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Sous la direction de Marie-Françoise FAVE-BONNET
L’ÉVALUATION DANS L’ENSEIGNEMENT SUPÉRIEUR EN QUESTIONS
SAVOIR
ET FORMATION Série Enseignement supérieur
Introduction Evaluations tous azimuts… Marie-Franoise Fave-Bonnet Evaluation, assurance-qualit, accrditation, habilitation, palmars… Ce vocabulaire est relativement nouveau dans l’enseignement suprieur. Des procdures d’valuations existent pourtant depuis longtemps dans l’enseignement suprieur : valuation de la recherche (laboratoires, chercheurs, appels d’offre), valuation des tablissements (CNE), valuation lors des recrutements et des promotions, etc. Ce qui change, c’est la place de plus en plus importante de l’valuation dans l’ensemble des activits des tablissements, des enseignants et des chercheurs, et plus largement, dans les politiques de l’enseignement suprieur, en France, en Europe et dans le monde. L’valuation est ainsi au cœur des politiques europennes, des politiques publiques en France, de la gouvernance des tablissements, de la recherche et de l’enseignement. Elle se prsente comme un tissu complexe d’organismes et de structures d’valuation internes et externes, d’valuateurs et d’valus, aux rfrentiels et critres varis. Analyser cette complexit permet de dgager les changements de politiques et de missions en cours dans l’enseignement suprieur. Une journe d’tudes Lorsque le comit scientifique du RESUP (Rseau d’tudes sur l’Enseignement SUPrieur) a dcid, mi-2008 de programmer une journe d’tude sur l’valuation dans l’enseignement suprieur, il s’agissait de confronter les analyses pour comprendre les nouveaux
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enjeux de l’valuation dans l’enseignement suprieur. L’objectif de cette journe d’tudes tait de faire le point sur les recherches actuelles sur l’valuation dans l’enseignement suprieur en France, comme le RESUP 1 le propose sur un certain nombre de thmes depuis 2002 . Mme si cette journe d’tudes n’avait pas de vocation internationale, les communications sur les recherches menes dans d’autres pays permettraient d’clairer les processus  l’œuvre. L’objectif tait, en effet, de faire le point sur un champ peu travaill, ou plus exactement travaill  la marge, ou de faon disperse, en tout cas en France, comme nous le verrons. Ce choix tait quelque peu prmonitoire, puisque depuis plusieurs mois, l’valuation est au cœur des dbats et des controverses qui agitent l’enseignement suprieur  propos du dcret sur le statut des enseignants-chercheurs, des valuations de l’AERES, etc. Pour resserrer quelque peu le vaste champ de l’valuation dans l’enseignement suprieur, nous avions exclu l’valuation des tudiants, sachant qu’il existe trs peu de recherches en France. Le rcent rapport 2 de l’IGAEN (2007) montre pourtant que cette question est centrale pour mesurer la qualit des diplmes… Nous avons propos trois axes d’entre dans l’appel  communication, qui correspondent aux questions de recherche qui nous semblaient intressantes  travailler : Les dispositifs d’valuation Une premire « entre » part del’analyse d’un dispositif d’valuation prcis: Quel est le contexte d’mergence de ce dispositif d’valuation (approche historique et institutionnelle) ? Quels sont les objectifs (implicites et explicites) ? Quels types d’valuation mobilise-t-il ? Quelles instances, quels mandats, quels experts ? Quels sont les mthodes, les critres et indicateurs quantitatifs et qualitatifs ? Y a-t-il des problmes, des obstacles, des rsistances, et pourquoi ? Quels sont les rsultats et les effets de l’valuation ? A ct des organismes d’valuation « classiques » (CNE, AERES, IGAENR, CNU, CNER, CoNRS, etc.) ou des agences d’accrditation (EQUIS, AACBS…), il serait intressant d’tudier d’autres dispositifs en1 Voir la prsentation du RESUP en fin de cette introduction. 2 IGAEN (2007) :L’valuation des tudiants  l’Universit : point aveugle ou point d’appui ?, Rapport n 2007-072, juillet 2007, 77 p. 8
mergence : auto-valuation de formations, entretiens d’valuation des personnels administratifs et techniques, valuation-conseil…, ainsi que les procdures de mise en œuvre de normes ISO, de chartes et de rfrentiels qualit, de labels, etc.Les tablissements, acteurs et objets d’valuation Une deuxime entre consiste  analyser l’valuation comme une des activits des tablissements d’enseignement suprieur : il s’agit l d’apprhenderl’valuation comme systme. Pendant de nombreuses annes, dans les tablissements, les valuations des laboratoires, des formations, des personnels… taient spares. La tendance est aujourd’hui, en particulier avec la mise en place de l’AERES,  lier les diffrentes procdures. Quelles en sont les consquences sur la « gouvernance » des tablissements, sur les financements lis  ces valuations, sur les productions de recherche, sur l’offre de formation, sur le recrutement des personnels… ? Par ailleurs, les tablissements sont pris dans des systmes d’valuation au niveau mondial : c’est le cas pour les publications et les brevets, mais c’est aussi aujourd’hui pour l’ensemble des tablissements avec des classements (comme celui de Shanghai) ou des palmars. Quelles sont les incidences sur les politiques au niveau national (par exemple les PRES) et  l’intrieur des tablissements ? Les acteurs Enfin, une troisime entre peut se centrer sur les acteurs de l’valuation, qu’ils (ou elles) soientvalu(e)s ou valuateurs(-trices) : enseignant(e), chercheur, tudiant(e), personnels, experts… Qui value, comment, avec quels objectifs ? Qui sont les experts, leurs statuts, leurs rles, leur lgitimit, leurs formations ? Quelle est la place des valu(e)s dans le processus ? Quelles sont les consquences, au sein de la profession acadmique, entre valuateurs et valus, entre ceux qui dfinissent les critres et ceux qui les subissent, etc. ? Quelles stratgies, quelles rsistances, quelles connivences sont mises en œuvre lors des valuations ? Quels sont les effets de l’valuation sur les acteurs et les institutions ?
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