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L'école bordelaise dans le réseau international de l'animation (2003-2013)

De
282 pages
Le présent ouvrage met l'accent sur ce que l'on peut appeler « L'école bordelaise de l'animation ». Il est constitué de certaines des productions théoriques bordelaises marquantes concernant les champs de l'animation professionnelle (avec parfois des professionnels associés), présentées lors de ces rassemblements internationaux organisés à chaque fois par des universités locales.
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L’ÉCOLE BORDELAISE DANS LE RÉSEAU INTERNATIONAL DE L’ANIMATION (20032013)
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Carrières sociales Éditions
Animation et Territoires
L’école bordelaise dans le Réseau International de l’Animation (2003-2013)
Carrières sociales éditions carrieres-sociales-editions.com/IUT CS Michel de Montaigne (Université de Bordeaux Montaigne)
Illustration de couverture : Jean-Pierre Descamps
Jean-Claude Gillet (coord.) L’école bordelaise dans le Réseau International de l’Animation (2003-2013) Préface de Jean-Pierre Augustin Postface de Pascal Tozzi
Carrières socialesÉditions
© L'HARMATTAN, 2014 5-7, rue de l'École-Polytechnique, 75005 Parishttp://www.harmattan.fr diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr ISBN : 978-2-343-02765-4 EAN : 9782343027654
Sommaire Préface. Jean-Pierre Augustin................................................................................p.7Présentation générale de l’ouvrage. Jean-Claude Gillet.......................................p.15 Colloque de Bordeaux 2003.Introduction. Jean-Claude Gillet………………..p.25Jean-Luc-Richelle. L’animation et ses contradictions comme analyseurs d’une identité plurielle…………………………………………………………………p.35Jean-Pierre Augustin. Équipements d’animation et espaces de service. D’un modèle à l’autre……………...…………………………………………....p.47Luc Greffier. Le système d’animation et ses fonctions identitaires pour les villages de vacances du tourisme social français……………………....p.57Françoise Liot. Comment (re)penser la relation du public à l’œuvre d’Art ?......p.69Éric Gallibour et Yves Raibaud. La formation des animateurs en Guyane : entre transfert de technologie et aide au développement….…..…………….......p.77 Conclusion. Jean-Claude Gillet……………………………...…………..…p.109Conclusion. Jean-Pierre Augustin…………………………………………… p.113 Colloque de São Paulo 2005.Conférence plénière. Jean-Claude Gillet……..p.117 François Vedelago. L’internationalisation des modèles professionnels : vers la constitution d’une communauté idéologique………………………….p.131Colloque de Lucerne 2007.Introduction. Jean-Claude Gillet……………….p.153 Chantal Crenn. L’animation en milieu rural : l’émergence de l’ethnicité…….p.157Colloque de Montréal 2009.Introduction. Jean-Claude Gillet………………p.169 Sylvie Ayral et Yves Raibaud. La créativité en animation à l’épreuve du genre…….……………………………………………………...p.173Jean-Pierre Augustin. Vers un système d’animation socioculturelle : synergies internationales……………………………………………………….p.183Conclusion. Jean-Claude Gillet………………………………………………..p.197Colloque de Saragosse 2011.Introduction. Jean-Claude Gillet……………...p.203 Jean-Luc Richelle. Dimensions politique, sociale et spatiale de l’animation professionnelle………..……………………p.209Frank Wehrlé. La fragilisation des publics ou l’effritement de la cohésion sociale…….......................................................p.225 Luc Greffier et Mohamed Hallali. « La fabrique du bonheur ». Projet sociopolitique de territoire……………………..……………………….p.235Colloque de Paris 2013.Conclusion. Jean-Claude Gillet…………………….p.253
1 Postface. Pascal Tozzi………………………………………………………..p.265 Index des sigles…………………………………………………………….....p.269
1  Tousles auteurs ont été ou sont membres de l’IUT Michel de Montaigne (Université Bordeaux Montaigne), comme professeurs des universités ou maîtres de conférences. Deux professionnels font partie du lot, Frank Wherlé et Eric Gallibour (intervenants aussi à l’IUT), ainsi que Mohamed Hallali. Sylvie Ayral est professeur agrégée d'espagnol, docteur en sciences de l'éducation.
Préface Le RIA, troisième acte d’une percée praxéologiqueL’animation, c’est unmonde en action et l’action sur le monde! Jean-Pierre Augustin Professeur à l’Université de Bordeaux (ADES, UMR 5185 du CNRS)Président de l’observatoire national des métiers de l’animation et du sportde 2002 à 2011(ONMAS) Le sous-titre de cette préface peut paraitre ambitieux et démesuré, mais comme le dit Jean-Claude Gillet en citant un proverbe kazakh :Seul le diable ne rêve pas! Nous partageons avec Jean-Claude Gillet, dans une vraie complicité depuis la fin des années 1980, des utopies concrètes et actives sur les formes d’action collective, leur mise en œuvre et leur théorisation. Sans avoir sa faconde pour les citations, je ne peux m’empêcher de convoquer quelques auteurs qui nous rassemblent: Edgard Morin,Nous avons besoin d’idées pour commencer le réel; Régis Debray,Entre une pratique sans tête et une théorie sans jambes, il n’y aura jamais à choisir; François Dubet,Comment faire de la musique ensemble, tout en restant soi-même ; ou quelques citations anonymes qui nous rapprochent :The future belongs to those who beleive in the beauty of their dreams ouencore,L’animation ce n’est pas remplir un vase, mais allumer un feu!Les métaphores illustrent la capacité à compresser les espaces mentaux, elles ne sont pas seulement des figures de style, mais reposent sur l’aptitude à mettre en relation les expériences vécues et à donner cohérence aux représentations que l’on s’en fait car les écrits n’existent que par le sens que nous leur accordons. Au-delà des citations et métaphores porteuses,nous partageons l’idée d’une animation qui s’impose, surtout depuis les années 1960, comme un système d’action et de développement culturel jouant sur le triple registre de la régulation, de la promotion et de la contestation sociale dans des situations où les enjeux sont à la fois culturels, sociaux, économiques et politiques. L’animation se présente comme une praxisliée aux formes d’actions du passé, mais restant ouverte à un avenir, à une historicité; elle s’inscrit dans un mode d’intervention valorisant, à côté des marchés liés à la mondialisation économique, un tiers secteur fondé sur des associations, des groupes communautaires, des ONG et plus généralement sur l’économie sociale et solidaire. Ce tiers secteur, au-delà du désenchantement du monde oud’une vision surfaite de l’activisme social et culturel, offre des perspectives de proposition, d’innovation et de résistance qu’il convient de valoriser dans des synergies internationales. Nous partageons aussi le refus de considérer, comme trop de théoriciens, que le pire ennemi des sciences humaines, c’est le vécu, le donné direct et le concret et nous ne croyons pas que la «connaissance »que chacun a des autres et des
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groupes, est une «méconnaissance »qui voile nécessairement la réalité de la structure sociale et de son fonctionnement. Nous pensons au contraire, dans une version humaniste phénoménologique n’ayant plus peur de sa subjectivité, que, même si l’approche structuraliste est incontournable, les actions d’animation innovantes restent possibles; elles s’inscrivent toujours dans une dynamique faite d’interactions et de rétroactions et dans une dialogique active, car le rôle des acteurs et des opérateurs reste au centre des interprétations et des projets en actes. Cette approche à la fois théorique et empirique, inductive et déductive, cherche à montrer comment l’animation et les pratiques qu’elle induit sont indissociables d’enjeux contemporains spécifiques.Nous pensons enfin que le champ de l’animation est encore un des lieux où, malgré les contraintes, les ressources de la liberté peuvent être présentes dans les têtes de ceux qui y participent. L’animation est potentiellement inventive, créative, imaginative, et parfois encore irrespectueuse de l’ordre établi. C’est en ce sens qu’elle est un désordre fructueux, c’est-à-dire l’appel à un autre ordre social, plus juste, plus démocratique et aussi plus festif. L’animation est un lieu d’expérimentation culturelle, préoccupée par les contingences de l’histoire réelle et des nécessités de la conjoncture, et l’animateur un stratège, un acteur de lapraxis, lucide et persévérant dans l’espérance.Voilà, trop vite résumés, quelques éléments que l’on retrouve dans nos travaux respectifs ou conjoints, depuis près de trente ans, et qui restent un fil rouge de nos réflexions et communications dans le Réseau international d’animation (RIA) depuis dix ans. Nous sommes accompagnés, avec bien des nuances et la liberté accordée à chacun, par un groupe de praticiens et de chercheurs qui ont consolidé notre entreprise et gèrent maintenant les lieux institutionnels, tout en renouvelant par leurs écrits et leurs actions les fondements de ce que l’on appelle de l’extérieurl’école bordelaise de l’animation.Avant d’en préciser quelques caractéristiques et son ouverture internationale, il convient d’en rappeler la genèse institutionnelle: une pièce de théâtre en clin d’œil à nos collègues, artistes engagés, qui restent au centre de la démarche pédagogique; d’autres en fourniront un scénario différent car chacun écrit sa pièce…, mais pour nous, trois actes sont déjà en partie joués. Premier acte : la matrice fondatrice L'initiative en 1967 de la création à Bordeaux du premier Institut universitaire de technologie (IUT) ouvert en France en direction des métiers de services revient à Robert Escarpit, professeur d’université, éditorialiste au journalLe Mondeet militant à la Fédération des œuvres laïques de la Gironde (FOL33). Cela explique qu’il propose l’ouverture de deux départements, l’un versles formations de journalistes,l’autre vers les formations d’animateurs socioculturels. L’initiateur, président de la FOL33 au début des années 1960, n’a jamais caché ses affinités avec la pensée marxiste et, après avoir créé le Cercle laïque des étudiants de
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Bordeaux, il est un des principaux organisateurs d’un colloque co-organisé, en 1963, par la Ligue de l’enseignement, la FOL33 et le Cercle laïque des étudiants de Bordeaux sur le thème laïcité et marxisme.Ce colloque rassemble une trentaine d’intervenants, universitaires et militants, issus du mouvement laïque et du Centre d’études et de recherches marxistes (CERM). À côté d’une quinzaine de Bordelais, une quinzaine de Parisiens, membres de la Ligue de l’enseignement et du CERM, prennent la parole au cours de débats proposés sur la nécessité du combat laïque, la lutte des classes, la culture populaire et le rationalisme. Les actes du colloque sont publiés dans le n°30 (1963) desCahiers de l’Éducation Permanente, la revue de la Ligue de l’enseignement. Sans revenir sur l’ensemble des communications, on peut souligner les propos de Robert Dader, secrétaire national de la Ligue, après avoir été secrétaire de la FOL33, et qui sera ensuite chef de département carrières sociales de Bordeaux. L’auteur affirme la nécessité de maintenir la laïcité dans l’université et surtout dans les formations d’animateurs socioculturels dont la profession s’organise.Ses propos s’inscrivent dans le jeu de concurrence des réseaux sociopolitiques en France et déjà pointe, pour les tenants du courant laïque, la nécessité de formations universitaires vis-à-vis de l’éducation populaire et de la jeunesse. D’autres interventions soulignent l’urgence de prendre en compte les outils du marxisme pour une analyse de la société et des cultures populaires. Ce colloque peut être présenté comme une anticipation à la création de l’IUT de Bordeaux. Près d’une dizaine des participants au colloque sont cooptés par Robert Escarpit pour devenir enseignants chercheurs ou intervenants à l’IUT à partir de 1967. Parmi eux, outre Robert Escarpit, on retrouve Robert Dader, Robert Salles, Gilbert Mury (agrégé et secrétaire du CERM), Michel Téboeuf (vice-président du Cercle laïque des étudiants), Henry Gonthier (secrétaire de la FOL33 et futur président de l’IUT pendant 15 ans). D’autres enseignants seront progressivement nommés à l’IUT pour diversifier la composante affinitaire du corps enseignant (Jean-Pierre Nercam, Louis Montillet, Roger Bonne, Monique Surel, Jacques Saraben, Jeannette Lemainque, Mady Dezon, Roger Bismuth, Jean-Pierre Augustin, Christine Van Elsuvé, Pierre Pommier, Patrick Aubry…), mais le noyau initial des membres cooptés marque pour plusieurs décennies les fondements affinitaires de l’institution. Fondements qui se distinguent d’autres courants de pensée majoritaires dans les Instituts de formation des travailleurs sociaux (IRTS). Mais la création de l’IUT s’inscrit aussi dans l’émergence du concept d’animation lié aux mutations de la société française dans les années 1960. C'est donc dans ce contexte qu'à l'initiatived’une équipe d'enseignants et de professionnels de l'animation, et avec le concours d'Henri Lagrave, professeur d’université et président de la Fédération régionale des Maisons de jeunes et de la culture (MJC), se met en place, à titre expérimental, la première formation universitaire d'animateurs socioculturels. La cohésion de l'équipe pédagogique
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