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Jean Hallet, un engagement pour l'Université

De
192 pages
Les souvenirs de Jean Hallet, membre puis président du Conseil d'administration de l'Université catholique de Louvain (1966-1997), éclairent le transfert de l'UCL en Wallonie et à Bruxelles, l'édification de Louvain-la-Neuve, l'implantation de la Faculté de médecine et des cliniques universitaires à Woluwe et la création de l'actuel CHU de Mont-Godinne. Ils mettent en perspective des questions telles que le financement des universités et le contingentement du nombre d'étudiants en médecine.
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Jean Hallet, un engagement pour l’Université Université catholique de Louvain 19661997
Textes de Marcel Crochet et Françoise Hiraux  Propos de Jean Hallet recueillis par Olivier Standaert  Préface de JeanJacques Viseur
Acteurs pour l’université
Jean Hallet, un engagement pour l’Université
Université catholique de Louvain 1966-1997
Jean Hallet, un engagement pour l’Université
Université catholique de Louvain 1966-1997
Textes deMarcel Crochet et Françoise Hiraux
Propos de Jean Hallet recueillis par Olivier Standaert Préface de Jean-Jacques Viseur Acteurs pour l’université Louvain-la-Neuve 2015
Démocratisation, expansion, globalisation, autant de défis à l’entame du nouveau millénaire au cœur d'une société en évolution constante. Pour y répondre, l’Université de Louvain s’est appuyée depuis sa refondation en 1968 sur de nombreux acteurs dans la ligne de ce qu’indiquait déjà le duc de Sully à HenriIV: « il n'est de richesse que d'hommes ».
Qui sont ces acteurs ? Comment ont-ils perçu ces défis et en ont-ils évalué les enjeux ? Quelles lignes d'action ont-ils proposées ? Quelles priorités ont-ils privilégiées ? Quelles difficultés ont-ils dû affronter ? Quels ont été leurs succès et leurs échecs ? Telles sont quelques-unes des questions sur lesquelles seront invités à revenir chacun de ces «Acteurs pour l'université». Photo de couverture : Professeur et étudiants « pionniers » à Louvain-la-Neuve, en octobre 1972. Document : Archives de l’UCL. D/2015/4910/49 ISBN 978-2-8061-0252-2©Academia-L’Harmattan s.a. Grand-Place 29 B-1348 Louvain-la-Neuve Tous droits de reproduction, d’adaptation ou de traduction, par quelque procédé que ce soit, réservés pour tous pays sans l’autorisation de l’éditeur ou de ses ayants droit. www.editions-academia.be
Avant-propos
Marcel Crochet e Le dernier tiers du 20 siècle fut une période agitée dans l’histoire de l’Université catholique de Louvain. Dès la rentrée académique de 1960, des pressions se firent sentir pour que, dans un souci d’homogé-néité culturelle des régions, l’enseignement universitaire ne fût plus dispensé à Louvain dans la langue de Voltaire. Diverses tentatives de conciliation de même que l’adoption de mesures d’expansion ne purent satisfaire à la volonté d’homogénéité linguistique souhaitée par la région flamande. Le 18 septembre 1968, le Pouvoir organisateur approuvait le transfert intégral de la section francophone de l’Univer-sité de Louvain en Brabant wallon et dans la périphérie bruxelloise. C’en était fini de près de cinq cent cinquante années de présence à Louvain, où ses membres avaient si bien créé et diffusé le savoir. L’UCLlança alors dans l’opération ô combien périlleuse de créer se une ville nouvelle dont le nom ne reniait pas la tradition, de fonder un hôpital et, surtout, d’offrir une nouvelle naissance à l’université. Les premières facultés s’installèrent à Louvain-la-Neuve dès 1972. Sept ans plus tard, l’intégralité de l’université y recevait ses étudiants et occu-pait de nouveaux laboratoires tandis que les Cliniques Saint-Luc accueillaient leurs patients à Woluwe. Mais l’UCLn’était pas au bout de ses peines. De graves soucis financiers menaçaient l’ensemble des universités. De lourdes mesures de restriction s’imposèrent dès 1982,
sans lesquelles l’université n’aurait pu conserver son indépendance face aux pouvoirs publics. Elles dureraient sept années au terme des-quelles l’UCLput enfin envisager autrement son avenir. Il est incontestable que, si l’Université survécut et, plus encore, s’épa-nouit sur ses nouveaux sites, ce fut grâce à la vision, à la vigilance et à la fermeté de ses dirigeants. Jean Hallet fut de ceux-là, aux côtés d’Édouard Massaux, de Michel Woitrin, d’André Oleffe. Tout en n’étant pas issu du sérail louvaniste, il fut invité dès 1966 en tant que curateur de l’université, terme étrange alors que certains ne deman-daient que le départ de celle-ci. Il allait bientôt faire partie du Conseil d’administration dont il assumera la présidence de 1982 à 1997. Ces trente-et-une années de service au cours desquelles il a connu trois recteurs font de lui un grand témoin et un acteur de l’époque mou-vementée qu’a connue l’UCL. Il était dès lors impératif de recueillir et de publier le témoignage de Jean Hallet qui a accepté de consacrer plusieurs heures de rencontre avec Olivier Standaert. Ce témoignage est complété par de nom-breux extraits de discours, minutieusement documentés, qu’il pro-nonçait chaque année lors de la rentrée académique. Jean Hallet est issu de la Démocratie chrétienne, mouvement proche de l’Église dont l’influence s’est fort manifestée dans les matières de santé et d’ensei-gnement. C’est la raison pour laquelle Françoise Hiraux, historienne, a écrit un chapitre consacré au monde chrétien en Belgique durant la e seconde moitié du 20 siècle afin d’illustrer le contexte dans lequel Jean Hallet a exercé son action. Françoise Hiraux décrit aussi l’origine et l’évolution du système de gouvernance qu’a connu l’UCLafin que le lecteur puisse, s’il le souhaite, mieux en comprendre la complexité. Enfin, Jean-Jacques Viseur, président honoraire du Conseil d’adminis-tration de l’UCL, n’aurait pu mieux ouvrir cet ouvrage par la présenta-tion de son ami de longue date.
Marcel Crochet, Olivier Standaert et Jean-Jacques Viseur expriment leur gratitude à Françoise Hiraux qui, non contente d’avoir écrit deux chapitres de cet ouvrage, en a réalisé la mise en page avec le plus grand soin. En tant qu’archiviste à l’UCL, Françoise Hiraux a aussi recueilli la documentation indispensable à sa rédaction.
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Avant-propos
Préface
Jean-Jacques Viseur L'influence déterminante de Jean Hallet sur l'installation et le dévelop-pement de l'UCLLouvain-la-Neuve et à Woluwe a largement été à ignorée. Le tempérament et la volonté du principal intéressé ont beaucoup contribué à cette méconnaissance. En effet, Jean Hallet est non seulement modeste, mais il a toujours considéré que son inves-tissement au service de l'Université était une mission que lui avaient confiée les évêques et le monde chrétien social et politique. La réaliser était un devoir d’état dont l'accomplissement ne méritait ni auréole ni reconnaissance particulière. Le Recteur honoraire Marcel Crochet mène, depuis son éméritat, une démarche permanente qui vise à ce que notre Université recueille des témoignages et des traces écrites de sa renaissance et n'oublie pas son passé récent. Que ce soientL’agenda d'un recteur, lesTémoignages 1 honoris causaou l'ouvrage collectif consacré à sa faculté d'ingénieur , il veille à recueillir et transmettre une foule d'éléments qui ont cons-truit l'université et ont assuré son entrée dans le vingt-et-unième siècle. Pour lui, la perte de ces témoignages directs appauvrirait notre patrimoine de manière irrémédiable. Il a donc voulu cet ouvrage qui, comme ceux cités ci-dessus, sera précieux non seulement pour les
1 Marcel CROCHET, (coord.),Des Écoles spéciales à l’EPL. Cinquante ans de science et de technologie à l’UCL, Louvain-la-Neuve, Presses universitaires de Louvain, 2012.
historiens mais sera aussi plein d'enseignement pour les responsables présents et futurs de l'UCL. La difficulté fut de convaincre Jean Hallet que son histoire liée à l'Uni-versité et son témoignage étaient indispensables pour comprendre ces années de la naissance et de la prime enfance de l'Université en tant que francophone. Avec une modestie non feinte, Jean Hallet considérait son témoignage superflu et renvoyait à ceux qui avaient mené l'aventure avec lui. Le mérite d’Olivier Standaert fut de réussir à apprivoiser son sujet et d'obtenir ces confidences essentielles qui permettent de mieux com-prendre les faits, les personnes et les circonstances qui ont fait en sorte de passer du cauchemar à la création de Louvain-la-Neuve et du site de Woluwe et à leur épanouissement durant leurs trois pre-mières décennies. La personnalité de Jean Hallet a marqué la vie politique, sociale et morale de notre pays. Entré en 1961 au service des Mutualités chrétiennes, il y mena toute sa carrière et en devint le président en 1991. Il transforma l’Alliance des mutualités chrétiennes en un des piliers de la société belge et de notre solidarité interpersonnelle et contribua à faire de notre système de santé un des meilleurs, et un des plus égalitaires, du monde déve-loppé. Au-delà de sa maîtrise technique en matière de santé publique et de sécurité sociale et de sa capacité de dialogue et de compromis dans ce secteur difficile, il fut, selon ses propres termes, « un homme poli-tique engagé, c'est-à-dire une personne qui assume des responsabili-tés au sein de la société, celui qui assume des responsabilités socia-les». Et définissant les qualités d'un homme politique, il ajoutait : « D'abord avoir du caractère. Savoir tenir un cap même si, parfois, on doit assumer une certaine impopularité… Ensuite, avoir la capacité de se faire une vision personnelle des problèmes et de l'intérêt public. Enfin, conserver une disponibilité d'écoute vis-à-vis de ceux qu'on
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Préface
veut défendre, mais aussi de ses adversaires ou de ses partenaires. » Même s'il refusa, à plusieurs reprises, d'assumer un e charge ministé-rielle, toute sa vie, et dans toutes ses activités, il mettra en œuvre cette définition, assurant avec succès des tâches complexes, notam-ment dans le domaine financier (CGER), culturel (RTBF) ou sociétal (Centre pour l’égalité des chances). Il joua aussi, durant plusieurs années, un rôle capital à l'UCL. L'Univer-sité fut pour lui d'autant plus essentielle que la tâche était extrême-ment ardue, marquée par la nécessité de maintenir un équilibre financier difficile, tout en répondant à des besoins impérieux, tant sur le plan de l'enseignement que de la recherche. Il fallait aussi assurer le service à la société notamment à travers des hôpitaux universitaires. Son action fut déterminante pour que les équipes médicales y assu-rent une qualité des soins exceptionnelle tout en s'impliquant dans la recherche la plus pointue et en assurant la formation de plus de cin-quante pourcent des étudiants en médecine en Communauté Wal-lonie-Bruxelles. L'attachement de Jean Hallet et son investissement à l'UCLne peuvent se comprendre qu'en fonction de quatre éléments : 1- le traumatisme de la crise de Louvain fin des années 1960 ; 2- sa vision de la société et son engagement chrétien ; 3- son attachement au rôle de l'université ; et 4- l'importance, pour lui, des personnes.
L e t r a u m a t i s m e d e l a c r i s e d e L o u v a i n
Créée en 1425, l'Université de Louvain, fut à travers les siècles, le lieu par excellence de l'intelligence, de la culture et de la défense des valeurs chrétiennes. À l'instar d'Érasme, de Georges Lemaître et tant d’autres, les personnalités exceptionnelles qui y enseignèrent et y développèrent leurs recherches figurent, dans tous les domaines, de la théologie à la médecine, du droit aux sciences exactes, de la philoso-phie aux sciences économiques, parmi les plus éminents représen-tants de l'intelligence et la conscience européennes. Depuis 1834, une
Préface
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