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L'enseignement universitaire et supérieur au Congo-Kinshasa

De
107 pages
Le débat sur la bonne gouvernance et la reconstruction nationale du Congo-Kinshasa ne peut en aucun cas négliger la problématique sur la formation de la jeunesse. Comment offrir aux jeunes Congolais des perspectives à la question du sens, à la réflexion et à la conviction personnelle ? Le système éducatif congolais conduit-il les jeunes à une "nouvelle naissance" comme adultes et responsables ? Les universités congolaises comportent-elles en elles-mêmes la promesse d'une vie après la formation ?
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L'ENSEIGNEMENT UNIVERSITAIRE ET SUPÉRIEUR AU CONGO-KINSHASA
DÉFIS ET ÉTHIQUE

Léon MATANGILA MUSADILA

L'ENSEIGNEMENT UNIVERSITAIRE ET SUPÉRIEUR AU CONGO-KINSHASA
DÉFIS ET ÉTHIQUE

L'Harmattan 5-7, rue de l'École-Polytechnique 75005 Paris FRANCE

L'Harmattan Hongrie Hargita u. 3 1026 Budapest HONGRIE

L'Harmattan Italia Via Bava, 37 10214 Torino ITALIE

Espace L'Harmattan Kinshasa 24, avenue Moineau Kitambo

R.D.C.

- Kinshasa

du même auteur La catégorie de lafaute chez les Mbala (Bantous) : Paul Ricœur en question, Paris, L'Harmattan, 2000. Pour une démocratie au Congo-Kinshasa, Paris, L'Harmattan, 2001. « Multipartisme et opposition politique congolaise: illusion ou réalité », dans Alternative, n08-9, Kinshasa, Editions CEDI, décembre 2002, pp. 27-32 email: matangilamusadilaahoo.fr

cg L'Harmattan,

2003

ISBN: 2-7475-4688-8

(~e livre est dédié à Georges-Henri Matangila, Raymond et Marie-Louise Vatier, Jean et Monique Ménard, Hector et Marie-France S1mith, Jean-François et (~atherine Bailly, Dont les soutiens et l'affection me donnent des raisons d'espérer.

REMERCIEMENTS

Toute ma gratitude se tourne vers tous ceux qui, de loin ou de près, d'une manière ou d'une autre, ont soutenu mon effort dans la réalisation de ce livre et me témoignent une affection particulière. Je pense à Maman Justine Matangila Mikubu. Je suis très reconnaissant aux professeurs Françoise Bonardel et Georges Ngal qui n'ont jamais ménagé leur temps pour m'aider à progresser et dont les conseils me sont précieux. Que les professeurs Jean-Claude Biebie, Pierre Mutunda Mwembo, Octave Kamwiziku, Mbongo-pasi, Kutumisa, Ndelo et Kaumba, les Editions L'Harmattan, soient remerciés pour l'amitié et la fraternité qu'ils me réservent. Je suis redevable à mes parents, Fernand Matangila et Henriette Lunzeyi dont les sacrifices et les privations ont permis mon accès à l'humanité. Mon affection et mon meilleur souvenir à tous les amis qui m'ont soutenu de façon particulière: Côme Khonde, Raymond et MarieLouise Vatier, Jean et Monique Ménard, Jean-François et Catherine Bailly, Bernard et Dominique Hollebeke, Marie-France et Hector Smith, Stéphane Smith, Dr Pascal Muyambo. Merci à tous les miens: Games Ngunza Benga, Elise Mikubu, Lombo Daddy, Milly et Jean-Jacques Lubuma, les familles Matangila, Kipotika, Musadila, Mubwakindu, Ngoma, Kiweme, Mulatre, Shialuka, Kasay, Mukombo, Sahumba, Mikubu. Que soient remerciés tous les amis dont les souvenirs restent gravés dans mon cœur et que ces pages ne peuvent contenir.

INTRODUCTION GÉNÉRALE

A l'orée du troisième millénaire, la problématique sur la reconstruction de l'Afrique en général et de la République Démocratique du Congo en particulier se pose avec acuité. Tout se passe comme si les cinquante premières années de l'indépendance du continent africain ne pouvaient donner droit de cité qu'à un afro-pessimisme. En effet, le bilan hérité de la gestion du continent en général nous interpelle. La situation économique, politique comme social est dégradée: le chômage, le non versement des salaires, le sida, la prostitution, la drogue, la corruption, l'impunité, bref l'institutionnalisation des antivaleurs. Comme si cela ne suffisait pas, les génocides, les guerres, les rébellions, le pillage des patrimoines nationaux notamment des matières premières, l'émigration des intellectuels africains pour l'Occident surtout, aggravent encore la situation. De fait, la République Démocratique du Congo notamment est en état de délabrement généralisé. Sa reconstruction me semble être un devoir moral. Peut-on envisager une reconstruction nationale et africaine sans prendre en compte la problématique de l'encadrement et de la formation de la jeunesse? L'échec des premières années des indépendances des pays africains ne réside-t-il pas aussi dans l'impréparation des cadres? Le débat sur l'éducation de la jeunesse n'est-il pas celui de toute cité qui veut une fondation durable? Mon investigation a pour pierre de touche l'enseignement universitaire et supérieur au Congo-Kinshasa: défis et éthique. En effet, la problématique sur la bonne gouvemance et la pérennité d'une société ne peut en aucun cas négliger le débat sur l'éducation et la formation de la jeunesse. Cette conscience universelle et commune se vérifie non seulement dans l'Antiquité grecque, mais aussi dans l'Afrique traditionnelle. En effet, l'initiation traditionnelle, congolaise notamment, est cette école de la vie et pour la vie, ce processus de formation à la responsabilité, cette voie d'accès à l'univers des adultes et à la « citoyenneté responsable ». Elle forme à I'humanité et touche les questions essentielles de la condition humaine. De son origine latine, le mot initiation désigne un commencement. Pour les Grecs, le terme initiation évoque la nouvelle plante, celle qui vient de germer du grain enfoui en terre. Ils font ainsi se rencontrer les Il

mots être initié et mourir. L'initiation comporte au sens étymologique grec l'idée de perfection et d'achèvement de sa vie. Ainsi, de son origine grecque ou latine, l'initiation est une modification radicale du statut ontologique: « on comprend généralement par initiation un ensemble de rites et d'enseignements oraux qui poursuit la modification radicale du statut religieux et social du sujet à initier (...) Philosophiquement parlant, l'initiation équivaut à une mutation ontologique du régime existentiel. A la fin de ces épreuves, le néophyte jouit d'une toute autre existence qu'avant l'initiation: il est devenu autre (...) L'initiation introduit le novice à la fois dans la communauté humaine et dans le monde des valeurs spirituelles. Il apprend les comportements, les techniques et les institutions des adultes, mais aussi les mythes et les traditions sacrées de la tribul ». L'initiation traditionnelle assure le passage de l'homme du statut d'enfant à celui d'adulte, d'homme responsable. Elle initie les jeunes à découvrir une façon nouvelle de regarder les choses, le monde, l'homme et d'agir. Dès lors, l'initiation apporte aux jeunes les capacités de réponse face aux exigences de la vie quotidienne ~ elle leur procure les possibilités de prise en charge de soi par soi et des autres par soi. Par l'initiation donc, on cesse d'être puéril et on acquiert un nouveau statut social. L'initiation sert ainsi à « permettre à un homme de transcender son état, d'accéder à un statut radicalement différent de celui qui était auparavant le sien, étant bien entendu que, quels que soient les avantages sociaux qui peuvent découler éventuellement de ce nouvel état, ils ne sont pas l' essentiel2 ». Consciente de l'importance de l'encadrement et de la formation de la jeunesse, la politique congolaise en matière d'éducation a favorisé, jusqu'aux années 70, les conditions de travail et de vie qui ont poussé à la motivation pour la recherche scientifique et à l'initiation des jeunes aux valeurs. Malheureusement, le contexte congolais, depuis les années 70, ne permet plus une formation des jeunes à la vie et pour la vie, disons à la responsabilité, à la réflexion, au jugement, à la critique, à l'effort et à l'humanité. Ce qu'il faut bien voir, c'est que la culture même de l'excellence s'est presque perdue de nos jours pour laisser la place à la civilisation des antivaleurs.
l ELIADE M., Naissances mystiques, Paris, 1959, p. 10. 2 VIERNE S., Initiation et imagination créatrice, thèse complémentaire pour le doctorat lettres, Université des langues et lettres de Grenoble, Grenoble, inédit, 1972, p. 71.

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