L'arbre à palabres et à récits

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En croisant leurs récits de vie sous l'Arbre à palabres, Fatimata et Christian montrent que cet Arbre interculturel, en donnant la voix aux citoyens invisibles, peut développer du lien social dans les quartiers et différentes structures associatives et institutionnelles. Les participants en exprimant leurs récits de vie oralement puis par écrit, apprennent à mieux se connaître afin de vivre et agir ensemble pour faire société, tout en mutualisant leurs savoirs et compétences.
Publié le : jeudi 1 mai 2014
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EAN13 : 9782336346410
Nombre de pages : 236
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Christian Leray Fatimata Hamey-Warou
L’ARBRE À PALABRES ET À RÉCITS
De l’Afrique au Brésil en passant par la Bretagne
Préface de Jean-Marc Vanhoutte
Histoire de Vie et Formation Collection dirigée par Gaston Pineau avec la collaboration de Pierre Dominicé (Un. de Genève), Martine Lani-Bayle (Un.de Nantes), José Gonzalez Monteagudo (Un. de Séville), Catherine Schmutz-Brun (Un. de Fribourg), André Vidricaire (Un. du Québec à Montréal), Guy de Villers (Un. de Louvain-la-Neuve). Cette collection vise à construire une nouvelle anthropologie de la formation, en s'ouvrant aux productions qui cherchent à articuler "histoire de vie" et "formation". Elle comporte deux volets correspondant aux deux versants, diurne et nocturne, du trajet anthropologique. Le voletFormationaux chercheurs sur la formation s'ouvre s'inspirant des nouvelles anthropologies pour comprendre l'inédit des histoires de vie. Le voletHistoire de vie, plus narratif, reflète l'expression directe des acteurs sociaux aux prises avec la vie courante à mettre en forme et en sens. Dernières parutions Volet :Formation Annemarie TREKKER,Le Travail de l’écriture. Quelles pratiques pour quels accompagnements ?, 2014.Bernard HONORÉ,L’Ouverture spirituelle de la formation, 2013.Marie Christine NOIREAUD,De Pondichéry à Paris, parcours de femmes en formation, 2013.Martine LANI-BAYLE, Gaston PINEAU, Catherine SCHMUTZ-BRUN (coord.),Histoires de nuits au cours de la vie, 2012. Bernard HONORÉ,La mise en perspective formative, 2012. P. GALVANI, Y. de CHAMPLAIN, D. NOLIN, G. DUBÉ (coord.),Moments de formation et mise en sens de soi, 2011. Micheline THOMAS-DESPLEBIN,Les Thomas, une faille e nombreuse en milieu rural au XX siècle, 2011. Marie-Christine JOSSO,Expériences de vie et formation, 2011. Jean-Claude GIMONET (dir.),Maison Familiale Rurale de Férolles, Les clés du devenir, 2011. Martine LANI-BAYLE (dir.), Philippe MONTAIREAU, Carole BUFFA-POTENTE,André de Peretti, pédagogue d’exception. Regards croisés sur l’homme aux mille et un rebondissements, 2011.
L’Arbre à palabres et à récits
© L’Harmattan, 2014 5-7, rue de l’École-Polytechnique, 75005 Pariswww harmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr ISBN : 978-2-343-03339-6 EAN : 9782343033396
Christian LERAYFatimata HAMEY-WAROUL’Arbre à palabres et à récits De l’Afrique au Brésil en passant par la BretagnePréface Jean-Marc Vanhoutte
Ouvrages de Christian Leray Éditions L’Harmattan Dynamique interculturelle et Autoformation. Une histoire de vie en pays gallo, Paris, L’Harmattan, col. DéfI-Formation, 1995 Brésil, le défi des communautés, Paris, L’Harmattan, col. Logiques Sociales, 1985 Éditions du Centre National de Documentation Pédagogique Études dirigées & aides à l’autoformation, Rennes, CNDP, col. Documents, Actes et Rapports pour l’Education, 1998 Éditions des Presses Universitaires de Rennes Langues en contact : Canada, Bretagne, Rennes, P.U.R., col. Cahier de sociolinguistique, 2003 Histoire de vie et dynamique langagière, Rennes, P.U.R., col. Cahier de sociolinguistique, 2000
PRÉFACE
Récits de vie interculturels, arbres à palabres et nouvelles façons d’être avec l’autre : « Fais du bien à une pierre, elle te le rendra », proverbe berbère devenu gallésien
De ces deux histoires de vie, je retiendrai deux figures propres à chacune : celle du « cousin de plaisanterie » au Niger et le picaù, tailleur de granit dans la région de Fougères en Bretagne. Les deux cisèlent la matière humaine, l’un de manière aérienne, en rendant fluides les relations entre les personnes, même lorsque les crises traversées sont semées de larmes, l’autre en transformant un bloc de granit en une œuvre pleine de légèreté qui rapproche ceux qui sont touchés par la transformation de cette pierre. Tout sépare ces deux manières de faire, et pourtant elles participent, chacune à sa façon, de l’histoire humaine. Ce sont les présents qui nous sont offerts dans ces récits. Chacun en ouvrant sur une histoire singulière, nous montre une société dans son mouvement. Chacune a sa langue d’origine, et c’est pourtant en français qu’elles s’exposent, sans rien perdre de leur identité culturelle. Ce terreau permet d’aller plus loin, de dépasser les bornes des
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origines et de s’en nourrir, pour bâtir de nouveaux projets de vie et de société.Ces deux récits de vie se sont croisés à Rennes. L’un est masculin, l’autre féminin, de cultures musulmane et chrétienne, au bout de l’Europe et dans une terre africaine, subsaharienne. Si une langue commune nous les rend proches, ils nous font percevoir, chacun dans son originalité, ce qui peut nous relier et nous faire grandir. Pour que ces récits deviennent nôtres, chaque lecteur doit se les approprier dans leur singularité, mais également dans ce qu’ils construisent de commun, l’un avec l’autre. C’est là qu’il y a besoin d’espaces de médiation. Parmi ces espaces que ces auteurs ont créés, il y a l’Arbre à palabres à Rennes, et dans son sillage, le Brésil, continent humain largement exploré par Christian Leray, porteur du premier récit, et découvert à cette occasion par Fatimata Warou. Porteuse du second récit, elle nous livre, entre deux Arbres à palabres, presque en cachette, une rencontre entre les siècles, les continents et les cultures.Ces itinéraires m’ont ému. Associé depuis peu à un Arbre à palabres sur l’esclavage, j’ai pu suivre après coup les déambulations de Fatimata dans cette ancienne capitale du Brésil, Salvador de Bahia de Tous les Saints. Terre de souffrance qui a vu arriver des milliers d’esclaves, elle reste marquée par sa négritude qui l’a transformée aujourd’hui en véritable capitale culturelle du Brésil. Fatimata ne s’y est pas trompée qui a été accueillie dans cette terre comme une sœur. Cette grande traversée, cette plongée dans un monde ultramarin de colonisation portugaise, ses ancêtres Haoussas les ont accomplies. Ils y ont laissé des traces profondes, tant par leurs descendants directs que par leurs
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cultures religieuses, musulmane, mais également animiste, qui dans le candomblé s’est syncrétisé avec la religion catholique dominante. Les arts musicaux, littéraires et les danses sont imprégnés de ce métissage, élaboré initialement dans la violence. C’est au moment où je découvre cette immersion de Fatimata à Salvador que par Facebook, une partie de ma famille de Bahia ressurgit vingt ans après mon dernier passage. Les ondes sont très fortes à Salvador et bousculent les géographies, les temps et les cultures.Ce Brésil découvert dans ces deux récits est ma clé de lecture. Il révèle un formidable mouvement d’éducation populaire, que Christian a côtoyé dès 1981 et contribué ensuite à son développement par ses séjours réguliers, d’abord dans une favela du nom de Mocoto (qui signifie pied de bétail et qui est un plat dit d’esclave, tout comme la feijoada, plat national brésilien) d’une grande ville du sud brésilien, Florianópolis. Relier d’anciens ruraux déshérités en valorisant dans le présent leur communauté d’origine avec ses savoir-faire, ouvrir ces morceaux de ville qu’ils ont bâtis à l’avenir de la cité, c’est ce puissant mouvement d’éducation populaire qui inspire le quotidien et sert de moteur au Brésil. J’en retiendrai deux traits : d’abord, dans la langue parlée, le mode subjonctif est constamment utilisé pour apporter des nuances à l’expression populaire, à Mocoto ou ailleurs, alors qu’il a disparu depuis des décennies du langage français. Ensuite dans la manière d’être : comment, après avoir subi une telle agression qu’a constitué l’esclavage, la gentillesse, le plaisir de la rencontre restent-ils des empreintes continuellement renouvelées de ce métissage brésilien et qui est au cœur de cette culture ? Christian, en nouant des liens étroits entre des communautés
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