Haut potentiel

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Être une personne à haut potentiel est un cadeau quand c'est accepté et bien compris. Malheureusement, aujourd'hui, c'est souvent mal compris et mal expliqué.
Être HP ce n'est pas être supérieur, meilleur ou plus intelligent, mais c'est avoir un fonctionnement différent, être excessif dans différents domaines. Ce livre a pour but de donner des pistes afin de vivre ces caractéristiques comme un cadeau. Il donne aussi des pistes pour les enseignants et les parents afin d'aider aux mieux ces jeunes.
Publié le : dimanche 8 mars 2015
Lecture(s) : 11
EAN13 : 9782806107701
Nombre de pages : 196
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Catherine Devreux
Illustrations de Pierre Hector
Catherine Devreux
HAUT
Illustrations de Pierre Hector

POTENTIEL
D u b o u l e t a u c a d e a u

Du boulet au cadeau

HAUT POTENTIEL

4/02/15 23:13:01

Haut potentïe
Du bouet au cadeau

Mïse en page : VïncentAbïtane – Studïo PrÈpresse
D/2015/4910/5

© Academïa – L’Harmattans.a.
Grand’Pace,29
B-1348 Louvaïn-a-neuve

ISBN : 978-2-8061-0209-6

Tousdroïtsdereproductïon, d’adaptatïon oudetraductïon, parqueque procÈdÈ que ce
soït,rÈservÈspour touspays sans’autorïsatïon de ’Èdïteuroudesesayantsdroït.
www.edïtïons-academïa.be

Caterïne Devreux

HàUTôTéTé
DUôUéTàUçàéàU

Iustratïonsde Pïerre Hector

Remercïements

Jevoudraïs dédïer ce ïvre à Mïce, mon marï, quï a
toujours été à côté de moï dans mes moments pus dïicïes.
I a aussï accepté e cangement quï s’est opéré en moï quï a
entrané une crïse au seïn de notre coupe. Maïs nous nous
sommes reevés pour contïnuer e cemïn à deux.

Jevoudraïs aussï dédïer ce ïvre à cacun de mes enfants :
Débora,Arnaud, Benjamïn etTïany. Cesontaujourd’uï
desjeunesextraordïnaïresquï ont souventaussï dû supporter
une maman… partïcuïère.

Une pensÈetoute partïcuïère á VÈronïque, amïe depuïs
desï onguesannÈesquï m’a aussïteementencouragÈe dans
mesnombreuxprojetsetquï atoujourse motqu’ï fautau
bon moment.

Mercï àAmandïne pour sesprÈcïeuxconseïsen Ècrïture.

Je n’aï pasnon pusenvïe d’oubïerespersonnesquï
travaïentouont travaïÈ avec moï á Reaxeaudepuïs son
ancement, que desmercïspourcette passïon partagÈe.

Introductïon

J’aï été moï aussï emmurée dans un aut potentïe dont
je ne savaïs rïen. J’aï été aux prïses avec une angoïsse terrïbe,
me demandant sans cesse sï j’étaïs foe, maade ou sï c’étaïent
es autres quï ne tournaïent pas rond. J’aï souFert d’une
dïFérence que je ne parvenaïs pas à m’expïquer, de ne pas pouvoïr
m’exprïmer,trouvermesmarques, comprendre escodes.
Etpuïs un jour,tout s’estÈcaïrcï. J’aï dÈcouverte
autpotentïe, je mesuïsdÈcouverte, etj’aï dÈcouvertque j’avaïs tout, et
même pus, pourêtre eureuse.

Is sontnombreux, cesadutesávenïrmevoïr un peuma á
’aïse,sansÈevereton, en mettantdescondïtïonnesátoutes
eursprases. Isn’osentpas vraïmentexprïmerce
qu’ïsïmagïnent, ïsontpeurd’être jugÈs, ïscraïgnentdesetromper.
Maïsïs vïennentmevoïr, moï psycooguespécïaïsée danse
autpotentïe, parce qu’une petïtevoïxen euxcrïe que ça doït
être ça, entoutcas, çay ressembesuisammentpourqu’ïs
sautente pas. Is vïennentmevoïravec eurangoïsse, a peur
de mon jugement.Etje eurexpïque qu’êtrcommee « HP »,
on dïtïcï en Begïque, ce n’estpasêtre pusïnteïgentque es

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Quand le haut potentiel est compris, c’est un formidable cadeau !

autres, et que se croïreHP, ce n’estpasêtre prÈtentïeux. Je eur
pare de eurdïÈrence, je a connaïs, je a vïsaussï.

Je metsdesmots sureurmaaïse ensocïÈtÈ, ’ïncapacïtÈ
qu’ïsontátrouvereurpace depuïsdesannÈes, eursdÈboïres
professïonnes, eurbesoïn d’absou.

Parfoïs, ïs vïennentd’abord poureurenfant.

Parce que ’ïnstïtutrïce a bïenremarquÈ quecet enfant-á
n’estpascommetoute monde, qu’ee a envïsagÈ pusïeurs
pïstesetque e autpotentïe îgure parmï ees.

Parfoïs, esparentsontdÈjátranÈ eurpetïtboutcez
pusïeurscoèguespsycoogues, psycïatres, neuroogues,
ouogopèdes.

Souvent, ïsn’osentpas tropycroïre non pus.Mon enfant
seraït pus ïnteïgent ?

En consutatïon, passÈe ’Ètape dudÈpïstage, j’apprends
á ceszèbres(nous revïendronspus tardsuratermïnoogïe),
petïtsetgrands, qu’ïs sontfaïtsde magnïîques rayureset
qu’ïs sontpeïn detaents.

À euxde esexpoïter, maïsïsont toutesescartesen maïn.

Ensembe, nous reïsonseurpassÈ, nousessayonsde
comprendre. Etpuïsonvavers’avenïr.

Avec ce ïvre, jeveux vousfaïre dÈcouvrïrce que moï-même
j’aï dû un jourdÈcouvrïr: e autpotentïe est un formïdabe
cadeau. Isuitdesavoïr’utïïser…

Carc’estbïen ce qu’este autpotentïe,une force !

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Ce ïvre vïent s’ajouterá a ongue ïste de ïvresdÈjá Ècrïts
suresujet. Is’en dïstïngue par une autre approce de a
comprÈensïon duautpotentïe, maïsaussï par une mïse en
Èvïdence de dïÈrentsproîs. I estïssuá a foïsde ma pratïque
professïonnee, entantqu’enseïgnante puïspsycoogue
spÈcïaïsÈe dansesenfants, adosetadutesá autpotentïe.
I puïse Ègaementdansmon ïstoïre de vïe, HP dïagnostïquÈe
suretard.

Un dïagnostïc quï m’a permïsdetransformer
unesouffrance profonde,une ïncomprÈensïon, enune vraïe rïcesse.
Etïs’ïnspïre Ègaementde mon vÈcude maman de quatre
enfantsHP, aujourd’uï jeunesadutesquï ontprïseurenvo.

Capïtre 1 :
Vousavez dït« autpotentïe » ?

J’aï coïsï de esappeer« autpotent« HP » ïe », en
rÈsumÈ. Ça faït rïre esjeunesados, quïs’ïmagïnent souse
couverce d’une ïmprïmante. Ça amusesouventesadutes,
quï n’Èsïtentpasá dÈvïeresïnïtïaes. HP comme Ôpïta
psycïatrïque quand ïs sesentent un peupusfousque e
monde quï esentoure, HP comme andïcapÈ profond quand
ïsprennentconscïence de eursacunes. C’esteterme e

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pus couramment utïïsé enBegïque pourceuxqu’on appee
aïeurses surdouÈs, es HQI ou THQI (pour – très – aut
QI), es enfants précoces, esPESM (personnes encombrées de
sureicïence mentae) ou encore eszèbres.

Le termeHP permetde dÈcupabïïsermespatïents. Je eur
pare de potentïe possïbe, pasd’ïnteïgencesupÈrïeure, maïs
de dïÈrence. Leterme eur raconte qu’ïsont reu un cadeau.
I ne eur reste aors(jesaïs, c’estfacïe á dïrqe !) u’átrouvere
moyen de ’expoïteraumïeux. Surtout, d’apprendre á
composeravec auquotïdïen, d’en faïreune force.

Sï jevouaïscoïsïr une autre appeatïon poure HP,
je dïraïs« HS », á a foïsyperstïmuabe, etparmoments, ors
servïce.

A.

Démonter les mythes…

ContraïrementauxïdÈes reues, ’enfantHP n’estpas
forcÈmentLÈonïe Gratïn, personnage cÈèbre de a bande
dessïnÈeDucobu.

Le myte de ’enfant surdouÈ a a peaudure !

On ’ïmagïne assïsaupremïer rang, desÈrïeusesunettes
surepïf », e « tdes rÈsutats scoaïresquï frÔenta perfectïon.
Unroï de ’organïsatïon, de a panïîcatïon, ’enfantparfaït
dont rêventesparents, quï fera desbrïantesÈtudesetmènera
une carrïèresÈrïeuse etexempaïre.

Bïensûr, cespetïts zèbresexïstent, on esappee desHPI
pour« autpotentïe ïnteectue ». En apparence,tout va bïen.
AdaptÈsaumondescoaïre, á avïe ensocïÈtÈ, ïs rÈussïssent
brïammenteursÈtudes.Maïsquand on creuseun peu, on
es sentparfoïsensouFrance, écraséspar une pressïon énorme
qu’ïs se mettentpourne pasdécevoïr.

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Il faut évacuer au plus vite l’idée que le haut potentiel est lié à la réussite scolaire.

Certaïnsd’entre euxcraquent souse
poïdsduperfectïonnïsme qu’ïsexïgentd’eux-mêmes. Isuitaorsd’une
mauvaïse note pourque ’Èdïîce qu’ïs sesontconstruït se Èzarde.

D’autres rÈussïronteursÈtudesauta maïn, auront un
job peïn de caengesetde dÈîs.

Pourtant, cesadutesnesontpasá ’abrï non puset rïsquent
aussï detomberen burn-out. Isvïendrontconsuterpus tard,
troptard, parce que a pressïon aura eu raïson d’eux.

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1.

Le rïsque de ce mythe ?

Qu’ï cace tous ceux quï n’ont pas de résutats scoaïres
brïants et qu’ï empêce e dïagnostïc d’enfants moïns
dïscïpïnés et quï correspondent moïns à ’ïdéa de ’écoe.

L’enfantHP n’estpasnon pus seuementDucobu,
’exempe parfaïtde ’Èève dÈcrïtparce nouveaumyte quï
commence á faïre parerde uï. C’est’Èève quï
paratparesseux, quï caute aufond de a casse etquïsembescotcÈ au
quatrïèmerang á cÔtÈ du radïateur.Quand ï ne dortpas sur
son banc, ï ït, grïFonne, joue avecsontéépone oudïscute
avec escopaïns. I adore apprendre maïs’écoe, ce n’estpas
pouruï !

Parfoïsï est sïmpementabsent,rêveur, dïstraït, ï donne
’ïmpressïon d’êtresur une autre panète. En faït, ïyest!
Sa pensÈe está mïe ïeuesde ce quïse dïtdansasae de
casse. D’une ïnformatïon qu’ï a captÈe dans un deses rares
momentsd’attentïon, ï Èaboresa proprerÈexïon, aïdÈ par sa
formïdabe pensÈe en arborescence.

I n’estpasïdïot, comme Ducobuquïredoube
d’ïngÈnïosïtÈ pourcopïer sur savoïsïne de cassesans se faïre pïncer…

À ’adoescence, notre Ducobu, quï estpassÈsans trop de
dïicutÈsátraversesmaïesduîeten prïmaïre, înïtpar
dÈcrocer. Dans sesbuetïns, c’est toujoursa mêmerengaïne :
paresseux, nes’ïnvestïtpas, manque detravaï… Notre jeune
Èève n’a pasapprïsátravaïeren prïmaïre, ïs’ensortaït sans
faïretrop d’eorts.

Ensecondaïre, c’este dÈcrocage, ouparfoïspus tard á
’unïversïtÈ. Le jeune HP estdÈcouragÈ, etpuïsfrancement,
ï nevoïtpasá quoï asert toutescescosesqu’onveutuï
faïrerentrerdanse crAâne ! ufond de uï, ïs’ïnquïète, ïsaït
bïen qu’ï doït rÈussïr sesÈtudes. En apparence, ï aiceune

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mïne boudeuse et renfrognée : ’écoe, ça ’« emmerde » et ï
entend bïen faïre passer e message !

Sï e décrocage arrïve tôt, et qu’ï est prïs en carge
rapïdement, Ducobu înïra par s’en sortïr.Pasaupoïntderejoïndre
LÈonïe au rang despremïersde casse.Maïs petït à petït, ï
rattrapera son retard et apprendra à travaïersuisamment pour
réussïr correctement.Parcontre, quand c’está ’unïversïtÈ que
esprobèmes se posent, esdÈgâts serontïmportants. I n’est
pas rare que jereoïve desjeunesquï ont trïpÈ eurpremïère
annÈe d’unïversïtÈ. Etpourtant, ïsont toutesescompÈtences
pour rÈussïr! Isnesaventjuste pascommentes utïïser…

Un second mythe pointe à l’horizon : pour être HP, il faut rater à l’école.

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Il n’y a pas de corrélation entre haut potentiel et réussite scolaire.

Marc, bon éève en secondaïre dans es brances
scïentïîques s’est ïnscrït dans des études de bïo-ïngénïeur.
Aubocusde Noë, ï ouvresesnoteset rÈaïse que ce n’estpas
vraïmenta qu’ïvouaïtÈtudïer. Irenonce donc á Ètudïer
cette matïère et vÈgète ereste de ’annÈe. I dÈcïde aorsdese
tourner versdesÈtudesd’ïngÈnïeur. De nouveau, ïs’ïnvestït
peudans sesÈtudes, maïsprÈsente quand même esexamens
de Noë. Sa moyenne avoïsïne es 7/20.Marcse dïtaorsqu’ï
estïncapabe deréussïrà ’unïversïté. Is’ïnscrïtdonc pour
faïreunrégendaten matématïque. Iserend bïen compte
que queque cose neva pas. Marc entend
aorsparerdespersonnesà autpotentïe etdemandeun dïagnostïc. Marc est
en eFet un jeune à autpotentïe.Aujourd’uï, accompagnÈ
pardesprofessïonnesduautpotentïe, ï areprïsdesÈtudes
unïversïtaïresqu’ïrÈussïtcorrectement.

La meïeure concusïon átïrerdesïstoïresde nosamïs
LÈonïe etDucobu, c’estquevraïment, e autpotentïe, a n’a
rïen ávoïravec ’Ècoe.

Etquesï onse baseunïquement surevÈcu scoaïre pour
faïre desdïagnostïcs, onrïsque francementde oupere coce,
mêmesï c’est souvent un ïnstïtuteur,un prof attentïf ou un

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mauvaïsbuetïn quï éveïentnotre attentïon de parentset
de professïonnes.

Maïsaors, quïsontcesenfants, cesjeunesetcesadutes
quïsesententdïFérents, décaés, quï parfoïs vïvent trèsma
ce autpotentïe etd’autresfoïsen proîtent(esdeuxcasde
îgure nes’excuantpasforcémentmutueement!) ?

B.

Une réalîté multîfacette…

I n’ya pasde moyensïmpe d’expïquere autpotentïe et
ï estextrêmementdïicïe de décrïre e
fonctïonnementcérébra detousceuxquï onte cerveauquïtourne dïFéremment.

Latéorïe de a désïntégratïon posïtïve de Dabrowskï est
souventbïenutïe auxHP pourcomprendre ce qu’ïs sontet
commentïsfonctïonnent. Dabrowskï a
dÈveoppÈunetÈorïe dudÈveoppementde a personnaïtÈ.

LatÈorïe de Dabrowskyairme quetroïsfacteurs
ïnuencente dÈveoppementde a personnaïtÈ, ’ÈrÈdïtÈ,
’envïronnementeta motïvatïon.

Poure premïerfacteur, ’ÈrÈdïtÈ, c’est une Èvïdence
pour toute monde que notre personnaïtÈ estïnuencÈe par
nosgènes.

Lesecond facteurproposÈ parDabrowskï quï ïnuence
e dÈveoppementde a personnaïtÈ est’envïronnement.
Personne ne nïera que dans un contexte où’enfantgrandïten
sÈcurïtÈ, avec de ’amouretdes renforcementsposïtïfs, aurasa
personnaïtÈ quïse dÈveoppera dïÈremmentde ’enfantquï
manque desÈcurïtÈ, neressentpasd’amouretnereoïtpasde
renforcementsposïtïfs.

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La motivation fera toute la différence : un jeune HP peut avoir les mêmes gènes que
son frère et le même environnement familial, sa motivation personnelle influencera
aussi sa personnalité.

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