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Introduction aux relations internationales

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284 pages
Les relations internationales sont les rapports multiformes que développent entre eux les individus, les organisations privées et les gouvernements des États, dans les diverses sphères de l’activité humaine. Cet ouvrage traite des relations politiques et économiques interétatiques qui demeurent l’épine dorsale des relations internationales.
Il examine d’abord les principales théories qui ont marqué ce champ d’étude : le réalisme, le libéralisme, le marxisme et leur évolution jusqu’au postmodernisme et au constructivisme. Il présente ensuite les acteurs majeurs que sont les États et les organisations internationales, en particulier l’Organisation des Nations Unies. Puis il analyse la politique étrangère des États : Qui sont les décideurs et quels facteurs influencent les décisions ? Comment se traduit cette politique dans les faits ? Quels sont les fondements et les instruments de la diplomatie et de la stratégie ? Le chapitre dédié aux relations économiques internationales répond notamment aux questions suivantes : Quelles sont les principales composantes des échanges commerciaux et financiers ? Comment sont-ils comptabilisés dans la balance des paiements ? Pourquoi le protectionnisme a-t-il été supplanté par le libre-échange ? Quels sont les principaux stades de l’intégration économique internationale ? Le dernier chapitre explore les mutations et les perspectives des relations internationales post-guerre froide.
Conçu prioritairement pour les étudiants de science politique et d’études internationales, ce manuel demeure très accessible aux étudiants d’autres disciplines et au grand public.
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Diane ÉthierIntroduction aux relations internationales
QUATRIÈME ÉDITION
es relations internationales sont les rapports multiformes que dévelop-L pent entre eux les individus, les organisations privées et les
gouvernements des États, dans les diverses sphères de l’activité humaine. Cet ouvrage
traite des relations politiques et économiques interétatiques qui demeurent
l’épine dorsale des relations internationales. Introduction aux relations
Il examine d’abord les principales théories qui ont marqué ce champ
d’étude : le réalisme, le libéralisme, le marxisme et leur évolution jusqu’au
postmodernisme et au constructivisme. Il présente ensuite les acteurs internationales
majeurs que sont les États et les organisations internationales, en particulier
l’Organisation des Nations Unies. Puis il analyse la politique étrangère des
États : Qui sont les décideurs et quels facteurs infl uencent les décisions ? QU A TRIÈME ÉDITION
Comment se traduit cette politique dans les faits ? Quels sont les
fondements et les instruments de la diplomatie et de la stratégie ? Le chapitre
dédié aux relations économiques internationales répond notamment aux
questions suivantes : Quelles sont les principales composantes des échanges
commerciaux et financiers ? Comment sont-ils comptabilisés dans la
balance des paiements ? Pourquoi le protectionnisme a-t-il été supplanté
par le libre-échange ? Quels sont les principaux stades de l’intégration
économique internationale ? Le dernier chapitre explore les mutations et les
perspectives des relations internationales post-guerre froide.
Conçu prioritairement pour les étudiants de science politique et d’ét udes
internationales, ce manuel demeure très accessible aux étudiants d’autres
disciplines et au grand public.
Diane Éthier est professeure au Département de science politique de l’Université
de Montréal. Elle est l’auteure de nombreuses publications sur les processus de
libéralisation économique et de démocratisation politique.
isbn 978-2-7606-2182-4
• 29,95 $ 27 e
www.pum.umontreal.ca PUM Les Presses de l’Université de Montréal
Extrait de la publication
montage4e.indd 1 8/6/10 3:55:30 PM
p ar a m è t re s
éthier
Introduction aux relations internationales
p ar a m è t re sExtrait de la publication
Intro au rel intern.cor 3.indd 2 8/6/10 3:14:53 PMintroduction aux relations internationales
Extrait de la publication
Intro au rel intern.cor 3.indd 3 8/6/10 3:14:53 PMIntro au rel intern.cor 4.indd 4 11-05-26 14:43Diane Éthier
introduction aux
relations internationales
Quatrième édition
Les Presses de l’Université de Montréal
Extrait de la publication
Intro au rel intern.cor 4.indd 5 11-05-26 14:57Catalogage avant publication de Bibliothèque et Archives nationales du Québec
et Bibliothèque et Archives Canada
Éthier, Diane
Introduction aux relations internationales
e éd.4
(Paramètres)
Comprend des réf. bibliogr.
isbn 978-2-7606-2182-4
1. Relations international es.
2. Droit internation al.
3. Organisations internationa les.
I. Titre. II. Collectio : nParamètres.
jz1242.e83 2010 327 c2010-941833-6
isbn (version imprimé)e 978-2-7606-2182-4
isbn (version numériqupe df) 978-2-7606-2670-6
eDépôt léga : l 3 trimestre 2010
Bibliothèque et Archives nationales du Québec
© Les Presses de l’Université de Montréal, 2010
Les Presses de l’Université de Montréal reconnaissent l’aide fnancière du -gouverne
ment du Canada par l’entremise du Fonds du livre du Canada pour leurs activités
d’édition.
Les Presses de l’Université de Montréal remercient de leur soutien fnancier le Conseil
des Arts du Canada et la Société de développement des entreprises culturelles du
Québec (SODEC).
imprimé au canada en août 2010
Intro au rel intern.cor 4.indd 6 11-05-26 14:57Je dédie cet ouvrage à tous les étudiants qui ont suivi
mon cours d’introduction aux relations internationales.
Par leurs questions déconcertantes ou pertinentes, leurs
commentaires positifs ou leurs critiques justifées,
leurs travaux de recherche souvent innovateurs, ils ont
largement contribué à enrichir la matière de ce manuel.
Je le dédie également à tous les étudiants qui suivront ce
cours dans l’avenir. Leur apport sera tout aussi important
pour l’amélioration des futures éditions.
Extrait de la publication
Intro au rel intern.cor 3.indd 7 8/6/10 3:14:55 PMExtrait de la publication
Intro au rel intern.cor 3.indd 8 8/6/10 3:14:55 PMintroduction
L’expression «r elations internationa» dleés igne généralement les
rapports entre États alors, qu’au sens littéral, elle signife rapports entre
nations. Ce problème vient du fait que l’État a longtemps été confondu
avec la nation, en raison de l’aspiration des États modernes à unifer en
une seule nation les groupes humains résidant sur leurs territoires. Si
certains y sont parvenus, la plupart sont demeurés des États
plurinationaux. En outre, le caractère multiethnique des États s’est accentué au
exx siècle à cause des déplacements de population et des mouvements
migratoires engendrés par la décolonisation, les guerres et les inégalités
de développement. L’expression r e«lations internation »a nle’st donc
plus justifée. Elle continue néanmoins d’être d’usage courant, bien que
certains spécialistes aient tenté de lui substituer rceellalte idoe ns «
interétatique »s.
Les relations internationales constituent un objet d’études
extrêmement vaste puisqu’il englobe les rapports de toute nature que les
organismes publics et privés, les groupements de personnes et les individus
des divers États ont noués entre eux dans le passé, entretiennent dans le
présent et prévoient développer dans le futur. Toutes les sciences et
1. Voir notamment Raymond AroP na,i x et guerre entre les nations (Paris :
CalmannLévy, 1984) ; Marcel MerlSeo, ciologie des relations internationales (Paris : Dalloz, 1982 ; )
Charles ZorgbibLee, s relations internationales (Paris : Presses universitaires de France,
e5 éd., 1994).
Extrait de la publication
Intro au rel intern.cor 3.indd 9 8/6/10 3:14:55 PM10 i n troduction au x r el ations i n ter nationa l esw
notamment les sciences sociales telles que le droit, l’histoire, l’économie,
la philosophie, la psychologie, la démographie, la sociologie et la science
politique s’y intéressent donc. Chaque discipline aborde évidemment ces
relations sous un angle diférent en privilégiant l’analyse de certains types
d’interactions entre certaines catégories d’acteurs. Cela dit, la plupart des
disciplines s’intéressent à l’action législative des gouvernements et des
organisations multilatérales gouvernementales puisque celle-ci oriente la
conduite des activités humaines dans tous les domaines.
Depuis le début de l’humanité, les groupements d’individus ont
développé diverses formes d’interact :i ognuserres, alliances, échanges de
biens, mariages, etc. Ces relations se sont toutefois diversifées et étendues
à des espaces géographiques plus vastes au fl du temps, concurremment
à l’expansion et aux conquêtes des entités politiques (cités, empires,
principautés, États-nations), au développement de la production et du
commerce et à l’évolution des moyens de transport et de communication.
eCe n’est cependant qu’au cours de la seconde moitié sd iu ècxlxe que les
relations internationales sont véritablement devenues mondiales,
englobant tous les pays de la planète et la plupart des activités humaines. Le
ter me « mondialisatio »n, é quivalent français du terme an gglobla ails
ization, a été inventé durant les années 1p9o 5u0r rendre compte de cette
transformation des relations internationales. Selon plusieurs auteurs, la
mondialisation, à l’instar des stades antérieurs d’évolution des relations
internationales, a été déterminée par l’extension géographique des
activités économiques et l’essor des facilités de déplacement et de -communi
cation. La planétisation du marché, engendrée par la multinationalisation
des entreprises, la libéralisation des échanges, et les innovations
technologiques dans les transports (avions subsoniques et supersoniques, trains
à grande vitesse) et les communications (internet, téléphones sans fl,
satellites) constituent les principales sources et traits distinctifs de la
mondialisation.
La majorité des défnitions du terme mondialisation insistent sur ces
aspects. Ainsi, pour Pascal Boniface, ce qui distingue la mondialisation
2. Selon Bertrand Badie, le terme mondialisation a été répertorié pour la première
fois par le dictionnaire Robert en 1953. Voir Guy Hermet, Bertrand Badie, Pierre
Birnbaum et Philippe Brau Ddi,c tionnaire de la science politique (Paris : Armand Colin,
e4 éd., 2000), 177-178.
Intro au rel intern.cor 3.indd 10 8/6/10 3:14:56 PMintroduction 11w
des stades antérieurs de l’évolution des relations internationales, ce ne
sont pas «l es interrelations entre les diférentes parties du monde, mais
la modifcation des notions d’espace et de tem », lpe fs ait que les
distances aient été supprimées. Pour Robert Reich, ce qui caractérise
l’économ ie mondialisée, c’est q:ue
L’argent, la technologie, l’information, les marchandises franchissent les
frontières avec une rapidité et une facilité sans précédent. Le coût du
transport et des télécommunications dégringole. Dans la plupart des pays
industrialisés, les transferts de capitaux ne sont plus contrôlés. Même les drogues,
les immigrants pénètrent dans les pays développés, et les armes secrètes en
sortent, malgré les eforts des gouverne.ments
Pour le Fonds monétaire internatioFnaMIl ), (la mondialisation :est
l’interdépendance économique croissante de l’ensemble des pays du monde
provoquée par l’augmentation du volume et de la variété des transactions
transfrontalières de biens et de services, ainsi que des fux internationaux
de capitaux, en même temps que par la difusion accélérée et généralisée de
la technolog .ie
Sans renier ces défnitions, plusieurs spécialistes anglo-saxons insistent
sur les efets théoriques et sociologiques du concept de mondi. alisation
C’est également le cas de l’explication proposée par Bertrand Badie.
Mondialisation. Concept de relations internationales décrivant l’état du
monde contemporain marqué en même temps par un renforcement des
interdépendances et des solidarités, par le désenclavement des États et des
espaces régionaux et par une uniformisation des pratiques et des modèles
sociaux à l’échelle de la planète tout entière. Ce processus n’a du sens que
sur un plan macro-sociologique et ne renvoie pas à des indicateurs
empiriques très précis ni très rigoureux. Son intérêt est davantage : tihl éorique
3. Pascal BonifacLee, monde contemporain : grandes lignes de partage (Paris :
Presses universitaires de France, 2001), 9.
4. Robert Reich L, ’économie mondialisée (Paris: Dunod, 1993), 17.
5. BonifaceL, e monde contemporain, 11.
6. Voir notamment Jean-Marie GuéhennGolo, « balization and Fragmenta» tiion n
Marc F. Plattner et Aleksander Smolar G(dloibra.)l,i zation, Power and Democracy
(Baltimor :e Te John Hopkins University Press, 2000), 14 -; 2S8uzanne Berger ,I «ntro -
duction » in S. Berger et R. Dore (dirN .)a, tional Diversity and Global Capitalism (Ithaca,
NY : Cornell University Press, 1996). Pour une analyse des nombreuses défnitions du
concept de mondialisation, voir Claire Sjola Tnde rR, h«etoric of Globaliza : tion
What’s in a Wor(l?) d», International Journal, 51, 4 (1996), 603-616.
Intro au rel intern.cor 3.indd 11 8/6/10 3:14:56 PM12 i n troduction au x r el ations i n ter nationa l esw
suggère, en efet, que les phénomènes politiques, économiques et sociaux ne
peuvent pas être étudiés en vase clos, indépendamment de leur insertion
dans un système-monde qui, contrairement à autrefois, s’étend à l’ensemble
du globe. Il suggère aussi que les catégories classiques de l’analyse
internationale s’en trouvent ébran : ldéiesst inction entre l’interne et l’externe,
territoire, souveraineté… Son analyse est souvent associée à celle de l’essor du
particularisme, de plus en plus conçu comme une réaction de protection
face aux efets de la mondialisa.tion
S’il existe un certain consensus sur l’essence de la mondialisation, les
spécialistes divergent d’opinion quant à sa portée et à ses efets. Les
auteurs réalistes et néoréalistes tendent généralement à relativiser son
importance. Ainsi, pour Gilp, inl’activité économique est encore
largement concentrée au sein des États. La libéralisation des échanges n’est
epas plus grande aujourd’hui qu’elle ne l’était au débu stiè dcule x ext elle
est concentrée dans trois rég: Eiounrso pe occidentale, Amériques et Asie
de l’Est. Bien que l’augmentation du nombre et du pouvoir des frmes
multinationaleFsM (N) limite l’autonomie de décision des
gouvernements nationaux, notamment dans le domaine économique, ces derniers
demeurent les acteurs majeurs des relations internationales car ce sont
eux qui édictent les normes et les règles du droit interne et international.
Les néolibéraux, néomarxistes et constructivistes comme Rosenau, Cox,
Busan et Risse-Kapen accordent une importance beaucoup plus grande
à la mondialisation. Ils insistent sur le déclin du pouvoir des États, en
raison de la montée en puissance des FMN et de l’infuence grandissante
qu’exercent les autres organisations non gouverneme OnNtGa)l,e à s (
cause de leur capacité de mobilisation des sociétés civiles et de leur
implication dans les activités des organisations internatOiIo), nales (
celles du système des Nations Unies par exemple. La plupart des auteurs,
7. Hermet et al., Dictionnaire de la science politique, 177-178.
8. Robert GilpinG, lobal Political Economy. Understanding the International
Economic Order (Princeton: P rinceton University Press, 2003).
9. James Rosenau et E. Czempiel (dirG.)o, vernance without Government: Order
and Change in World Politics (Cambridge: Cambridge University Press, 19; 9R2)o bert
Cox, Te Political Economy of a Plural World (Londres/New Yor: kR outledge, 2002; )
Bary BusanF, rom Internationial to World Society ? (Cambridge : Cambridge University
Press, 2004); Tomas Risse-Kapen (dir.)B, ringing Transantional Relations Back In:
Non State Actors, Domestic Structures and International Institutions (Cambridge :
Cambridge Univerity Press, 1995).
Intro au rel intern.cor 3.indd 12 8/6/10 3:14:57 PMintroduction 13w
y compris les constructivistes, considèrent cependant que l’action des
acteurs non étatiques demeure dépendante des États, notamment
occidentaux, et des OI. Dans son bilan de la littérature sur les relations
internationales des trente dernières années, Risse conclut qu’il est
pré0maturé de proclamer la fn du système interéta. tique
Pour les libéraux et les néolibéraux la mondialisation est bénéfque
car elle contribue à l’enrichissement des nations, à l’atténuation des
inégalités de développement et à l’expansion de la démocratie. Les autres
écoles de pensée considèrent que la mondialisation n’élimine pas, et
même accentue les inégalités économiques, sociales ou culturelles au sein
et entre les États. Certains auteurs néoréalistes ou néomarxistes, comme
Huntington et Wallerste, sionnt très pessimistes et considèrent qu’elle
peut engendrer une multiplication des confits, voire un état de chaos
généralisé. La plupart des réalistes et des néoréalistes sont fatalistes car
ils constatent que cet ordre mondial est difcile à changer. La majorité des
néomarxistes et constructivistes sont, quant à eux, plus optimistes, car ils
croient à la capacité de mobilisation et de transformation de la société
civile transnationale. Ces auteurs demeurent cependant très vagues sur
les modalités d’organisation d’une telle contestation et les caractéristiques
de la nouvelle société globale auquelle elle donnerait naissance. Seuls les
écologistes proposent une alternative précise à la mondialisation
capitaliste, en prônant une réduction de la production et de l’exploitation des
ressources naturelles, une diminution de la consommation et l’adoption
d’un mode de vie davantage centré sur les valeurs humaines et le respect
de la nature que sur l’acquisition de biens matériels.
Ce manuel s’adresse principalement aux étudiants de divers programmes
universitaires qui exigent ou recommandent une initiation aux relations
internationales. Il est cependant accessible à tous ceux qui désirent se
familiariser avec le sujet. Il aborde les relations internationales
principalement du point de vue de la science politique, mais compte tenu du fait
que cette discipline est devenue polyvalente au fl du temps, les lecteurs
10. Tomas Risse, « Transnational Actors and World P »o ilni tWic.s Carlnaes,
T . Risse et B.A. Simmons (dir.)H, andbook of International Relations (Londres: Sage
Publications, 2002), 255-275.
11. Samuel HuntingtonL,e choc des civilisations (Paris : Odile Jacob, 1997 ; )
Immanuel WallersteiAn f, er Liberalism (New York: New Press, 1995).
Extrait de la publication
Intro au rel intern.cor 3.indd 13 8/6/10 3:14:57 PM14 i n troduction au x r el ations i n ter nationa l esw
de divers horizons peuvent aussi bénéfcier de ses enseignements. Bien
que ce manuel se veuille éclectique du point de vue théorique, il accorde
une place prépondérante aux États et aux OI, sans faire abstraction
toutefois des acteurs non étatiques. En ce sens, il est conforme à l’idée
consensuelle selon laquelle les États et les OI demeurent les acteurs
majeurs des relations internationales. Le premier chapitre expose les
éléments essentiels des théories classiques, néoclassiques et critiques des
relations internationales. Le second chapitre défnit les caractéristiques
des acteurs des relations internationales (États, OI, individus, FMN,
ONG légales et illégales) et évalue leur poids respectif au sein des
relations internationales. Le troisième chapitre analyse le processus de
décision de la politique étrangère des États et les instruments sur lesquels
s’appuient ses deux dimensio n: sla diplomatie et la stratégie. L-e qua
trième chapitre s’intéresse aux relations économiques internationales. Il
présente les principales théories de l’économie internationale, explique
comment sont comptabilisés les échanges internationaux à travers les
balances de paiements et analyse les causes des changements de modèles
eéconomiques depuis le xv isiiècle jusqu’à nos jours. Le lecteur pourra
compléter ses connaissances en consultant les notes bibliographiques et
les sources de références recensées à la fn du volume.
Extrait de la publication
Intro au rel intern.cor 3.indd 14 8/6/10 3:14:57 PMchapitre 1
L’analyse des relations
internationales
Préalables épistémologiques 17
Les théories générales classiques 21
Le réalisme 21
Les précurseurs du réalisme 22
eLes réalistes du xx siècle 26
Principaux concepts du réalisme 29
Le libéralisme 32
Les précurseurs du libéralisme 34
eLes libéraux du xx siècle 36
Principaux concepts du libéralisme 37
Le marxisme 38
Les fondateurs du marxisme 38
Les successeurs du marxisme 41
Les théories générales néoclassiques 45
Le néoréalisme 46
Le néolibéralisme 51
Néoréalisme et néolibéralisme 55
Le néomarxisme 57
La critique des théories générales 61
Le postmodernisme 62
Le constructivisme 64
La perspective communautarienne 66
Théories critiques et postpositivisme 71
Extrait de la publication
Intro au rel intern.cor 3.indd 15 8/6/10 3:14:58 PMExtrait de la publication
Intro au rel intern.cor 3.indd 16 8/6/10 3:14:58 PMPréalables épistémologiques
Selon Philippe Braillarodn , «p eut dire, d’une façon tout à fait générale,
qu’une théorie est une expression, qui se veut cohérente et systématique,
de notre connaissance de ce que nous nommons la réalité. Elle exprime
ce que nous savons ou ce que nous croyons savoir de la »r. éL aa lité
principale fonction d’une théorie est d’expliquer un phénomène en
établissant des liens, notamment causals, entre les éléments qui le
composent. Une autre fonction de la théorie est de prévoir l’évolution future de
la réalité qui constitue son objet.
Aucune théorie n’est en mesure d’expliquer une réalité dans toute sa
complexité. Toute théorie est une simplifcation ou une schématisation
d’un phénomène, l’expression abstraite de certains de ses aspects jugés
importants. Cela signife qu lea « théorie implique une activité de- sélec
tion et de mise en ordre des phénomènes et des don »n qéuesi n’est jamais
neutre. Comme l’ont montré Jürgen Habermas et Tomas Kuhn, cette
structuration de la réalité est conditionnée par divers facteurs,
notamment l’intérêt, parfois inconscient, du chercheur pour telle épistémologie
ou conception de la connaissance, le contexte socioculturel dans lequel
1. Philippe BraillarTd, éories des relations internationales (Paris, Presses
universitaires de France, 1977), 12.
2. Ibid., 13.
Extrait de la publication
Intro au rel intern.cor 3.indd 17 8/6/10 3:14:58 PM18 i n troduction au x r el ations i n ter nationa l esw
se déroule la recherche, le système de valeurs et la méthodologie
privilégiés par le cherche .ur
Il existe diférentes conceptions de ce qu’est une théorie dans le
domaine des sciences. Dans le cadre des sciences de la nature ou des
sciences exactes, une théorie est un ensemble cohérent de propositions
déductibles logiquement entre elles et vérifables empiriquement. Selon
Anatol Rapoport, c’est le lien déductif entre les propositions qui est la
caractéristique fondamentale de cette . tEh n éosrciieences sociales, il
existe, selon Braillard, trois orientations fondamentales de la théorie.
Premièrement, les théories essentialidsteon s t «l e but est la mise à jour
de l’essence des diverses entités sociales soit par le moyen d’une réfexion
philosophique […] soit à travers une compréhension in »t.u Cit eis ve
théories sont souvent ditenos r«ma tive» s parce qu’elles tendent à m- on
trer, plus explicitement que les autres théoqruie lsl, e « est la meilleure
forme d’organisation sociale ou au moins quelles sont les valeurs qui
doivent guider» l es conduites humaines. Deuxièmement, l’orientation
empirique envisage la théorie comme un ensemble logiquement cohérent
de propositions soumises à vérifcation ou à falsifcation par une
confrontation avec les faits. Le but de ces théories n’est pas de découvrir l’essence
des choses, mais d’expliquer les données qui se rapportent aux divers
comportements, interactions et processus sociaux. Elles impliquent une
description et une classifcation de ces données et tendent plus ou moins
directement à une prévision des phénomènes qu’elles expliquent. Ces
théories, tels le behavioralisme et le positivisme, procèdent d’une
démarche analytique hypothético-déductive et tendent à se rapprocher des
théories des sciences exactes, bien qu’elles font face à d’énormes
difcultés à relier d’une manière précise leurs concepts aux phénomènes étudiés.
Certaines d’entre elles font toutefois également appel à une démarche
intuitive ou rationnelle pour comprendre les comportements . sociaux
La troisième orientation théorique, illustrée notamment par le marxisme,
3. Jürgen Haberma, sLa technique et la science comme idéologie (Paris: Gallimard,
1973) ; Tomas Kuhn, La structure des révolutions scientifques (Paris: Flammarion,
1972).
4. Anatol RapoportV, «a rious Meanings of Teo »r, yAmerican Political Science
Review, 52 (1958), 972-988.
5. Voir Karl PopperL, a logique de la découverte scientifque (Paris: Payot, 1973);
Rapoport, «V arious Meanings of Teo»r. y
Extrait de la publication
Intro au rel intern.cor 3.indd 18 8/6/10 3:14:58 PMl analyse des relations internationales 19w’
procède d’une démarche dialectico-historique. Elle aborde la société
comme une totalité et cherche à révéler ses antagonismes structurels et
ses contradictions et à mettre à jour le sens objectif ou les lois dialectiques
de l’Histoire. Elle se veut non seulement un outil de connaissance mais
un instrument de critique sociale et un guide pour l. ’action
Selon Braillard, on peut défnir une théorie des relations
internationales
comme un ensemble cohérent et systématique de propositions ayant pour
but d’éclairer la sphère des relations sociales que nous nommons
internationales. Une telle théorie est ainsi censée présenter un schéma explicatif de
ces relations, de leur structure, de leur évolution, et notamment d’en mettre
à jour les facteurs déterminants. Elle peut aussi, à partir de là, tendre à
prédire l’évolution future de ces relations, ou au moins à dégager certaines
tendances de cette évolution. Elle peut également avoir pour but plus ou
moins direct d’éclairer l’action. Comme toute théorie, elle implique un choix
et une mise en ordre des données, une certaine construction de son objet,
d’où sa relativi.té
Dans les faits, les théories des relations internationales englobent un
grand nombre d’approches qui ne répondent pas à cette défnition
restrictive. Il est d’usage courant, comme dans plusieurs disciplines des
sciences sociales, de qualifer td heé «orie »s des méthodes, des modèles,
des typologies, des taxinomies ou des ensembles d’hypothèses qui
n’aboutissent pas à la formulation d’un ensemble logiquement cohérent de
propositions. Il est également fréquent que l’on confonde théorie et
paradigme. Un paradigme, selon Raymond Boudon et François Bourricaud,
est un ensemble d’énoncés portant, non sur tels aspects de la réalité
sociale, mais sur la manière dont le chercheur doit procéder -pour cons
truire une théorie explicative de cette . réalité
L’analyse des relations internationales a été pendant plusieurs siècles
l’apanage des jurist — e ps hilosophes qui ont tenté d’expliquer les relations
d’État à État à l’aide de théories essentialistes-normatives. Avec le
déve6. BraillardT , éories des relations internationales, 15-16.
7. Ibid., 17.
8. Raymond Boudon et François BourricaD u idct, ionnaire critique de la sociologie
e(Paris: Presses universitaires de Franc éed, .3, 1990), 563. Il existe d’autres défnitions
du terme paradigme. Ainsi, pour Imre Lakatos, un paradigme est un ensemble de
théories qui partage le même système de valeurs.
Extrait de la publication
Intro au rel intern.cor 3.indd 19 8/6/10 3:14:59 PM20 i n troduction au x r el ations i n ter nationa l esw
e eloppement des sciences sociales, aux ext ix xx siècles, les théories des
relations internationales se sont multipliées et plusieurs ont tenté de se
démarquer de ce cadre juridico-philosophique par l’emploi d’approches
empiriques ou dialectico-historiques. L’élargissement, la
complexifcation et la fragmentation du domaine d’études des relations
internationales ont largement contribué à cette diversifcation théorique. Celle-ci
a donné lieu à de nombreux débats au sein de la communauté -scienti
fque. Ainsi, les théories empiriques positivistes et behavioralistes ont été
accusées de camoufer leurs postulats norma ctoinfss er« vateu» rs ous
une pseudo-neutralité par les partisans des théories essentialistes et
dialectico-historiques. Les théoriciens empiristes, pour leur part, ont
critiqué la natur ae l «éatoi r»,e « approximativ »e et « peu scientifqu »e des
théories essentialistes et dialectico-historiques.
Un des points sur lesquels le débat s’est cristallisé est le recours à la
formalisation et à la quantifcation. Comme le souligne Braillard, cette
controverse a donné lieu à bien des confusions épistémologiques. D’une
part, plusieurs empiristes ont eu tendance à surestimer la valeur du
formalisme scientifque en considérant que l’on pouvait expliquer les
phénomènes sociaux à l’aide des mêmes instruments mathématiques que
ceux des sciences exactes. D’autre part, les tenants des approches
essentialistes et dialectico-historiques ont sous-estimé l’apport de ces emprunts
aux sciences exactes et la possibilité d’élaborer des outils de formalisation
et de quantifcation plus conformes à l’essence des relations sociales. Une
autre polémique a opposé les ethnocentristes et les relativistes, les seconds
dénonçant l’incapacité des théories des sciences s—o c e it ald ees
relations internationa—le à s expliquer adéquatement la réalité globale en
raison de leurs présupposés explicites ou implicites
occidentalo-centristes, et les premiers reprochant aux relativistes leur idéalisme et leur
subjectivisme.
Il existe plusieurs classifcations diférentes des théories des relations
internationales. La plupart établissent néanmoins une distinction entre
les théories générales, soit les trois philosophies qui ont proposé une
explication normative, historique et relativement globale des relations
9. BraillardT, éories des relations internationales, 18-23 ; Baghat Koraneyt al.,
Analyse des relations internationales. Approches, concepts et données (Montréa : l
Gaëtan Morin, 1987).
Extrait de la publication
Intro au rel intern.cor 3.indd 20 8/6/10 3:14:59 PMLe système politique américain Traité de criminologie empirique
Quatrième édition Quatrième édition
Sous la direction de Michel Sous la direction de Marc Le Blanc et
Fortmann et Pierre Martin Maurice Cusson
Téléréalité L’univers social des adolescents
Quand la réalité est un mensonge Michel Claes
Luc Dupont
Violences au travail
Les temps du paysage Diagnostic et prévention
Sous la direction de Philippe Sous la direction de François Courcy,
Poullaouec-Gonidec, Sylvain André Savoie et Luc Brunet
Paquette et Gérald Domon
Les visages de la police
La terminolog : iper incipes et Pratiques et perceptions
techniques Jean-Paul Brodeur
Marie-Claude L’Homme
Intro au rel intern.cor 3.indd 283 8/6/10 3:17:17 PMDiane ÉthierIntroduction aux relations internationales
QUATRIÈME ÉDITION
es relations internationales sont les rapports multiformes que dévelop-L pent entre eux les individus, les organisations privées et les
gouvernements des États, dans les diverses sphères de l’activité humaine. Cet ouvrage
traite des relations politiques et économiques interétatiques qui demeurent
l’épine dorsale des relations internationales. Introduction aux relations
Il examine d’abord les principales théories qui ont marqué ce champ
d’étude : le réalisme, le libéralisme, le marxisme et leur évolution jusqu’au
postmodernisme et au constructivisme. Il présente ensuite les acteurs internationales
majeurs que sont les États et les organisations internationales, en particulier
l’Organisation des Nations Unies. Puis il analyse la politique étrangère des
États : Qui sont les décideurs et quels facteurs infl uencent les décisions ? QU A TRIÈME ÉDITION
Comment se traduit cette politique dans les faits ? Quels sont les
fondements et les instruments de la diplomatie et de la stratégie ? Le chapitre
dédié aux relations économiques internationales répond notamment aux
questions suivantes : Quelles sont les principales composantes des échanges
commerciaux et financiers ? Comment sont-ils comptabilisés dans la
balance des paiements ? Pourquoi le protectionnisme a-t-il été supplanté
par le libre-échange ? Quels sont les principaux stades de l’intégration
économique internationale ? Le dernier chapitre explore les mutations et les
perspectives des relations internationales post-guerre froide.
Conçu prioritairement pour les étudiants de science politique et d’ét udes
internationales, ce manuel demeure très accessible aux étudiants d’autres
disciplines et au grand public.
Diane Éthier est professeure au Département de science politique de l’Université
de Montréal. Elle est l’auteure de nombreuses publications sur les processus de
libéralisation économique et de démocratisation politique.
isbn 978-2-7606-2182-4
• 29,95 $ 27 e
www.pum.umontreal.ca PUM Les Presses de l’Université de Montréal
Extrait de la publication
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p ar a m è t re s
éthier
Introduction aux relations internationales
p ar a m è t re s