Informatique introduction dans l'enseignement obligatoire

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L'introduction de l'informatique dans l'enseignement obligatoire est une histoire passionnante à plus d'un titre. Des plans d'équipement ont été mis en place dès 1980, il a fallu ensuite équiper d'ordinateurs les établissements soclaires, écrire des instructions et des textes officiels et former les enseignants au maniement de cet objet. Quinze ans ont été nécessaires pour arriver à un consensus et à une utilisation raisonnée de l'ordinateur dans l'enseignement obligatoire. Un ouvrage pour comprendre le cheminement de l'informatique dans l'enseignement pour un public concerné par l'éducation, la recherhce, l'informatique et également la vie politique française des années 1980-1997.
Publié le : jeudi 1 mai 2003
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EAN13 : 9782296316126
Nombre de pages : 315
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Bernard DIMET

INFORMATIQUE:
SON INTRODUCTION L 'ENSEIGNEMENT DANS OBLIGATOIRE

1980-1997

L'Harmattan 5-7, rue de l'École-Polytechnique 75005 Paris FRANCE

L'Harmattan Hongrie Hargita u. 3 1026 Budapest HONGRIE

L'Harmattan Italia Via Bava, 37 10214 Torino ITALlE

@L'Hannatlan,2003 ISBN: 2-7475-4074-X

A
/

u milieu des années 90, il Y a quelques années à peine, rares étaient ceux qui avaient « déjà» une «adresse internet», nombreux étaient ceux que le seu I nom

d'internet, le « réseau des réseaux}) plongeait dans des
abîmes de perplexité. Dix années s'étaient pourtant

écoulées depuis le lancement du plan « Informatique pour tous»
dont l'une des ambitions était de donner au pays les éléments, sinon les fondements, d'une culture informatique indispensable pour que la société ne subisse pas les bouleversements qu'entraîneraient les rapides évolutions de la microinformatique et des techniques numériques d'information et de communication. L'histoire récente, mais combien déjà ancienne quand on la mesure à l'échelle des avancées technologiques, ne donne souvent qu'une image déformée de cette période. Il devenait indispensable qu'elle fût soigneusement étudiée avec l'aide de connaissances techniques et d'une expérience pédagogique indiscutables. C'est un des objectifs que se fixe Bernard D IMET. Il est é vi den t qu' iI ne man que nid e sin dis pe nsa b les connaissances techniques ni de l'expérience pédagogique. L'aboutissement, provisoire sans doute, d'un parcours professionnel atypique ne pouvait conduire qu'à un travail sortant des normes traditionnelles dont l'éducation nationale est si friande. Notre propre expérience, menée dans le cadre de l'inspection générale de l'éducation nationale nous apprend que beaucoup de chemin reste à faire pour que soit « banalisée» l'utilisation pédagogique des technologies d'information et de communication et sans doute encore plus celle des réseaux sous toutes leurs formes. La tentation, pour de multiples raisons, est toujours grande de n'utiliser les innovations technologiques que dans ce qu'elles ont de plus proche des méthodes en place. Une politique de petits pas en quelque sorte. Mais peut-on se contenter d'aller à «petits pas» quand les évolutions technologiques se font à pas-de-géant? Ne risque-t-on

pas ainsi de contribuer à approfondir le « fossé numérique» que l'on
voit déjà se dessiner? L'éclairage historique que donne l'ouvrage de Bernard DIMET doit permettre de comprendre certaines des erreurs commises, souvent de bonne foi, d'éviter aussi que certaines d'entre elles puissent se reproduire encore trop souvent. Même en faisant la part des nombreux aspects commerciaux qu'elle engendre, l'indéniable accélération des avancées technologiques entraîne de nombreuses conséquences auxquelles ne semblent -7-

échapper que les « innovateurs ». Très souvent, pour ne pas dire toujours, ces innovateurs sont ceux qui ont bénéficié, d'une façon ou d'une autre, de formation à l'informatique. En revanche, on ne

dira jamais assez les difficultés rencontrées dans une « classe
traditionnelle» par des enseignants ne maÎtrisant que trop

imparfaitement « la technique» pour arriver à maÎtriser pleinement
leur groupe classe, sans vouloir parler des quelques uns qui ne maÎtrisent ni l'un ni l'autre. Utiliser un micro-ordinateur, gérer des données multimédias, travailler sur un réseau sont autant d'éléments de déstabi Iisation d'une école qu i resterait entièrement tournée vers une transmission « classique» des savoirs et organisée autour d'une pédagogie qui n'avait évidemment pas pu prévoir le développement des technologies d'information et de communication (dont il faut de plus rappeler que les fondements restent essentiellement l'informatique). La question essentielle posée est aussi bien celle de l'utilité sociale que celle de l'utilité pédagogique. Dans l'enseignement général, la transmission de savoirs acquis se passe très bien d'ordinateurs, d'outils multimédias ou autres réseaux. L'ensemble des générations qui gèrent encore un pays comme le nôtre montre à quel point il n'était pas nécessaire d'utiliser d'autres outils pour transmettre des savoirs. Pourtant, ces mêmes personnes, éduquées sans technologies d'information et de communication pensent majoritairement que les « T.l.c. » doivent être intégrées dans les enseignements dès l'école. Simple effet de mode? Simple souci de maÎtriser plus ou moins bien des techniques qui souvent échappent aux décideurs? Simple calcul économique? Il est bien probable que les réponses sont plus complexes. Mais l'enseignement général n'est pas le seul type d'enseignement. Les enseignements technologiques ou professionnels se passeraient diffici lement d' outi Is nécessaires à l'exercice des professions auxquelles sont préparés les élèves. On ne doit pourtant pas oublier qu'il n'existe plus guère de situations de travail étrangères à l'informatique et que les ordinateurs de l'école ne sont pas très loin des ordinateurs trouvés plus tard sur tous les postes de travai I. Peut-être vaut-il mieux partir de questions plus simples et demander ce que ces technologies apportent de particulier que n'apportait pas la pédagogie classique, demander aussi quel individu capable, sinon de dominer, çJu moins de comprendre les éléments essentiels de la technique l'Ecole veut instruire et éduquer pour la société de demain. Au moins deux éléments propres à l'informatique miniaturisée moderne rendent indispensable l'usage des technologies d'information et de communication.

-8-

Le premier de ces éléments se trouve dans les formidables possibilités de calcul qui autorisent le traitement numérisé de l'information sous toutes ses formes (imagerie, simulation, accès aux bases de données et aux réseaux traitement de la compléxité. ..), le deuxième élément, lié au premier, se trouve dans la possibilité d'éviter des répétitions fastidieuses ou au contraire de les uti I iser dans les apprentissages. Ces éléments en entraînent eux-mêmes de nouveaux que sont la facilité d'accès, de distribution et de classement de l'information, la communication et le travail collaboratif qu'elles permettent, deux éléments pour lesquels l'école traditionnelle n'était pas préparée et n'avait pas pu ou pas su préparer sa pédagogie ou ses structures. Quel paradoxe, en effet, que de demander à des enseignants de faire utiliser des outils de communication dans un système qui l'a si longtemps interdite ou punie! De nombreux autres paradoxes existent, de nombreuses autres questions se posent. Elles aboutissent immanquablement au dilemme des choix: choix des matériels, choix des logiciels, choix des réseaux, mais surtout, choix des stratégies. C'est bien à cette dern ière question qu'avait tenté de répondre le plan Informatique pour tous. Elle se pose encore aujourd'hui. L'ouvrage de Bernard DIMET conduit à comprendre le cheminement et l'évolution, souvent conflictuelle de ce plan ainsi que des questions essentielles qu'il soulevait. Devant l'importance des enjeux, il est nécessaire que des intérêts, souvent trop « locaux », s'effacent et que les stratégies soient clairement affichées. S'i I y avait une morale à retenir de cet ouvrage, ce serait bien celle-ci.
Guy POUZARD

Inspecteur

général de l'éducation nationale.

*

-9-

En collège, nous étudierons en particulier la discipline où l'informatique est enseignée, la Technologie. Nous serons inévitablement conduits à aborder quelques aspects de l'informatique en école maternelle3. L'introduction de l'informatique dans l'enseignement obligatoire a-telle vraiment commencé? Où en sommes-nous? Introduire l'informatique dans l'École, c'est évidemment installer un nombre suffisant de machines performantes, faciles d'emploi et fiables dans les classes et avoir suffisamment formé les enseignants pour qu'ils soient devenus eux-mêmes des utilisateurs avancés de l'ordinateur capables de communiquer avec lui au sein de l'école, avec d'autres écoles et avec la société toute entière; des enseignants capables d'utiliser l'informatique au service de toutes les disciplines; des enseignants didacticiens de l'informatique ayant un recul sur leur pratique. Introduire l'informatique dans l'École, c'est faire en sorte que l'ordinateur dans la classe ne pose pas plus de questions que la présence du tableau ou d'un dictionnaire. Bien sûr, textes et réglements peuvent contraindre les enseignants à travailler sur des ordinateurs, avec des usages qu'ils ne comprennent pas, en leur ayant donné une formation insuffisante. Mais au-delà des problèmes matériels, il vaut mieux faire comprendre l'intérêt de cette innovation pour les élèves et pour l'enseignant lui-même: c'est un langage que les enseignants comprennent. Il faudra dans ce cas, en plus des instructions, des stages et des matériels, des agents extérieurs de changement qui sauront expliquer aux enseignants les bienfaits de l'innovation technologique. L'École et la société sont liées et les innovations technologiques de la société influencent l'École. Elles y entrent lentement, très souvent de façon décalée. L'École agit comme un vieux sage qui observe le monde s'agiter et admet ce qui est juste, établi, en phase. Elle temporise les excès, les mouvements frénétiques, parfois névrotiques, de la société. Mais nous verrons que parfois, elle peut se trouver obligée à la modernité et que si cette entrée forcée s'avère un échec ou est perçue comme telle, les dégâts peuvent être - 11 -

C

et ouvrage' se propose d'étudier comment a été introduite l'informatique dans les programmes de l'école élémentaire et du collège, lieux privilégiés de l'enseignement obligatoire de l'enseignement public2.

importants. Nous reviendrons sur ce sujet à propos du Plan f.p.T.une tentative brutale d'introduction de l'informatique dans l'Ecole. L'innovation technologique dans l'enseignement semble être de deux ordres: l'enseignement de nouvelles technologies aux élèves et l'usage de nouvelles technologies comme support de l'enseignement

aux élèves, que ces technologies soient directes

-

usage pour et

dans les cours - ou indirectes - usages pour la préparation des cours -. C'est donc une conjonction d'influences extérieures à l'école et de prescriptions qui peuvent déclencher l'innovation, inciter à apprendre l'informatique d'abord pour soi-même puis pour l'enseigner aux élèves. Ayant de considérer plus particu Iièrement l'informatique dans l'Ecole et pour tâcher de comprendre comment l'informatique dans la société peut influencer l'École, nous allons nous intéresser à la place de l'informatique dans la société et à la façon dont elle peut être perçue par le public non spécialisé, au travers de documents ou de propos accessibles à tous: articles dans les journaux grand publ ic, publ icités des grands magasins, discours des hommes pol itiques.

1. Informatique et société
1. 1. L'informatique dans une publicité
Une publicité pour les magasins fntermarchél publiée en septembre 1995, aurait pu servir d'introduction à cette recherche4 : H o . . ?
Il
Il
Il

P our la rentree'' : comment InItIer Ies en f ants a Ia mIcrO-ln f orma t Ique ° ° ° ' ° ~I [...] La micro-informatique fait de plus en plus partie de notre univers
nos enfants une InItIatIon des le plus Jeune age est presque devenue

quotidienet cette tendance s'accentue avec la généralisationdu multimédia.
Si de nombreux ?d.u~te~son~ amenés à. s' ada~ter à ces changements, pour
une

B
Il U

nécessité. Les psychologues s'accordent à dire que l'enfant est très tôt

capable d'assimiler de nouvellestechniques... et peut-être plus rapidement Le mieux est d'initier l'enfant à la maison. Dans l'environnement familial,
l'ordinateur paraît ludique, l'école faisant plutôt figure de cadre officiel

qu'un adulte. [...] ~I Débuter à l'école ou à la maison
Il
I~ Il

Il
~I

même si, dès la maternelle,l'enseignementpasse par des jeux. Par ailleurs,
les micro-ordinateurs scolaires sont souvent dépassés, ce qui n'est pas idéal pour un premier contact. [...] L'informatique à l'école [...] Cependant, chaque école doit se débrouiller pour trouver des ordinateurs, l'opération" Informatique pour tous", lancée au début des années 80, n'ayant équipé qu'un certain nombre d'écoles. Dans les collèges
et les lycées, l'enseignement de l'informatique prend une tournure très

Il

Il
Il
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technique. -12 -

La suite de l'article est encore plus polémique, mais la publicité ellemême est probablement le reflet de ce qui se dit hors des murs de

l'école:

«

renseignement

à l'école, c'est triste ».

Les problèmes techniques sont par ailleurs évoqués: « les microordinateurs sont souvent dépassés», mais ces problèmes représentent une partie de la vérité, iIs occultent la réalité du terrain. Quant à l'équipement, « chaque école doit se débrouiller pour trouver des ordinateurs», les sources de l'auteur ne sont pas fausses et ses propos rejoignent ceux des enseignants des écoles. Par contre, la l'enseignement technique» peut servir d'argument phrase «Dans les collèges et les lycées, de l'informatique prend une tournure très trouver un auditoire auprès des consommateurs ou à la vente de machines, mais elle ne veut rien dire

et ne correspond à rien dans l'École. « École, collège, lycée... » les
institutions sont citées mais les acteurs, enseignants du primaire ou du collège, sont des ci ients potentiels que les marchands évitent de trop égratigner et les rédacteurs de l'article rejettent globalement les fautes sur l'institution Éducation nationale. Ce texte met en concurrence la famille et l'Éducation nationale, dans son rôle de lieu d'apprentissage de l'informatique, afin de vendre et, pour cela, souligne l'importance de l'informatique dans la vie: elle « fait de plus en plus partie de notre univers quotidien». Cette publ icité suggère des propos que les parents peuvent prendre en compte d'autant plus si l'informatique est absente de l'école de leurs enfants. Se trouvent aussi posés les problèmes de l'éducation et des apprentissages: l'éducation est-elle l'apanage de la famille et les apprentissages fondamentaux celui de l'école? Si l'école ne remplit pas son rôle, faut-il que la famille le prenne en charge? L'école ne pouvant pas tout faire, iI faut donc suppléer à ses manques en achetant un ordinateur à « nos enfants». Argument infaillible.
L'utilisation de l'enfant comme prétexte à la consommation n'est pas un phénomène nouveau et au travers de cette publicité, on met en avant un des rôles fondamentaux de la famille: l'éducation des enfants, en essayant, pour vendre, de mettre l'accent sur ce qui peut être une faiblesse du système éducatif.
« Les psychologues s'accordent à dire que l'enfant est très tôt capable d'assimiler de nouvelles techniques... et peut-être plus rapidement qu'un adulte», l'auteur de cet article centre ses propos sur l'enfant et son avenir, évoque le culte d'un nouveau monde, d'un monde jeune. Il évoque clairement la capacité pour l'enfant d'apprendre par lui-même, plus rapidement que les adultes, à condition qu'on lui offre, c'est-à-dire qu'on lui achète un outil.

En écrivant

- 13-

Il est vrai cependant que si à la maison en jouant ou en utilisant des cédéroms l'enfant apprend à se servir de l'ordinateur, l'école lui enseigne un autre usage de cet ordinateur. C'est en fait un propos de négation de l'école, qui serait vecteur de

transmission d'un savoir ancien. « On apprend à l'école ce qui est ancien, passé et probablement dépassé. L'informatique, c'est le futur »5. Elle est, dans son aspect novateur, une rupture avec
l'ancien monde, celui de l'école, celui qui serait incapable d'apprendre le futur aux enfants. En fait l'école anticipe le monde dans lequel vont arriver les enfants en leur donnant le recul nécessaire pour se distancier et en avoir une vision globale. La vision de l'informatique objet du futur est présente chez les

gourous de l'informatique qui véhiculent le mythe de « l'homoinformaticus », ce nouvel homme, le mutant qui naît avec le savoir de l'avenir et n'a besoin pour s'exprimer que d'un outil: l'ordinateur. Cependant ils ont fort à faire et doivent lutter contre d'autres représentations de l'ordinateur véhiculées par les auteurs de
sc ience- fi cti on 6.

Les initiés, les adaptés à ce nouveau monde, ont pour les non-initiés une image valorisante. Ceci pose le problème des e!ljeux de l'informatique, à l'extérieur mais aussi à l'intérieur de l'Education nationale: le professeur peut apparaître « ringard» avec ses bouquins ou «branché» avec son ordinateur personnel. L'informatique est présentée comme une faiblesse du système éducatif par les marchands et celui qui n'aura pas d'ordinateur à la maison ne sera pas dans la course et hypothèquera les chances de ses enfants. Voyons à présent comment la présente la presse.

1.2. L'informatique dans un article de presse
Un dossier du magazine L'Événement dl} jeudi a publié en octobre 1995 un article sur Ilinformatique dans IlEducation nationale: Il L'Éducation nationale a dix ans de retard i~ Onze ans après l'échec du plan informatique pour tous, l'Éducation
Il

nationale

est en train de manquer le coche en ce qui concerne

Il
Il ~

l'introductiondu multimédiaà l'école. Dommagepour les cybermômes...
350 000 P.c., dont la moitié sont obsolètes. Soit un ordinateur valide pour 80 élèves. Quant au multimédia, c'est la peau de chagrin: une machine pour 2 000 élèves. [. . .] 90 % des enseignants ne connaissent rien au multimédia. [.. .] Il ne s'agit pas de remplacer la craie par l'ordinateur, il faut repenser

[...] Les chiffres, sont désastreux. Jugez plutôt: de la maternelle au baccalauréat, l'Education nationale offre à la cybergénération

~

I
L H

l'éducation.
-14 -

Il

[. . .] L'ordinateur comme remède à l'échec scolaire 7.

Ce dossier utilise des images fortes pour accrocher le lecteur. Il çommence d/une manière très polémique contre l'institution Education nationale puis donne la parole à des enseignants et des syndicalistes peut-être, là encore, pour ne pas sten prendre aux enseignants, lecteurs potentiels. Pour finir, il cite des expériences scolaires où l'informatique remédie à l'échec scolaire. Le ton est peut-être moins racoleur que dans la publicité qui précède c~r le public n'a pas besoin d/être accroché mais les attaques contre l/Education nationale sont aussi très fortes. Nous retrouvons ici encore l'idée de l'informatique dans son aspect novateur. L/ancien monde triste et dépassé, celui de l'école, celui qui serait incapable d/apprendre le futur aux enfants, serait en plus vecteur d/échec scolaire. C/est sans doute aussi pourquoi il est cité: « L'informatique comme remède à l'échec scolaire ». Ces écrits sont évidemment très polémiques et sit dans des journaux de grande diffusion, des propos de ce genre sont tenus, nous pouvons penser: soit il existe une différence de point de vue entre les enseignants et les personnes extérieures à l/Éducation nationale - mais les parents d/élèves, lecteurs de ces magazines, sont aussi des partenaires du système éducatif -/ soit ils sont le signe d/un problème réel qu/il est intéressant d/étudier. Si des magazines de grande diffusion, qui ne prétendent même pas faire de la vulgarisation, évoquent ces problèmes, nous sommes en droit de nous interroger sur ce qu/il en est réellement dans le monde de l'éducation. C/est ce que nous verrons plus loin. Et si l'informatique occupe une place importante dans des journaux et publ icités, elle occupe une place tout aussi importante dans notre imaginaire.

1.3. L'informatique dans la fiction
Depuis très longtemps, avant même les premières expériences d/informatique dans les Iycées, l'informatique - et son terrible engin, 1/ rdinateur - avaient pris une place particul ière dans o l'imaginaire de notre société occidentale. Rappelons-nous le fameux robot Hal du livre 2001, l'Odyssée de l'espace, paru en 19688. Les visions de l'informatique véhiculées par les romans et nouvelles sont souvent celles terribles d/un ordinateur surpuissant qui commanderait et aservirait les hommes. Ces visions entrent dans la veine des fictions de la littérature de l'imaginaire qui prend naissance dans les mythologies et qui se poursuit dans les contes traditionnels, les romans, les nouvelles et -15 -

la bande dessinée. Paul CARO / délégué aux affaires scientifiques de la Cité des Sciences et de l'Industrie de La Villette a fait un exposé intitulé, non sans un certain humour, La vulgarisation scientifique est-elle plutôt un genre littéraire? Il Y cite des moyens utilisés dans cette littérature comme « les actions à distance, les transports à distance (la téléportation)>> 9/ faisant partie du thème plus général de la maîtrise du temps et de l'espace. L'informatique, dans l'inconscient de la société, serait le moyen moderne de cette maîtrise.
Une application de l'informatique actuelle permet aux ordinateurs la reconnaissance de l'utilisateur, ou même certaines fonctions du bureau, par commande vocale. Au lieu de saisir un mot de passe, il suffit de prononcer un mot ou une phrase et l'ordinateur « s'ouvre» 10/ ce qui est très utile pour les handicapés ou pour les jeunes enfants qui n'arrivent pas encore à écrire. Nous sommes en plein dans Ali Baba et les quarante voleurs, un conte des Mille et

plus récemment

une nuits:

«

Sésame ouvre-toi!

»

La fiction a souvent précédé les sciences, Jules VERNE en est un exemple frappant. Ce sont des idées qu/exprime Gertrude LAPLACE EN 1982 dans un article du magazine Terminal 19/8411 : , . . H A !~ ' travers tous ces textes d onc, nous avons ete senSIble a un certaIn nom b re ' ' II de thèmes qui reviennent, avec des variantes, chez la plupart des auteurs. Ils sont d' autant plus saisissants qu'ils s'opposent presque trait pour trait aux I I mythes développés dans les discours de ceux qui magnifient l'informatique Il comme la plus grande découverte du siècle, qui va rendre l'homme ~I I. intelligent et libre, et qui va permettre d'établir une société démocratique et unifiée. Les auteurs de science-fiction en revanche mettent en scène des l ~~ machines qui échappent au contrôle de l' homme et qui le détruisent, des !I mondes totalitaires dominés par un pouvoir qui se cache derrière Il l'ordinateur, et des sociétés fragiles qui s'effondrent par manque de sagesse. Dans cet article, elle fait la liste des romans et nouvelles qui ont pour anti-héros l'ordinateur. Les titres font froid dans le dos et l'avenir promis par ces écrits peut faire craindre l'ordinateur.
I

Romans
1 John Brunner Sur l'onde de choc 2001, l'Odyssée L 'homme de l'espace terminal R. Lattont, 1977 R. Lattont, 1968 (J'ai lu) Fayerd, 1974 2 Arthur C. Clarke 3 Michael Crichton 4 Philip K. Dick 5 Albert Higon 6 Michel Jeury 7 D. F. Jones 8 Dean R. Koontz 9 Keith Laumer

Loterie solaire La machine Soleil chaud, poisson du pouvoir des profondeurs

Opta, 1968 (J'ai lu) Gallimard, 1960

R. Lattont, 1976 Albin Michel, 1968

Colossus
La semence L'ordinateur du démon désordonné

Opta, 1974
Denoël, 1966

-16 -

10 Ira Levin

Un bonheur

insoutenable

R. Laffont, 1971 (J'ai lu) Denoël, Denoël, du A Gallimard, 1962 1976

11 Jérôme
12 Georges

Seriel Soria

Le satellite sombre La grande Le monde quincaillerie

13 Alfred E. Van Vogt

des A ,. Les joueurs

1953 (J'ai lu)

Nouvelles
15 Isaac 16 Stanislas ASIMOV LEM POHL Le sentiment Les mémoires L'homme de puissance d'Ijon programmé TicLy in L'Informatique Calman-Lévy, in L'Informatique, n° n° 2, mars 1977 1, février 1970 1970

17

Frederik

Bibliographie

des romans

et nouvelles

de science-fiction

dont le héros est un ordinateur

À cette liste,

il aurait été possible ORWELL, 1984, dont le personnage Big Brother, le grand ordonnateur qui ressemble fort à l'ordinateur et fait, cette publ ication nommée permanent à ce Big Brother.

d'ajouter le roman de Georges le plus important est l'inquiétant qui s'appuie sur une technologie à ses possibil ités télématiques. En Terminal 19/84 est un rappel

Le livre 2001/ rOdyssée de Fespace est plus emblématique de cette vision d'ordinateur omniprésent et surpuissant car on n'oublie pas le film que Stanley KUBRIK en a fait Gertrude LAPLACE explique le film en ces mots: 2001, Odyssée de l'espace est en partie l'histoire d'un ordinateur, Carl12, I qui a pour mission d'aider deux astronautes dans leur navigation, tout en leur cachant le véritable but de la mission Ne pouvant résoudre ce conflit, Carl se mutine et cherche à tuer l'équipage. En effet, l'ordinateur qui reçoit r ~~ des ordres contradictoires se comporte de façon tout à fait imprévisible, en ~ I l'occurrence parce que la logique de ceux qui avaient préparé la mission échappait à Carl: « Les dieux jumeaux de la Sécurité et de l'Intérêt National I Ii ne signifiaient rien pour Carl. Comment ne pas avoir un peu peur de l'ordinateur lorsque depuis 1968, on nous met de telles visions dans la tête. Lorsque 1 7 ans plus tard l'ordinateur entre en classe, il se peut qu'il y ait encore chez les « humains» futurs uti I isateurs, une appréhension due à ces romans et nouvelles. Dans un encadré titré « Et le robot positif? », Alain 13 BRONSTEIN tente bien de rectifier cette vision mais sur deux tiers de page seulement:

Ij
"

I i
I

~r
'

~I positivement
II

L'article imageries d'un futur informatisé pose quelques problèmes. ~ L'ordinateur tel qu'il est montré, est uniquement négatif, dangereux aussi bien pour la société que pour les individus il semble n'y avoir pas eu dans la Science-Fiction de phase d'élaboration centrée sur l'ordinateur apprécié I
I

I
!I

Cela est sans doute lié au fait que l'on ne peut pas dissocier

l'i~~ge de l'ordinateur dans la Science-Fiction de celle du robot qui la precede.

-17-

Mais s'il trouve

des arguments les romans de science-fiction, « bons ordinateurs».
Il Il
Il

pour montrer i I ne trouve

de « bons robots» que peu d'exemples

dans de

L'ordinateur de cette époque était bien la grosse machine, le gros système particulièrement apte à focaliser les angoisses libérées par la conscienc~ du
inégal de l'individu face à la société régalienne et à l'Etat

I~ combat

J
I

l

omnipotent. C'est-à-dire une vision très proche de celle des premiers groupes marginaux américains, s'élevant contre l'informatique centralisée,
dirigiste, monstrueuse.

Finalement, les seuls « bons ordinateurs» qu'il trouve sont dans des romans soviétiques: l'U .R.S.S. vient au secours de Big Blue14 et du monde occidental dans la vision de l'ordinateur et donc, plus généralement, de l'informatique. En contrepoint, les rares textes de Science-Fiction soviétiques parus à Il l'époque développent, dans le cadre de la croyance dans la science I~
~I libératrice
Il

et porteuse

de progrès, des robots et des ordinateurs

totalement

positifs, libérateurs de l'homme: l'informatique porteuse de progrès social.

Depuis, c'est le cinéma et la télévision qui ont repris le flambeau de l'ordinateur fou, celui qui succède au fameux Savant fou de la littérature de science fiction: War Game montre un ordinateur de la défense des États-Unis qui déclare une guerre virtuelle à l'U.R.S.S. en jouant avec un adolescent qui a réussi à communiquer avec lui. La morale du film est: « Il y a des jeux où pour gagnerl il ne faut pas

jouer

». Belle

maxime

qui

s'applique

à la guerre,

mais

peut

trouver

des échos

à d'autres

secteurs

de la vie.

Il ne se passe pas un mois sans qu'un film ou une série ne nous parle d'un ordinateur soit fou soit mégalomane, capable de penser, de lutter pour sa vie, de s'auto-réparer, etc. Cette représentation de l'ordinateur est souvent présente chez ceux qui ne connaissent pas vraiment ce que c'est. Ils ignorent que c'est une machine qui traite les informations qu'on lui donne et le fait très bien, sans se tromper et très vite mais que si l'information entrée est fausse ou parfaitement stupide, ilia traitera et affichera un résultat faux et stupide.

Si l'ordinateur
réparer sommes

fou fait frissonner, l'ordinateur peut faire rêver beaucoup d'utilisateurs. toujours en plein dans la Science-Fiction!

capable de s'autoSur ce plan, nous

Les représentations assez terribles de la science-fiction n'ont tout de même pas empêché l'ordinateur d'entrer dans l'École, mais elles n'ont sans doute pas arrangé les choses. Si les écrivains ont décrit les risques liés à l'ordinateur pour La Liberté, la peur de l'informatique a été d'actualité dans un domaine bien concret, l'informatisation de la société.

-18

-

1.4. L'informatique

et les

libertés

Au début des années soixante-dix, un projet nommé SAFARI15 voit le jour. Il consiste à utiliser le numéro national d'identification - le numéro I.N.S.E.E. encore appelé le numéro de Sécurité sociale comme identifiant unique des divers fichiers publics qui pourraient ainsi êtrei nterconnectés. En 1974, un article du M onde intitulé Safari ou la chasse aux Français va déclencher une vive polémique. Les rédacteurs de l'ouvrage Informatique pour « Cette possibilité d'interconnexion généralisée tous expl iquent que des fichiers faisait

craindre un vie privée /I

/I

»16.

repérage permanent de chacun /I et même Il la fin de la Cette représentation de l'ordinateur central, capable

de contrôler tous les faits et gestes de la vie quotidienne, en un mot de cet ordinateur Big Brother, omniprésent et omnipotent a fait peur à bien des français, surtout dans le contexte de l'après-68 et pas seulement aux militants de gauche. Félix PAOLETTI, dans son article « Informatique et libertés: contenu et approche pédagogique», cite les raisons de cette peur: « C'est l'informatisation des grandes entreprises et des administrations de l'Étatl avec la constitution de gros fichiers nominatifs, qui engendre dans les milieux politiques et professionnels ainsi que dans les médias et par suite, dans l'opinion publique, une prise de conscience des menaces qu'un tel processus fait peser sur la vie privée et les libertés individuelles de tout un chacun» 17. L'article du Monde fit grand bruit et SA FAR I devient le Répertoire national d'identification des personnes physiques - le R.N.I.P.P. - et la Commission nationale de l'informatique et des libertés - la C.N.I.L. - fut créée. Quatre années plus tard, suite aux travaux de celle-ci, un rapport connu sous le nom de Rapport Tricot sera la base de la loi du 6 Janvier 1978 relative à l'informatique, aux fichiers et aux libertés1 . Cette loi supprime les raisons objectives de la peur engendrée par le Projet SAFARI et plus généralement par les ordinateurs du genre Big Brother, mais si les raisons objectives de cette peur ont disparu, elle ne les suppri me pas forcément pou r autant. Le secrétariat de rédaction de la revue Terminal 19/84 déjà citée, qui ne cache pas ses tendances dites « gauchistes», proposait dans son éditorial, en 1982, de publier régulièrement une rubrique « Informatique et libertés (fichage, C.N.I.L., badges) ». C'était le thème principal des numéros 2 et 3 de la revue ainsi que celui du dossier de 16 pages intitulé « Dossier guide du fiché ». Mais ce thème était récurrent dans le sommaire de tous les numéros. Bien

-19

-

entendu, avant 1981, les milieux de gauche et d'extrême gauche étaient tout particulièrement sensibles à ces problèmes. 19 Depuis la loi Informatique et liberté de janvier 1978, tous les fichiers
informatisés doivent être soumis à la C.N.I.L. Cet épisode Safari a fait grand bruit à l'époque. C'est peut-être ce qui a fait dire à François MITTERRAND, le nouveau président de la République, le premier de gauche depuis la fin de la dernière guerre, Il la société que « son objectif est non pas 1/ dlinformatiser mais de
1/

démocratiser

Ilinformatique

Il »20.

Pour



m 0 c rat

i s e r

Fin forma tique, le meilleur moyen n'est-il système éducatif? C'est ce qui sera fait...

pas de l'introduire

dans le

Mais si François MITTERRAND n'a pas voulu ftinformatisation de la société, il est évident qu'aujourd'hui, vingt ans plus tard, l'informatique est présente partout bien qu'elle ne soit pas encore général isée dans la société21. 1.5. L'informatique et ses

enjeux dans la société

L'informatique est devenue un enjeu culturel, un enjeu éducati~ un enjeu stratégique et, pour les entreprises, un enjeu économique. Elle est désormais un produit de grande consommation: chaque jour apparaissent des publ icités pour des ordinateurs bon marché, de nouvelles imprimantes couleurs ou de nouveaux périphériques. L'ordinateur est devenu un objet familier. Sujet de vulgarisation dans les magazines, les émissions de radio et de télévision, l'informatique est aussi l'enjeu d'une guerre économique entre les producteurs de matériel qui cherchent à nous persuader de son importance comme cette publicité pour Intel ou Microsoft: « Le monde de demain! ». Le mot « informatique» - nom ou adjectif - est so uvent associé à d'autres mots dérivés: multimédia, Internet, a utoroutes de flinformation, surf, cédérom (dont le dictionnaire s'est emparé afin de le normal iser) qui appartiennent à une cu Iture nouvelle: « la cyberculture». Liée à ces différents enjeux, l'apparition de cette nouvelle culture ne peut pas laisser les politiques indifférents, l'informatique est aussi un enjeu politique. Jacques CHIRAC, président de la Républ ique, a décl aré : « Aujourdlhuil mon devoir clest de veiller à ce que la France entre dans 11ère des hautes technologies sans lesquelles nous resterions à fi écart de la croissance et du plein emploi» 22 et aussi « Je veuxl que pour Ilan deux millel clest-à-dire dans trois ansl tous les établissements dlenseignement secondaire soient connectés au
résea u » 23 .

- 20-

Quant à Claude ALLEGRE, alors ministre de l'Éducation nationale, il fixe en 1997 les grandes lignes de sa politique pour l'école: Manipulation informatique dès la maternelle, en ce qui concerne le dessin; Il >~ courrier électronique dès le CEl ; accès au Web dès le CMl ; travail en
Il Il

réseau dès le collège; adresse personnelleélectroniquedès le bac, voilà les objectifsclairs qui devrontêtre atteintsen l'an deuxmille24. Etplus globalement concernant le courrier électronique:
Il

(I

j'ai symboliquement fixé comme objectif pour l'an 2000 : une adresse
électronique par enseignant, par étudiant, par classe25. l'an 2000 sont ambitieux, dans le système éducatif. l'informatique est

Si les objectifs pour entrée très discrètement

1.6. L'informatique dans le monde éducatif
Le mot « informatique» a fait son apparition dans le système éducatif français, d'abord dans des projets pédaEogiques puis dans des instructions parues au Bulletin Officiel de l'Education nationale. Nous le trouvons dans des circulaires, des décisions de mise en place de commissions diverses, dans des descriptifs de stages à destination des enseignants (plan départemental, académique ou national de formation des personnels), des recommandations à l'intention des enseignants, dans des accords économiques entre l'industrie du logiciel et le ministère de l'Education, à propos de nominations de chargés de mission.
L'informatique est devenue un enjeu dans de nombreux établissements scolaires: objet de projets d'établissements, d'options pour les classes du cycle central du collège. Elle peut devenir aussi source de confl it, différentes discipl i nes voulant s'en emparer. L'informatique devient l'objet de nouvelles identités professionnelles. Elle est le sujet de nombreux écrits émanant d'organisations syndicales et professionnelles, d'associations d'enseignants, de groupes d'utilisateurs ou de praticiens. L'informatique constitue un objet d'études pour de nombreux chercheurs sous ses différentes formes.

et la présentant

d'un effet de mode, de l'aspect innovant de l'informatique, comme indispensable, des organismes privés proposent des formations très coûteuses aux adultes pour euxmêmes, afin qu'ils restent « à la pointe de l'innovation », ou pour leurs enfants qui seront ainsi dotés d'un « bagage indispensable» ou encore initiés à des loisirs « incontournables ». Profitant

Dans l'Éducation
I. U.T. ou les lycées

nationale, les universités, professionnels proposent - 21 -

les grandes formations

écoles, les et diplômes

dont la dominante est l'informatique. Mais comment est-elle entrée obligatoire? dans programmes de 1/enseignement

1.7. L'informatique dans les programmes de l'enseignement obligatoire
Le premier texte officiel que nous ayons trouvé introduisant l'informatique date de 1983 pour l'école élémentaire et de 1984 pour le collège. L/introduction de l'ordinateur comme outil d/aide à l'éducation et la généralisation de son usage n/est pas chose facile. La création de l'informatique en tant que discipline scolaire dans l'éducation a même été envisagée. À ce propos, Georges-Louis BARON a écrit: « Créer une discipline scolaire n1est pas une entreprise aiséel représente des investissements considérables et impose de procéder à un nouveau partage de Ilhoraire élèvel qui ne peutl en pratiquel sleffectuer qu1au détriment de rhoraire accordé à d1autres disciplinesl déjà installées »26.
Le choix d/introduire l'informatique à l'école élémentaire et au collège est très judicieux car ils sont les lieux de l'apprentissage de base et l'informatique est une culture que nous pouvons penser très importante. Son apprentissage doit donc probablement se faire en même temps que les autres apprentissages fondamentaux qu i étaient définis dans l'école de la Troisième République comme: savoir lire, savoir écrire et savoir compter. Et si l'informatique apportait des moyens supplémentaires pour les acquérir? Mais l'informatique collège.
$

n'a

pas pris

la même

place

en école

et en

A. En École

Il semble important de définir les termes qui seront utilisés dans cette recherche. L/école primaire comprend récole maternelle et récole élémentaire. Le secondaire comprend le collège et le lycée. Quoique la première circulaire date de 1983/ l'informatique entre officiellement dans les programmes de l'école primaire en 1985/ avec les instructions accompagnant le Plan I.P.T. mais il semble qu/aujourd'hui encore peu d/enseignants fassent utiliser l'ordinateur à leurs élèves: l'enseignement de l'informatique n'a pas encore trouvé sa place dans l'école. Les textes officiels de 1995/ en recul par rapport à ceux de 1985, ont probablement entériné ces phénomènes. Nous essaierons de déterminer les raisons de ce manque. Les enseignants de l'école élémentaire ne sont pas spécialisés dans une discipl ine particul ière. En fait iIs doivent être des général istes

-

ou encore des spécialistes de toutes les disciplines - 22-

-/

ce qui est

aussi la grande
spécialiste

chance de l'école élémentaire, de toutes les disciplines?

mais qui peut être un

Les enseignants d'école n'ont pas baigné dès leur pl us jeune âge »27. dans la culture informatique, ils n'ont « pas de culture préalable Il y a des raisons à cela: l'informatique est une culture technologique nouvelle et leur culture préalable, peu scientifique, ne leur permet sans doute pas de l'investir facilement et rapidement. Les machines et les logiciels ainsi que les choix pédagogiques du Plan I.P.T. n'étaient pas simples d'usage et nécessitaient une culture technique préalable. Le ministère Louis BARON pas judicieux en fin de vie ne pouvaient Le choix malheureux. dégoûté, formation fallait être aur~it-il fait un mauvais choix à l'époque? Georgeset Eric BRUILLARD estiment que « le choix ne se révéla »28. Les machines du Plan I.P.T. étaient en fin de lignée, et sont devenues très rapidement obsolètes, les logiciels pas être portés sur d'autres machines.

politique de favoriser l'industrie française s'est avéré Les ordinateurs ont sans doute parfois déçu, voire les enseignants: i Is ont posé de nombreux problèmes de et de maintenance: ils n'étaient pas ergonomiques et il à la fois informaticien et technicien pour les utiliser.

Il existait d'autres choix à l'époque. Alors pourquoi avoir fait celui de machines aussi peu faciles à utiliser et si peu évolutives? Du fait de cette impossibilité des matériels et réseaux d'évoluer, il y a sans doute eu rupture technologique entre le Plan I.p. T. et l'informatique que nous connaissons aujourd'hui. Les machines n'ont pas pu évoluer ni les logiciels être mis à jour: il a fallu tout remplacer et se reconvertir à un nouveau dispositif entraînant probablement, outre une dépense très élevée, une rupture culturelle. Comme dans beaucoup de nouvelles technologies, il se trouve parmi les enseignants des écoles des « hobbystes » peu nombreux qui se sont emparés de l'ordinateur et l'ont introduit rapidement - s'est dans leurs classes. Leur formation - une auto-formation forcément faite sur leur temps de loisir et il est évident que tous les enseignants ne sont pas prêts à faire ce sacrifice ni à en payer le prix. Depuis le Plan I.p. T., le mode d'équipement des écoles a changé. Avec la fin des plans nationaux d'équipement, elles ont dû avoir recours à un financement communal et ceci change beaucoup les choses: en fonction des lieux d'implantation des écoles, des priorités politiques, sociales des communes, se créent des disparités. Ceci allant à l'encontre des principes républicains d'égalité. Le transfert de compétences spécialisés dans l'informatique entre des services min istériels et des conseils municipaux qui sont - 23-

des élus pose aussi des problèmes. La centralisation n'était peut-être pas une mauvaise chose pour l'introduction de l'informatique et la décentralisation des équipements des écoles est néfaste dans bien des cas.
..

B. En Technologie au collège

En collège, l'ordinateur existe à l'administration, dans les C.D.I. dans les salles spécialisées héritières du Plan I.P.T. et dans les salles de la Technologifl-9. Dès 1985, la Technologie au collège a introduit l'enseignement d'un tout nouvel objet technique -l'ordinateur - et de l'informatique, domaine dont personne ne parlait au début des années 19803°. Mais pour installer l'enseignement de la Technologie au collège, il a fallu reconvertir rapidement les enseignants d'Éducation manuelle et technique. Que ce soit dans les contenus comme dans la démarche, cette rupture avec la discipl ine pour laquelle iIs avaient été recrutés et formés a nécessité un effort important de formation et d'autoformation. Ils ont dû, malgré tout, enseigner la Technologie cette toute nouvelle matière à laquelle rien ne les avait préparés et utiliser ce nouvel outil, l'ordinateur, auquel rien ne pouvait les préparer, ce qui implique qu'ils ont dû rapidement en apprendre l'usage pour le maîtriser et acquérir une réflexion didactique sur ses usages pour l'enseigner. Malgré ces obstacles, nous assistons dans le cadre de la Technologie au collège à la montée en puissance de l'informatique31 que les enseignants enseignent, allant même au-delà de ce que leur demandent les instructions officielles. Les nouveaux programmes de 1995 entéri neront ces avancées. Il est probable que la formation des enseignants de technologie leur a permis, lors des mutations successives de cette discipline, d'assimiler plus facilement ce nouveau champ disciplinaire que les enseignants de l'école élémentaire. Cette relative facilité d'assimilation est sans doute due au fait que les enseignants ont été obi igés, tout au long de leur parcours, d'apprendre à apprendre. Dans l'appropriation de ce champ disciplinaire par les enseignants de la Technologie au collège, il y a un enjeu: celui d'une nouvelle identité culturelle pour leur discipline et pour eux-mêmes. Intégrer un champ disciplinaire aussi porteur en termes d'image est très important pour l'identité professionnelle des professeurs de technologie. L'informatique est partout. Le monde de l'entreprise l'utilise et va l'utiliser de plus en plus. L'informatique en tant qu'outil est devenu indispensable dans bien des domaines et l'enfant d'aujourd'hui sera - 24-

forcé d'utiliser l'informatique dans sa vie d'adulte. Pour répondre aux besoins de la société, l'informatique est devenue incontournable dans l'école, et celle-ci doit rendre les enfants et les adolescents qu'elle forme maÎtres de cet outil plutôt qu'esclaves.

2. En suivant le fil rouge...
Si les premiers textes d'introduction de l'informatique dans l'enseignement obligatoire datent de 1983, de nombreuses innovations technologiques du début des années 1970 ont changé le monde de l'informatique et ont favorisé son arrivée dans l'école. Un Américain, le docteur Douglas C. ENGELSART du Stanford research institute, invente un petit dispositif de la tai lie d'une grosse boÎte d'allumettes, fait en bois muni de deux roulettes lui permettant de glisser dans tous les sens sur une table et relié, par un fil, à un ordinateur32. En 1968, il fait une démonstration d'un environnement graphique avec des fenêtres qu'il manipule avec son dispositif. Il démontre dans cet environnement l'utilisation d'un traitement de texte, d'un système hypertexte et d'un logiciel de travail collaboratif en groupe. En 1970, il dépose un brevet pour son « indicateur de position x-y pour un écran». Le fi I, situé à l'arrière par commodité, évoquant une queue, i I sera, par analogie, nommé « mouse», souris en français. 33 Ce petit engin, qui va révolutionner le monde de l'informatique réservé aux informaticiens, aux programmeurs, aux - encore « initiés» ou aux « élus» de ce monde -, va mettre l'ordinateur à la portée de toutes les personnes susceptibles de faire gl isser un objet sur une table tout en regardant un écran. Bien sûr, il faut quelques autres qualités en plus mais ce petit dispositif va tout de même bouleverser les usages de l'informatique. Le brevet de la « souris» sera acheté par Apple qui le fera passer des laboratoires de Xerox au grand public, l'adoptant pour le LISA en 1983 puis pour le Macintosh en 1984. En rendant plus simples et plus accessibles les usages de l'ordinateur, la souris a été adaptée sur d'autres machines et, en particul ier, sur les ordinateurs compatibles I.S.M.-P.C. avec les différentes versions de Windows. La souris, associée au système graphique et aux logiciels qui tirent partie de cet environnement, va démocratiser l'ordinateur, le rendre accessible à tous, faisant perdre du pouvoir aux informaticiens qui avaient depuis le début de l'informatique tendance à rejeter les noninitiés et ne partageaient pas leur savoir ou le rendaient volontiers difficilement accessible, afin de permettre à une petite élite l'accès

- 25-

au Savoir informatique. Les langages de programmation, les jargons, les acronymes, étaient des objets d'initiation et de protection des privi lèges de ces nouveaux grands prêtres. La souris et les systèmes graphiques allaient faire slécrouler tout cela. D/autre part, c/est dans ces mêmes années 1970 qu/officiellement des expériences d/introduction de l'informatique dans le monde éducatif voient le jour, surtout destinées aux lycées même si elles concerneront quelques collèges34. L/histoire de l'informatique dans l'École peut se découper en trois grandes phases: la phase d'introduction (1983-1986)/ la phase de généralisation (1986 ) et la révolution Internet (1997 ). Nous étudierons les deux premières.

2. 1. La phase d'introduction
La première des instructions officielles sur l'informatique de 1983 suivie d/une série dl autres souvent contradictoires qui prendront en 1986 avec un texte qui fixera de façon stable les usages 1/0 rd ina te u r à I/é col e . D / aut res affine r0 nt ces usa ges et est fin de en de

introduiront de nouveaux au fur et à mesure de l'arrivée nouvelles technologies comme les ordinateurs multimédias. Nous verrons comment, en 1984/ après une période d/une grande intensité, se sont faits les choix technologiques et éducatifs du Plan informatique pour tous qui fera entrer, en 1985/ les ordinateurs dans les écoles et les collèges mais pas dans les écoles maternelles35.

La fin de la phase d'introduction en 1986 correspond à l'installation des dernières machines du Plan I.P.T. et aux derniers stages de formation. Celle-ci laisse la place à une nouvelle phase que nous appellerons la phase de généralisation.

2.2. La phase de généralisation
Depuis 1986/ les ordinateurs sont entrés dans les écoles et les collèges, et nous sommes passés à la phase de généralisation. Seize ans après son début, nous ne sommes pas encore arrivés à son terme. Elle s/arrêtera lorsque toutes les machines mises en place par le Plan I.P.T. auront été remplacées par d/autres plus puissantes, dédiées entre autres au multimédia et à la communication, qu/il y en aura partout dans toutes les écoles et que tous les enseignants seront formés. Avant l'achèvement de cette phase de généralisation commence, vers 1997/ celle de la révolution Internet qui va s/avérer très importante.

- 26-

2.3. La révolution Internet
C/est aux alentours de cette année 1997 que, pour divers évènements que nous développerons ultérieurement, nous arrêterons notre étude des textes officiels et nous ne pourrons pas tirer de conclusions définitives de la phase de généralisation. Après 1997/ que d' autres textes ont été publ iés que nous n/ évoquerons succ inctement.

2.4. L'école et les technologies
Cette étude se situe à la rencontre de deux mondes qui semblent évoluer très différemment. Mais si le monde éducatif évolue lentement36, l/Éducation nationale n/est pas particulièrement en retard sur les nouvelles technologies, elle suit même rapidement la recherche dans ce domaine et précède bien souvent le monde domestique.

Michelle

HARRARI

le souligne dans sa thèse: « Si tout paraÎt aller de

plus en plus vite dans notre sociétél tout ne va pas au même rythme. Certaines innovations se développent de façon fulgurantel d1autres demandent des années voire des dizaines d1années pour être
intégrées
})37.

L/évolution des technologies est très rapide et le temps est très court pour passer du monde des laboratoires au monde industriel. Dans ce domaine il y a compétition mondiale, il faut faire vite dans les recherches pour ne pas perdre la « bataille de J1informatique être au courant à la fois des nouveautés concernant les technologies et des usages qui peuvent en découler. Plus la technique progresse et simplifie l'utilisation de l'ordinateur par l'usager, plus elle facilite 1/ ntrée de l'informatique dans le monde scolaire. Ce fut le cas pour e l'arrivée des systèmes d/exploitation graphique, du bureau, de l'utilisation de la souris, ce sera peut-être demain le cas de la commande vocale appliquée à toutes les fonctions de l'ordinateur. Ces facteurs pourraient accélérer ou précipiter l'introduction de l'informatique à l/École. L/évolution des techniques introduit aussi de nouveaux usages: cédéroms éducatifs ou ludiques, courrier électronique, photo et vidéo numériques, services en ligne qui font un pont entre le monde scolaire et le monde extérieur. L/influence de ces nouvelles technologies de ftinformation et de la communication (N.T .I.c.) crée une nouvelle dynamique favorable à l'implantation de l'informatique dans l'enseignement. Toute étude sur ce champ est prise dans ce système ambigu de rapidité d/évolution technologique et de lenteur de la généralisation dans le monde éducatif.
}) /

- 27-

différentes quelques matériels

chapitre, nous étudierons succinctement les sources qui ont servi pour cette étude. Nous préciserons données techniques, quelques définitions et étudierons les et logiciels proposés aux écoles et des collèges. Dans le deuxième chapitre, nous évoquerons très brièvement la période des premières expériences puis étudierons les Rapports SIMON et SCHWARZ, le plan britannique d'équipement, les premiers textes officiels de l'école et du collège ainsi que le Colloque Informatique et enseignement. Dans le troisième chapitre, nous parlerons de l'époque troublée qui verra naître le projet Ateliers informatiques et aboutira au Plan Informatique pour tous.

. .

Dans le premier

Dans le quatième pour tous et ses l'informatique dans Dans le cinquième tique dans les textes . Dans le sixième
collège et en particulier

. . .

chapitre, nous étudierons le Plan Informatique conséquences quant à la général isation de

l'École.
chapitre, nous nous pencherons sur l'informades programmes de l'école élémentaire. chapitre, nous nous pencherons sur ceux du de la Technologie au

collège.

Enfin,

nous proposerons nos conclusions.

*

- 28-

1. Les textes
De nombreux textes sur la question de l'informatique dans l'école et aussi dans le monde industriel ont été étudiés: textes officiels (instructions, réglementations, rapports), écrits de chercheurs, écrits divers parus dans des publ ications grand publ ic (journaux informatiques, publicités...), écrits des acteurs (associations professionnelles et syndicales), offres de stages départementaux, académiques et nationaux, journaux informatiques, publicités sur l'informatique. La méthode utilisée a été de numériser tous les documents afin de pouvoir faire des traitements statistiques à l'ordinateur sur les mots, expressions, tai lie des paragraphes. 1. 1. Les textes Les textes officiels officiels sont principalement de trois différents types: Les arrêtés (A), décisions politiques prises par le ministre, en général signées par lui. . Les circulaires (C), documents très officiels adressés à

.

différentes person nes de l'Éducation. . Les notes de service (NS), discours officiels autour du texte de l'arrêté et qui permettent de le mettre en pratique; ces injonctions, surtout destinées aux personnels administratifs de l'Education nationale, sont internes et paraissent souvent après les circulaires. Ces t~xtes doivent systématiquement être publiés au Bulletin officiel de FEducation nationale mais nous verrons que ce n'a pas toujours été le cas. On trouve dans le B.0. d'autres textes comme ceux des discours des ministres qui n'ont pas valeur de loi mais proposent des orientations.

S'iIs ont été publ iés au B.o., les textes le sont également au Recueil des lois et règlements (R.L.R.) qui dans les établissements
d'enseignement se présente sous la forme de gros classeurs dont les feuillets parviennent régulièrement aux établissements pour une - 29-

mise à jour. Celle-ci entraîne la destruction devenus obsolètes, en en effaçant du même donc particu Iièrement diffici le de les trouver d'enseignement.

des feuillets des textes coup toute trace. Il est dans les établ issements

Le R.L.R. est, depuis 1998, publié sous la forme d'un cédérom (pour Windows uniquement), dont l'ergonomie s'est améliorée au fil des versions. Comme pour les textes en version papier, ces cédéroms sont mis à jour et ne publient que les textes en vigueur. Les textes anciens devenus obsolètes en sont naturellement effacés. Toutefois, les documentai istes gardent très souvent les anciens cédéroms, ce qui conserve une mémoire des instructions antérieures. Les B.o. et les R.L.R. sont une des sources pour les chercheurs en ce qui concerne les textes officiels mais malheureusement ce ne peut pas être la seule et il faut chercher les textes officiels des premiers temps de l'informatique dans d'autres sources. La revue de Ilassociation textes officiels nouveaux anciens numéros permet rendu compte des et la lecture des officiels à diffusion restreinte parfois non publiés au B.a. Activités techologiques, la revue de l'association des enseignants d'activités technologiques, a fait de même que la revue de l'E.p.l. mais elle s'est limitée naturellement aux textes sur la Technologie au collège. Les archives personnelles de quelques passionnés de l'informatique ou d'associations ont été des sources complémentaires. Il existe un Centre de documentation du C.N.D.P. de Paris spécialisé dans les textes anciens ainsi que le Musée de FÉducation qui conserve tous les textes depuis deux siècles. Il "existe également un Service de documentation l'Education nationale. Mais il peut arriver possession de certains qu'aucun textes. de ces organismes au ministère ne soit de en E.p.J. a régulièrement concernant l'informatique de retrouver des textes

1.2. Les autres sources
Les travaux et écrits des chercheurs
techniques
Les magazines

ont été étudiés,

principalement

en didactique des sciences la revue Aster.

et

parascolaires comme les Cahiers pédagogiques ou Les dossiers de J1ingénierie éducative (revue du C.N.D.P.) ont apporté

des informations

intéressantes.

Les grands rapports traitant de l'informatique, publ iés par les grands organismes Flnspection générale de IIÉducation nationale, la Cour des comptes ou le Sénat - ont été consultés et étudiés.

- 30-

Les textes des acteurs et des partenaires du système éducatif, ceux des publications des associations d'enseignants et des syndicats, nous ont apporté des informations: La revue de l'Association Enseignement public et informatique - La revue de l'association E.p.l.-. La collection des numéros anciens a permis de retrouver des textes officiels de la période 1980-1985 qui n'étaient pas publiés au B.D.

.
. .

des enseignants d'activités Activités technologiques-. La revue de la récente Association pour l'enseignement de la technologie au collège (Assetec) - Techno.log -. Toutefois, la revue était trop récente pour être prise en compte de manière significative dans l'étude de la période de cette recherche. La revue du Syndicat national des enseignants du second degré (S.N.E.S.) - L'Université syndicaliste (L'U .5.) -. La revue du Syndicat national des instituteurs (S.N.I.) - L'École libératricepuis, après la scission de la Fédération de l'Éducation nationale (F.E.N.), d'une part la revue du Syndicat des enseignants (S.E.) et d'autre part la revue du Syndicat national - L'Enseignantunitaire des instituteurs, professeurs des écoles et P.E.G.C. (S.N.U.I.P.P.) - Fenêtre sur cours -. Les publications de ces deux derniers syndicats existent depuis le début de la période du début de la recherche et ont publié des articles réguliers sur l'informatique puis sur les Nouvelles technologies. Parfois des numéros spéciaux ont été publiés. Ces publications ont été étudiées pour la période considérée. technologiques (A.E.A.T.) -

La revue de l'Association

.

universitaire, publication du Syndicat national des lycées et collèges (S.N.A.L.C.) ainsi que Profession éducation38, celle du Syndicat général de l'Éducation nationale (S.G.E.N.), lues dans la perspective d'une étude des avis sur l'informatique en Technologie au collège, n'ont pas apporté de résultats. Peut-être ces syndicats sont-ils moins organisés que le S.N.E.S. dans ce secteur.

La quinzaine

D'autres revues spécial isées dans l'éducation de la technologie ont été de précieuses sources comme la revue de l'ex-centre national de formation de Montlignon - Les Publications de Montlignon -, la revue Technologie ou la récente revue Éducation technologique.
Les articles publiés

dans les pages des magazines spécialisés dans

l'informatique,
informatique,
attention

Le Monde

Science et Vie Micro, S.V.M. Macintosh,
interactif,
etc., ont fait l'objet de journaux grand des émissions public quotidiens, de télévision,

d'une

01

constante. de des

Les informations provenant magazines hebdomadaires,

- 31 -

publicités (magasins, catalogue C.A.M.I.F., tc.) ont fait, elles aussi, e l'objet d'études et en particulier tous les cahiers informatiques du Monde de la période 1979 à 1986. La base de donnée de l'I.N.R.P. TECNE et sa bibliothèque ont constitué une solide source d'information. Internet a été une source non négligeable de données, mais avec la distance qui s'impose. Un article de s. V.M. Macintosh expliquait: « Difficile d1accèsl trop abondante et pas toujours pertinentel se renouvelant sans cesse et d1une fiabilité douteusel telle est la réalité de Ilinformation sur le Net! »39

2. Repères techniques
Depuis le début de cet ouvrage, nous avons évoqué l'informatique et l'ordinateur sans préciser ce que signifient des termes techniques comme informatique, outil informatique, ordinateur, information, nouvelles technologies ou des acronymes comme N. T.E., N. T./.C., etc. Car si quelques termes techniques ont un sens précis, certains termes n'ont pas le même sens pour tous.

2.1. L'ordinateur
Le mot ordinateur est récent puisqu'il date du milieu des années 50. Le professeur Jacques PERRET, la Faculté des Lettres de Paris, avait de été chargé de trouver un terme pour désigner ce que les Américains appelaient «Calculator» puis «Electro Data Processing

Machine»

40.

Il proposa Ordinateur. Rappelons que dans les textes

sacrés, l'Ordinateur (dérivé d'Ordonnateur) désigne Dieu, l'ordinateur du monde4'. Les savants qui ont créé l' E.N.LA.C.(Electronical numérical integrator and calculator), ce qu'aujourd'hui on pense être le premier ordinateur42, avaient fabriqué avant tout un supercalculateur. Cette notion est sous-jacente dans le monde des ordinateurs et l'actualité nous a révélé récemment que cette notion de supercalculateur était toujours présente; le Pentagone (le ministère de la Défense), qui survei lie les technologies sensibles produ ites aux U.S.A., a classé comme supercalculateur le dernier Macintosh G4 de chez Apple pour « sa capacité à exécuter plus d1un milliard d1opérations en virgule flottante par seconde (1 gigaflop) »43. Cette décision lui a valu l'interdiction d'export dans plusieurs pays dits « sensibles »44, un calculateur puissant permettant, en temps de guerre, de calculer rapidement les coordonnées d'un missile, de déchiffrer les codes ennemis et en temps de paix de faciliter les calculs pour construire des engins de guerre et des centrales nucléaires.

- 32-

Cet ordinateur, objet complexe et utilitaire, construit par les hommes, sert à faire des calculs. Il tend petit à petit à transformer la société et les rapports entre les hommes. Il est un enjeu politique et économique. Ces éléments le font correspondre à la définition que donne L9~uis MARTINAND sur les objets techniques et les systèmes45.
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systèmed'utilisation,un objeten soi dans un systèmedes objets. Nous reviendrons sur son aspect systém ique dans les pages suivantes. Commençons par voir de quoi est constitué un ordinateur des années quatre-vingt en tant que matériel. * Description de la machine Pour simpl ifier, l'ordinateur est constitué d'une part du matériel que les Anglo-Saxons appellent le « HardWare» et d'autre part des logiciels, le « SoftWare». Il est matériellement constitué d'une unité centrale qui contient la carte-mère, cœur de l'ordinateur, et de ses périphériques. Ce qui complexifie les choses, c'est que l'unité centrale, la « bOÎte», contient la plupart du temps quelques péri phériques. La carte-mère se compose des éléments suivants:
l' horloge qui rythme la fréquence d'envoi le microprocesseur cœur de l'ordinateur, des données,

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. ordinateur,fusée; . . . . de milieu associé, de système (pas de couteau sans pierre à notion aiguiser,pas de machineà laver sansélectricité,etc.) ; . c'est un produit dans la société marchande, une marchandise dans un circuitéconomique; . . dans un système de consommation, un objet utilitaire dans un objet
est un objet conçu ou modifié par l'homme: jouet, marteau, perceuse, il sert à quelque chose au sens opérationnel et chaque détail a son sens; il a une efficacité et possède un caractère social: les objets techniques sont des médiateurs entre les ho~~~s ; on trouve des traces de son actlvlte ; il est un facteur de transformation de la société. Il y a un concept ou une on peut l'analyser en termes de processus, de finalité ou de fonction et avec d'autres, il a en commun la complexité: il existe 3 000 sortes de boomerangs; on peut le considérer comme un produit d'un système de production, un

la R.O.M. qui contient les programmes de démarrage, la R .A.M. qu i stockera provisoi rement les données et les interfaces qui relieront les périphériques externes ou internes.

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Les bus sont les liaisons électriques entre les différents éléments, ils feront transiter les données - informations sous la forme de 0 ou de 1 -, en entrée (E)ou en sortie (S) du microprocesseur. Les périphériques peuvent varier d'un ordinateur à l'autre et l'évolution technologique fait que l'on peut régulièrement découvrir de nouveaux périphériques connectables sur les ordinateurs.

H.orloge

Schéma

de la carte-mère

d'un ordinateur

Il est indéniable que l'environnement de communication ou encore le choix du système de connexion des périphériques a une importance capitale sur les usages. Le choix d'intégrer aux Macintosh ou aux stations Sun Microsystem une chaîne S.c.s.!., créée en 1981 par Shugart Associates et NCR., a permis de chaÎner - 34-

jusqu'à six périphériques à un débit très rapide pour l'époque et à conditionner le choix de cette machine pour ceux qui étaient à l'étroit sur un seul port parallèle: les graphistes, l'édition, l'imagerie numérique ou médicale. Les ordinateurs d'aujourd'hui
Souris (E) ;

(E/S); Lecteur de cédérom (E); Carte son (intégrée ou P.c.l.) pour la lecture de CD audio (E) ; Baffles audio (S) ; Modem (interne ou externe) pour connexion Internet (E/S), Fax (E/S), Courrier électronique (E/S), Transfert de fichiers; Imprimante (laser ou à jet d'encre cou leur) ; etc. Ces machines pouvant traiter plusieurs médias sont appelées ordinateurs multimédia, multi commençant à deux. La P.A.O., qui traite à la fois du texte et de l'image, est déjà du multimédia mais on utilise plus communément ce terme lorsqu'il y a image et son.

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Lecteur de disquette

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possèdent au m)nimum :
(E/S) ; Ecran (S) ;

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Clavier (E) ;
Disque dur

On peut trouver aussi couramment installé chez les passionnés: Microphone (E) ; Appareil photo numérique (E); Lecteur de sauvegarde à cartouche magnétique Zip, jazz, Nomaï, SyQuest ou magnéto-optique (E/S); Scanner à plat (E) ; Graveur de cédéroms (S); Graveur de D.V.D.-R.A.M. (S); Scanner de diapositives (E); Carte d'acquisition vidéo (interne ou externe) pour magnétophone audio (E/S) ou magnétoscope (E/S); . Tuner T.v. (E); Disque dur externe (E/S); Tablette graphique (E); Carte Ethernet pour connexions réseau (E/S); Caméra (E/S); etc.

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Dans l'énumération des périphériques spéciaux, iI ne faut pas oublier un domaine particulier de l'informatique, très présente en Technologie au collège, finformatique industrielle. Les ordinateurs des salles de technologie sont, quant à eux, reliés à des périphériques que l'on ne trouve pas dans les grands magasins: tables traçantes et machines à commande numérique (tours, fraiseuses). Les stages M.A.F.P.E.N. - et les stages de formation continue des I.U.F.M.qui leur ont succédé -, enseignent l'utilisation de ces nouveaux équipements, les enseignants en parlent entre eux et les magazines comme la revue de l'A.E.A.T. ou Technologie et Éducation technologique46 en évoquent les usages et en font de la publicité. À titre d'exemple, en 1992, dans le numéro 52 Spécial collège de la revue Technologie, on trouvait une publ icité d'une page et demie pour Charlyrobof7 (une fraiseuse), Microdur (tour, p. 105) et Portix, (fraiseuse, page 123), Logedic (automatismes, p. 127). On pouvait y noter également un article de douze pages sur Charlyrobot: la productique au collège.

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