Éduquer à l'entrepreneuriat

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L'éducation entrepreneuriale rencontre aujourd'hui un succès qui rallie les mondes politique, éducatif, scientifique et professionnel, et s'immisce dans toutes les couches sociales de notre société occidentale. Pourquoi ce succès ? Traduit-il une révolution culturelle, sociale, économique dans notre relation au travail ? L'entreprenariat porte-t-il une réponse aux maux de notre société, tel le chômage ? Pourquoi qualifie-t-on l'entreprenariat de phénomène social ? En complément, deux articles : l'un consacré aux formateurs de l'AFPA, l'autre aux stratégies développées dans un projet d'autoformation chez les usagers de deux médiathèques.
Publié le : lundi 15 février 2016
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EAN13 : 9782140001635
Nombre de pages : 128
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mondes (politique, éducatif, scientiIque et professionnel) et s’immisce dans
mondialisé qui abolit le lieu et le temps ? Pourquoi, Inalement, l’entrepreneu riat est-il qualiIé aujourd’hui de phénomène social ? En quoi ce phénomène
à travers lesquels ils cherchent à identiIer la nature des engagements de leurs
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Éduquer à l’entrepreneuriat
Savoirs
Note de synthèse Former et accompagnerdes entrepreneurs potenîels,dIktat ou déi ?
Arîcles de recherche Modes d’engagement des stagiairesau prisme des représentations des formateurs
L’autoformation comme activité Revue internaIonale de recherches en éducaIon et en formaIon des adultes
Savoirs
© L'HARM ATTAN, 20165-7, rue de l'École-Polytechnique, 75005 Parishttp://www.harmattan.fr diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr ISBN : 978-2-343-08028-4EAN : 9782343080284
Savoirs Revue internationale de Recherches en éducation et formation des adultes
2016 – 39
Éduquer à l’entrepreneuriat
Revue publiée avec le concours :
- de l’association Interface recherche - de la Chambre de commerce et d’industrie de Paris - de l’université Paris Ouest Nanterre La Défense
Le Comité d’orientation s’est constitué en association de droit français dénommée Association internationale pour la promotion des recherches en éducation et formation des adultes (Aiprefa). L’Aiprefa a été enregistrée au Journal ofïciel du 15 février 2003. L’association, dont le siège social se situe à l’université de Paris Ouest Nanterre La Défense, est propriétaire de la revue. Le bureau du conseil d’administration est composé deJean-Marie Barbier, Jean-Pierre Boutinet, Philippe Carré, Solveig Fernagu-Oudet, Cédric Frétigné.
Comité d’orientation Jean-MarieBarbier– Professeur émérite, Cnam ChristianBatal – Président Interface Études et Formation Jean-MichelBaudouin –Professeur, Univer-sité de Genève Jean-PierreBoutinet – Professeur émérite, UCO Angers PhilippeCarréProfesseur, Université Paris – Ouest Nanterre La Défense PierreCaspar– Professeur émérite, Cnam DenisCristol– Directeur de l’ingénierie et des dispositifs de formation, CNFPT JérômeEneauProfesseur, Université – Rennes 2 SandraEnlart– Directrice Générale Entreprise et Personnel SolveigFernagu-Oudet – Maître de confé-rences, Université Paris Ouest Nanterre La Défense
Fondateur : Directeur de publication : Responsables scientiïques :
Responsable éditoriale : Secrétaire de rédaction : Traductions français-espagnol : Traductions français-anglais :
Web management :
CédricFrétigné – Professeur, Université Paris Est Créteil ChristopheJeunesseMaître de conférences, – Université Paris Ouest Nanterre La Défense OlivierLas VergnasProfesseur, Université – Lille 1 VéroniqueLeclercq, Professeure émérite, Uni-versité Lille 1 CoraliePerezIngénieur de Recherche, Centre – d’Économie de la Sorbonne MagaliProst– Maître de conférences, Université Paris Ouest Nanterre la Défense Jean-FrançoisRoussel– Professeur, Université de Sherbrooke ClaudieSolar – Professeure émérite, Université de Montréal
JackyBeillerot PhilippeCarré Jean-MarieBarbier, Jean-PierreBoutinet, CédricFrétigné,OlivierLas Vergnas,VéroniqueLeclercq SolveigFernagu-Oudet DorothéeCavignaux Bros ÉléonoreLazo StephenBrewer
GérardJean-Montcler
Revue SAVOIRS
Université Paris Ouest Nanterre La Défense UFR SPSE, Bât. C. 208 200, avenue de la République – 92001 Nanterre Cedex revue.savoirs@u-paris10.fr http://savoirs.u-paris10.fr
Savoirs, 39, 2016
Éduquer à l’entrepreneuriat
Éditorial.......................................................................................................................................... 7
Note de synthèse CarolineVerzat,Oliviertoutain,Former et accompagner des entrepreneurs potentiels, diktat ou déî ?.................................................................................................................................13
Articles de recherche BenjaminSaccomanno,Modes d’engagement des stagiaires au prisme des représentations des formateurs....................................................................................................................................67 SophiePécaud,MarcnagelS,L’autoformation comme activité.......................................89
Comptes-rendus de lecture Nathalie Ethuinet Karel Yon(dir.) (2014).La fabrique du sens syndical. La formation des représentants des salariés en France (1945-2010).......................................7..10 Rachid Boucharebet Martin Thibault(dir.) (2015).Des restructurations du travail à l’accompagnement vers l’emploi : individualisation et responsabilisation.............. 107 France Merhan, Anne Jorroet Jean-MariedeKetele(dir.) (2015).Mutations éducatives et engagement professionnel............................................................................ 109 Franck Amadieuet André Tricot(2014).Apprendre avec le numérique. Mythes et réalités...........................................................................................................................113
Éditorial Éduquer à l’entrepreneuriat
L’entrepreneuriat et son corollaire, la formation à l’esprit d’entreprendre, relèvent de préoccupations qui ont pris de plus en plus d’importance depuis les années 1980. Ces préoccupations entendaient à l’époque constituer une réponse sociale au chômage croissant. À travers elles, Caroline Verzat et Olivier Toutain nous proposent ici une Note de synthèse qui nous intro-duit dans un nouveau champ professionnel et disciplinaire, grâce leur large expertise expérientielle et documentaire, comme peut en témoigner la bi-bliographie qui clôt la Note. Parcourir le texte qui nous est proposé ci-après c’est pour le lecteur, pénétrer dans un espace organisé à travers la rencontre de thématiques qui s’entrecroisent, telles l’accompagnement à la création d’entreprises, le soutien aux porteurs de projets, la formation des adultes à l’entrepreneuriat, l’entraînement à l’esprit d’entreprendre. Certes, comme le montre très bien ce texte, la culture de l’entrepreneu-e riat, prend ses racines bien avant les années 1980, dans ce XVIII siècle qui voit éclore les premières implantations industrielles : l’entrepreneur alors dénomméentreprendeur est désigné comme celui qui édiïe un ouvrage ; il dénote par là une capacité à se procurer les moyens nécessaires pour mener à bien son entreprise en affrontant l’incertitude des gains. À cette époque desLumières,J.-B. Say, à la fois entrepreneur dans la fabrication du coton et économiste, va souligner que l’entrepreneur d’industrie se veut créateur pour son propre compte d’un produit, mais à ses risques. L’entrepreneur inue par ses compétences et sa personnalité sur la création du proït en générant de la valeur dans la société. Mais il n’agit pas sans moyens : il se saisit des connaissances nouvelles produites dans le champ de l’éducation. C. Verzat et O. Toutain dans l’historique qu’ils consacrent à l’entrepre-e neuriat montrent comment le XIX siècle des années 1850-1880 va consti-tuer une éclipse dans le développement de l’entrepreneuriat : l’entrepre-neur devient invisible, mis à l’ombre par le détenteur de capital soucieux de son exploitation, que les économistes A. Smith et K. Marx vont chercher e à mettre en scène. Il faudra attendre le premier tiers du XX siècle pour voir réapparaître, avec J.A. Schumpeter, l’entrepreneur placé au centre du processus d’innovation et de sa logique paradoxale de destruction créatrice, typique alors du comportement entrepreneurial. 7
C’est à partir des années 1960 que la discipline scientiïque de l’entre-preneuriat se construit autour des comportements spéciïques des entre-preneurs et s’autonomise dans les sciences économiques, s’efforçant de mettre en évidence la complexité du phénomène entrepreneurial. Les années 1980 et les crises qu’elles révèlent de l’emploi, de la croissance, de la plus-value ne vont que renforcer l’actualité de l’impératif entre-e preneurial. Avec les premières années du XXI siècle, nous assistons à une intensiïcation des références à l’entrepreneuriat et à son éducation. L’économiste W. Busenitz avec ses collègues, à partir d’une revue de la littérature sur la question dégage d’ailleurs dans ces mêmes années quatre grands paradigmes ou domaines conceptuels structurant cet en-trepreneuriat, les modes d’organisation, les opportunités, les environne-ments, les individus et équipes. Dans ce contexte on peut mesurer l’amplitude du champ éducatif cou-vert par l’impératifapprendre à entreprendreet les auteurs de la Note nous y aident amplement, qui identiïent quatre principes pédagogiques fédé-rateurs à partir de la littérature produite sur la question : l’apprentissage expérientiel, la responsabilisation, l’apprentissage collaboratif, la réexi-vité. Ces quatre principes contribuent à déïnir l’esprit d’entreprendre qui, face à l’engouement actuel, suppose des prérequis comportemen-taux pour ancrer l’entrepreneur dans une attitude critique, prérequis de la remise en question permanente, de l’ouverture aux opportunités, du sens de la collaboration, qui sont à la base de tout projet entrepreneurial. À toutes celles et à tous ceux intéressés par la question de l’entrepre-neuriat et de son éducation, nous ne pouvons que recommander la lecture d’un texte appuyé sur une solide expertise et une documentation fournie. Faisant suite à ce texte dans la livraison de ce numéro 39 deSavoirs,deux articles de recherche sont publiés, l’un de Benjamin Saccomanno, l’autre de Sophie Pécaud et Marc Nagels. L’article de B. Saccomano, intitulé Modes d’enseignement des stagiaires aux prises des représentations des formateurss’intéresse aux formateurs de l’AFPA qui en encadrant des cohortes de stagiaires et pour comprendre leur présence en formation mobilisent des modèles interprétatifs à travers lesquels ils cherchent à identiïer la na-ture des engagements de leurs stagiaires. Des ïgures archétypales de sta-giaires issues des représentations des formateurs sont alors dégagées par le croisement de deux variables dichotomiques, l’appréciation de l’auto-nomie d’une part, et l’identiïcation d’un projet sous-jacent de l’autre. Ces ïgures archétypales synthétisent l’appréciation des formateurs. Elles servent à évaluer les engagements de ces stagiaires en formation : elles
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vont dustagiaire consommateuraustagiaire engagé, en passant parle stagiaire au chaud etle stagiaire adressé. Dans l’article de S. Pécaud et M. Nagels portant surL’autoformation comme activité,l’autoformation est approchée sous l’angle des stratégies cognitives et métacognitives développées par les personnes engagées dans un projet d’autoformation : que se passe-t-il quand un adulte entreprend de s’autoformer ? La démarche des auteurs s’inscrit dans un cadre théorique de conceptualisation de l’action au re-gard des apports de la didactique professionnelle. Elle est déployée chez les usagers de deux médiathèques de Loire Atlantique en mai et juin 2014, combinant des mises en situation, des observations et une dizaine d’entretiens. L’analyse s’attache à décrire et à caractériser les situations d’autoformation observées à partir de stratégies de prise d’informations en vue de la résolution d’un problème pratique. Nous ne pouvons que souhaiter bonne lecture des différentes contribu-tions qui constituent cette livraison du n° 39 deSavoirs. Jean-Pierre Boutinet
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