La langue de l'école au Congo-Brazzaville

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Retraçant les formes du changement scolaire et social, l'auteur aide à comprendre les réalités contemporaines de la société congolaise. Comment l'être parlant, dans la situation sociolinguistique actuelle, affronte-t-il la diversité du monde ? En jetant un regard analytique sur la langue de l'école, cet ouvrage explicite des comportements et attitudes ayant trait à l'activité langagière, la réussite ou l'échec scolaire, et l'intégration ou bien l'exclusion sociale.
Publié le : mercredi 1 septembre 2010
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EAN13 : 9782296258808
Nombre de pages : 113
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La langue de l’école
au Congo-Brazzaville Jean-Alexis MFOUTOU






La langue de l’école
au Congo-Brazzaville

















L’HARMATTAN





























© L'HARMATTAN, 2010
5-7, rue de l'École-Polytechnique ; 75005 Paris

http://www.librairieharmattan.com
diffusion.harmattan@wanadoo.fr
harmattan1@wanadoo.fr

ISBN : 978-2-296-12078-5
EAN : 9782296120785

Sommaire


Abréviation de mots .......................................................... 7

Préambule............................................................................ 9

I. L’héritage colonial ....................................................... 13

II. Les mots de l’école...................................................... 27

III. Une langue au cœur d’un système complexe....... 73
III-1. Une connaissance multidimensionnelle
de l’hominisation ................................................... 76
III-2. Il faut qu’une langue soit ouverte et fermée........ 84
III-3. Le contexte détermine la manière
dont une langue est parlée...................................... 89

IV. Repères chronologiques........................................... 97

Bibliographie .................................................................. 109

































Abréviations de mots



adj., adjectif.
adv., adverbe.
Ant., antonyme.
chap., chapitre.
Coréf., coréférent.
fém., féminin.
intr., intransitif.
invar., invariable.
loc., locution.
loc. adj., locution adjectivale.
loc. adj. ou adv., locution adjectivale ou adverbiale.
loc. adv., locution adverbiale.
loc. nom., locution nominale.
loc. verb., locution verbale.
masc., masculin.
n., nom.
n. et adj., nom et adjectif.
n. fém., nom féminin.
n. masc., nom masculin.
n. masc. pl., nom masculin pluriel.
nom., nominal.
pl., pluriel.
précéd., précédent.
qqn., quelqu’un.
sing., singulier.
suiv., suivant.
Syn., Synonyme.
tr., transitif.

7
v., verbe.
verb., verbal.
v. intr., verbe intransitif.
v. pronom., verbe pronominal.
v. tr., verbe transitif.
V., voir (indication de renvoi).



























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Préambule


Dans l’univers de la communication verbale, les
langues ne sont plus prisonnières de leur spécificité
originelle. Elles peuvent être transmises sans que soient
forcément identiques le lieu et le contexte culturel de
leur épanouissement.
Il n’est sans doute pas trop tôt pour réfléchir sur
la langue de l’école dans l’espace communicationnel
congolais. Si la langue française s’émancipe ici de la
forme dite de « référence », ce sont autant d’opérations
à l’œuvre dans la production de la signification qui se
trouvent « revisitées ». La leçon doit être entendue, qui
met en garde contre l’illusion qui réduit à tort les
langues à des formes figées car, passant d’un contexte
d’emploi à un autre, d'une culture à une autre, d’une
époque à une autre, etc., la même langue n’est plus
vraiment la même, et cela parce que les nouveaux
dispositifs culturels modifient les conditions de
production et de créativité.
Portée par une culture « nouvelle » donc, la
langue est offerte aux manipulations du sujet parlant
dont les interventions ne sont plus réduites à imiter ou
à insinuer un dire. Dans la forme qu’elle acquiert ainsi,
ici ou là, la langue est alors forcément l’une des plus
puissantes métaphores pour penser et dire le cosmos, la
nature, l’école, etc.
La langue de l’école montre à l’évidence que la
particularité du lieu où se trouve le sujet parlant et

9
l’universalité du savoir dont celui-ci peut s’emparer,
s’associent, fondent, fusionnent dans l’activité langagière
de l’énonceur psychosocial. En cela, la langue est toujours
et par nature « abstraite » – « abstraite » ne veut dire ni
« vague », ni « générale », mais tirée de l’observation et de
l’analyse du concret – et malléable, en ce qu’elle est
constamment « réinjectée » dans le concret : c’est donc,
comme nous le verrons dans ce livre, le concret qui a
besoin du langage – son langage – pour être « pourvu de
sens ».
Interroger et faire parler la langue de l’école, saisir
ce qu’elle dit, envisager les évolutions qui la concernent,
voilà l’objet de ce livre. Il ne s’agit aucunement de jouer les
devins mais d’utiliser des outils et les concepts pour
comprendre les réalités d’aujourd’hui.
Chacun remarquera à la lecture de ce livre que la
langue de l’école dit la vie sociale, une vie marquée par
une infinité de relations – la vie en société étant faite de
rencontres, d’échanges, de conflits, de compétitions, de
rapports d’autorité, d’entraide, etc. – entre les individus.
Ces relations entre sujets parlants sont appréhendables,
selon au moins deux points de vue différents. Elles peuvent
en effet être considérées sous l’angle de la
psycholinguistique – toute relation entre individus pouvant
être perçue comme un rapport psychologique – mais elles
peuvent également être examinées en termes
sociolinguistiques. Dans la réalité quotidienne cependant,
ce découpage n’existe pas. Il n’y a pas d’un côté des
rapports psycholinguistiques, et de l’autre des rapports
sociolinguistiques. Rien n’interdit de penser au contraire
que tout type de relation verbale qui s’instaure, à un
moment donné, entre individus comporte toujours des
aspects à la fois psycholinguistiques et des aspects
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sociolinguistiques. Il convient néanmoins d’exprimer de
façon précise ce qui distingue le point de vue du
sociolinguiste de celui du psycholinguiste. Le
psycholinguiste étudie l’investissement mental et affectif
des sujets parlants dans les échanges verbaux. Il analyse
leurs comportements et leurs aptitudes à communiquer en
fonction de leur profil psychique et de leur histoire
personnelle. Le sociolinguiste en revanche s’intéresse
avant tout à la dimension sociale des productions verbales.
Il met entre parenthèses la subjectivité et la psychologie
des sujets parlants, pour se concentrer sur ce qu’il y a de
social dans les productions langagières quotidiennes. Pour
préciser cette « socialité » de la parole voire du langage, le
sociolinguiste adopte, à certains égards, un point de vue
plus général que le psycholinguiste. D’une part, le
sociolinguiste replace toujours l’usage personnel de la
langue dans le cadre plus large des organisations, des
institutions, des groupes dans lesquels vivent les sujets
parlants et dans lesquels s’instaurent des rapports
humains dits aussi rapports sociaux. D’autre part, s’il
analyse autant l’usage que la fonction du langage dans la
société, le sociolinguiste étudie – à travers le même
langage –, les rapports qui s’établissent entre groupes
d’individus. C’est en définitive toute l’organisation sociale
que le sociolinguiste ambitionne ainsi de mieux
comprendre. Schématiquement, nous pouvons dire que ce
qui obsède le psycholinguiste, dans les relations entre
sujets parlants, ce sont – à travers le langage – la formation
et l’évolution des personnalités, alors que ce qui intéresse
le sociolinguiste, dans ces mêmes relations, c’est ni plus ni
moins l’organisation sociale du langage et son évolution.


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