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Former pour l'emploi : une autre alternative

De
135 pages
Comment conduire en Côte-d'Ivoire l'école à adopter des comportements, des démarches qui renforcent la pertinence et l'efficacité des formations ? Comment amener l'école à mieux connaître l'entreprise et ses besoins, et vice versa ? Comment construire des partenariats entre ces deux composantes essentielles du système de formation professionnelle ?
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Former pour l'emploi: une autre alternative

Maninga GBATO

Former pour l'emploi: une autre alternative

Préface de Paul Bachelard

L'Harmattan

@ L'Harmattan, 2008 5-7, rue de l'Ecole polytechnique;

75005

Paris

http://www.librairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fi harmattan 1@wanadoo.fi

ISBN: 978-2-296-06342-6 EAN : 9782296063426

DEDICACE

A Maninga Diébré, mon père, A Dosso Laman, ma mère, A Mahoua, ma petite sœur,

Trop tôt disparus.

A Paul Bachelard, rappelé à Dieu (avant l'édition de ce livre), A tous ceux qui ont contribué àfaire de moi ce que je SUlS...

Nos remerciements à Paul BACHELARD et à Jackie FOURNIOL, pour leur amitié, leurs précieux conseils concernant l'orientation et les corrections de cet ouvrage, sans lesquels ce travail n'aurait pu être possible; à leurs familles respectives pour leur amitié, ... ... notre chère épouse et à nds enfants, pour nous avoir supporté, pour avoir supporté d'être privés parfois du minimum vital, pour permettre la réalisation de ce travail, ... ... tous nos collègues de l'Inspection Générale (tous grades confondus) en particulier MM. Azagoh Kouadio, Kouakou Kouamé, Seydou Bamba, Mme Koné- Yoha née Ouattara Mignan et M. Dibi Yao (IPNETP) qui, à travers nos « causeries» formelles ou informelles et nos activités professionnelles au quotidien, nous ont permis « d'expérimenter» et de « tester la validité» de certaines des idées contenues dans cet ouvrage, ... ... à tous ceux qui prendront la peine de lire cet ouvrage, à tous ceux que nous ne pouvons citer, ...

...

PREFACE

La montée en puissance de la vague des jeunes sans emploi est le drame central d'une société qui a perdu beaucoup de ses repères. La longue crise politique que subit la Côte d'Ivoire aggrave le délitement des structures traditionnelles en suspendant toute initiative majeure qui ressemble à un projet collectif de développement. L'attente nourrit le désespoir. Mais que faire? Se préparer à reconstruire sur le modèle ancien n'a pas de sens. Quand un jeune brandit son diplôme attestant de connaissances acquises à partir d'un programme venu d'ailleurs et désuet de surcroît, le chef d'entreprise l'interroge et le teste par rapport aux compétences dont il a besoin dans son atelier. Aux besoins exprimés, l'Enseignement Technique et la Formation Professionnelle (ETFP) n'apporte que des réponses partielles et inadaptées. Ce divorce tragique car vital pour l'emploi est le produit de longues dérives. Maninga GBATO en fait une analyse critique mais lucide et pose les bonnes questions. Le modèle est obsolète par désaffection, mauvaise gestion, méconnaissance du marché du travail, absence d'une culture prospective. Le refonder? Oui bien sûr, mais sur quelles bases? Depuis plus de 10ans les principes ont changé. On parlait des adaptations nécessaires de l'ETFP aux évolutions de l'emploi. L'écart se creusant, l'inertie et les résistances d'un système étant plus grandes que la capacité de se transformer, un nouveau paradigme est apparu. Les fmancements vont en priorité vers la satisfaction rapide de la demande des entreprises pour promouvoir croissance et emploi. Les logiques sont inversées. On ne part plus des programmes

anciens à réviser, mais des besoins en compétences à satisfaire dans un contexte évolutif. Prenons méthodiquement la logique d'un projet de fmancement de l'ETFP par des bailleurs. Une référence accessible est celle des pays émergents qui font la démonstration d'un décollage économique en choisissant chacun sa propre voie. Il existe des exemples à méditer au Maghreb et en extrême Orient. 1 - Intégrer les grandes mutations mondiales dans la réflexion. Ce qui peut sembler une banalité impose des changements de posture intellectuelle vis-à-vis des savoirs utiles dans ce que l'on appelle l'économie du savoir. Les nouvelles technologies de l'information, de la communication, la rapidité des cycles de renouvellement technologique imposent un niveau de culture générale de plus en plus élevé. Un pays qui veut réduire sa dépendance, privilégie les filières scientifiques et techniques. Si un tiers des jeunes du secondaire ne sortent pas de ces filières, le pays entre dans un cycle de régression. Le nouvel ouvrier qualifié qui joue un rôle moteur dans l'économie c'est le technicien (bac à bac plus deux ou trois). Ces niveaux ont besoin d'une culture scientifique de base pour acquérir périodiquement de nouvelles compétences et garder adaptabilité et flexibilité. Ce sont eux qui portent le développement des entreprises avec toute la diversité des emplois moins qualifiés. L'économie détrône l'institutionnel. La demande des entreprises et de la société devient prioritaire par rapport à l'offre des institutions considérées comme «inadaptées ». Les propositions d'aides à la formation professionnelle sont, sur le plan international, évaluées à travers la capacité des entreprises à en faire un bon usage. L'entreprise devient, à 14

travers ses représentations, le partenaire central de toute refondation du système. Tout effort de formation impose la prise en compte du temps très long de la formation. Cette maîtrise du temps n'est réelle que si une démarche de prospective s'installe dans le travail coordonné des ministères. La prospective améliore fortement l'efficacité des projets en favorisant les réévaluations périodiques de la pertinence des investissements. 2 - Une approche pragmatique. La puissance publique doit reconnaître le secteur informel comme forme dominante du développement de l'emploi car il représente plus de 90 % des embauches. Cette reconnaissance est essentielle. Un pays qui limite la comptabilité des emplois et les besoins de formation professionnelle à moins de 10 % du pays réel, se condamne à mort au nom d'une illusion d'optique. La myopie administrative est redoutable et se justifie à travers son incapacité à intégrer. Les jeunes et tous les actifs du secteur informel ont des besoins de formation. Mais il est évident qu'aucun Etat n'a les moyens de [mancer toute cette demande. Le choix des groupes sensibles, des métiers porteurs et de tous les segments dont la croissance peut aider à la structuration de l'informel, est un choix stratégique dont l'impact psychologique, social et économique est considérable. Ces choix posent des questions auxquelles il faut répondre en amont pour être prêt le moment venu. Comment former ces jeunes hors du système scolaire? Pour quels métiers? Avec quels relais professionnels? En s'appuyant sur quelles pratiques pédagogiques? L'alternance est souvent évoquée comme la formule magique qui permettrait de corriger toutes les insuffisances 15