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ÉCRIRE

153 pages
Plus que jamais il faut être vigilant en matière d’écriture à l’apprentissage du geste graphique en même temps qu’à l’apprentissage du sens de l’écrit. L’écriture permet un espace de créativité et par là déplace la violence de l’homme par l’élaboration d’une pensée. La lenteur nécessaire à l’écriture, plus encore que l’oral, permet l’organisation d’un espace structurant de la personnalité et de maturation des actes de la vie.
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EDUQUER
PSYCHOLOGIES
-

SCIENCES DE L'ÉDUCATION

,

Ecrire
N°2 / 3e trimestre 2002

L'Harmattan 5-7, rue de l'École-Polytechnique 75005 Paris France

L'Harmattan Hongrie Hargita u. 3 1026 Budapest HONGRIE

L'Harmattan Italia Via Bava, 37 10214 Torino IT ALlE

@L'Harrnatlan,2002 ISBN: 2-7475-2812-X

EDUQUER
PsychologiesRevue publiée Sciences de l'Education de la Société Binet-Simon avec le concours

14 rue Roger Ravisson 69005 Lyon Depuis sa création en 1899 La revue a changé de nom depuis Bulletin de la Société libre pour l'étude psychologique de l'enfante 1899-1911) : Dir. F. Buisson, 1899-1902, A. Binet 1902-1911), Psychologie de l'enfant et pédagogie expérilnentale. Société Alfred Binet (1917-1962) : Dir. Th. Simon, 1911-1958., Psychologie de l'enfant et pédagogie expérilnentale Société Alfred BinetThéodore Silnon(1962-1977) : Dir. L. Husson(1958-1977), PsycJwlogie de l'enfant et pédagogie expériJnentale Le Binet Silnon (1977-1993), Cahiers Binet Silnon, (1993-1998) : Dir. G. ~.\vanzini(1977-1998) et Cahiers Alfred Binet (19992(01).

Directeur de publication:

bernard.311drieu<!:~wal13.doo.fr ,mdrieu/andrieu.html
Lyon II) ;

1 rue Isabey 54000 Nancy FRANCE http://W\\iw.uni..-nancy2.fr!i\C:EIU-ll.Jiperso! Comité scientifique:
Guy i\ vanzini (Président de la Société Binet-Simon) ; Pierre .J\maud (STAPS, de réducation V.C.O. Eric Binet (Psychologue, Brès (Philosophie. Aix en Provence) La Garanderie ~lédecine) Lausanne); (Psychologue, (Psychologue (Sciences d'.Aquitaine); (Psychologie. (Sciences Annick Paris) ; Patrick Bownard (Science ; Yvon Lyon I) ; Sylvie Cèbe ( IVFM Angers) ; Antoine (Acadélnie Yvan Guy de de Duché Paris); Bordea1Lx); V.C.O.)

Paris VII) ; Gérard Broyer (Psychologie, : Jean Pierre Gaté (Science (Pédagogie, Lanteri V.C.O. Laura Fily (Orthophonie. François Bordeaux) Paris); 1vlougniotte ~1oreau François (Sciences de l'Education, Angers); (Psychiatre

Didier-Jacques et historien,

; Dominique Georges Rennes); Clinicien, Alain

Lyon) ; Jacques Gasser (Psychiatre (Psychosomatique, 1vlorandi (Science

et historien, Lourdais ~ferens IlJF1v1 ~fusiol

; Olivier !\tlartin (Sociologie, de rEducation.

Paris V). Gaston }'1ialaret de l'Education, II); ~1ichel Lyon

de l'Education, Vniversité

de r éducation, Retomaz

de Nancy 2) : Serge Nicolas (Psychologie, Paris V) ; Eirik Prairat IUfl.,1 de Lorraine); DOlninique Praud (Danse, Paris VIII); IUTh1 de Lorraine); Jean-Claude Sallaberry (Science de

(P~chologie.

l'Education. (Psychologie,

Un. F. Rabelais. Tours): Thierry Terret (STAPS, Lyon); 1vlareike \Volf Univ. Paris VII) ; Constantin Xypas (Science de rEducation, V.C.O. Angers).

Abonnement 4 numéros, 40 ELTRO à l'ordre des Editions L'Harmattan, Revue EDUQUER 2002, 5-7 nIe l'Ecole Polytechnique, 75005 PARIS (FRANCE), CCP 23 625 MN Paris. RC 75 B 3599.
1

SOMMAIRE
DOSSIER: ECRIRE

-Introduction Jean-Jacques LATOlJILLE, p. 5-7.
- Jean-Jacques LATOlTILLE Entre l'individu et la société: la place de l'écriture, p. 9-20. - Georges-Olivier cHÂ TEALTRE)'" NAlT]) La manière et l'art (les ateliers d'écrihU"e),p. 21-28 - Elisabeth LECLERC Les écrits pénitentiaires en milieu carcéral: le milieu carcéral, matière à écrit, p. 29-38 - NIarie- Christine DHIEN Entre le dire et le faire, écrire sa pratique pédagogique, p. 39-54 - Christine BARRE de l\fiNIAC Du rapport à l'écriture de l'élève à celui de l'enseignant: où l'élève interroge l'enseignant, p. 55-69 - Francois 'Tietor TOCHON L'écriture réflexive dans le perfectionnement professionnel et le changementscolaITe,p.71-96 - _Â.nne-l\larieGIOlTX Sens pour soi, sens pour les autres: enjeux d'lme entrée dans l'écrit à l'école maternelle, p. 97-105 - Christian ALIN
Ecriture et quête du Sujet (d'études) : le mémoire professionnel, p. 107-133

RECHERCHE
-

~1arioIlHAZA
_.\fleur de peau, ou le marquage du corps à l'adolescence, p. 135-

p. 135-148

ANNONCES-NOTES CRITIQUES, p. 147-149.

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INTRODUCTION Jean-Jacques LATOlJILLE Inspecteur de l'Education nationale

Dans le Journal des Psychologues1, Liliane Lurçat, signait, en 1991, un article intitulé "Savoir écrire une compétence peu valorisée à l'école". Pourtant, quiconque observe Ulle classe verra des élèves écrivant, des murs couverts de productions écrites, des cahiers et autres copies. .LL\.lors, quels écrits et de quelle écriture de s'agit-il, et quelles compétences sont enjeu? Parler {:l'écritureà l'école est chose plus complexe qu'il n'y paraît à prime abord. Ecrire ce n'est pas simplement tracer des signes sur une feuille (ou les faire apparaître sur l'écran de l'ordinateur) ; écrire c'est laisser la trace de soi, et cela quelle que soit la l1ature du contel1U de la production: texte nalTatif, écrit ilnaginaire, texte argumentatif, résultats d'un exercice ou dictée... .A.la nature du contenu s'ajoute la complexité d'Wl assemblage de gestes, de lIlouvements à propos desquels illn'apparaît, lors de mes visites en classe, que trop pell d'enseignant y prête l'attention souhaitable. Il semble trop aux éducateurs que l'acte graphique s'inscrirait dans une maturation naturelle tie l'enfant. Certes il y a quelque chose de cet ordre montré depuis longtemps par les neurologues, les psychologues et autres scientifiques, cependant n'est-il pas du rôle fondamental des éducateurs, donc de l'école et des parents, que d'accolnpagner cette lllaturation ? N'oublie-t-oll pas trop, sous prétexte que l'enfant est "une persolme", le sellS du

Liliane Lurçat, Savoir écrire: une COfilpétence peu valorisée à l'école, Le Journal des P~:ychologlles, avri11991, n086, pp. 21-22.

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mot éducatiol1 apparu au 14èmesiècle:! qui signifie diriger le développement, la formation d'un être humain par la mise en œuvre d'lm ensemble de moyens. Ainsi le jeune élève se trouve confronté, dans le sein de sa maturation, à l'apprentissage de gestes nombreux et délicats qui doivent le conduire à maîtriser l'acte graphique, c'est-à-dire le dessin et l'assemblage de signes porteurs d'un double sens: un pour celui qui les trace, un pour celui qui les regarde. C'est daJ.lscette dialectique des sen~, celui élniS, celui reçu, qu'apparaît la difficulté liée au contenu. Par le signe graplrique l'individu donne à voir de la pensée par laquelle il expose de son intinrité connne l'exprimait
~!1a11armé: "Sait-on ce qu'est qu'écrire?

... écrire

c'est déjà lnettre

du noir sur du blanc." Ecrire c'est donc faire de la trace de soi avec l'ensemble de son être et notamment son corps: "L'écriture est un acte corporel de comm.unication dont le rnessage graph.ique passe
par l'intermédiaire d'un instrument dans un espace feuille.
,,3

Dès lors nous pouvons, sinon mesurer, du moins envisager le danger qu'induit cette mise en exposition de soi à travers l'écriture qui ne peu pas se détacher du vécu de l'enfant. Lorsqu'on demaIlde, en classe, à un élève soit de raconter un épisode de ses dernières vacances, soit d'imaginer une histoire, que lui demande-ton sinon de raconter dans une trace indélébile qui est à la foi "de lui" et "lui"? Il en est de même dans les exercices pIllS formellement scolaires (mathématique, dictée, résumé de leçon...). Ces productions de son intimité vont être jetées ell pâture aux regards des autres: les adultes auxquels il veut faire plaisir.
~

Le Robe11, dictionnaire alphabétique et analogique ~française, Paris, 1983 3 Denise Berthet, La thérapie par l'écriture, Thérapie n085, 1990, pp. 23-28

de la langue Psychonl0trice,

6

Plus que jaulais les enseignallts doivent être vigilants en matière d'apprentissage de l'écritllfe à l'apprentissage du geste graphique en même temps qu'à l'apprentissage du sens de l'écrit car l'écriture permet un espace de créativité et par là tie sllfseoir à la violence essentielle et plimitive de l'homme par l'élaboration d'Ulle pensée. La lenteur nécessaire à l'écriture, plus encore que l'oral, permet l'orgmusation d'un espace structurant de la personnalité et de maturation des actes de la vie. L'écriture est aussi une appréhension de l'altérité, une reconnaissance de l'autre et de soi, à travers le regard de l'autre, permise par la mise en exposition. Elle est une posture qui met le sujet en situation de s'inventer en même temps qu'il se montre et parce qu'il se donne à voir aux autres. Chacun ti'entre nous a eu à éprouver la difficulté d'être dans cette posture? C'est autour de cette difficulté que nous avons composé ce numéro d'EDUQUER avec des articles qui tracent la place sociale de l'écriture pm- un aperçu de son histoire, puis qui l'inscrivent dans sa relation avec des professionnels autres qu'enseignants (le milieu pénitentiaire), enseignants et futurs enseignant~. Enfin des articles de cherclleurs traitent de la place de l'écriture dans la pratique pédagogique, celle-ci étant aussi visitée par lm écrivain. Ce travail a regroupé ties auteurs, "célèbres" pour certains, talentueux et passionnés pour tous. Nous avons dû, pour des raisons de mise en forme et de volume autorisé en pages, nous séparer de certains textes de très grande valeur. A leurs auteurs j'adresse mes relnerciements et des excuses.

7

ENTRE L'INDIVIDU ET LA SOCIETE: LA PLACE DE L'ECRITURE.
Jean-Jacques de l'Adaptation L~~TOLTILLE4 nationale chargé scolaires.

Inspecteur de l'Education

et de l'Intégration

Les enseignants, dans leurs pratiques pédagogiques, pensent encore trop souvent l'écriture comme faisant partie de la natllfe humaine; elle est perçue comme un élément qui serait inscrit dans le géll0me à l'instar de la marche. Il suffirait alors pour que l'enfant appréhende ce qu'est éCllre, que l'apprentissage se limite à la confrontation à des exercices grapho-moteurs et graphiques duraIlt les années de l'école maternelle, puis, à l'école éléulentaire, que l'enfant se mesure à une production fomlelle où seul le résultat à l'exercice est évalué; la difficulté à écrire, en tant qu'elle peut être la manifestation d'une réticence ou cl'une peur, voire 1111ymptômeS, n'est pas objet de discussion avec l'élève. s Fréquemment, à l'école, l'écriture demeure un travail à propos des fonnes de textes en fonction de leur valeur communicationnelle dans un sens strictement fonctionnel. On enseigne la manière d'écllre, or l'écriture n'est pas que tracer des signes et les agencer
4 Doctorant en sciences de l'éducation. Titulaire d'un DESS de sociologie

et d'une licence de Psychologie. Jean Jacques.LATOUILLE@\vanadoo.fr 5 Symptôme n'est utilisé ici que dans le sens de signe d'alerte. En tant qu'élément diagnostic il appartient à un champ professionnel qui n'est pas cellÙ de l'enseignant, sauf peut-être cellÙ des professeurs des écoles «rééducateurs » (maîtres G) 9

en mots et en phrases pour retranscrire de la parole; elle est aussi la trace d'une pensée existante et celle d'une pensée en construction. L'écriture est autant un résultat qll' une prémisse. Elle est le résultat de la culture de l'élève alItant qu'elle possède en elle les moyens de la construction d'une culture et de la capacité à mettre en place. de la distaIlce à partir de l'immédiat. L'écriture parce qu'elle fige un moment en traçant une image, pennet le retour et l'avancée dans un continuum temporel; elle ouvre la possibilité pour le sujet de se retourner sur lui-même et sur les évènenlents, fondant aill~i les racines llécessaires à la con~truction d'un avenir. Ce rapport avec le temps construit à travers l'acte d'écrire, ce rapport de soi à soi, cette confrontation distanciée et différée à l'autre, cette union entre la culture présente d'un individu et sa culture en construction, sont autant de domaines que la pratique pédagogique ne devrait pas écarter de sa réflexion et de la mise en œuvre de l'apprentissage de l'écriture. Il demeure que ces questions semblent pour beaucoup relever d'une intimité psychique hors du champ de la pédagogie alors que le rapport à l'écriture devrait faire partie de l'éducation comme tout élément appartenant au développelllent de l'enfant. L' histoire sociale de l'écriture peut nous permettre de mie~~ appréhender le rapport que l'individu entretien avec l'écriture en montrant comment l'écriture a, à la fois, procédé du développement d'humanité et permis ce développement. Je me limiterai à Ulle aIlalyse courte de cette histoire dans la société occidentale uniquement. L' histoire de l'écriture montre, à l'échelle sociale, COlnmentson émergence au bout des doigt~ de l' HOInme était, à un mOIllent précis de l'évolution de certaines sociétés, inéluctable et comment, dès lors, sa pratique en sculptant la culture a contribué au développement de ces sociétés de l'humanité. Toutes les 10

sociétés d' honnnes n'ont pas mis en place UIIsystème d'écriture; ceci pose la question de l'oral (la parole comme langage), du rapport de la parole et de l'écriture, et du rapport que chaclme entretienne avec le progrès scientifique et culturel, ces mots étant pris dans des acceptions larges. Dès lors nous nous heurtons à la définition de l'écriture dont il me semble que trop fréquemment elle n'est utilisée que dans une valeur limitée de la 110tion de système d'écriture autour des trois principë:ùes catégories: idéograplrique, syllabique et alphabétique. Peut-être n'est-il pas inutile d'envisager que l'écriture, en tant qu'elle est WI moyen de porter un nlessage vers l'autre, englobe plus que l'acte scriptural? Georges JEAN6, sans étendre l'écriture au-delà de l'ordinaire, ouvre lIne porte vers cette réflexion: « Vingt mille ans avant notre ère, à Lascaux, des hornmes tracent leurs premiers dessins. Il faudra attendre dix-sept l1Lillénairespour que débute une des plus fabuleuses histoires humaines, r'écriture. On im.agine volontiers que ceux qui inventèrent les premiers écrits voulaient garder une trace de leurs légendes. ».Vue à partir de là, l'écriture apparmÎ bien comme étant avant tout un «dire », la tran'3cription d'une parole de soi sur soi. Cepelldant cette parole ne prend sens et n'a de valeur que dans la mesure où elle s'inscrit dans un processus social et que dès lors tIU'elle appartient à la communication utilisée dans les fonctions décrites par Etigar NIORIN: «on comrnunique pour informer, s'inform.er, connaître, se connaître éventuellel1zent, expliquer, s'expliquer, comprendre, se comprendre. »7. Mais revenons à l' histoire de l'écriture en tant qu'elle est plus qu'une

6 Georges Jean, L'écriture
7

lnélnoire des hornrnes, Gallimard, Paris, 1999.

Edgar

~1orin, L'enjeu

humain

de la

communication,

in

la

communication,

Sciences Humaines, AuxeITe, 1998.

11

représentation de la parole par des signes graphiques; elle est surtout une représentation d'idées et de la pensée. Si depuis des milliers d'années l' homme a utilisé des moyens divers et multiples pour transmettre des messages, dessins et signes, l'emploi de signes et de symboles appartenant à un système organisé est d'apparition relativement récente. Cette histoire débute en ~lésopotamie entre le 6èmeet le 1er millénaire avant notre ère où se côtoyaient deux peuples; les Sumériens et les Akkadiens, qui parlaient deux langues très éloignées l'une de l'autre. Peuples de paysans vivant en petites communautés sous l'autorité d'un souverain et la protection de dieux représentés par des prêtres, ils commerçaient et payaient l'impôt. Comment conserver oralement une image fidèle des comptes? Cette « écritllfe» constituait une sorte d'aide mémoire et faisait appel à des dessins simplifiés des objets à représenter comme, par exemple, une tête de bœuf stylisée pour représel1ter un bœuf. C:ombinés entre e1L~ces pictogrammes pouvaient exprimer une idée, ce sont alors des idéogrannlles: «si l'on ajoutait au triangle pubien des signes désignant les montagnes, on indiquait qu'il s'agissait de '"'fenzmes étrangères", venues de l'autre côté des montagnes, c'est-el-dire d'esclaves de se.x:eéminin. »8. f Ces pictogrammes évoluèrent all cours du temps et ne représentèrent plus selùement l'objet qu'ils désignaient, ils prenaient sens dans un contexte et appartenaient à un véritable répertoire. .L~lors, ils ne représentent plus qu'eux-mêmes, ils symbolisent les sons des mots de la langue parlée qu'ils connectent à une idée. « A l'origine de toute écriture véritable se trouve ainsi
cette invention considérable: le phonétislne. Et l'a.~tuce admirable

8 Georges Jean, L'écriture

rnél1loire des hommes, op.cil.

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des SUlnérienst conune d'ailleurs des anciens Egyptiens, a été d'utiliser un procédé tout aussi simple qu'un jeu d'enfant: le rébus. Ils eurent l'idée de se servir d'un pictogramme désignant non pas l'objet qu'il représente directement, !nais un autre objet au nOlnphonétiquement voisin. », écrit Georges JEA~. Désormais l'écriture peut aller au-delà de la seule représentation d' o~jets ; elle possède la capacité de transcrire la langue, donc la pensée et de les pérenniser. Ainsi l'écliture inventée pour répolldre à des besoins de « simple cOlnptabilité »10devil1t un autre moyen de communiquer, notanunent de communiquer « à distance », dans un temps différé. On voit là C0I111nenta lnise en distance oblige à penser et à l s'exprimer autrement ne serait-ce que parce que l'émetteur ne reçoit pas immédiatement de retour de la part d'un interlocuteur. Cette invention et cette évolution de l'écriture clméiforme de la ~lésopotamie exista en même temps que naissaient et se développaient d'autres systèmes d'écriture en Egypte et plus tard en Chine. L'écriture cunéifonne, les hiéroglyphes et l'écriture chinoise ont en commun d'utiliser un répertoire important de nombreux signes qui transcrivent soit des 111018oit des syllabes. s Le thésaurus à connaître est donc considérable et d'un maniement difficile. L'alphabet, apporté par les Phéniciens, constitue une véritable révolution dans l' histoire de l'écritllfe: pouvoir exprimer des paroles et de la pensée avec quelques signes seulementll. On peut alors observer une démocratisatioll de l'écriture qui désormais ne sera plus l'apanage de quelques scribes et maîtres de l'écliture,
9

Ibid.
Ibid. phénicien qui ne comportaient

10

parfois moins de 26 comme l'alphabet que des consonnes.

Il

13