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Intervenants sociaux et analyse des pratiques

De
182 pages
L'expression "intervention sociale" tend à s'imposer et à supplanter celle de "travail social". Depuis les lois de décentralisation des années 80, les transformations affectant le champ et les pratiques du travail social ont abouti à une véritable recomposition de cet univers professionnel et ont modifié les contenus des activités quotidiennes. Une réflexion sur l'évolution de la culture professionnelle des "métiers du social".
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Intervenants sociaux
et analyse des pratiques

Savoir et Formation Collection dirigée par Jacky Beillerot (1939-2004,) Michel Gault et Dominique Fablet
A la croisée de l'économique, du social et du culturel, des acquis du passé et des investissements qui engagent l'avenir, la formation s'impose désormais comme passage obligé, tant pour la survie et le développement des sociétés, que pour l'accomplissement des individus. La formation articule savoir et savoir- faire, elle conjugue l'appropriation des connaissances et des pratiques à des fins professionnelles, sociales, personnelles et l'exploration des thèses et des valeurs qui les sous-tendent, du sens à leur assigner. La collection Savoir et Formation veut contribuer à l'information et à la réflexion sur ces aspects majeurs.

Dernières parutions Xavier SORBE, Cinq défis pour l'école. Réflexions et propositions en faveur du système éducatif, 2008. Philippe SARREMEJANE, Faire l'histoire des théories pédagogiques et didactiques, 2008. Sébastien PEYRAT et Boris OZBOLT, La guerre des normes, enquête au cœur des collèges de cités difficiles, 2007. Jean-Luc PRADES (dir.), Intervention participative et travail social, 2007. Fabrice DHUME-SONZOGNI, Racisme, antisémitisme et « communautarisme » ?, 2007. André PACHOD, La morale professionnelle des instituteurs. Code Soleil et Ferré, 2007. Yves REUTER, Une école Freinet, 2007. Martine FIALIP-BARATTE, La construction du rapport à l'écrit. L'écriture avant l'écriture, 2007. Hervé CELLIER, Précocité à l'école: le défi de la singularité, 2007. Pierre BILLOUET (dir.), Débattre, 2007. André PACHOD, «Que dois-je faire? ». La morale en 3D de l'enseignant,2007. Bertrand GIMONNET, Les notes à l'école, ou le rapport à la notation des enseignants de l'école élémentaire, 2007. Solveig FERNAGU OUDET, Organisation du travail et développement des compétences, 2006 Yves GUERRE, Jouer le conflit. Pratiques de théâtre-forum, 2006. Guy HERVE, Enfants en souffrance d'apprendre, 2006.

Ouvrage coordonné par

Dominique Fablet

Intervenants et analyse

sociaux

des pratiques

L'Harmattan

Du même auteur Fablet D. (coord.), (2001), La formation des formateurs d'adultes, Paris, L'Harmattan. Fablet D. (coord.), (2002), Les interventions socioéducatives. Actualité de la Recherche, Paris, L'Harmattan. Fablet D. (coord.), (2004), Professionnel(le)s de la petite enfance et analyse des pratiques, Paris, L'Harmattan. Fablet D. (2005), Suppléance familiale socio-éducatives, Paris, L'Harmattan. et interventions

Fablet D. (coord.), (2007), Les professionnels l'intervention socio-éducative, Paris, L'Harmattan.

de

Fablet D. (coord.), (2007), L'éducation des jeunes enfants, Paris, L'Harmattan.

@

L'HARMATTAN,

2008

5-7, rue de l'École-Polytechnique;

75005 Paris

http://www .librairieharmattan.coln diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan 1@wanadoo.fr

ISBN: 978-2-296-05278-9 EAN : 9782296052789

SOMMAIRE
Avant-propos Dominique F ablet ................................................................ Première partie - Formation et Professionnalisation

7

1 - Analyse des pratiques et professionnalisationdes intervenants
SOCIaux, Dominique Fablet 15 2 - Logique des compétences et analyse des pratiques dans la formation initiale des travailleurs sociaux, Patricia Vallet 33 Deuxième partie - Accompagnement d'équipes

3 - Repères d'orientation psychanalytique pour l'instauration de dispositifs d'analyse des pratiques, Xavier Gallut 53 4 - Analyse des pratiques et accompagnement d'équipes dans le champ de l'intervention sociale, Jean Chami 67 5 - De l'impuissance à un-possible... Jean-Luc de Saint-Just 91
Troisième partie
-

Consultation

et évaluation

6 - Le tiers consultant, Laurent Barbe 7 - Sur les chemins de l'évaluation, Laurent Barbe 8 - L'évaluation à l'épreuve du terrain,

115 129

Catherine SelIenet

145

Avant-propos
Dominique Fablet
Depuis une dizaine d'années, l'expression «intervention sociale» tend progressivement à s'imposer, voire même à supplanter celle de «travail social », comme en télTIoigne son insertion dans l'intitulé de très nombreuses publications, ouvrages, articles, revues... jusqu'au très officiel rapport annuel 2005 de l'Inspection générale des affaires sociales1. À l'origine de cet essor depuis les lois de décentralisation des années 1980, les transformations affectant le ChalTIpet les pratiques du travail social qui ont abouti à une véritable recomposition de cet univers professionnel. Qu'il s'agisse de l'évolution législative et réglelTIentaire- rénovation des deux grandes lois de 1975 relatives aux institutions sociales et médicosociales (loi du 02-01-2002) et aux personnes handicapées (loi du

11-02-2005) - ou plus récemment encore - lois sur la prévention
de la délinquance et la protection de l'enfance en danger (lois du 05 mars 2007) - les remaniements se sont révélés lTIultiples, à tel point que certains observateurs réputés2 n'ont pas craint, dès la fin des années 1990, de s'interroger de façon anticipée sur une possible fin du travail social. Mais c'est justelTIent au cours de cette période que la question du champ lui-même et de son périmètre a été posée à travers un ensemble de recherches initiées par la MIRE3, puis relayée par plusieurs débats dans les milieux

1 IGAS (2006), Rapport annuel 2005. L'intervention sociale, un travail de proximité, Paris, La documentation française. 2 Ion J. (1998), Le travail social au singulier, Paris, Dunod; et plus récemment: Ion J. (dir.), (2005), Le travail social en débat(s), Paris, La Découverte. 3 Chopart l-N. (dir.), (2000), Les mutations du travail social, Paris, Dunod.

7

professionnels (<< CQFD/C'est la qualification qu'il faut développer4 », « 7-8-9- Vers les états généraux du social5 »). De façon symptomatique en résulte aujourd'hui un changement progressif dans les termes utilisés, puisque aux expressions « travail social» et « travailleurs sociaux» on semble préférer dorénavant celles de «l'intervention sociale» et de «métiers du social» ou de «professions sociales ». Ces transformations ne sont pas sans retentissel11ent pour les professionnels quant à leur façon de concevoir et d'exercer leurs activités au quotidien. Dès lors, le recours à des l110des d'accompagnement visant à mieux appréhender les changements d'identité professionnelle semble constituer une voie privilégiée. Si la participation à des groupes d'analyse des pratiques est inscrite depuis longtemps dans la culture professionnelle de ces « métiers du social », il importe de relever les orientations actuelles pour l'instauration de dispositifs appelés à développer la professionnalisation des praticiens. Fidèle à notre souci de laisser les praticiens formaliser leur expérience d'analyse des pratiques professionnelles, nous avons regroupé leurs contributions en trois parties. Ce sont d'abord les questions relatives à la forl11ation et à la professionnalisation des intervenants sociaux qui sont interrogées par Dominique Fablet puis par Patricia Vallet. Trois contributions dues successivement à Xavier Gallut, Jean Chami et Jean-Luc de Saint-Just traitent ensuite d'activités d'accompagnement d'équipes, alors que Laurent Barbe puis Catherine Sellenet proposent de questionner enfin pratiques de consultation et d'évaluation. Tous les textes rassemblés dans cet ouvrage collectif sont inédits, même si certains d'entre eux ont fait l'objet d'élaborations antérieures. Dans la série d'ouvrages collectifs coordonnés avec C. Blanchard-Laville dans la collection « Savoir et FOflllation» aux
4 Chauvière M., Tronche D. (dir.), (2002), Qualifier le travail social, Paris, Dunod. 5 Chauvière M., Ladsous J., Belorgey (dir.), (2006), Reconstruire l'action sociale, Paris, Dunod.

8

éditions L'Harmattan, ceux qui concernent électivement les intervenants sociaux sont les suivants: Développer l'analyse des pratiques professionnelles dans le champ des interventions socioéducatives (1999), Pratiques d'intervention dans les institutions sociales et éducatives (2000), Travail social et analyse des pratiques professionnelles. Dispositifs et pratiques de formation (2003), Théoriser les pratiques professionnelles. Intervention et recherche-action en travail social (2003).

9

Présentation des auteurs
Elle suit le plan retenu pour cet ouvrage.
1èrepartie: Formation et professionnalisation

Dominique Fablet, enseignant-chercheur au Département de Sciences de l'Éducation de l'Université de Paris X Nanterre, poursuit des recherches au Centre de Recherche Éducation et

Formation (CREF - EA 1589) ainsi que des activités de formation
et de consultation principalement auprès de professionnels exerçant dans le champ des interventions socio-éducatives. Patricia Vallet est formatrice à l'IRTS (Institut Régional en Travail Social) de Montpellier et chargée de cours en Sciences de l'éducation à l'Université Paul Valéry-Montpellier III. Elle est titulaire d'un DESS « Conseil et formation psychosociologique » et d'un Doctorat d'études psychanalytiques. Cette double orientation porte ses intérêts vers une approche clinique du travail social et de la formation. Elle a publié en 2003 dans la collection « Savoir et formation », un ouvrage intitulé Désir d'emprise et éthique de la formation.
2èmepartie: Accompagnement d'équipes d'intervenants sociaux

Xavier Gallut est éducateur spécialisé, formateur en travail social, docteur en Sciences de l'éducation et chargé de cours à l'université Victor Segalen Bordeaux 2. Il a créé l'Atelier (Centre de Formation et de Recherche Interdisciplinaire) en 2006. Ses intérêts de recherche sont essentiellement dirigés vers une approche ethnographique et clinique de l'action éducative spécialisée et de la formation professionnelle. Jean Chami, psychologue clinicien, est formateur d'adultes auprès de professionnels du champ socio-éducatif et d'enseignants. Il est chargé de cours au Département de Sciences de l'Éducation de l'Université de Paris X Nanterre. Il anime des groupes d'analyse Il

des pratiques et poursuit une recherche sur la permanence et l'évolution de la relation Maître-Disciple, sur la transmission des expériences et des pratiques. Jean-Luc de Saint-Just, psychanalyste et membre de l'Association Lacanienne Internationale, supervise plusieurs équipes dans des institutions sociales ou médico-sociales. Il est doctorant en psychologie clinique à l'Université de Nantes et, par ailleurs, travaille aux questions que posent nos institutions contemporaines.
3ème partie: Consultation et évaluation

Laurent Barbe est Psychosociologue-Consultant au sein du Cabinet CRESS, spécialisé dans les politiques publiques et l'action sociale. Il mène des interventions de définition et d'évaluation de politiques publiques. Il accompagne les acteurs de l'action sociale dans leurs démarches d'action (projet/évaluation/organisation). Il anime des actions de formation et enseigne en Master de Sciences de l'Éducation à Paris X Nanterre. Il a contribué à plusieurs ouvrages collectifs notamment autour de la question de l'accompagnement social et publié récemment Une autre place pour les usagers? aux éditions La Découverte (2006). Catherine SeIIenet est Professeur de Sciences de l'Éducation et dirige le Centre de recherche éducation-cultures (CREC) à l'IUT de La Roche-sur- Yon (Université de Nantes). Elle est également chercheur au Laboratoire de psychologie, éducationcognition-développement (Labécd) de l'Université de Nantes et chercheur associé au Centre de Recherche Éducation et Formation (CREF) de l'Université de Paris X Nanterre. Psychologue clinicienne, docteur en sociologie et titulaire d'une maîtrise de droit, elle poursuit des recherches centrées sur la parentalité et les interventions auprès des familles. Elle a publié récemment L'enfance en danger (Belin) et La parentalité décryptée
(L ' Harmattan).

12

Première partie

Formation et professionnalisation

1
Analyse des pratiques et professionnalisation intervenants sociaux des

Dominique Fablet

Introduction L'analyse des pratiques professionnelles apparaît cOlnme l'un des facteurs importants de la professionnalisation des intervenants sociaux. La plupart d'entre eux sont, en effet, confrontés dans l'exercice quotidien de leurs missions à des situations de rencontre avec des usagers assez souvent psychiquement éprouvantes; aussi, le fait qu'ils bénéficient de diverses forInes de soutien susceptibles de les aider à faire face n'apparaît-il pas très étonnant. S'agissant en effet du rapport à autrui dans le cadre de relations d'aide ou d'accolnpagnelnent éducatif et social, on comprend aisélnent que l'action des intervenants sociaux nécessite, de Inanière plus ou moins formalisée, attention et suppoli. C'est, entre autres, la vocation de dispositifs d'analyse des pratiques d'aider à l'élaboration de l'expérience professionnelle lorsque, par un retour réflexif sur des situations jugées problématiques, il devient possible d'élucider le type d'écueils rencontrés, de mieux appréhender les réactions émotionnelles et les facteurs ayant contribué à les susciter et de repérer les voies permettant de s'engager dans d'autres Inodes de réponse que ceux déjà expérimentés. Même si on ne dispose pas de bilan précis quant au volulne et aux caractéristiques de ce type d'activités aux appellations diverses (supervision, groupes balint, régulation, analyse 15

institutionnelle. ..), on sait néanmoins qu'elles sont assez répandues dans les milieux professionnels de l'intervention sociale6 et qu'il est fait appel à des systèmes de références différenciés selon la catégorie de professionnels considérée. Ainsi, à partir des années 1950, ce sont des pratiques dites de «supervision» qui se sont diffusées, principalement auprès d'assistants de service social du fait de l'introduction en France du « case-work ». Importé d'outre atlantique, le «case-work », que l'on a traduit par l'expression «aide psychosociale individualisée », constitue une nouvelle approche de l'intervention sociale consistant à permettre aux personnes en difficulté de mobiliser leurs ressources personnelles et environnementales pour faire face aux problèmes qu'elles rencontrent, plutôt que de se litniter à leur appo11er les aides prévues par la collectivité. Cette nouvelle conception de l'intervention appelait d'autres modalités de forlnation reposant sur l'analyse de situations apportées par les praticiens, soit en groupes de pairs avec un formateur soit dans un entretien singulier avec un « superviseur » (cf. Vie Sociale n° 1/1999). Le milieu des éducateurs, fortement influencé depuis l'émergence de la profession par des psychiatres, s'est de son côté montré davantage réceptif à des approches cliniques à visée thérapeutique, la référence à la psychanalyse, bien que contestée, restant encore largement prégnante (Fablet, 2002). Mais, quelles que soient les approches et les références, c'est davantage l'inscription des dispositifs d'analyse de pratiques dans le processus de professionnalisation des intervenants sociaux qu'il s'agit d'interroger ici. Aussi, après avoir rappelé notre définition initiale et les visées formatives de l'analyse des pratiques, on distinguera d'abord dispositifs et pratiques relevant de la formation professionnelle, initiale puis continue, avant de s'intéresser à ceux s'adressant à des équipes constituées ou aux membres d'une mêlne organisation.

6 Ce dont télnoigne les nOlnbreux articles publiés régulièrelnent dans la presse professionnelle (Actualités Sociales Hebdonladaires, Lien social, etc.).

16

Quelle définition professionnelles?

de

l'analyse

des

pratiques

L'expression « analyse des pratiques» se révélant polysémique, il est possible de distinguer deux orientations majeures: l'analyse du travail (analyse des situations de travail, ergonomie. ..) qui se focalise sur les aspects opératoires des activités dans une relative extériorité par rapport aux agents et avec un souci de modélisation7 et une approche qui, adoptant une position clinique, privilégie les dimensions relationnelles en jeu dans les activités considérées et invite les professionnels à s'engager dans le processus d'analyse. Dans cette orientation, la psychosociologie - compte tenu de ses apports pour l'analyse des interactions, des éclairages qu'elle propose quant au travail de groupe et des perspectives qu'elle ouvre quant à la question du

changement

-

constitue l'une des principales sources ayant

contribué au développement d'approches spécifiques d'analyse de pratiques. Qu'il s'agisse des groupes d'orientation Balint ou de l'approche réflexive, davantage développée outre-atlantique notamment à partir des travaux de Schon et Argyris8, ce sont des approches privilégiées dans les milieux professionnels de la santé, du social et, plus récemment, de l'enseignement. En 1996, avec Claudine Blanchard-Laville, nous avons proposé de regrouper sous l'appellation analyse des pratiques professionnelles, de plus en plus utilisée au cours des années 1990, «les activités qui, sous cette appellation ou une appellation similaire: - sont organisées dans un cadre institué de formation professionnelle, initiale ou continue; - concernent notamment les professionnels qui exercent des métiers (formateurs, enseignants, travailleurs sociaux,
Cf. les approches qui se sont développées récemment dans cette orientation comme l'entretien d'explicitation (Vermersch, 1994), la didactique profèssionnelle (Pastré, 1999) ou encore la clinique de l'activité (Clot, 2001).. . 8 Alors que dans les groupes d'orientation Balint l'analyse se centre sur le praticien en situation, l'approche réflexive, dans un travail davantage d'ordre cognitif: vise à élucider les différentes caractéristiques de la situation professionnelle évoquée (cf. Blanchard-Laville et Nadot, 2004). 17
7

psychologues, thérapeutes, médecins, responsables de ressources humaines. ..) ou des fonctions comportant des di111ensions relationnelles importantes dans des champs diversifiés (de l'éducation, du social, de l'entreprise...) ; - induisent des dispositifs dans lesquels les sujets sont invités à s' impliquer dans l'analyse, c'est -à-dire à travailler à la coconstruction du sens de leurs pratiques et/ou à l'amélioration des techniques professionnelles;
-

conduisent à une élaboration en situation interindividuelle, le

plus souvent groupale, s'inscrivant dans une certaine durée et nécessitant la présence d'un animateur, en général professionnel lui-même dans le domaine des pratiques analysées, garant du dispositif en lien avec des références théoriques affirmées» (Blanchard-Laville et Fablet, 1996, pp. 262-263). C'est cette même définition qui est reprise six ans plus tard dans l'éditorial du n° 39 de la revue Recherche et Formation, avec un ajout précisant qu'il s'agit d'analyse des pratiques professionnelles à orientation psychosociologique et clinique, afin d'en marquer la spécificité. En effet, l'expression analyse des pratiques professionnelles, mais aussi de nombreuses dénominations voisines, renvoie à un ensemble de dispositifs et de pratiques assez disparates faisant appel à des systèmes de références multiples et variés. Bien que globalisante la définition donnée comporte néanmoins des restrictions qu'il convient d'expliciter dans une perspective de différenciation. Les visées de l'analyse des pratiques professionnelles

Le travail conduit dans les dispositifs d'analyse des pratiques vise essentiellement l'évolution de l'identité professionnelle des praticiens dans ses différentes COl11posantes: renforcer les compétences requises dans les activités professionnelles exercées, accroître le degré d'expertise, faciliter l'élucidation des contraintes et enjeux spécifiques de leurs univers socioprofessionnels, développer des capacités de compréhension et d'ajustement à autrui. .. C'est dire que la finalité poursuivie réside avant tout dans la professionnalisation des praticiens par la formation initiale ou

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