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L'approche pédagogique par compétences dans l'enseignement des langues vivantes

De
125 pages
Cet ouvrage se focalise sur la mise en en oeuvre de l'approche par les compétences dans l'enseignement-apprentissage des langues étrangères en général, et de l'italien au Cameroun en particulier. À travers une description des objets et des lieux d'une didactique des langues-cultures adossée à une logique de développement des compétences, ce livre démontre qu'une telle approche, dans le système éducatif camerounais, doit permettre aux acteurs de l'éducation de renouveler, d'améliorer, de prolonger et de contextualiser leurs méthodes et pratiques pédagogiques.
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Couverture

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4e de couverture

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Titre

 

Mathias Hyppolite BIKITIK

 

 

 

 

L’approche pédagogique par compétences
dans l’enseignement des langues vivantes

Contribution à l’épistémologie de la didactique
de la langue et culture italiennes au Camerou

 

 

 

Préface de Félix Nicodème BIKOI

 

 

 

 

 

 

 

 

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Copyright

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

© L’Harmattan, 2017

5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris

http://www.harmattan.fr

diffusion.harmattan@wanadoo.fr

harmattan1@wanadoo.fr

EAN Epub : 978-2-336-79200-2

Liste des sigles et acronymes

APA :

Approche par application

APC :

Approche par compétences

APPb :

Approche par problème

APPj :

Approche par projets

APT :

Approche par transmission

BEPC :

Brevet d’Étude du Premier Cycle

BM :

Banque mondiale

CCER :

Cadre Commun Européen de Référence

CELI :

Certificat d’études de langue italienne

CILS :

Certificato d’italiano lingua straniera

CONFEMEN :

Conférences des Ministres de l’Éducation ayant le français en partage

CTI :

Compétence terminale d’intégration

DILCIC :

Didactique de langue-culture italiennes au Cameroun

DITALS :

Diploma d’italiano lingua straniera

DSCE :

Document de Stratégie pour la Croissance et l’Emploi

DSRP :

Document de Stratégie pour la Réduction de la Pauvreté

ENS :

École normale supérieure

EPT :

Éducation Pour Tous

ESV :

Entrée par les situations de vie

IGE :

Inspection générale des enseignements

LOM :

Learning objet Metadata

MINESEC :

Ministère des Enseignements secondaires du Cameroun

MINESUP :

Ministère de l’Enseignement supérieur

OIF :

Organisation internationale de la francophonie

ONU :

Organisation des Nations Unies

OTI :

Objectif terminal d’intégration

PED :

Pays en développement

PPO :

Pédagogie par objectifs

REA :

Ressources d’enseignement et d’apprentissage

SE :

Système éducatif

TIC :

Technologie de l’Information et de la Communication

UNESCO :

Organisation des Nations unies pour l’Éducation, la Science et la Culture

UNICEF :

Fonds des Nations Unies pour l’Enfance

Préface

Il y a quelque cinq ans, l’autorité scolaire du Cameroun a procédé à une petite révolution dans l’univers de la pédagogie : le changement de paradigme méthodologique qui a entraîné le choix de l’Approche par les compétences (APC). La mise en place de cette approche aura souffert de deux maux principaux d’ailleurs corrélés : le premier est l’insuffisante appropriation du concept et le second l’insuffisante discussion autour du concept.

En effet, ce changement de méthode didactique aurait nécessité, à mon sens, un large consensus autour des éléments fondateurs de la nouvelle approche, en d’autres mots, l’implantation des nouveaux programmes aurait dû être précédée par une évaluation de l’ancienne méthode, d’une part et un partage d’expérience qui aurait préparé les praticiens à l’adoption de nouvelles attitudes et de nouvelles dispositions en harmonie avec la nouvelle approche. Au lieu de cela, on a opté pour une approche plus radicale qui donne à Monsieur Bikitik le sentiment, lors de ses inspections, qu’il y a encore beaucoup de réticences à adopter l’Approche par les compétences.

Il apparaît de toute évidence que cette réticence est davantage un cri de détresse qu’un refus d’appliquer les nouvelles instructions officielles. Les questions que se posent ceux qui n’ont pas les moyens de les appliquer sont : l’APC pourquoi ? comment ? pour quel rendement ? Ne pas y apporter des réponses en invoquant, prétextant ou supposant l’autoformation comme moyen d’acquérir les compétences nécessaires à la pratique de l’APC nous apparaît la voie royale vers l’échec de cette proposition qui est pourtant une approche « de l’heure » pour parler le langage de la mode et de la consommation.

C’est, de mon point de vue, le mérite de ce livre d’inspecteur qui tente de donner les armes aux praticiens. Le titre du livre de Monsieur Bikitik peut, dans une première approche, paraître réducteur mais il prend par la suite tout son sens en posant le problème de l’implantation de l’APC en termes de carence. Il manque en effet des ouvrages généraux sur l’APC et dans la perspective de l’appropriation de cette méthode, il est urgent que la discussion s’engage pour que du choc des idées jaillisse la lumière. On peut donc lire cette attitude comme prudente. L’inspecteur ne souhaite pas discuter de l’APC en général, mais il la présente sous le prisme de l’enseignement de l’italien.

Comment enseigner l’italien en APC ? Telle nous semble l’objectif de ce livre que nous propose Monsieur Bikitik. Il nous apparaît comme un ouvrage de pionnier dans le champ disciplinaire qui est le sien, mais aussi dans la réflexion épistémologique sur l’APC en général. En attendant d’autres propositions, le livre de Monsieur l’inspecteur national d’italien nous semble une base de réflexion pour tous les enseignants camerounais, une source d’inspiration pour tous les praticiens, une « vulgate » des principes de l’APC qui intègre son historique, son arrière-plan théorique et épistémologique, les modalités de sa mise en application et ses exigences pratiques.

Comment ne pas recommander un tel ouvrage à la communauté des praticiens et, au-delà, à la communauté éducative dans son ensemble pour une appropriation de cette méthode qui doit cesser d’être celle « de l’heure » avec pour seules connotations un choix dicté par des besoins autres que sa nécessité et sa pertinence ?

En disant ceci, je m’acquitte certes d’un devoir envers celui qui m’a fait l’honneur et l’amitié de présenter son ouvrage, mais je pense aussi ne m’être pas compromis par une attitude de louange qui pourrait en desservir la cause dans la réflexion sur l’APC et qui, j’en suis sûr, fécondera d’autres réflexions et suscitera d’autres contributions. Ce n’est qu’à ce prix que l’APC pourra être totalement appropriée par les praticiens et adaptée au contexte de notre pays qui a encore besoin que l’on trouve la méthode d’évaluation adéquate.

BIKOI Félix Nicodème

Professeur Titulaire des Universités
Ancien Membre du Haut Conseil de la Francophonie
Doyen Honoraire
Cameroun

Introduction générale

La réflexion sur l’école, son organisation et sa mission est au centre des préoccupations du Cameroun depuis les états généraux de l’éducation tenus du 22 au 27 mai 1995. L’objectif de ces assises était de rendre les enseignements utiles et adaptés aux besoins et aspirations profondes de la société camerounaise. À en croire différents documents1 relatifs à l’éducation produits jusqu’alors, la volonté de réformer le système éducatif camerounais s’inscrit dans les priorités de l’action gouvernementale.

Cette volonté est mise en œuvre par le ministère des Enseignements Secondaires du Cameroun en 2012. Celui-ci a opté pour une réforme curriculaire tant dans la réécriture des programmes qu’au niveau des pratiques pédagogiques, avec pour socle l’Approche Par Compétence (APC). Ce faisant, l’approche par compétence a quitté le champ de l’entreprise pour rejoindre le domaine de l’éducation en général et celui de l’enseignement et de la pédagogie en particulier. Et dans ce mouvement amorcé depuis la fin des années 90 du siècle dernier, aucun niveau d’enseignement ni aucune discipline ne semblent y échapper. L’APC intéresse donc toutes les disciplines en général et les langues étrangères (Allemand, Arabe, Chinois, Espagnol, Italien) en particulier.

Depuis 2010, la langue italienne est enseignée dans les lycées et collèges camerounais. En effet, la promotion et la diffusion de cette langue passent en premier lieu à travers une réponse en termes quantitatifs et surtout qualitatifs des enseignements-apprentissages dans les trois pôles de vulgarisation que sont : les Universités d’Etat, les centres linguistiques privés (agréés ou pas), les établissements publics du ministère camerounais des Enseignements Secondaires. Avec l’introduction de l’italien dans ces établissements, le discours sur la didactique des langues redevient incontournable dans le fonctionnement éducatif. Elle a fait passer l’acte d’enseignement d’une pédagogie centrée sur le contenu d’apprentissage à une pédagogie centrée sur l’apprenant. Ceci ne veut pas dire que le savoir devient secondaire comme l’affirment les tenants d’une école à l’ancienne. Mais au contraire, que dans les démarches scolaires, la didactique invite constamment à critiquer épistémologiquement les savoirs et à construire les compétences à travers la mobilisation des ressources pour pouvoir arriver à une décision.

Une telle approche, baptisée Approche Pédagogique par Compétences (APC) doit, dans l’enseignement/apprentissage de l’italien dans notre pays, viser un meilleur développement de l’apprenant dans un souci de justice et d’équité. Et comme désormais les apprentissages ont du sens pour lui, le dispositif pédagogico-didactique mettra l’accent sur le développement des compétences avec pour socle les pratiques réflexives articulées autour de la remédiation et de la régulation comme principes directeurs. Il y’a donc là, comme le précise Perrenoud (2000), un élan vers la réduction de l’échec scolaire, donc un renforcement de l’efficacité interne du système éducatif.

Partant de telles considérations d’ordre général, ce texte se focalise sur la mise en œuvre de l’approche par les compétences dans l’enseignement-apprentissage des langues étrangères en général, et de l’italien au Cameroun en particulier. À travers une description des objets et des lieux d’une didactique des langues-cultures adossée à une logique de développement des compétences, nous visons à démontrer qu’une telle approche, dans le système éducatif camerounais, doit permettre aux acteurs de l’éducation, notamment les enseignants d’italien, de renouveler, d’améliorer, de prolonger et de contextualiser leurs méthodes et pratiques pédagogiques. Dans un objectif herméneutique, nous sollicitons plusieurs disciplines parmi lesquelles majoritairement les sciences du langage et les sciences de l’éducation mais aussi la didactique des langues-cultures et l’anthropologie de la communication.

La communication est au cœur de la situation d’enseignement. D’ailleurs, selon J-M Van der Maren (1996), elle est même la principale source de difficulté de l’enseignant. Par définition la communication est un acte constitué d’éléments verbaux mais surtout d’éléments non verbaux. Pour les comprendre, chacun des interlocuteurs se réfère généralement à ses propres cadres de référence. Dans une situation d’enseignement-apprentissage de l’italien dans une classe de quatrième d’un lycée camerounais par exemple, la communication se fait dans un contexte de langues-cultures hétérogènes ; elle est de nature interculturelle et le « cadrage didactique » (Leclercq, 2011 : 29) « plus affirmé » est forcément différent. Le contact avec la langue peut générer un choc culturel. Nous nous interrogeons précisément sur le rôle de l’efficacité d’un tel choc dans une situation d’enseignement-apprentissage de l’italien au Cameroun.

Pour étudier la communication qui se joue dans les situations d’enseignement-apprentissage de l’italien, nous avons mené une enquête auprès des enseignants d’italien des lycées et collèges du Cameroun. Cette méthode nous paraissait plus adaptée dans la mesure où sa démarche est compréhensive et s’appuie à la fois sur l’observation et l’entretien. À cet effet, nous avons réalisé des entretiens semi-directifs auprès de soixante-quinze enseignantes issues de la même école de formation (Ecole Normale Supérieure de l’Université de Maroua) et observé leur pratique mise en œuvre de l’approche par compétences au sein des séances d’enseignement en italien. Comme nous souhaitons être dans une position d’observateur qui favorise au maximum l’objectivité, nous avons choisi l’observation systématique.

L’introduction graduelle de l’APC, dans les salles de classes de langues vivantes II constitue, à notre sens, un événement d’une grande importance dans le système éducatif camerounais. En effet, la bonne compréhension de cette approche devrait défendre la consubstantialité de l’objectif et des compétences. Autrement dit, ce que nous appelons à l’école, intelligence des objectifs ou mobilisations des ressources en vue de prendre une décision, implique des changements dans la façon d’enseigner notamment, de travailler par énigmes, débats, situations-problèmes, petits projets de recherche, observation, expérimentation, le tout pour amener l’élève à s’intégrer activement dans le processus de construction des connaissances (Perrenoud, 2000). Il s’agit pour nous de chercher quelles méthodes et pratiques d’enseignement-apprentissage de l’italien peuvent permettre aux élèves de vivre dans l’interculturalité.

Dans le premier chapitre de ce livre, nous voulons interroger les différents rapports qui peuvent exister entre les théories de l’apprentissage et l’approche par compétences. Partant d’une étude de l’évolution du statut de la connaissance, nous voulons voir comment les attentes de la société et les contraintes spatio-temporelles ont non seulement contribué au développement des formes d’éducation présentes dans le monde, mais aussi permis d’engager des réflexions profondes sur l’efficacité des différentes pratiques pédagogiques utiles à l’acquisition soit des connaissances, soit des compétences.

La circonscription de ce cadre théorique a favorisé, dans le second chapitre, qui est un essai qualitatif de cette recherche, de nous intéresser aux méthodologies et au concept de langue-culture en lien avec son objet : l’enseignement-apprentissage de la langue italienne au Cameroun. C’est pourquoi une visée compréhensive de cette réflexion va nous rappeler le contexte dans lequel émerge la question de l’approche par les compétences en didactique de l’italien dans les lycées et collèges camerounais. Cela nous amènera au préalable à développer le lien entre la langue et la culture en nous intéressant d’abord à l’émergence du concept puis à celle de la discipline. Une « mise en état des lieux » de la didactique de l’italien au Cameroun sera faite, afin d’avoir les bases pour mieux cerner le processus de formation linguistique, notamment par l’intermédiaire des changements terminologiques. Avec ces derniers, nous pourrons cerner les concepts opérationnels de l’APC en nous focalisant sur la notion de compétence en didactique des langues, avec un élargissement au paradigme interculturel tout en mettant l’accent sur la rencontre altéritaire et sur la notion récente de dialogues des cultures, abordée aussi dans une approche interculturelle. L’étude des théories sur l’enseignement spécifique des langues et cultures en général, et de l’italien en particulier mettra en avant, d’une part la notion de la construction des compétences en Italien LS pour les apprenants, et d’autre part les défis à relever dans les enseignements-apprentissages de l’italien avec l’introduction, dans le système éducatif camerounais, de l’approche par les compétences (APC).

Dans le troisième chapitre, nous étudierons les théories en lien avec notre question de recherche. Premièrement, nous analyserons l’opérationnalisation de l’APC dans le système éducatif camerounais en général, et dans la didactique de l’italien LE en particulier. L’adoption de cette nouvelle doxa pédagogique dans le contexte de la réforme scolaire au Cameroun a notamment touché les aspects curriculaires dans plusieurs disciplines. C’est ainsi qu’en italien, la nécessité d’élaborer un nouveau curriculum adossé à l’APC/ESV et ses corollaires constituera une réponse à la préoccupation des principaux acteurs de l’éducation, afin de pallier aux problèmes identifiés dans l’approche par objectifs.

Le dernier chapitre expliquera notre méthodologie en justifiant nos choix pour les implications que l’approche par les compétences a au cœur des situations d’enseignement-apprentissage de l’italien au Cameroun. Nous ferons alors une évaluation a-mi-parcours des pratiques pédagogiques enseignantes selon l’APC depuis son implémentation en 2012 dans certaines disciplines et sa première mise en œuvre au début de l’année scolaire 2016/2017 dans les classes des langues étrangères en général, et de l’italien en particulier. En fait, ce chapitre permettra de savoir dans quelle mesure le changement de perspective épistémologique de l’APC pourrait aider les enseignants et les apprenants d’italien à favoriser la dimension interculturelle à l’intérieur d’une relation authentique de construction et de co-construction de savoirs et de savoirs-faire dans un contexte marqué par des conditions de pratiques difficiles.


1  Parmi les documents importants qui fixent les objectifs éducatifs sociaux prioritaires du Cameroun, nous pouvons citer la loi d’orientation du 14 avril 1998, qui, en son article 11, alinéa 1, souligne l’option que nous avons annoncée dans notre premier paragraphe en précisant que « L’Etat […] veille à l’adaptation permanente du système éducatif aux réalités économiques et socio-culturelles nationales, ainsi qu’à l’environnement international […] ». Cette loi a confirmé également, entre autres, la poursuite des objectifs suivants : « la formation des citoyens enracinés dans leur culture, mais ouverts au monde » ; nous avons aussi le Document de Stratégie de l’Education et de la Formation (2013-2020). Il se situe dans la continuité de la stratégie élaborée dans le Document de Stratégie pour la Croissance et l’Emploi (DSCE) (gouvernement du Cameroun 2009), qui a succédé au Document de Stratégie pour la Réduction de la Pauvreté (DSRP) de 2003, faisant, quant à lui, suite à la Déclaration de Stratégie de Lutte contre la Pauvreté (1998).

Chapitre I

Théories de l’apprentissage et approche par compétences