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L'orientation des jeunes en Afrique

De
220 pages
Depuis 1995, les instances internationales ne cessent de proposer aux pays africains de mieux préparer les jeunes à faire face aux bouleversements de ces dernières décennies. Avec insistance, elles soulignent la nécessité de mettre en oeuvre dans chaque pays un système d'orientation et de conseil rénové, apte à assurer le développement global de leur population, avec un accent particulier sur les filles et les femmes.
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L’orientation des jeunes en Afrique
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Lorientation des jeunes
en Afrique
 
 
 
Enseignement et éducation en Afrique Dirigée par Magloire KEDE ONANA  En ces temps de crise généralisée, lAfrique, comme beaucoup dautres continents de la planète, traverse des moments extrêmement difficiles dans tous les secteurs dactivités. Au plan de son secteur éducatif objet de nos investigations, la crise ne cesse dassombrir la vie des différents acteurs de nos communautés éducatives : les parents pour la plupart démissionnent chaque jour devant leurs responsabilités ; les enseignants qui pourtant ont entre autres tâches celles dexercer dans les jeunes esprits la faculté de penser et de développer en eux le sentiment de la valeur de lhomme deviennent de plus en plus comme des bouches inutiles. Premiers passeurs culturels, ils ont toujours du mal à affirmer leur autorité devant une jeunesse devenue esclave dans lusage de nouveaux moyens sophistiqués de diffusion de la seule culture moderne. Une telle situation installe tous les acteurs ainsi désignés dans un malaise profond, accentué par leur porte-monnaie qui ne répond plus à tous les défis. La conséquence au niveau des apprenants va être la langueur, la désertion, langoisse ou la phobie permanente des échecs et le désenchantement sur les lendemains de lécole. Pour sélever au-dessus de toutes nos limitations, lalternative qui semble simposer à nous tous cest : créer ou disparaître. Nous devons pour ainsi dire nous employer à la production radicale de nouvelles manières de voir, de faire et dêtre ; autant dorientations et de combinaisons originales sous leffet desquelles un nouveau re-décollage est possible au risque de devenir comme des balafons crevés. Une telle entreprise nécessairement collective doit donc souvrir et nous ouvrir aux autres, parce quelle contribuera à mesurer désormais lavenir de nos Etats à leur capacité de stimuler lintelligence de leurs concitoyens. Cest suite à ce constat et surtout sous limpulsion des Editions LHarmattan, que lidée de créer la collection « Enseignement et éducation en Afrique » sest imposée.  Déjà parus   Alphonse Zozime TAMEKAMTA (dir.), Lillusion démographique, La natalité africaine entre fatalisme et optimisme , 2013. Alphonse Zozime TAMEKAMTA (dir.), Propos sur lAfrique , 2013. Alphonse Zozime TAMEKAMTA et Jean KOUFAN MENKENE (dir.), Le Cameroun au 21 e siècle, Lurgence dune révolution verte , 2013. Adou APPIAH, Le syndicalisme en Afrique subsaharienne. Lexpérience de la Côte dIvoire , 2012. Essomba FOUDA, Réforme, emploi et développement dans les systèmes éducatifs dAfrique noire. Le cas du Cameroun , 2012.  Jackie FOURNIOL, Lenseignement technique et professionnel au Congo-Brazzaville , 2011.  
                            
 
Richard OKENE         Lorientation des jeunes en Afrique   
Préface de Raoul Boniface Kassea
Du même auteur  
 Défis et perspectives de lOrientation-Conseil au Cameroun , LHarmattan, 2009  
 
                               © LHarmattan, 2013 5-7, rue de lEcole-Polytechnique, 75005 Paris  http://www.librairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr  ISBN : 978-2-336-30088-7 EAN : 9782336300887  
Préface
Le monde change du point de vue économique, sociopolitique, écologique et culturel. LAfrique néchappe pas à cette règle du changement. Ces dernières décennies, les populations africaines ont vécu toutes sortes de mutations avec plus ou moins de bonheur. Aujourdhui, celles qui en pâtissent ou qui se voient en déphasage sont les plus nombreuses. Il sagit notamment dune multitude denfants, dadolescents et dadultes des villes et des villages. Ces personnes sont désemparées pour navoir pas été suffisamment préparées, à un moment ou à un autre de leur vie, à affronter les bouleversements actuels. Elles sont submergées par des problèmes dordre personnel, social, académique ou professionnel, de plus en plus, nouveaux et complexes. La faute ne saurait être attribuée à eux seuls. Les différents acteurs éducatifs y ont aussi leur part de responsabilité. Aujourdhui, la plupart des familles narrivent pas à sajuster ; lEglise ne sécurise pas toujours ; les milieux de travail naident pas assez les travailleurs à mieux saccomplir ; lécole reste un milieu rigide et peut ouvert ; lorientation scolaire, universitaire et professionnelle y apparaît chaotique et, pour certains, un luxe ou une simple préoccupation des pays nantis transposée en Afrique. Aussi, la sonnette dalarme a-t-elle été tirée par lU.N.E.S.C.O.lors de la Conférence Mondiale sur lÉducation Pour Tous (E.P.T.) à Jomtien en Thaïlande en 1990 étant donné limportance de la population mondiale vivant en marge de la mouvance du développement. De même, à la 28 ème  session de la Conférence Générale de lU.N.E.S.C.O. à Paris en 1995, les femmes alors ministres de léducation dAfrique ont réussi à faire entendre leur voix. Elles ont proposé, comme lune des solutions aux problèmes des jeunes en particulier, dintroduire dans les systèmes éducatifs africains un Programme approprié dOrientation, de Conseil et de Développement de la Jeunesse ou de le renforcer là où il existe déjà. Ce Programme sest avéré apte à répondre également aux besoins des jeunes déscolarisés ou marginaux, des femmes et des hommes adultes de
tous les âges. Il met un accent sur la fille et la femme sans pour autant négliger le garçon et lhomme âgé. Désormais, lorientation ne vise plus seulement à aider les individus à se connaître ; à sinformer sur les réalités des milieux éducatifs, de formation professionnelle et de travail ; à prendre des décisions et à opérer des choix judicieux dorientation scolaire, universitaire et professionnelle. Lorientation sinscrit, dorénavant, sous langle dune approche holistique. Dans celle-ci, aucun problème individuel ou social nest négligé. Cest cela lorientation-conseil ou lorientation intégrale dont les principales composantes sont au nombre de quatre à savoir : apprendre à apprendre, apprendre à travailler, apprendre à être, apprendre à vivre ensemble. La présente production intitulée « Comprendre lorientation intégrale » vient donc fort à propos faire certaines mises au point et aider à aller de lavant. Le livre de M. Okené Richard est effectivement le fruit dune analyse soutenue et des recherches minutieuses, luvre dun conseiller dorientation rompu à la tâche et ayant participé personnellement à la plupart des phases de la mise en place et en uvre du Programme dOrientation, de Conseil et de développement de la jeunesse en Afrique francophone depuis la réunion de Bamako au Mali en 1996. Sa conviction est claire et univoque : lorientation intégrale sera, de plus en plus, au cur des politiques déducation, de formation professionnelle et demploi en Afrique, au risque dhypothéquer sensiblement son développement durable.  
 
Dr Kassea Raoul Boniface Conseiller dorientation Psychosociologue Enseignant à lEcole Normale Supérieure de Yaoundé
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Introduction
Aucune qualification formelle nest requise pour être une mère ou un père denfant. Il suffit, tout simplement, davoir une bonne maturité physiologique et une santé satisfaisante. Lenfant qui naît de la relation entre un homme et une femme peut être attendu, désiré ou rejeté. Quel que soit le cas, cet enfant vient au monde sans que lon sollicite au préalable son avis. Il est, par conséquent, en droit dattendre de ses géniteurs une prise en charge complète. Celle-ci est nécessaire car lenfant vient au monde fragile et totalement dépendant des personnes de son entourage. Il natteindra son autonomie que progressivement et avec lâge. Lacte de la procréation draine donc avec lui de lourdes responsabilités. Que les parents soient préparés à leur mission ou non, il leur revient de soccuper de leur enfant ; dêtre attentifs à son endroit, de lentourer de soins, de lencadrer, de linitier à la vie, de laccompagner et de le soutenir à chaque instant et surtout pendant les moments difficiles. Cet accompagnement nest pas de tout repos. Il est continu. Il exige du temps et plusieurs autres ressources. Il consiste à mettre à la disposition de lenfant un maximum dinformations, à lui administrer des soins, à lui prodiguer des conseils, à émettre à sa demande des avis sur tel ou tel sujet... Cest, en somme, participer à ce que lenfant ait des savoirs, des savoir-faire et des savoir-être utiles pour la vie. Il sagit là dun champ de travail apparemment immense et multidimensionnel qui revient, avant tout, aux parents. En retour, les parents qui acceptent de sinvestir dans cette voie ont le droit de nourrir, à lendroit de leur enfant, des attentes légitimes voire de fantasmer. Il leur est permis de rêver et dattendre que leur enfant réussisse sur tous les plans : ayant au comportement modèle, brillant à lécole et dans la vie professionnelle, fondant une famille, menant une vie harmonieuse et équilibrée avec les autres... Il nest pas exclu quils attendent les retombées bénéfiques de leurs sacrifices. Mais, un tel rêve ne saurait devenir une réalité tout seul ou sous le simple fait du hasard. Sa concrétisation requiert des efforts constants des parents, de lenfant lui-même et des autres membres de la communauté. Il leur faut des compétences leur permettant dagir efficacement auprès
de lenfant. Ces atouts ne sont, malheureusement, pas la chose du monde la mieux partagée. Certains adultes les possèdent tandis que dautres en sont dépourvus. Cest probablement face à ce constat de linégalité humaine face aux charges éducatives que lécole du sacré Charlemagne (747-814) a été créée. Elle est venue enfouir dans les tiroirs de loubli le préceptorat antique et ouvrir ses portes à tous les enfants. Lécole moderne est devenue lun des creusets à partir duquel le futur tant rêvé pour lenfant se prépare, et prend, petit à petit, forme. Lécole vient ainsi épauler les parents dans leur lourde tâche. Elle a, de ce fait, une double vocation : celle dinstruire et celle déduquer. Elle devrait agir ainsi car les familles, les Églises, les milieux de travail, lécole, les mouvements de jeunesse, les associations culturelles ou sportives daujourdhuine semblent plus donner entièrement satisfaction. De nos jours, ces acteurs éducatif réussissent, tant bien que mal, leur mission déduquer les jeunes dans leur globalité. LU.N.E.S.C.O. (1995) et certains pays africains (1996) le confirment. Cest ainsi quils soutiennent lidée dune école africaine nouvelle et celle dun système dorientation scolaire, universitaire et professionnelle entièrement repensé et rénové. En effet, lécole et lorientation ont le devoir de proposer aujourdhui « un avenir meilleur aux jeunes » (U.N.E.S.C.O., 2003). Il ne leur est pas permis de rester indifférentes alors que « les enfants sont confrontés, aujourdhui, à un monde dur et compétitif » (Alima, 2008 :165). En outre, il faut quils soient accompagnés par toutes les composantes de la société comme cétait le cas dans lAfrique traditionnelle. Lorientation scolaire, universitaire et professionnelle, sujet principal de ce livre est aujourdhui dépassée. Elle ne tacle pas suffisamment les défis africains de lheure. Elle mérite de se détacher des équilibres déjà acquis et de remettre en cause certaines de ses logiques de pensée, de formation et de pratiques professionnelles. Ce ne sont pas là des préoccupations qui procèdent dune hantise de réforme et de changement. Elles ne proviennent pas aussi dun élan corporatiste, dune impulsion du moment, dune volonté tacite de se conformer à la mode. Réformer lorientation scolaire, universitaire et professionnelle, cest confirmer la règle selon laquelle tout phénomène est soumis à la loi irrésistible de lhistoire et du changement. En effet, tout naît, se
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développe, se transforme, évolue, saméliore, sabîme, dépérit et disparaît (Mungala, 1982). Innover dans le domaine éducatif de lorientation scolaire, universitaire et professionnelle en Afrique est un gage pour une meilleure réussite éducative des apprenants ; pour une gestion rationnelle, efficace et efficiente des ressources ; pour un développement durable des pays. Ce sont ces idées et bien dautres que se propose de développer cette production. Celle-ci est à la fois une prise de position et un appel à laction. Elle ambitionne de faire mieux comprendre à tous et à chacun la longueur, la largeur, la hauteur et la profondeur de lorientation-conseil ou de lorientation intégrale. Cest un appel, sans équivoque, à des réformes bien conçues et dans la prise en compte des réalités africaines et de lexpérience des autres. Cest une invite à positionner résolument ce champ daction en secteur éducatif majeur, à louvrir, à lajuster et à le redimensionner afin quil sorte enfin de lornière et du carré. Dans sa première partie, elle présente lAfrique contemporaine en loccurrence son économie, sa société, sa politique, son écologie, sa culture. Elle dresse également un état des lieux de quelques acteurs éducatifs tels que la famille africaine moderne, lEglise, les milieux de travail, lécole, lorientation et les problèmes des jeunes. La variété et la complexité de ces problèmes amènent sa deuxième partie à traiter de la réforme de lorientation scolaire, universitaire et professionnelle en Afrique. La stratégie africaine dappropriation de lorientation intégrale, avec le soutien multiforme de lU.N.E.S.C.O., de lIS.E.S.C.O., de leurs partenaires techniques et financiers, et de certains pays africains eux-mêmes y est présentée. Cette partie sachève par une énumération des problèmes ayant conduit aux résultats mitigés de ces appuis et à un impact assez faible du Programme dOrientation et de Conseil (P.O.C.) en Afrique. Létude quil ma été donné de réaliser en Afrique en 2004 la parfaitement confirmé. Quant à sa troisième partie, il entrevoit lavenir de lorientation intégrale en Afrique aussi radieux que possible, tout en mettant laccent sur laction attendue au niveau juridico-institutionnel en Afrique. Des pistes de réflexion sont effleurées dans sa quatrième partie sagissant des principaux acteurs éducatifs et méritent dêtre approfondies au niveau de chaque Etat africain. Les annexes sont abondamment nourries pour ceux qui veulent approfondir le sujet abordé.   
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