéro doit enfin permettre un accroissement sensible du lectorat, accroissement indispensable au développement de la revue et, partant, à la diffusion des savoirs sur la formation. La revue Savoirs aborde, avec le présent numéro, sa troisième année d'existence. Sept numéros ont été publiés, en deux ans, avec une ponctualité que le milieu s'accorde à reconnaître comme peu commune dans l'édition de recherche en sciences sociales. Merci aux anciens abonnés de nous renouveler leur confiance, et aux nouveaux de rejoindre l'équipée des lecteurs qui soutiennent cette entreprise.

8

NOTE DE SYNTHÈSE

Note

- La formation

et son économie. Un état des études et des recherches en France

La fortnation et son éconolTIie. Un état des études et des recherches en France André VOISIN

André Voisin est économiste. Il travaille sur l'écono~e, l'ingénierie et la qualité de la formation. Dernière publication: L'économie de la formation, in Traité des scienceset des techniquesde laformation (Dunod, 2004).

Dès la période de reconstruction des années 50, il n'a pas échappé que la formation des salariés, et plus particulièrement alors le perfectionnement des cadres, n'était pas sans incidence sur la réussite professionnelle des individus, les performances des entreprises et la croissance des économies nationales. Des économistes, dans les universités et les centres de recherche, s'étaient efforcés de l'établir et de l'expliciter, mais les travaux réalisés étaient peu nombreux et leurs problématiques éclatées. Bernard Roux, alors un des principaux animateurs des groupes d'études sur l'éducation permanente, avait, dès les années 60, posé la question de la recherche: « L'importance des investissements à consentir pour la formation des adultes », écrivait-il, « et encore plus celle des incidences sur le développement économique, est telle qu'elle implique des études précises pour mieux orienter les décisions, étant bien entendu que le nombre des paramètres à cerner interdit d'avoir autre chose que des tendances, et que l'utilité humaine, dans le cadre du développement personnel, reste indéchiffrable.» (Roux, 1969). Quelque 35 ans plus tard, la même nécessité d'efficacité et d'évaluation de la dépense de formation est affirmée dans des termes à peine différents: «Les études disponibles ne son t pas très encourageantes sur l'efficacité des formations actuellement dispensées. C...) Les entreprises ont un rôle moteur à jouer: il n'est pas admissible que l'achat des formations ne soit pas soumis à une évaluation coût/bénéfice pour le salarié et pour l'employeur aussi stricte que n'importe quelle dépense de l'entreprise» CCamdessus,2004). Pour retracer le développement, dans le champ des connaissances économiques, des études et de la recherche sur la formation continue, nous tenterons de faire le point sur la littérature que cette question a suscitée, en

Savoirs, 7, 2005

France, depuis les années 1970. Ces années constituent, à bien des égards, une période clé de l'histoire sociale française au cours de laquelle se sont institutionnalisées tout à la fois la formation continue, son économie et sa recherche. 1) En 1970, des changements institutionnels majeurs se produisent. L'accord interprofessionnel du 9 juillet 1970 et la loi du 16 juillet 1971 posent les fondements du système français de formation professionnelle continue. L'innovation principale réside dans l'obligation légale qui est faite à tous les employeurs d'au moins dix salariés de participer au financement de la formation continue sur la base d'un taux de participation ~xprimé en pourcentage de la masse salariale brute de l'entreprise. La dimension économique de cette mesure est immédiatement perçue. L'accord de 1970 «consacre ainsi la place déterminante que l'on accorde à la formation permanente de la main-d'œuvre dans le processus de croissance économique, certains auteurs y voyant la composante fondamentale du facteur résiduel du progrès» (Bonnell, 1970). L'accord de 1970 et la loi de 1971 «accordent à la formation professionnelle une importance nouvelle en tant qu'élément d'une politique de développement économique et social; ceci amène à poser le problème de son financement dans des termes sensiblement nouveaux» (Belorgey, 1972). 2) Les années 70 voient les centres d'intérêt des économistes se déplacer. La priorité accordée depuis les années 50 aux fonctionnements d'ensemble des systèmes sociaux (les approches macroéconomiques et la pensée keynésienne dominaient) cède la place à celle donnée aux comportements des acteurs et à leurs conséquences sur l'ensemble (les approches micro économiques et la théorie du marché l'emportent). En 1970 encore, les économistes ne s'intéressent guère à la formation continue. Bien plus, les sociologues exercent de fait un quasi-monopole sur le champ de l'éducation (Eicher & LevyGarboua, 1979) comme sur celui des relations entre formation et entreprise (Dubar & Méhaut, in Tanguy, 1986). Les années 70 ont donc, en quelque sorte, vu l'économie de la formation continue « s'inventer ». 3) 1970 connaît par ailleurs des modifications importantes de l'appareil d'étude et de recherche sur la formation continue. L'Institut national pour la formation des adultes (Infa), créé en 1963, à Nancy, avec une vocation de recherche, fondamentale et appliquée, disparaît. Il laisse place à l'Agence nationale pour le développement de l'éducation permanente (Adep), créée en 1973, installée à Paris, qui a une fonction d'expertise et d'ingénierie, mais non de recherche. En 1970, le Centre d'études et de recherches sur les qualifications (Céreq) est créé avec pour champ de compétence la relation emploi-formation. Comme l'était l'Infa, l'Adep et le Céreq sont placés sous la tutelle du ministère 12

Note

- La

fortllation

et son

économie.

Un

état

des études

et des recherches

en France

de l'Éducation nationale. À la suite de la loi de 1971, une ébauche d'administration de la formation continue apparaît avec le Secrétariat général à la formation professionnelle (SGFP). Celui-ci est chargé du secrétariat des instances de coordination et de consultation et du suivi de la politique qui a été définie. Il est placé sous l'autorité du Secrétaire général, haut fonctionnaire qui assiste le secrétaire d'État chargé de la formation professionnelle, qui lui-même agit par délégation du Premier Ministre et joue un rôle essentiel d'animation et d'orientation. Le SGFP a explicitement compétence en matière d'études et de statistiques. Dans ce qui va suivre, nous ne retiendrons- qu'une partie seulement des écrits produits depuis 1971 sur les aspects économiques de la formation continue. En premier lieu, nous distinguerons, comme l'ont fait les auteurs de L'introuvable relation formation/emploi (Tanguy, 1986), le champ de l'insertion professionnelle du champ de la formation pour ne retenir que le second; l'insertion professionnelle nécessiterait à notre sens un travail spécifique. En second lieu, nous limiterons notre investigation à ces grandes catégories que sont l'individu, l'entreprise, la puissance publique et l'économie dans son ensemble2. La démarche que nous nous proposons de suivre est essentiellement diachronique; elle cherche à rendre compte du mouvement de production des connaissances plutôt que du système qu'elles forment aujourd'hui; sur ce
dernier point, nous nous permettrons de renvoyer à un travail antérieur

01oisin,

2004). Trois temps caractéristiques de l'évolution de la prise en compte de la dimension économique de la formation continue seront ainsi distingués: le temps de l'invention (1970-1985), le temps de la construction (1985-1995) et le temps de l'accumulation (1995-2005). Ce sont avant tout des années de transition. Les années 60 avaient eu l'intuition qu'une analyse économique de la formation continue était possi~le. Les années 85-95 comprendront que cette analyse a besoin, pour être menée à bien, d'un cadre théorique et pratique adapté. Les années 70-85 vont s'essayer à cette analyse sachant que sa portée est encore limitée. Explorer ces années qui

1. Le temps de l'invention (1970-1985)

2

Il ne sera donc pratiquement pas question d'acteurs tels que les régions ou les secteurs d'activité, non plus des organismes financiers spécialisés comme les FAF ou les OPCA, ou de certaines formes de marchés, ainsi celui des nouvelles technologies de la formation.

13