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L'affaire Zola - Dreyfus

De
230 pages
A l'automne 1894, un conseil de guerre condamne à la dégradation et à la déportation perpétuelle Alfred Dreyfus, capitaine d'origine juive accusé d'espionnage au profit de l'Allemagne. Ce fait divers tombé dans l'oubli resurgit trois ans plus tard, lorsque Emile Zola dénonce cette erreur judiciaire dans une lettre ouverte au président de la République : "J'accuse... !", mettant alors la France au bord de la guerre civile. Détaillant les évènements, cet ouvrage vise à éviter toute simplification manichéenne, afin de mieux comprendre ce qui s'est passé.
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L’affaire Zola-Dreyfus Le vortex et la trombe
Jean-Jacques Tur Professeur agrégé d’histoire-géographie Conférencier spécialisé en géopolitiqueL’affaire Zola-Dreyfus
Le vortex et la trombe
DU MÊME AUTEUR Aux éditions L’Harmattan, Paris La Chine : trois révolutions pour une renaissance. De Sun Yat-sen à Xí Jìnpíng, 2013. Ombres et lumières de l’Algérie française, 2012. Les nouveaux défis démographiques. 7 milliards d’hommes… déjà !Collection Pour comprendre, 2011. Aux éditions JJMiTUR, 49240 Avrillé Géopolitique des utopies, 2013. François-Ferdinand d’Autriche, un inconnu célèbre, 2012. L’Algérie avant 1962 : les peuples, les hommes, les enjeux géopolitiques, 2011. La Russie des origines à nos jours. Aléas et vicissitudes d’une grande puissance, 2011. Deux visages de l’hindouisme : Bali et le Rajasthan,2009. Au pays du phénix et du dragon. Géopolitique de la Chine des origines à nos jours, 2007, rééd. 2009. Objectif Maison-Blanche 2008. Révélations sur une élection pas comme les autres,2008. Pour une vraie VIeRépublique : positions et propositions, 2006, rééd. 2007. De Yalta à Budapest : les relations internationales de 1945 à 1956,2006. Les origines de l’humanité à la lumière des sciences et des religions,2006. Ma nostAlgérie.fr. Souvenirs de mes jeunes années à Fort-de-l’Eau,2003, rééd. 2005. Cent jours pour l’an 2000. Cent événements qui ont marqué le XXesiècle, 2000. Les Grands de ce monde, Petite encyclopédie des personnages-clefs du second XXesiècle (1945-1995), 1996. Les élections présidentielles en France et aux Etats-Unis, 1988. La paix en plus, 1986. Aux éditions Ellipses, Paris Six milliards d’hommes. La « bombe P » est-elle désamorcée ?, 1999. Géographie humaine et économique de la France,1994. Aux éditions Belin, Paris Les relations internationales depuis 1945,DicObac, 1996. Aux Presses Universitaires de France, Paris Le mondialisme,collection « Que sais-je ? » n°1687, PUF, 1977. Les émirats du Golfe arabe : Koweït, Bahreïn, Qatar, Emirats Arabes Unis,collection Que sais-je ? n°1639, PUF, 1976. © L'HARMATTAN, 2014 5-7, rue de l'École-Polytechnique ; 75005 Parishttp://www.librairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr ISBN : 978-2-343-03329-7 EAN : 9782343033297
AMichèle, ma femme, avec tout mon amour
£ Les signes renvoient au lexique en fin de volume.
La maquette de couverture du livre est de Jean-Jacques Tur, d'après une carte postale du caricaturiste Orens, datant de 1904, représentant Émile Zola (mort depuis deux ans) et Alfred Dreyfus (dont la Cour de cassation examine alors la demande de révision de son procès) avec la légende : «Relève-toi, ôMartyr,lavéritéest en marche! » Source :document prêté à l’auteur par le Dr et Mme Brisset(cf. remerciements en fin de volume).
«Levraidéterminelejuste»Maxime socratique
Avant-propos
A tout historien s’impose un devoir de mémoire, dit-on fréquemment de nos jours. En cette aurore du troisième millénaire, cela nous semble d'autant plus nécessaire que nous vivons une époque de grandes mutations où les idées, comme les progrès, vont vite. Si vite que nombre de nos contempo-rainsles jeunes, en particuliersemblent ne plus avoir de repères. Certaines valeurs, considérées il y a encore quelques décennies comme consubstantielles à la conception française de la démocratie et du contrat social la vérité, la justice, la patrie, pour n'en citer que quelques-unessont aujourd'hui bafouées et brocardées, tant par les gouvernants que par les gouvernés. Comment peut-on alors s'étonner des records d'abstentions battus à chaque élection, de l'image profondément détériorée de tout notre person-nel politique, et de la disparition de tout sens civique, alors que le motci-toyennetéet l’adjectifcitoyen(ne)sont devenus les leitmotivs à la mode ? L'affaire Dreyfus a secoué notre pays voici un siècle, pendant une dou-zaine d'années, de 1894 à 1906, et particulièrement lorsque la fameuse lettre ouverte d'Émile Zola,«J'accuse…!», publiée à la « une » deL'Aurorele 13 janvier 1898, la déplaça spectaculairement du plan judiciaire au plan politique. Elle fut aussi, et surtout, une affaire d'opinion, avec ses engage-ments idéologiques et moraux, ses polémiques de presse et ses affronte-ments d'intellectuels,ce terme faisant, à l'époque, figure de néologisme.
Avant d'entrer dans le vif du sujet, nous allons planter le décor, en rappe-lant brièvement qui dirigeait la France à l'époque de l'Affaire Dreyfus, dans e e les dernières années du XIX siècle et au tout début du XX .
En vertu de la Constitution de 1875, mais aussi, et surtout, de la pratique politique depuis une vingtaine d'années, le Président de la République, élu pour sept ans par les seuls parlementaires, avait moins de pouvoir que le Président du Conseil, qui était le véritable chef du gouvernement… à condi-tion de disposer, à la Chambre des députés, d'une majorité pour le soutenir. Comme celle-ci était souvent fragile, les gouvernements ne duraient, en moyenne, que quelques mois : il y en eut 25 entre 1875 et 1894 et 12 entre 1895 et 1906. À titre de comparaison, il n'y en eut que vingt-et-un sous la e V République, entre 1959 et 2014, soit une durée moyenne de deux ans et huit mois, contre à peine plus de dix mois pour la période 1875-1906.
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PRINCIPAUX DIRIGEANTS FRANÇAIS DE1894A1906Président de la République Jean CASIMIR-PÉRIERdu 27 juin1894au 14 janvier1895(démission) Président du ConseilMinistre de la Guerreal 1 Charles DUPUYMERCIERG Auguste Président de la République Félix FAUREdu 17 janvier1895au 16 février1899(meurt « en fonctions ») Président du ConseilMinistre de la Guerreal Charles DUPUYMERCIERG Auguste 26 janvier 1895 al Alexandre RIBOTG Émile ZURLINDENer 1 novembre 1895 2 Léon BOURGEOISGodefroy CAVAIGNAC29 avril 1896 al Jules MÉLINEBILLOTG Jean-Baptiste 28 juin 1898 Henri BRISSONGodefroy CAVAIGNAC 5 septembre 1898 al id.ZURLINDENG Émile  17 septembre 1898 al id.G CHANOINEer 1 novembre 1898 Charles DUPUYCharles de FREYCINETPrésident de la République Émile LOUBETdu 18 février1899au 18 janvier1906(septennat complet) Président du ConseilMinistre de la GuerreCharles DUPUYCharles de FREYCINET 5 mai 1899 id.Camille KRANTZ22 juin 1899 al Pierre WALDECK-ROUSSEAUde GALLIFETG Gaston  29 mai 1900 id.Général Louis ANDRÉ7 juin 1902
1 À la tête du gouvernement depuis le 30 mai 1894, alors que Sadi Carnot était Président de la République (depuis le 3 décembre 1887), il conserva dans son équipe le général Mercier, déjà ministre de la Guerre depuis le 3 décembre 1893 dans le gouvernement précédent, qui était dirigé par… Casimir-Périer !2 La majorité des ministres de son gouvernement étaient francs-maçons.
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7 juin 1902 Émile COMBESid.24 janvier 1905 Maurice ROUVIERid.
al G Louis ANDRÉ15 novembre 1904 Maurice BERTEAUX
Maurice BERTEAUX12 novembre 1905 Eugène ÉTIENNE
Président de la RépubliqueArmand FALLIÈRESdu 18 janvier1906au17 janvier1913Président du ConseilMinistre de la GuerreMaurice ROUVIEREugène ÉTIENNE14 mars 1906 Ferdinand SARRIENEugène ÉTIENNE25 octobre 1906 al Georges CLEMENCEAUPICQUARTG Georges 20 juillet 1909
L'Affaire Dreyfus a commencé à l'automne 1894 sous la courte prési-3 dence de Casimir-Périer , Charles Dupuy étant Président du Conseil et le général Mercier ministre de la Guerre. La déportation d'Alfred Dreyfus au bagne de Cayenne a coïncidé, en ma-jeure partie, avec la présidence de Félix Faure, auquel Émile Zola adressa sa fameuse lettre «J'accuse…!» le 13 janvier 1898.Le second conseil de guerre (7 août - 9 septembre 1899), qui a confirmé la culpabilité de Dreyfus« avec circonstances atténuantes »(sic !), a eu lieu sous la présidence d'Émile Loubet : celui-ci a gracié le capitaine injustement condamné une seconde fois, à la demande du nouveau Président du Conseil Waldeck-Rousseau. C'est également sous la présidence de Loubet qu'est mort Émile Zola, le 29 septembre 1902. Et Dreyfus n'a été réhabilité qu'au tout début de la présidence d'Armand Fallières, le 12 juillet 1906. Quelques mois plus tard, deux des protagonistes de l'Affaire Dreyfus ont accédé au pouvoir : Georges Clemenceau à la tête du gouvernement, et le général Georges Picquart comme ministre de la Guerre.
Au cours des dernières décennies, plus de cinq mille ouvrages et articles ont été consacrés à« l'Affaire ».Tous ont confirmé l'innocence certaine d'Alfred Dreyfus et la culpabilité probable d'Esterhazy, bien que de nou-velles clés de l'énigme aient été proposées. 3 Élu à la suite de l'assassinat, à Lyon, du Président Sadi Carnot, Jean Casimir-Périer démis-sionna 6 mois et demi plus tard : il fut ainsi, de tous nos Présidents de la République, celui qui accomplit le plus court mandat.
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