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L'enseignement public dans la Révolution française

De
256 pages
La Révolution, à travers les disputes de ses législateurs, a porté très haut la question de l'instruction et de l'éducation des citoyens. La fin misérable de ce moment fondateur a abouti à une institution vouée à satisfaire l'individualisme, celui dont Tocqueville a signalé le péril, après que Benjamin Constant en eut fait la pierre de touche de la "liberté des Modernes". L'Empire et la Monarchie de Juillet n'ont fait que légitimer l'abandon du grand projet révolutionnaire. C'est de ce projet et des objections qui lui ont été faites qu'il est question ici.
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À la recherche des sciences sociales
A la recherche des sciences sociales Collection dirigée par Philippe Riviale et Bruno Péquignot
Cette collection veut faire connaître au lecteur d’aujourd’hui, étudiant, enseignant, chercheur, ou curieux des chemins divergents pris par cet ensemble, que nous nommons aujourd’hui sciences sociales, des ouvrages, et donc des auteurs méconnus. Que ces ouvrages soient méconnus ne veut pas dire qu’ils sont médiocres. Encore moins sont-ils dépassés. Car une discipline, science ou pas, se bâtit sur une succession de bifurcations. Elle laisse de côté des pensées, qui avaient fait sens dans un contexte socio-historique basculé depuis dans le bas-côté. Là, parmi les vestiges innombrables du passé, on peut reconstituer, à la façon de l’archéologue, des voies ébauchées, des espoirs perdus, des tentatives trop précoces pour leur temps, des cris de révolte au nom de principes, que jamais on n’aurait dû oublier. On trouvera aussi les précurseurs de la liberté du commerce, de l’apologie de la propriété, des apôtres de la différence sociale. Ceux-là avaient été mis au placard pour la gêne qu’ils auraient causée, parce qu’il est des choses qu’on fait, et qui ne sont pas à dire. Ces auteurs, ces pensées, ne s’inscrivent pas dans unehistoire des idées, entreprise perdue d’avance par ses présupposés mêmes : qu’il y ait un sens et une continuité dans les idées, que l’histoire sociale résulte d’une accumulation intellectuelle, chaque contribution appelant la suivante. Des auteurs ont été en vérité retenus, parce qu’ils convenaient. On entendra par là que le savoir académique pouvait s’édifier sur ces piliers-là. Aussi ont-ils été métamorphosés en lieux de mémoire, en patrimoine commun, en convention. L’objectif de cette collection est de rappeler à nous les pensées écartées, les auteurs qu’on ne connaît que par leurs critiques, c’est-à-dire généralement leurs censeurs, qui les ont pesés et jetés à la fosse, trop légers pour la lourdeur dugros animalqu’est le social ou trop lourds pour être soutenus par la légèreté d’un temps insouciant, qui ne voulut pas porter son fardeau.
Déjà parus
Philippe RIVIALE,Babeuf le tribun. Essai sur le journal Le Tribun du peuple, 2014. Philippe RIVIALE,La Révolution française dans l’infortune de la finance, 2013.Philippe RIVIALE,Lamennais, de la différence en matière de religion, 2006. Philippe RIVIALE,Les infortunes de la valeur, 2006. Philippe RIVIALE,Le gouvernement de la France 1830 - 1840, 2005. Philippe RIVIALE,L’État réformateur, État conservateur, 2005.
LENSEIGNEMENT PUBLICDANS LA RÉVOLUTION FRANÇAISE
© L’Harmattan, 2015 5-7, rue de l’École-Polytechnique, 75005 Pariswww.harmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr
ISBN : 978-2-343-06239-6 EAN : 9782343062396
Philippe Riviale
L’enseignement public dans la Révolution française
* Commentaire philosophique
Sommaire
Johann Fichte, auteur des Considérations destinées à rectifier les jugements du public sur la Révolution française............................................... 13
Rappel historique ............................................................. 17
La cit n’est pas mat rialisme ......................................... 33 ï é é
Projet et contre-projet ...................................................... 47
Un vrai philosophe, Joseph-Marie Lequinio................... 55
Un peuple nouveau ?........................................................ 71
Le projet de Michel Lepeletier......................................... 75
Le projet de Gilbert Romme ............................................ 89
L’homme perfectible ? ................................................... 123
La leçon de Fichte .......................................................... 129
Des droits et devoirs des citoyens .................................. 137
Antithèse : l’éternel présent ........................................... 153
Lakanal, an 3: la liberté, un patrimoine à conserver ..... 161
De l’éducation ................................................................ 165
De la séparation: âges et hiérarchies .............................. 175
LENSEIGNEMENT PUBLIC DANS LA RÉVOLUTION FRANÇAISE
Le public et le privé ....................................................... 187
M. Guizot ou la sagesse des nantis ................................ 195
L’Élite et la foule ........................................................... 205
Index .............................................................................. 217
Notes .............................................................................. 223
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« Ce sont les instituteurs de la jeunesse & les écrivains philosophes qui font marcher les nations àla liberté, comme c’est le faux savoir, le bel esprit & l’ignorance qui les précipitent dans l’esclavage. »Gilbert Romme,Rapport sur l’instruction publique, 1793.
« Je parle àdes hommes qui devraient m’entendre; oùest l’égalité? dans le cœur de tous ceux qui voudront y croire. Mais combien peu le font encore! Les uns ne le veulent pas et les autres ne l’osent vraiment pas; je ne parle point de cette égalitéde droits établie par la nature, consacrée par la Déclaration des droits de l’homme et reconnue maintenant en France par la loi; celle-làn’est pas douteuse, et cependant elle ne sera presque rien tant que l’égalitémorale n’existera point; tant que l’un se croira plus grand et l’autre plus petit; tant que l’homme couvert de bijoux et de magnifiques habits, s’estimera plus que l’homme vêtu modestement ou même couvert de haillons; tant que le savant aura la vanitéde se priser plus que l’humble manouvrier qui le sert, ou le laboureur ignorant qui le nourrit, et tant que ceux-ci conserveront pour le docteur arrogant ce ridicule respect qui n’est que le fruit de leur pusillanimité; tant que l’homme riche aura la fureur de se croire davantage et le pauvre la simplicitéde se croire moins ». Les préjugés détruits, par J. M. Lequinio, membre de la Convention nationale et citoyen du Globe, 1er janvier, l’an 2 de la République, seconde édition. Lequinio, grand propriétaire et juge au tribunal de Vannes fut décrétéd’accusation le 21 thermidor an 3.
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