La valeur des diplômes

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Tous les diplômes ont une valeur : oui mais laquelle ? Comment peut-on raisonnablement la calculer ? Les employeurs qui recrutent ont en tête la qualité du diplômé recruté ; ici, ce sont les juges qui ont commencé à répondre à ces questions. Ils sont les seuls à pouvoir organiser des va-et-vient réguliers entre la valeur économique des diplômes et leur valeur juridique. Cet ouvrage fait l'inventaire de leurs interventions. Il analyse plus de 200 décisions récentes de jurisprudence. Mais le choix d'un diplôme est aussi une affaire personnelle. Un mini-test est proposé est aux lecteurs pour auto-évaluer leur dernier diplôme.
Publié le : vendredi 1 avril 2016
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EAN13 : 9782140005909
Nombre de pages : 170
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La valeur des diplômes
Questions contemporaines Collection dirigée par B. Péquignot, D. Rolland et Jean-Paul Chagnollaud Chômage, exclusion, globalisation… Jamais les « questions contemporaines » n’ont été aussi nombreuses et aussi complexes à appréhender. Le pari de la collection « Questions contemporaines » est d’offrir un espace de réflexion et de débat à tous ceux, chercheurs, militants ou praticiens, qui osent penser autrement, exprimer des idées neuves et ouvrir de nouvelles pistes à la réflexion collective. Dernières parutions Nasser BACCOUCHE,Le regard de l’étranger : altérité, minorités et devenir révolutionnaire, 2016. Bernard CROZEL,?Y a-t-il une nation pour sauver l’Etat , 2016. Julien GARGANI,Crises environnementales et crises socio-économiques, 2016. Pierre DE SENARCLENS,Les illusions meurtrières, Ethnonationalisme et fondamentalisme religieux, 2016. Annie COLL,Pour en finir avec le loup libéral, 2016. Louise FINES,Les crimes environnementaux et l’innocence persécutrice, 2016. Jean BRILMAN,La démocratie étouffée par l’État. L’étatisme, idéologie dominante en France, 2015. Roland GUILLON,Pour une autre globalisation. Essai de géopolitique des rapports sociaux, 2015. Renaud FABBRI,Eric Voegelin et l’Orient. Millénarisme et religions politiques de l’Antiquité à Daech,2015 Béatrice GRANDORDY,Le médecin devant le juge. Fait-il face à une « menace aggravée » du pénal ?, 2015. Georges KORNHEISER,Le capitalisme, cancer de l’humanité, 2015.
Yves LE DUC La valeur des diplômes
© L’HARMATTAN, 2016 5-7, rue de l’École-Polytechnique ; 75005 Paris http://www.harmattan.fr diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr ISBN : 978-2-343-07059-9 EAN : 9782343070599
INTRODUCTION
Il nest plus possible de croire que tous les diplômes ont une valeur unique et immuable. Cet espoir est déraisonnable, alors que chacun dentre nous est parfaitement conscient quece qui fait la valeur dun diplôme, cest dabord le diplômé lui-même.Mais jusquà une date récente, il était réconfortant pour tout le monde de croire que tous les diplômes avaient une seule source de valeur. Et mieux encore, que cette valeur pouvait facilement être mesurée. Pour se repérer, nous avions le choix entre deux adages : «Plus cest cher et plus cest bon !». La valeur dun diplôme découlait ainsi de son coût dacquisition. Ou bien : «Plus cest long et plus cest bon ! ». Cétait cette fois la longueur des études ou de la forma-tion qui était censée fixer la valeur du diplôme. La conclusion de ces raisonnements était évidemment de privilégier la valeur marchandede tous les diplômes suivant le principe «Dis moi quels sont tes diplômes, et je te dirai combien tu vaux».
Que s’est-il donc passé pour nous obliger à modifier notre regard sur léconomie des diplômes ? On peut rapidement éliminer la piste dune perte totale de la valeur des diplômes qui aurait fait de la recherche de la valeur des diplômes, un faux problème. Dans une économie où sévit un chômage de masse, plus que jamais les diplômes conservent une valeur : celle de protéger leurs titulaires de la précarité, voire de la marginalisation sociale. Il nous faut donc chercher ailleurs lorigine des ruptures dans la chaîne de construction de la valeur des diplômes. Et en suivant dabord une piste inattendue : celle de la fixation de la valeur des diplômes par le juge.
LA VALEUR DES DIPLÔMES FIXÉE PAR LE JUGELes diplômes ont acquisune valeur monétaire.Que cette affirmation choque ou quelle paraisse dune flagrante banalité, il est désormais facile de vérifier cette réalité pour chacun dentre nous. Mais la valeur des diplômes nest pas connue à lavance. Elle reste incertaine et même aléatoire. En effet, sur le marché des diplômes, de nombreuses forces de stabilisation et de déstabilisation saffrontent. Les forces de déstabilisation sont dorigines diverses : aléas de la conjoncture économique, afflux de nouveaux diplômés, évolution des métiers, offre de nouveaux di-plômes aux vertus incertaines, recommandations plus ou moins avisées des prescripteurs et des conseils.. Laction de ces forces de déstabilisation est amortie par le jeu combiné dautres acteurs concourant à stabiliser le marché des diplômes.
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On pense bien sûr immédiatement à celle de lEtat et tout particulièrement aux institutions scolaires et universitaires. Une autre institution joue un rôle majeur : linsti-tution judiciaire. Les juges ninterviennent pas directement dans la fixa-tion de la valeur des diplômes. Ils ne prennent position ni sur la valeur scolaire ni sur la valeur économique des diplômes. Mais ce sont eux qui ont consacré le principe de la valeur de tous les diplômes : les grands comme les petits.Ils ont accompli cette action de reconnaissance à loccasion dincidents portant sur la délivrance des di-plômes, ou de conflits dans lestimation de la valeur des diplômes. Par rapport aux autres acteurs économiques ou administratifs, les juges ont deux avantages : ils peuvent répondre au cas par cas aux situations qui leur sont soumises. ils obligent toutes les parties au procès à justifier leur demande et donc à argumenter leur point de vue sur la valeur des diplômes. En contrepartie, ils se retrouvent devant linjonction de régler toutes les affaires qui arrivent devant eux, sans pou-voir se retrancher derrière le manque de lisibilité des di-plômes, labsence de barèmes établissant leur valeur ou plus simplement leur doute ou leur hésitation. Les juges ont lobligation de juger et dans le cas pré-sent de fixer une valeur pour chaque diplôme: «Le juge qui refusera de juger sous prétexte du silence, de lobscurité ou de linsuffisance de la loi pourra être pour-
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