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Histoire sociale

De
256 pages
L'histoire a pour objet les hommes, non l'évènement. C'est pourquoi les matériaux de l'histoire n'ont pas d'étalon : aucune société d'hommes ne pensant ni n'agissant de même qu'une autre. En histoire, le contact avec l'historiographie et l'épistémologie est essentiel : sans cela, on l'abaisse à la chronique. Cet ouvrage défend l'idée d'une connaissance historique où tous les enchaînements ne sont pas mécaniques : l'analogie, l'hypothèse, la synthèse entrent en ligne de compte comme excipients de la méthode historique.
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JoachimTCHERO
HISTOIRE SOCIALE Notions, stratégies et méthode
Préface de SimonPierre Ekanza
Histoire socialeNotions, stratégies et méthode
Joachim TCHEROHISTOIRE SOCIALENotions, stratégies et méthodePréface de Simon-Pierre EKANZA L’Harmattan
Déjà parus, chez le même éditeur CULTURES ET RAPPORTS DE FORCE ENTRE LES PEUPLES DANS L'HISTOIRE Les Africains d'hier à aujourd'hui, mai 2009 SANTÉ ET DÉVELOPPEMENT EN AFRIQUE SUBSAHARIENNE La maladie : approche historique, d'hier à aujourd'hui, septembre 2014 MALADIE CHEZ LES KROU DE CÔTE D'IVOIRE(LA) De la mémoire à l'histoire des représentations collectives, janvier 2015 © L’Harmattan, 2015 5-7, rue de l’École-Polytechnique ; 75005 Paris http://www.harmattan.fr diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr ISBN : 978-2-343-07092-6 EAN : 9782343070926
”±ˆƒ…‡ Je viens de lire avec intérêt l’ouvrage que voici, écrit avec beaucoup de talent par Joachim Tchéro, maître-assistant au département d’histoire de l’Université Houphouët-Boigny d’Abidjan-Cocody. C’est un ouvrage passionné mais remarquable, polémique à souhait mais non inutile. L’heure présente, cruelle, mais non moins éclairante, que vit la filière histoire, explique tout le caractère polémique du livre. C’est à l’occasion des querelles intestines et vaines, en grande partie suscitées, non pas par des débats d’idées, mais au contraire par des antagonismes de groupes formés autour d’individus, que J. Tchéro a cédé au besoin de s’expliquer à lui-même et de nous expliquer son métier, celui d’historien. Un métier, c’est-à-dire, comme le souligne Braudel,«des cadres, des techniques, des habitudes de chantier, des modes d’écriture»(F. Braudel, « Faillite de l’histoire, triomphe du destin »,Mélanges d’histoire sociale VI. Annales d’histoire sociale, 1944, pp.71-77).Cet ouvrage se veut surtout d’être un guide, une méthode à l’usage de la pratique historique, plein d’images, d’exemples démonstratifs, de conseils, voire de mises en garde. Les propos tenus, largement inspirés de l’école desAnnales, sollicitent le lecteur de tous les côtés à la fois, toujours brillants, jamais indifférents. Un ouvrage de méthode qui porte témoignage d’un énorme labeur personnel de l’auteur pour s’approprier lacritique historique, héritage positif, légué par l’école méthodique de Langlois et Seignobos, mais aussi pour assimiler les concepts ultérieurs, mis en lumière par Marc Bloch et Lucien Febvre : le « fait historique », identifié au « phénomène », et abusivement qualifié de « fait-preuve » par l’école méthodique ; le « document historique » dont l’éventail ne peut se réduire à l’écrit, s’étendant à la variété infinie des sources englobant les récits de tradition orale, les trouvailles archéologiques, et toutes autres traces 7
matérielles laissées par l’homme. L’auteur n’est pas moins familier aux procédés historiques rationnels et éprouvés au nombre desquels figurentl’hypothèse, forme de raisonnement analogique, qui a toujours été présente dans l’élaboration de la vérité historique, lapériodisation, opération permettant de penser à la fois la continuité et la rupture, une nécessité pratique à laquelle a recours l’historien pour segmenter le cours de l’histoire en périodes ou temporalités, afin d’ordonner les faits pour les rendre, sinon intelligibles, du moins pensables. Tout ceci est fort bien souligné, avec des exemples concrets à l’appui, illustré par des modèles d’exercice que sont la dissertation et l’explication de texte historiques. Enfin, l’ouvrage s’achève sur l’analyse de la parenté chez les Krou de Côte d’Ivoire, telle qu’elle était à l’époque ancienne et telle qu’elle est devenue par la suite, transformée par l’intrusion coloniale. Une étude qui donnerait l’impression de n’avoir qu’un rapport lointain avec la réflexion conduite sur la méthode historique, mais qui est, en fait, une application concrète des principes et de la théorie propres à la méthode historique. Un livre dense et utile, en somme. Mais alors, était-il utile d’adopter ce ton combatif qui frise la raillerie, pour indiquer la voie à suivre dans l’élaboration et l’écriture de l’histoire ? De fait, contre qui se bat-on ? Est-ce à l’historien ou à une certaine conception de l’histoire que l’on s’attaque ? Une conception de l’histoire considérée comme obsolète et inefficace, que l’on ne peut que repousser, et que, volontiers, l’on tiendrait pour responsable, en partie, du discrédit à la fois injuste et justifié dans lequel l’enseignement universitaire est aujourd’hui tenu. Cette distinction entre l’historien et son enseignement est indispensable, elle préserve les susceptibilités et crée les conditions d’une réception du message. Il serait
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préjudiciable qu’il n’en fût point ainsi. C’est un dépassement de soi qui s’impose de part et d’autre de la tranchée séparant les deux camps. Mais à quel sacrifice ne peut-on et ne doit-on consentir pour le triomphe de l’universelle Clio et de sa cause ? La leçon à tirer, à l’occasion de la sortie de cet ouvrage instructif, que l’on peut recommander à tous : étudiants et enseignants, est une et simple ; elle nous est dictée par la conjoncture historiographique telle qu’elle se dessine aujourd’hui au sein du département, milieu de vie pour les apprentis comme pour leurs guides enseignants. Cette conjoncture est trouble, une mer agitée, qui ne promet pas des voyages faciles. Mais, avoir des voisins vigilants, prompts à l’attaque et qui n’ont pas forcément tort contre vous à chaque coup, est une garantie de ne pas s’endormir sur de soi-disant lauriers. Une garantie peut-être aussi contre le désir périlleux de vouloir être neuf à tout prix. Les historiens ne doivent pas avoir peur d’être mis en cause. Car, l’histoire, la discipline qu’ils professent, prête par nature à la polémique. Le futur de cette discipline qui n’est science que par sa méthode, est entre leurs mains. À eux de savoir rompre avec les paradigmes d’hier, en ayant la force suffisante, le courage et l’intelligence. Simon-Pierre EKANZAProfesseur Titulaire Historien Doyen Honoraire des Facultés des Lettres et Sciences Humaines
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