Cette publication ne fait pas partie de la bibliothèque YouScribe
Elle est disponible uniquement à l'achat (la librairie de YouScribe)
Achetez pour : 1,49 € Lire un extrait

Téléchargement

Format(s) : EPUB

sans DRM

La mort de Jean-Paul Ier

De
22 pages

15mn d'Histoire : une collection numérique de textes courts pour apprendre et comprendre l'Histoire en 15 minutes !
15mn d'Histoire : une collection numérique de textes courts pour apprendre et comprendre l'Histoire en 15 minutes !


–; Le pape est mort !
–; Mais on le sait, voilà un mois qu'il est mort !
–; Non : le nouveau pape, Jean-Paul Ier, est mort cette nuit !


Tout au long de la matinée de ce 29 septembre 1978, ce dialogue résonne, aux quatre coins de la planète. Dans la nuit, Jean-Paul Ier, le " pape au sourire ", désigné au cœur de l'été par le conclave pour être le successeur de Paul VI, a rendu l'âme à Dieu. Dès l'annonce de cette mort imprévue, on voit fleurir, partout dans le monde, deux types de réactions. A commencer par la stupeur et la perplexité d'innombrables croyants. Que s'est-il passé ? Les princes de l'Eglise ont-ils péché par excès de confiance en eux ? Dieu a-t-il voulu adresser un message particulier à une Eglise en pleine interrogation ?


Mais aussi, très vite, un parfum de scandale se répand, propagé par les insinuations de la presse italienne relayées par les médias du monde entier : quels mystères inavouables cache cette mort subite ?


Voici le récit de la terrible vérité sur la mort mystérieuse de Jean-Paul Ier...



Voir plus Voir moins

Vous aimerez aussi

couverture

Bernard Lecomte

La mort de Jean-Paul Ier

PERRIN

Du même auteur

en poche

Jean-Paul II, Paris, Gallimard, Folio no 4335, 2006.

A Evelyne

La mort du « pape au sourire »

La terrible vérité sur la mort mystérieuse de Jean-Paul Ier

« Puisse Dieu vous pardonner ce que vous m’avez fait ! »

Cardinal Albino Luciani,
chapelle Sixtine, 26 août 1978.

— Le pape est mort !

— Mais on le sait, voilà un mois qu’il est mort !

— Non : le nouveau pape, Jean-Paul Ier, est mort cette nuit !

Tout au long de la matinée de ce 29 septembre 1978, ce dialogue résonne, aux quatre coins de la planète. Dans la nuit, Jean-Paul Ier, le « pape au sourire », désigné au cœur de l’été par le conclave pour être le successeur de Paul VI, a rendu l’âme à Dieu.

Dès l’annonce de cette mort imprévue, on voit fleurir, partout dans le monde, deux types de réactions. A commencer par la stupeur et la perplexité d’innombrables croyants : cardinaux, évêques, prêtres, simples fidèles, combien sont convaincus, peu ou prou, que Dieu est bien le maître de nos destinées, et que c’est le Saint-Esprit qui a guidé les votes des électeurs du conclave, un mois plus tôt, dans le secret de la chapelle Sixtine ! Que s’est-il passé ? Les princes de l’Eglise ont-ils péché par excès de confiance en eux ? Dieu a-t-il voulu adresser un message particulier à une Eglise en pleine interrogation ? Comment décrypter cette incroyable erreur de casting ?

Un parfum de scandale

Mais aussi, très vite, un parfum de scandale se répand, propagé par les insinuations de la presse italienne relayées par les médias du monde entier : quels mystères inavouables cache cette mort subite ? Pourquoi son annonce est-elle entachée de tant d’informations floues ou contradictoires ?

Ainsi, vu la brutalité du décès, pourquoi n’a-t-on pas procédé à une autopsie du corps du défunt ? Ne serait-ce pas pour masquer les traces d’un empoisonnement ? Si la mort a été entraînée par un « infarctus du myocarde », comme le disent les officiels, comment expliquer le doux sourire pacifié du pape décédé, qui tenait toujours, serrés entre ses doigts, de mystérieux feuillets ? Du reste, que lisait donc le pape quand il est mort ? Radio Vatican a annoncé à 14 h 30, ce jour-là, qu’il lisait l’Imitation de Jésus-Christ, avant de se rétracter le 2 octobre : pourquoi cette rétractation ? Que contenaient ces fameux feuillets dactylographiés ? Un discours dévastateur ? Une liste de prélats nommés et limogés ? Des accusations compromettantes ? Contre les jésuites, l’Opus Dei, les francs-maçons, les intégristes ?

Il est vrai qu’on relève nombre d’incohérences et de contradictions dans les communiqués officiels et les commentaires qu’ils ont générés à l’intérieur même du Vatican. Une dépêche de l’agence italienne Ansa datée du 29 septembre à 7 h 43 du matin, n’affirme-t-elle pas que les thanatopracteurs attachés à la maison du pape, Arnaldo et Ernesto Signoracci, auraient été tirés du lit aux aurores, avant même la découverte du corps ? D’ailleurs, qui a vraiment découvert le corps ? Le secrétaire John Magee, selon la version officielle, ou sœur Vincenza, la gouvernante du pape ? Et à quelle heure, exactement ?

Chaque détail un peu trouble provoque de nouvelles questions : où sont passées les lunettes et les pantoufles du pontife, que personne, semble-t-il, n’a retrouvées ? Et pourquoi le garde suisse Hans Roggen a-t-il déclaré avoir vu à 6 h 45, ce matin-là, le sulfureux archevêque Marcinkus rôder, hagard, près du palais apostolique ?

A toutes ces questions sournoises – mais légitimes – succèdent bientôt les rumeurs malveillantes, les fantasmagories idéologiques et les opérations mercantiles. Le 3 octobre, l’association intégriste Civilta christiana, proche de Mgr Lefebvre et très hostile au cardinal Villot, avance dans un bulletin que le pape pourrait avoir été assassiné par les « libéraux » et les « francs-maçons » de la Curie ! Bientôt, un livre intitulé La Vraie mort de Jean-Paul Ier, de Jean-Jacques Thierry, accuse le cardinal camerlingue Villot d’avoir maquillé le crime. Puis on voit sortir en librairie Pontiff, un récit de Max Morgan-Witts et Gordon Thomas ; puis Han asesinado el papa ! des journalistes espagnols Pena et Zottola, qui sera même édité en feuilleton dans un journal mexicain ; puis le roman La Soutane rouge de Roger Peyrefitte ; et surtout In God’s Name de David Yallop.

Yallop, qui n’a pas mené toute l’enquête lui-même, a mis en scène les informations que lui a rapportées son collaborateur Philip Willan, jouant sur les étranges imprécisions du Vatican pour transformer la mort de Jean-Paul Ier en un drame épouvantable et sordide où se profilent les ombres – familières, à l’époque – des banquiers Michele Sindona et Roberto Calvi, de l’évêque Paul Marcinkus, directeur de la Banque du Vatican, et du chef de la loge maçonnique P2, Licio Gelli, sur fond de Mafia, de services secrets et d’obscurs mais gigantesques intérêts planétaires. La vision de respectables cardinaux comme Jean Villot ou John Cody habilement transformés en « tontons flingueurs » assure à ces auteurs imaginatifs des records de vente dans les librairies. En Allemagne, par exemple, le livre de Yallop figurera parmi les meilleures ventes pendant près de quatre ans !

Un pour Un
Permettre à tous d'accéder à la lecture
Pour chaque accès à la bibliothèque, YouScribe donne un accès à une personne dans le besoin