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Récréation n°6 - Septembre 2013

de fcpe.Bourg-la-Reine

Revenir en classe

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Madame Gentil

de harmattan

Catherine Devreux
Illustrations de Pierre Hector
Catherine Devreux
HAUT
Illustrations de Pierre Hector

POTENTIEL
D u b o u l e t a u c a d e a u

Du boulet au cadeau

HAUT POTENTIEL

4/02/15 23:13:01

Haut potentïe
Du bouet au cadeau

Mïse en page : VïncentAbïtane – Studïo PrÈpresse
D/2015/4910/5

© Academïa – L’Harmattans.a.
Grand’Pace,29
B-1348 Louvaïn-a-neuve

ISBN : 978-2-8061-0209-6

Tousdroïtsdereproductïon, d’adaptatïon oudetraductïon, parqueque procÈdÈ que ce
soït,rÈservÈspour touspays sans’autorïsatïon de ’Èdïteuroudesesayantsdroït.
www.edïtïons-academïa.be

Caterïne Devreux

HàUTôTéTé
DUôUéTàUçàéàU

Iustratïonsde Pïerre Hector

Remercïements

Jevoudraïs dédïer ce ïvre à Mïce, mon marï, quï a
toujours été à côté de moï dans mes moments pus dïicïes.
I a aussï accepté e cangement quï s’est opéré en moï quï a
entrané une crïse au seïn de notre coupe. Maïs nous nous
sommes reevés pour contïnuer e cemïn à deux.

Jevoudraïs aussï dédïer ce ïvre à cacun de mes enfants :
Débora,Arnaud, Benjamïn etTïany. Cesontaujourd’uï
desjeunesextraordïnaïresquï ont souventaussï dû supporter
une maman… partïcuïère.

Une pensÈetoute partïcuïère á VÈronïque, amïe depuïs
desï onguesannÈesquï m’a aussïteementencouragÈe dans
mesnombreuxprojetsetquï atoujourse motqu’ï fautau
bon moment.

Mercï àAmandïne pour sesprÈcïeuxconseïsen Ècrïture.

Je n’aï pasnon pusenvïe d’oubïerespersonnesquï
travaïentouont travaïÈ avec moï á Reaxeaudepuïs son
ancement, que desmercïspourcette passïon partagÈe.

Introductïon

J’aï été moï aussï emmurée dans un aut potentïe dont
je ne savaïs rïen. J’aï été aux prïses avec une angoïsse terrïbe,
me demandant sans cesse sï j’étaïs foe, maade ou sï c’étaïent
es autres quï ne tournaïent pas rond. J’aï souFert d’une
dïFérence que je ne parvenaïs pas à m’expïquer, de ne pas pouvoïr
m’exprïmer,trouvermesmarques, comprendre escodes.
Etpuïs un jour,tout s’estÈcaïrcï. J’aï dÈcouverte
autpotentïe, je mesuïsdÈcouverte, etj’aï dÈcouvertque j’avaïs tout, et
même pus, pourêtre eureuse.

Is sontnombreux, cesadutesávenïrmevoïr un peuma á
’aïse,sansÈevereton, en mettantdescondïtïonnesátoutes
eursprases. Isn’osentpas vraïmentexprïmerce
qu’ïsïmagïnent, ïsontpeurd’être jugÈs, ïscraïgnentdesetromper.
Maïsïs vïennentmevoïr, moï psycooguespécïaïsée danse
autpotentïe, parce qu’une petïtevoïxen euxcrïe que ça doït
être ça, entoutcas, çay ressembesuisammentpourqu’ïs
sautente pas. Is vïennentmevoïravec eurangoïsse, a peur
de mon jugement.Etje eurexpïque qu’êtrcommee « HP »,
on dïtïcï en Begïque, ce n’estpasêtre pusïnteïgentque es

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8

Quand le haut potentiel est compris, c’est un formidable cadeau !

autres, et que se croïreHP, ce n’estpasêtre prÈtentïeux. Je eur
pare de eurdïÈrence, je a connaïs, je a vïsaussï.

Je metsdesmots sureurmaaïse ensocïÈtÈ, ’ïncapacïtÈ
qu’ïsontátrouvereurpace depuïsdesannÈes, eursdÈboïres
professïonnes, eurbesoïn d’absou.

Parfoïs, ïs vïennentd’abord poureurenfant.

Parce que ’ïnstïtutrïce a bïenremarquÈ quecet enfant-á
n’estpascommetoute monde, qu’ee a envïsagÈ pusïeurs
pïstesetque e autpotentïe îgure parmï ees.

Parfoïs, esparentsontdÈjátranÈ eurpetïtboutcez
pusïeurscoèguespsycoogues, psycïatres, neuroogues,
ouogopèdes.

Souvent, ïsn’osentpas tropycroïre non pus.Mon enfant
seraït pus ïnteïgent ?

En consutatïon, passÈe ’Ètape dudÈpïstage, j’apprends
á ceszèbres(nous revïendronspus tardsuratermïnoogïe),
petïtsetgrands, qu’ïs sontfaïtsde magnïîques rayureset
qu’ïs sontpeïn detaents.

À euxde esexpoïter, maïsïsont toutesescartesen maïn.

Ensembe, nous reïsonseurpassÈ, nousessayonsde
comprendre. Etpuïsonvavers’avenïr.

Avec ce ïvre, jeveux vousfaïre dÈcouvrïrce que moï-même
j’aï dû un jourdÈcouvrïr: e autpotentïe est un formïdabe
cadeau. Isuitdesavoïr’utïïser…

Carc’estbïen ce qu’este autpotentïe,une force !

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Ce ïvre vïent s’ajouterá a ongue ïste de ïvresdÈjá Ècrïts
suresujet. Is’en dïstïngue par une autre approce de a
comprÈensïon duautpotentïe, maïsaussï par une mïse en
Èvïdence de dïÈrentsproîs. I estïssuá a foïsde ma pratïque
professïonnee, entantqu’enseïgnante puïspsycoogue
spÈcïaïsÈe dansesenfants, adosetadutesá autpotentïe.
I puïse Ègaementdansmon ïstoïre de vïe, HP dïagnostïquÈe
suretard.

Un dïagnostïc quï m’a permïsdetransformer
unesouffrance profonde,une ïncomprÈensïon, enune vraïe rïcesse.
Etïs’ïnspïre Ègaementde mon vÈcude maman de quatre
enfantsHP, aujourd’uï jeunesadutesquï ontprïseurenvo.

Capïtre 1 :
Vousavez dït« autpotentïe » ?

J’aï coïsï de esappeer« autpotent« HP » ïe », en
rÈsumÈ. Ça faït rïre esjeunesados, quïs’ïmagïnent souse
couverce d’une ïmprïmante. Ça amusesouventesadutes,
quï n’Èsïtentpasá dÈvïeresïnïtïaes. HP comme Ôpïta
psycïatrïque quand ïs sesentent un peupusfousque e
monde quï esentoure, HP comme andïcapÈ profond quand
ïsprennentconscïence de eursacunes. C’esteterme e

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1

pus couramment utïïsé enBegïque pourceuxqu’on appee
aïeurses surdouÈs, es HQI ou THQI (pour – très – aut
QI), es enfants précoces, esPESM (personnes encombrées de
sureicïence mentae) ou encore eszèbres.

Le termeHP permetde dÈcupabïïsermespatïents. Je eur
pare de potentïe possïbe, pasd’ïnteïgencesupÈrïeure, maïs
de dïÈrence. Leterme eur raconte qu’ïsont reu un cadeau.
I ne eur reste aors(jesaïs, c’estfacïe á dïrqe !) u’átrouvere
moyen de ’expoïteraumïeux. Surtout, d’apprendre á
composeravec auquotïdïen, d’en faïreune force.

Sï jevouaïscoïsïr une autre appeatïon poure HP,
je dïraïs« HS », á a foïsyperstïmuabe, etparmoments, ors
servïce.

A.

Démonter les mythes…

ContraïrementauxïdÈes reues, ’enfantHP n’estpas
forcÈmentLÈonïe Gratïn, personnage cÈèbre de a bande
dessïnÈeDucobu.

Le myte de ’enfant surdouÈ a a peaudure !

On ’ïmagïne assïsaupremïer rang, desÈrïeusesunettes
surepïf », e « tdes rÈsutats scoaïresquï frÔenta perfectïon.
Unroï de ’organïsatïon, de a panïîcatïon, ’enfantparfaït
dont rêventesparents, quï fera desbrïantesÈtudesetmènera
une carrïèresÈrïeuse etexempaïre.

Bïensûr, cespetïts zèbresexïstent, on esappee desHPI
pour« autpotentïe ïnteectue ». En apparence,tout va bïen.
AdaptÈsaumondescoaïre, á avïe ensocïÈtÈ, ïs rÈussïssent
brïammenteursÈtudes.Maïsquand on creuseun peu, on
es sentparfoïsensouFrance, écraséspar une pressïon énorme
qu’ïs se mettentpourne pasdécevoïr.

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Il faut évacuer au plus vite l’idée que le haut potentiel est lié à la réussite scolaire.

Certaïnsd’entre euxcraquent souse
poïdsduperfectïonnïsme qu’ïsexïgentd’eux-mêmes. Isuitaorsd’une
mauvaïse note pourque ’Èdïîce qu’ïs sesontconstruït se Èzarde.

D’autres rÈussïronteursÈtudesauta maïn, auront un
job peïn de caengesetde dÈîs.

Pourtant, cesadutesnesontpasá ’abrï non puset rïsquent
aussï detomberen burn-out. Isvïendrontconsuterpus tard,
troptard, parce que a pressïon aura eu raïson d’eux.

1

3

1.

Le rïsque de ce mythe ?

Qu’ï cace tous ceux quï n’ont pas de résutats scoaïres
brïants et qu’ï empêce e dïagnostïc d’enfants moïns
dïscïpïnés et quï correspondent moïns à ’ïdéa de ’écoe.

L’enfantHP n’estpasnon pus seuementDucobu,
’exempe parfaïtde ’Èève dÈcrïtparce nouveaumyte quï
commence á faïre parerde uï. C’est’Èève quï
paratparesseux, quï caute aufond de a casse etquïsembescotcÈ au
quatrïèmerang á cÔtÈ du radïateur.Quand ï ne dortpas sur
son banc, ï ït, grïFonne, joue avecsontéépone oudïscute
avec escopaïns. I adore apprendre maïs’écoe, ce n’estpas
pouruï !

Parfoïsï est sïmpementabsent,rêveur, dïstraït, ï donne
’ïmpressïon d’êtresur une autre panète. En faït, ïyest!
Sa pensÈe está mïe ïeuesde ce quïse dïtdansasae de
casse. D’une ïnformatïon qu’ï a captÈe dans un deses rares
momentsd’attentïon, ï Èaboresa proprerÈexïon, aïdÈ par sa
formïdabe pensÈe en arborescence.

I n’estpasïdïot, comme Ducobuquïredoube
d’ïngÈnïosïtÈ pourcopïer sur savoïsïne de cassesans se faïre pïncer…

À ’adoescence, notre Ducobu, quï estpassÈsans trop de
dïicutÈsátraversesmaïesduîeten prïmaïre, înïtpar
dÈcrocer. Dans sesbuetïns, c’est toujoursa mêmerengaïne :
paresseux, nes’ïnvestïtpas, manque detravaï… Notre jeune
Èève n’a pasapprïsátravaïeren prïmaïre, ïs’ensortaït sans
faïretrop d’eorts.

Ensecondaïre, c’este dÈcrocage, ouparfoïspus tard á
’unïversïtÈ. Le jeune HP estdÈcouragÈ, etpuïsfrancement,
ï nevoïtpasá quoï asert toutescescosesqu’onveutuï
faïrerentrerdanse crAâne ! ufond de uï, ïs’ïnquïète, ïsaït
bïen qu’ï doït rÈussïr sesÈtudes. En apparence, ï aiceune

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mïne boudeuse et renfrognée : ’écoe, ça ’« emmerde » et ï
entend bïen faïre passer e message !

Sï e décrocage arrïve tôt, et qu’ï est prïs en carge
rapïdement, Ducobu înïra par s’en sortïr.Pasaupoïntderejoïndre
LÈonïe au rang despremïersde casse.Maïs petït à petït, ï
rattrapera son retard et apprendra à travaïersuisamment pour
réussïr correctement.Parcontre, quand c’está ’unïversïtÈ que
esprobèmes se posent, esdÈgâts serontïmportants. I n’est
pas rare que jereoïve desjeunesquï ont trïpÈ eurpremïère
annÈe d’unïversïtÈ. Etpourtant, ïsont toutesescompÈtences
pour rÈussïr! Isnesaventjuste pascommentes utïïser…

Un second mythe pointe à l’horizon : pour être HP, il faut rater à l’école.

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Il n’y a pas de corrélation entre haut potentiel et réussite scolaire.

Marc, bon éève en secondaïre dans es brances
scïentïîques s’est ïnscrït dans des études de bïo-ïngénïeur.
Aubocusde Noë, ï ouvresesnoteset rÈaïse que ce n’estpas
vraïmenta qu’ïvouaïtÈtudïer. Irenonce donc á Ètudïer
cette matïère et vÈgète ereste de ’annÈe. I dÈcïde aorsdese
tourner versdesÈtudesd’ïngÈnïeur. De nouveau, ïs’ïnvestït
peudans sesÈtudes, maïsprÈsente quand même esexamens
de Noë. Sa moyenne avoïsïne es 7/20.Marcse dïtaorsqu’ï
estïncapabe deréussïrà ’unïversïté. Is’ïnscrïtdonc pour
faïreunrégendaten matématïque. Iserend bïen compte
que queque cose neva pas. Marc entend
aorsparerdespersonnesà autpotentïe etdemandeun dïagnostïc. Marc est
en eFet un jeune à autpotentïe.Aujourd’uï, accompagnÈ
pardesprofessïonnesduautpotentïe, ï areprïsdesÈtudes
unïversïtaïresqu’ïrÈussïtcorrectement.

La meïeure concusïon átïrerdesïstoïresde nosamïs
LÈonïe etDucobu, c’estquevraïment, e autpotentïe, a n’a
rïen ávoïravec ’Ècoe.

Etquesï onse baseunïquement surevÈcu scoaïre pour
faïre desdïagnostïcs, onrïsque francementde oupere coce,
mêmesï c’est souvent un ïnstïtuteur,un prof attentïf ou un

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mauvaïsbuetïn quï éveïentnotre attentïon de parentset
de professïonnes.

Maïsaors, quïsontcesenfants, cesjeunesetcesadutes
quïsesententdïFérents, décaés, quï parfoïs vïvent trèsma
ce autpotentïe etd’autresfoïsen proîtent(esdeuxcasde
îgure nes’excuantpasforcémentmutueement!) ?

B.

Une réalîté multîfacette…

I n’ya pasde moyensïmpe d’expïquere autpotentïe et
ï estextrêmementdïicïe de décrïre e
fonctïonnementcérébra detousceuxquï onte cerveauquïtourne dïFéremment.

Latéorïe de a désïntégratïon posïtïve de Dabrowskï est
souventbïenutïe auxHP pourcomprendre ce qu’ïs sontet
commentïsfonctïonnent. Dabrowskï a
dÈveoppÈunetÈorïe dudÈveoppementde a personnaïtÈ.

LatÈorïe de Dabrowskyairme quetroïsfacteurs
ïnuencente dÈveoppementde a personnaïtÈ, ’ÈrÈdïtÈ,
’envïronnementeta motïvatïon.

Poure premïerfacteur, ’ÈrÈdïtÈ, c’est une Èvïdence
pour toute monde que notre personnaïtÈ estïnuencÈe par
nosgènes.

Lesecond facteurproposÈ parDabrowskï quï ïnuence
e dÈveoppementde a personnaïtÈ est’envïronnement.
Personne ne nïera que dans un contexte où’enfantgrandïten
sÈcurïtÈ, avec de ’amouretdes renforcementsposïtïfs, aurasa
personnaïtÈ quïse dÈveoppera dïÈremmentde ’enfantquï
manque desÈcurïtÈ, neressentpasd’amouretnereoïtpasde
renforcementsposïtïfs.

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La motivation fera toute la différence : un jeune HP peut avoir les mêmes gènes que
son frère et le même environnement familial, sa motivation personnelle influencera
aussi sa personnalité.

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