Ethno-anthropologie des punitions en Afrique

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Voici une étude ethno-anthropologique de la dimension éducative de la punition : l'argument central est que l'éducation étant une activité culturelle, la sanction doit être comprise comme un aspect de la culture. L'acte de punir est un "fait social", révélateur du système des valeurs des membres d'une société donnée, autrement dit, les significations culturelles orientent la sanction, en accord avec les valeurs culturelles dominantes.
Publié le : mercredi 1 septembre 2010
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EAN13 : 9782296265561
Nombre de pages : 283
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Etudes Africaines Collection dirigée par Denis Pryen et François Manga Akoa Dernières parutions Alphonse MAKENGO NKUTU,Les institutions politiques de la RDC : de l'Etat indépendant du Congo à la République du Zaïre (18851990), 2010. Gaston M'BEMBANDOUMBA,Transports urbains publics et privés au Congo : enjeux et pratiques sociales, 2010. Tahirou BAH,Mali : le procès permanent, 2010. Aly Gilbert IFFONO,Résistance et survie, Un peuple de Guinée face aux colonisations : les Kissia (Guinée, Libéria, Sierra Leone), 2010. Kiatezua LUBANZADIO LUYALUKA,La religion Kôngo, Ses origines égyptiennes et sa convergence avec le Christianisme, 2010. Kiatezua LUBANZADIO LUYALUKA,L'inefficacité de l'église face à la sorcellerie africaine, 2010. Richard EYASU,Démocratie en Afrique francophone : une pure fiction, 2010. Ambroise V. BUKASSA,CongoZaïre : éternel rebelle au consensus politique, 2010. Arlète TONYE,Pratique juridique des financements structurés en Afrique, 2010. Hugues MOUCKAGA,Bapunu du Gabon, communauté culturelle Les d’Afrique centrale, 2010. Moïse LIDA KOUASSI,Témoignage sur la crise ivoirienne, De la lutte pour la Démocratie à l'épreuve de la rébellion, 2010. Jean Damien MALOBA MAKANGA,Les précipitations au Gabon : climatologie analytique en Afrique, 2010. JeanAlexis MFOUTOU,Essai sur la traduction : Faits divers et lexique français munukutuba, 2010. PierreMarie METANGMO,Peuton sauver le Cameroun ?, 2010. Hygin Didace AMBOULOU,Le Droit des collectivités locales au Congo, 2010. Borice MOKELE,Monseigneur Ernest Kombo. Ami de Dieu et des hommes, 2010. Auguste OWONOKOUMA,Mongo Beti et l'Eglise catholique romaine, 2010 Bali DE YEIMBEREIN,Dessinemoi la Guinée !, 2010. Mohamed Tétémadi BANGOURA, Dominique BANGOURA,Gouvernance et réforme du secteur de la sécurité en Guinée, Défis démocratiques et de refondation, 2010. Jacques MPIA BEKINA,L'évangélisation du MaiNdombe. Histoire, difficultés présentes et inculturation, 2010. Marie Pascaline Josiane MBARGA,La construction sociale de la ménopause, 2010.
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© L’Harmattan, 2010 57, rue de l’EcolePolytechnique, 75005 Paris http://www.librairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr ISBN : 9782296128316 EAN : 9782296128316
Cet ouvrage a été honoré d’une subvention du Ministère de l’Enseignement supérieur du Cameroun. Nous rendons un hommage particulier au Pr. Jacques Fame Ndongo et le remercions pour son appui scientifique. Le livre est préfacé par le Pr Mbonji Edjenguele à qui nous exprimons notre gratitude. Que le Pr Dominique Mvogo, Mme Mbono Marie Joséphine et tous ceux qui ont contribué à l’aboutissement de ce travail, trouvent ici l’expression de notre sincère reconnaissance.
A ma défunte mère ENGOME Olga
PREFACE
Depuis quelques décennies, le changement social met à mal la superbe des trois ‘‘P’’ toutpuissants : Père, Patron, Professeur. Ce qui, à l’école, se traduit par le refus de l’autorité, de la discipline et de l’imposition d’apprentissage. Dans la plupart des salles de classes et les cours de récréation, on constate des bavardages, des contestations, des agitations, des incivilités et plus d’agressions violentes. En France, le Syndicat des enseignants du secondaire signale en 2009, 20.000 agressions dont la recrudescence amène le Gouvernement à penser à l’organisation des Etats Généraux de l’insécurité à l’école. Eric Debarbieux (2009) publie à ce propos «Les dix commandements contre la violence à l’école ». En abolissant la verticalité pédagogique, la directivité, la discipline stricte à l’ancienne, pour faire place à la permissivité, à la communication, à l’accompagnement, au spontanéisme pédagogique, à la maïeutique, l’école a voulu s’aligner sur l’idéal démocratique où il est interdit d’interdire. L’une des conséquences en est la transformation de l’école en zone de nondroit. Pierre François Edongo Ntede prend position dans ces débats sur les opportunités des sanctions négatives et s’oppose en défenseur du respect de l’ordre. Son intérêt pour les questions de sanctions s’origine dans une triple légitimité : l’anthropologue qu’il est devenu, le conseiller d’orientation qu’il a été et le parent et chef de famille qu’il est. Son itinéraire universitaire est ponctué de travaux de recherche où transparaît un dénominateur commun, à savoir le profil d’homme ou image idéalisée, l’influence d’un support ludique sur la scolarisation et l’influence de la sanction négative sur la socialisation, sur l’enculturation. Il est loisible d’apercevoir le filigrane ou la sousjacence commune qui les conjugue : l’édification d’une personnalité intégrée, bien cohérée à l’éthos groupal, articulée aux valeurs d’un corps culturel précis, au travers du système éducatif. L’incursion de l’anthropologie dans ce champ du savoir est ancienne et plutôt bien accueillie par les sciences classiques de l’éducation, tant est important l’enjeu, et cruciale l’exigence de conduire à un terme heureux, l’idéal de démocratisation de l’éducation afin de corriger, autant que faire se peut, les inégalités sociales. Certes, les sociologues ont montré que les bancs de l’école sont les premières marches de l’échelle sociale, les premiers dénivellements de la stratification sociale (je pense ici à Pierre Bourdieu et Jean Claude Passeron qui ont vu l’école comme le lieu de reproduction de la violence à la fois symbolique, scientifique et social). Cependant, il se trouve également des esprits rêveurs pour penser l’école comme une espèce d’îlot de vertus et de rigueur dans l’océan de médiocrité, d’injustice et d’individualisme qu’est le monde. Moult politiques éducatives, modèles et théories, s’ingénient à trouver la bonne formule devant permettre à l’école de former le citoyen de demain, de donner sa chance à tous : suppression du redoublement en Europe du Nord,
Zones d’éducation prioritaire, discrimination positive et gratuité de l’école en France, pour pallier le déterminisme social de l’échec scolaire, etc. Sur le plan relationnel : pédagogie démocratique, dialogue avec l’Enfant Roi de Françoise Dolto ou conception religieuse de l’autorité du maître. Le travail de Pierre François Edongo Ntede prend position dans ce débat en s’interrogeant sur la valeur réelle des sanctions négatives et leur compatibilité avec les concepts de compétence sociale, de compétence cognitive et de percept de soi scolaire. Son point de départ est simple : mus par une certaine conception de la pédagogie et des droits de l’enfant, d’aucuns ont préconisé le remplacement de la fessée par la communication, la colle, l’exclusion. Mais surtout pas de contraintes, de pression physique ou de claques qui risqueraient de traumatiser l’élève. En Occident où fut institutionnalisé ce rapport dialogique avec l’élève, les sociologues évoquent les dérives de l’enfanttyran. En Afrique, ces recettes prônant interactivité et spontanéisme pédagogiquesversus dirigismemanu militari, n’ont pas manqué de dissoudre le lien maîtresélèves, parentsenfants, tant il est vrai que les valeurs adolescentes, intra scolaires et extrascolaires, s’éloignent de plus en plus de celles adultes de leurs parents, mettant à mal l’autorité de ces derniers et par voie de conséquence, l’autorité des enseignants. Laurence JanotBegugnat et Nicole Rascle (2008) évoquent le stress des enseignants à qui on demande toujours plus, tandis que leur rôle est dévalorisé. Du lieu de ce constat, découle un questionnement diptyque : quelle est la valeur réparatrice des sanctions négatives en vigueur dans le système éducatif moderne ? Peuton raisonnablement faire l’économie d’une punition physique règlementée en préservant la verticalité de la posture de l’enseignant et appropriant davantage l’homme à la maîtrise de son corps et de l’adversité ? Pierre François Edongo Ntede émet l’hypothèse que la maïeutique socratique des pédagogues modernes semble oublier que tout accouchement même des esprits, des intelligences, se fait dans la douleur. Il n’ya pas de référentiel culturel sans sanctions ambivalentes : négatives et positives, qui lui sont donc consubstantielles. Toutefois, l’auteur ne prône pas la sanction négative à tout va. Il ne se pose pas en version moderne du père fouettard adepte ringard d’une violence traumatisante pour l’apprenant. Il s’inquiète simplement du laisser aller, du laisser faire, du laisser être, de la génération du numérique, dublog, dubaggy, dusms, de laface book, dont la rigueur morale, psychologique et même physique laisse à désirer. Pierre François Edongo Ntede a été formé à l’ancienne école et il affirme que la rigueur, voire la sévérité de ses parents, a contribué de manière heureuse aux performances sociales qui sont les siennes aujourd’hui. Les épreuves initiatiques duSodes Beti, leSorodes Peuls, lePo’Mudingedes Sawa Douala, peuvent paraître d’une violence condamnable par les organismes en charge des droits de l’enfant. Elles n’en sont pas moins des étapes structurant une personnalité appropriée à l’adversité. Gandhi en Inde, Mandela en Afrique du Sud, Aneng Bikali et Njoya au Cameroun ont été « formés à la dur ».
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