Langue et éducation en Afrique

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Depuis des années Marie Chatry-Komarek oeuvre pour un meilleur apprentissage de la lecture et de l'écriture dans les pays en voie de développement. Fruit de l'expérience pour développer la maîtrise de l'écrit en langues nationales, cet ouvrage s'adresse aux enseignants africains et à tous ceux qui ont reconnu la maîtrise de l'écrit comme une condition clé pour le développement social, économique et politique.
Publié le : vendredi 1 avril 2005
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EAN13 : 9782336270524
Nombre de pages : 239
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Texte original en anglais et traduction en français : Marie CHATRY-KOMAREK Illustrations : Edmund OPARE Couverture: Kurt KOMAREK

Traduit et adapté de Literacy at Stake. Teaching reading and writing in African Schools. 1ère édition, Gamsberg Macmillan Publishers, Windhoek/Namibie, 2003 La version originale de cet ouvrage a été commandée et soutenue financièrement par deux projets de développement, mis en oeuvre par l’Agence de Coopération Technique Allemande (GTZ) : ASTEP (Assistance to Teacher Education Programme, Ghana ; Programme de Soutien à la Formation des Maîtres au Ghana) et BEUPA (Basic Education in Urban Poverty Areas, Uganda ; Éducation de Base en zones urbaines démunies) La traduction en français a été demandée et soutenue financièrement par GTZ-PEB, programme de soutien à l’Éducation de Base dans le cadre de la Coopération allemande au Tchad.

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Marie CHATRY-KOMAREK

Préface

Préface
Cet ouvrage est bienvenu pour au moins deux raisons. Tout d’abord, il comble un grand vide, celui de matériels didactiques accessibles aux enseignants du primaire dans les pays en voie de développement (et dans d’autres milieux multilingues), pour l’enseignement de la lecture et de l’écriture en langue maternelle. Il est d’ailleurs intéressant de noter qu’il existe également très peu, ou même pas du tout, de formation ad hoc pour enseigner cette discipline. Dans les écoles normales africaines, la formation des futurs enseignants est axée sur l’enseignement de la lecture dans la langue officielle du pays, qui est généralement une langue européenne, l’anglais, le français ou le portugais - choix méthodologique regrettable puisque la plupart des élèves ne maîtrisent pas ces langues. On suppose tout simplement que les enseignants pourront appliquer les mêmes méthodes pour enseigner à lire dans la langue maternelle des élèves que pour leur enseigner une langue étrangère. Étant donné le manque fréquent de manuels scolaires pour s’initier à l’écrit en langues africaines et l’absence généralisée de textes écrits dans ces langues, les enseignants se retrouvent donc laissés à eux-mêmes pour développer des matériels didactiques et des méthodes d’enseignement adaptés. Le présent ouvrage comble ce vide sur le plan pédagogique. Il fait une brève revue des méthodes le plus fréquemment utilisées pour enseigner la lecture et suggère comment en combiner les avantages respectifs. C’est un livre qui s’appuie sur une connaissance profonde des théories cognitivistes sur l’apprentissage (ce qui constitue mon propre centre d’intérêt dans un contexte différent). Dans les chapitres consacrés aux aspects spécifiques de l’enseignement de la lecture et de l’écriture, l’auteur présente diverses études de cas ainsi que les approches méthodologiques appropriées. Au cours du livre, elle invite l’enseignant à prendre part aux réflexions, à bien définir les problèmes et à explorer les manières de les résoudre. Pour ce faire, elle procède souvent au moyen d’exemples tirés de sa propre expérience et de celle des
L’Harmattan, 2005

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Préface

enseignants avec lesquels elle a travaillé. C’est ce qu’on pourrait appeler une approche de ‘recherche collective dirigée’. La seconde raison pour laquelle je pense que les enseignants accueilleront le présent ouvrage avec empressement tient à la manière dont est présentée la longue et complexe expérience de l’auteur dans la mise en œuvre de programmes d’enseignement de la lecture en diverses langues africaines et amérindiennes. Cette expérience lui a donné une conscience aigüe du besoin de bâtir sur les compétences orales que possède l’enfant afin de construire une solide compréhension de ce que c’est que ‘lire’ et ce que c’est qu’‘écrire’. Par ailleurs, l’auteur a également pris une part active dans la formation des professeurs d’écoles normales. Cela l’a obligée à analyser chaque phase de l’entreprise de formation, à rendre explicite ce que l’enseignant et son élève apprennent, chacun de son côté, et à montrer comment ces différents apprentissages sont entrelacés. J’ai eu moi-même la chance d’observer un tel processus en assistant à quelques ateliers de formation, organisés pour des groupes de professeurs d’écoles normales. Ces formateurs de maîtres étaient bien experts dans leur discipline, mais leur expérience recouvrait autre chose que les nouvelles méthodes avec lesquelles ils étaient venus se familiariser. Dès le début des ateliers, ces ‘experts novices’ se trouvèrent impliqués dans l’analyse des problèmes de lecture et écriture que les manuels scolaires étaient censés résoudre. Il n’y eut pas de cours magistraux ; au lieu de cela, les participants furent invités à préparer des classes modèles en utilisant les manuels, afin d’analyser à la fois le matériel didactique lui-même et leur propre enseignement. Au cours de ce processus, l’auteur semblait deviner les assertions erronées qui allaient mener à des malentendus. Elle amenait les participants à expliciter ces assertions, pour revenir ensuite à des bases théoriques et à leurs applications pratiques. Les participants s’enseignaient ainsi mutuellement les uns les autres, discrètement guidés par l’auteur. Qui plus est, ils parvenaient même à s’approprier les manuels ainsi que la théorie et la pratique qui leur étaient propres. Pas étonnant que l’atmosphère de ces ateliers ait été survoltée et que chacun se soit terminé avec la demande pressante d’organiser rapidement d’autres ateliers similaires. C’est justement cette habileté à anticiper les prémices implicites et à les reconstruire qui sous-tend la structure de cet ouvrage et en fait la force.

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Marie CHATRY-KOMAREK

Préface

Cette habileté à penser comme le font les enseignants du primaire et leurs formateurs dans les écoles normales est certainement imputable aux années passées à élaborer du matériel didactique avec eux dans diverses langues maternelles minoritaires. Il en découle deux conséquences qui sont importantes pour cet ouvrage. Tout d’abord, l’auteur a une profonde compréhension du processus d’apprentissage de la lecture chez les enfants. Cela explique la manière dont les manuels scolaires qu’elle a élaborés intègrent activités orales, images et textes. C’est justement parce qu’elle comprend si bien le processus d’apprentissage de la lecture qu’elle est capable d’enseigner aux autres comment utiliser les compétences orales de l’enfant et ses facultés de réflexion critique pour construire de solides compétences de lecture et d’écriture. Par ailleurs, et ceci est particulièrement important pour un livre s’adressant aux enseignants du primaire dans les pays en voie de développement, l’auteur connaît bien les conditions d’enseignement qu’on trouve fréquemment dans les écoles africaines pauvrement équipées, où l’enseignant n’est encadré que de manière minimale. Son livre est rempli de suggestions pour faire du matériel et des aides didactiques en ne recourant qu’aux outils de base – papier, carton, ficelle, colle et ciseaux. Cependant, toutes ces suggestions resteraient futiles sans une composante essentielle, à savoir l’imagination de l’enseignant. Tout au long du livre, l’auteur insiste sur le fait que les enseignants ont eux-mêmes de très bonnes idées et que ce sont eux qui savent le mieux ce qui peut marcher dans leur classe. Les nombreux exemples donnés dans chaque chapitre deviennent alors à la fois modèles et évaluation de leurs inventions d’enseignants. J’envie les enseignants qui vont maintenant découvrir ces nombreuses voies vers l’écrit.

Esther Goody University of Cambridge Local Languages Initial Literacy Project, Bole (Ghana)

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Contenus en bref

Contenus en bref
un L’ÉCRIT DANS LE MONDE D’AUJOURD’HUI ET CELUI DE DEMAIN

deux

LANGUE, CULTURE ET ÉDUCATION

trois

PRATIQUES D’ENSEIGNEMENT DE LA LECTURE

quatre

INITIATION À L’ÉCRIT À L’ÉCOLE

cinq

ENSEIGNER À LIRE

six

ENSEIGNER À ÉCRIRE

sept

CRÉER UN ENVIRONNEMENT FAVORABLE À L’APPRENTISSAGE

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Marie CHATRY-KOMAREK

Table des matières

Table des matières
Préface Introduction 3 11
Manque de méthodologies adaptées 11 Deux expériences éducatives derrière cet ouvrage 12 Ce dont traite cet ouvrage 13 Cet ouvrage traite d’une péoccupation globale : la maîtrise de l’écrit par tous 14 Il traite également d’un sujet complexe : la lecture 15 Un défi : Comment enseigner à lire en milieu multilingue ? Un autre défi : Comment enseigner à lire dans des sociétés à tradition orale ? 16 Les manuels scolaires existants ne suffisent-ils pas pour garantir un enseignement de qualité ? 17 Public-cible de cet ouvrage: les enseignants du primaire, les animateurs et les professeurs d’école normale Un pont entre pratiques pédagogiques traditionnelles et innovations éducatives 19 Contenus de ce livre 21 Organisation de ce livre 23 Remerciements 26

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1 L’écrit dans le monde d’aujourd’hui et celui de demain
Commençons par nous orienter ... 31 La maîtrise de l’écrit est devenue une préoccupation mondiale PISA 2000 est une référence pour une éducation de qualité Quelle qualité de l’écrit attend-on des enfants aujourd’hui ? L’écrit et l’éducation primaire en Afrique 34 L’analphabétisme dans le monde ... 35 ... et l’analphabétisme en Afrique sub-saharienne 36 L’analphabétisme est dû à des facteurs externes à l’école... ... mais aussi à des facteurs en relation avec l’école 37 Que peuvent changer les enseignants dans leur classe ? Une raison cachée de l’analphabétisme : la langue d’instruction Pour résumer 41 Transformons l’information en savoir personnel ! 43 31 32 33

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2 Langage, culture et éducation 45
Commençons par nous orienter ... L’Afrique est multilingue 48 L’Harmattan, 2005 47

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Table des matières
Langage et identité 48 Langage, communication et apprentissage 49 Apprendre une langue à la maison et à l’école 49 Caractéristiques d’une langue d’instruction efficace 50 Programmes éducatifs en Afrique 52 La politique linguistique est un sujet délicat 57 Aspects politiques d’une éducation débutant en langue africaine Les langues africaines ont besoin d’être revalorisées 58 Les langues africaines peuvent être rejetées pour des raisons académiques 60 Langues africaines, science et mathématiques 61 Éducation en langue maternelle : le pour et le contre 63 Mythes et conceptions erronées au sujet de la L2 68 Pour résumer 70 Transformons l’information en savoir personnel ! 71

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3 Pratiques d’enseignement de la lecture

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Commençons par nous orienter... 77 L’enseignement de la lecture a beaucoup changé 77 Théories et pratiques pédagogiques : ce que nous enseigne la psychopédagogie 78 Comment les enseignants africains ont eux-mêmes appris à lire 82 Enseigner à lire aujourd’hui en Afrique 84 S’initier à la lecture à partir des lettres 85 S’initier à la lecture à partir de textes 86 Une approche intégrée du langage 87 Lire avec ou sans manuels scolaires 88 Comment intégrer les éléments des diverses méthodes 94 Pour résumer 98 Transformons l’information en savoir personnel ! 100

4 Initiation à l’écrit à l’école

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Commençons par nous orienter... 105 Susan sait-elle déjà lire et écrire ? 105 Vues sur l’initiation à l’écrit 106 Initiation à la lecture au CP 108 Développer les compétences orales comme une base pour s’initier à l’écrit Savoir lire des images 110 Développer une compréhension de base de l’écrit 112 Transformer l’oral en écrit 112 Lire à voix haute en classe 113 Préparer une classe lettrée en CP 114 La lecture en commun avec un adulte 117 Apprendre les lettres de l’alphabet 120 Se préparer à l’écriture 121

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Marie CHATRY-KOMAREK

Table des matières Pour résumer 123 Transformons l’information en savoir personnel !

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5 Enseigner à lire

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Commençons par nous orienter... 129 Modifier et amplifier la classe lettrée 129 Développer la lecture globale de mots 131 Décomposer des mots et en former de nouveaux 133 Formes standard et formes dialectales 134 Au sujet de l’analyse structurale 137 Systématisation et enrichissement du vocabulaire 137 Un enseignement de qualité requiert un vocabulaire riche et précis Apprendre de nouveaux mots peut être captivant 139 Lecture guidée 144 SVA 145 Préparer une bibliothèque de classe 147 Comment lire en classe 151 Pour résumer 156 Transformons l’information en savoir personnel ! 158

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6 Enseigner à écrire 161
Commençons par nous orienter... 163 C’est un défi d’écrire dans les langues africaines 163 Comment promouvoir l’écriture en langues africaines Comprendre la correspondance entre lecture et écriture Aller du tout à l’unité et de l’unité au tout 175 Calligraphie 178 Le long chemin vers l’écriture autonome 180 Apprendre à écrire sur la base de textes fonctionnels Écrire des textes libres 183 Pour résumer 187 Transformons l’information en savoir personnel ! 173 175

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7 Créer un environnement favorable à l’apprentissage 191
Mettons nos idées en pratique ! 193 Le soutien des parents d’élèves est essentiel 194 Encourager le soutien des parents d’élèves 196 L’attitude de l’enseignant face à l’éducation bilingue joue un rôle capital 198 Les rendements scolaires dépendent de l’organisation de la classe 200 Implications d’une instruction dominée par l’enseignant 207 Promouvoir un apprentissage authentique 207 Profil d’un enseignant du primaire 210 Pour résumer 213 Transformons l’information en savoir personnel ! 214 L’Harmattan, 2005

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Table des matières Références bibliographiques pour la version anglaise Suggestions bibliographiques pour la version française Index Encadrés
1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 Testez-vous donc ! 41 Parler comme un perroquet 53 Des enfants muets 54 Est-il vrai qu’on ne peut calculer que dans les langues européennes ? 62 Comment les parents d’élèves perçoivent l’emploi des langues africaines à l’école. Un exemple du nord du Ghana 67 Ce que beaucoup de gens croient au sujet de l’acquisition d’une langue étrangère à l’école et ce qu’enseigne la recherche 69 À propos de la psychopédagogie 79 Vygotsky et les pratiques pédagogiques 81 Des Ghanéens se souviennent comment ils sont entrés dans l’écrit 82 Les théories d’apprentissage et leur impact sur l’apprentissage 84 Traitement intégré du language en CE2 88 Là où il n’y a pas de livres 92 Apprendre à lire en écrivant des textes en CE2 96 Apprendre à écouter et à parler pendant les premiers mois à l’école 109 Comment encourager l’initiation à l’écrit 115 Préparer une classe lettrée 116 Comment organiser la lecture en commun dans les écoles africaines 118 Une classe transformée en environnement lettré 130 Renforcer conscience et tolérance linguistiques 136 Créer un vocabulaire spécifique dans la langue maternelle des élèves pour garantir une éducation de qualité 139 Comment on dénomme les couleurs en twi 143 Comment j’en suis venu à écrire des textes authentiques pour les classes de CE 152 Qui donc était James Aggrey ? 155 Qu’écrivent les gens de mon pays ? 166 Ce que je lis et écris dans ma langue maternelle 168 Valoriser l’expression écrite en langues ghanéennes 173 Apprendre à écrire en intégrant les différents aspects linguistiques 177 Principales difficultés de l’écriture scripte 179 Corriger un texte en 10 points Profil d’un bon enseignant du primaire pour la lecture et l’écriture au Ghana 210

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Marie CHATRY-KOMAREK

Introduction

Introduction
Durant les dernières décennies, des efforts significatifs ont été faits pour améliorer la qualité de l’éducation primaire en Afrique. Malgré cela, de nos jours encore, beaucoup de jeunes Africains quittent l’école sans avoir acquis la maîtrise des ‘outils d’apprentissage essentiels’ que sont la lecture, l’écriture, l’expression orale, l’arithmétique et les sciences (Unesco, 2000). Etant donné que ces outils d’apprentissage sont devenus indispensables pour survivre et prospérer dans le monde d’aujourd’hui, ces adolescents sont insuffisamment préparés pour prendre des décisions en connaissance de cause et continuer à apprendre dans leur vie d’adulte, en bref : pour vivre et travailler avec dignité. Cet échec tragique est dû à de nombreux facteurs, parmi lesquels des facteurs éducatifs tels que les suivants : des politiques linguistiques instables et mal appliquées, une formation déficiente des enseignants, une pénurie presque totale de matériel didactique, l’absence d’un solide environnement lettré, un calendrier scolaire réduit et des classes surchargées. Manque de méthodologies adaptées Après des années de travail intensif en éducation dans de nombreux pays africains, j’ai pris conscience d’un facteur particulier qui pourrait à lui seul expliquer des performances scolaires si consternantes. Les publications concernant le cœur même de l’éducation primaire, qui est l’acquisition et la maîtrise de l’écrit dans des conditions très spécifiques, à savoir, dans la plupart des cas, enseigner et apprendre dans une langue africaine, sont extrêmement rares. Les nombreux résultats de recherches menées dans les pays industrialisés depuis une trentaine d’années ont stimulé l’intérêt pour la lecture dans beaucoup d’écoles primaires et transformé les séances de lecture, traditionnellement moroses, en activités captivantes et gratifiantes (Graves & al., 1998). Malheureusement, ces innovations scolaires n’ont pas atteint la grande majorité des écoles africaines où les pratiques
L’Harmattan, 2005 De nombreux élèves africains quittent l’école sans savoir ni lire, ni écrire.

Il existe peu de publications sur l’enseignement de la lecture dans une langue africaine.

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Introduction

pédagogiques sont souvent restées très traditionnelles. De nos jours, la plupart des enseignants africains se trouvent encore en quête d’informations et de suggestions pratiques qui soient taillées sur mesure à leurs réalités et leur permettent de mieux garantir l’acquisition et la maîtrise de l’écrit parmi leurs élèves. Expériences éducatives derrière cet ouvrage
Ce livre reflète les expériences acquises dans divers projets éducatifs, mis en oeuvre par la GTZ en Afrique dite ‘anglophone’ et ‘francophone’.

Deux projets éducatifs, ASTEP et BEUPA, mis en œuvre par l’Agence de Coopération Technique Allemande (Deutsche Gesellschaft für Technische Zusammenarbeit GmbH : GTZ) ont tenté de combler une telle lacune ; ils se sont associés pour publier un ouvrage en anglais, Literacy at Stake, où sont présentés à la fois les principaux résultats de la recherche internationale sur la lecture et les conditions scolaires qu’on trouve communément dans les écoles africaines. ASTEP, rattaché au Ministère de l’Éducation du Ghana, Programme de Soutien à la Formation des Enseignants, a développé des méthodologies pour enseigner trois disciplines fondamentales, la lecture et l’écriture, les mathématiques et les sciences naturelles et sociales dans les trois premières classes de l’école primaire, et ceci en cinq différentes langues ghanéennes. BEUPA, Projet d’Éducation de Base en milieux urbains démunis de l’Ouganda, a élaboré des manuels et des guides pédagogiques en langue Luganda pour toutes les matières et produit du matériel didactique pour l’introduction progressive de l’anglais comme seconde langue. La présente traduction de Literacy at Stake doit sa parution en grande partie au soutien que donne la GTZ à l’enseignement de base en langues nationales et officielles au Tchad. Les expériences éducatives faites depuis 1997 dans une langue tchadienne ayant été concluantes, le Ministère de l’Éducation, soutenu par la Banque Mondiale, a chargé la GTZ d’appliquer ses expériences à quatre autres langues tchadiennes. Au cours de la mise en œuvre de ce projet, il est apparu très utile de traduire Literacy at Stake pour les éducateurs intéressés par la problématique de l’écrit en milieux multilingues, aussi bien au Tchad que dans le reste de l’Afrique dite francophone. Le présent ouvrage est d’ailleurs plus qu’une simple traduction ; il prend en compte les spécificités scolaires de ces pays et fournit au lecteur intéressé des suggestions bibliographiques en langue française.
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Introduction

Ce dont traite cet ouvrage Le présent ouvrage traite d’un certain nombre d’aspects pédagogiques qui sont d’une importance capitale pour l’école africaine. En Afrique, le terme ‘écrit’ est fréquemment associé à la maîtrise d’une langue européenne spécifique, l’anglais par exemple, ou le français, ou encore le portugais, selon l’histoire coloniale des pays concernés. Étant donné que de nombreux enfants africains ne peuvent pas recourir à ces langues comme moyens de communication quand on les scolarise, il leur faut apprendre non seulement à lire et à écrire, mais aussi apprendre une langue étrangère pour s’en servir à l’oral et à l’écrit, et ceci en l’espace de quelques années seulement. Quelle est la stratégie la mieux indiquée pour maîtriser l’écrit ? La recherche en matière d’éducation montre que les enfants apprennent à lire et à écrire plus aisément quand la langue d’enseignement leur est familière, et ceci au moins durant leurs premières années à l’école. Leurs rendements scolaires s’améliorent alors également dans les autres disciplines, y compris en anglais, français ou portugais comme seconde langue. Pour cette raison, nombreux sont les linguistes, les éducateurs et les responsables éducatifs qui plaident en faveur d’une éducation bilingue en Afrique. Ceux-ci recommandent de viser à ce que les élèves atteignent la maîtrise de leurs deux langues d’instruction, à savoir leur langue maternelle africaine et la langue européenne de l’ex-colonisateur (Alidou, 2003). Le présent ouvrage se concentre sur l’écrit dans la langue maternelle. Il traite de ce qui aurait dû devenir réalité depuis longtemps pour tous les enfants africains, c’est-à-dire : comment acquérir et maîtriser l’écrit, comment s’approprier les savoirs pour traiter l’information écrite dans leur langue maternelle de manière efficace, comme une base solide pour des savoirs ultérieurs. Ce livre fait la synthèse des expériences acquises dans des classes où les langues africaines sont utilisées de manière systématique pour la conquête de l’écrit. Il présente des attitudes similaires à travers le continent : une profonde appréhension à utiliser ces langues en classe, surprise et bonheur à constater combien celles-ci sont décisives pour améliorer les rendements scolaires. Cet ouvrage ne favorise pas une seule stratégie pour l’apprentissage de la lecture. Il ne donne pas de formule, de ‘recette’, parce qu’il n’existe pas de solution simple et unique pour
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L’écrit n’est pas lié exclusivement à la maîtrise d’une langue européenne.

Ce livre traite de l’écrit dans la langue maternelle de l’élève.

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Introduction

initier à l’écrit. Il suggère plutôt aux enseignants diverses manières de procéder pour renforcer l’oral et développer l’écrit chez leurs élèves. Il procure à ces enseignants repères et informations pour leur faire comprendre les liens qui existent entre langue, culture et éducation ; ceux-ci devraient se trouver ainsi mieux armés pour identifier des approches et des stratégies bien adaptées aux possibilités et aux limites de leur école et de leur communauté, pour bien enseigner à lire et écrire. Revenons maintenant brièvement sur ces remarques générales. Cet ouvrage traite d’une préoccupation globale : la maîtrise de l’écrit par tous Son objectif premier est de traiter d’une préoccupation devenue mondiale : garantir à tous les élèves sans exception la maîtrise de l’écrit. L’importance capitale de la lecture et de l’écriture dans toute société quelle qu’elle soit ne fait plus de doute pour personne. Pour l’élève, l’écrit est devenu la clé du succès scolaire. Pour l’adulte, l’écrit est un élément fondamental qui lui permet de prendre une part active dans la vie sociale, économique, culturelle et politique. Il est incontestable que la seule maîtrise de l’écrit ne garantit ni le succès personnel, ni le développement d’une nation ; pourtant, elle est une condition préalable pour réaliser l’un et l’autre. Il n’est donc pas étonnant que la maîtrise de l’écrit soit devenue prioritaire dans le monde entier. Les gouvernements africains ont eux aussi reconnu l’importance de l’écrit. Il leur faut maintenant s’efforcer de créer des écoles où les enfants du continent puissent apprendre à lire et à écrire, à l’égal des autres enfants du monde. Il est devenu vital pour les enseignants africains de prendre conscience que leur rôle est devenu plus important que jamais. On attend beaucoup d’eux, et c’est en grande partie d’eux que dépend l’alphabétisation de leur pays, élément indispensable du développement et de la réduction de la pauvreté. Le présent ouvrage devrait constituer une aide pratique dans leur combat quotidien pour garantir la maîtrise de l’écrit pour tous leurs élèves.

La maîtrise de l’écrit est une condition nécessaire au succès personnel et au développement national.

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Introduction

Il traite également d’un sujet complexe : la lecture Comme il a été mentionné plus haut, il n’existe pas de solution toute simple pour garantir l’acquisition et la maîtrise de l’écrit. Le lecteur averti et compétent oublie souvent que le processus d’apprentissage de la lecture est long et complexe. Or, on peut dire que seule une minorité d’enfants apprend à lire sans effort. En revanche, la plupart d’entre eux ont besoin de plusieurs années d’apprentissage pour passer de la lecture d’images et l’identification des premières lettres à la lecture critique d’un texte. L’initiation d’un jeune élève à la lecture requiert l’appui d’un adulte spécialement formé à cette tâche ; or, beaucoup d’enseignants africains n’ont tout simplement pas joui d’une formation adéquate. Ils affrontent les problèmes de lecture qui se présentent dans leur classe en faisant appel à leur instinct et leurs souvenirs d’écolier plutôt qu’à des savoirs particuliers, alors que l’initiation et la maîtrise de la lecture demandent justement une formation ciblée. Le présent ouvrage contient ce qui devrait constituer le savoir de base pour enseigner la lecture et l’écriture de manière efficace. Un défi : Comment enseigner la lecture en milieu multilingue ? Traiter des problèmes habituels de lecture ne suffirait pas à garantir que les élèves africains deviennent des lecteurs avertis. Il est également indispensable pour les enseignants de prendre aussi en compte les problèmes qui se présentent quand la langue et la culture de la classe sont différentes des expériences des élèves en dehors de l’école. Dans la plupart des cas, les enseignants doivent se familiariser avec les caractéristiques d’une éducation adaptée linguistiquement et culturellement à des milieux multilingues ; or, il s’agit là d’une discipline toute particulière, qui n’a généralement pas été traitée pendant leur formation en école normale. Certains enfants ont la grande chance de s’initier à la lecture dans leur langue maternelle. Cependant, la seule utilisation d’une langue familière en classe ne suffit pas pour garantir le succès en lecture. Les enfants ont également besoin d’apprendre de manière active et de disposer de matériel de lecture attrayant. De plus, il est également important qu’ils sentent que l’école valorise
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L’apprentissage de la lecture est un processus long et complexe.

Les enseignants devraient se familiariser avec les informations de base requises pour bien enseigner à lire.

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Introduction

Pour pouvoir bien apprendre, les élèves ont besoin de sentir qu’on respecte leur langue et leur culture.

vraiment les savoirs qu’ils ont acquis et les expériences qu’ils ont vécues à la maison. Cependant, pour la plupart des enfants africains, l’initiation à l’écrit se fait dans une langue qui leur est étrangère. Or, il y a déjà plus de cinquante ans que les éducateurs recommandent d’utiliser en classe une langue que les jeunes élèves comprennent, et de respecter les valeurs culturelles qu’ils chérissent, avant de les confronter à une langue étrangère (Unesco, 1953). Dans la pratique, de nombreux gouvernements africains ont limité au seul discours politique leur engagement en faveur d’une éducation bilingue. En conséquence de quoi, beaucoup d’enfants africains doivent encore aujourd’hui apprendre à lire et à écrire dans une langue qu’ils ne dominent pas. Par ailleurs, l’importance et le prestige de la langue de l’ex-colonisateur peuvent aisément les induire à mépriser leur propre langue et leur propre culture, ce qui est néfaste à leur développement émotionnel et cognitif (Skutnabb-Kangas, 2000). De nombreux enseignants sont conscients de cette situation mais ils sont en général insuffisamment informés pour pouvoir y faire face avec succès. Le présent ouvrage contient non seulement des informations générales sur la lecture mais aussi des suggestions pour promouvoir une éducation de qualité, à travers l’utilisation de la langue des élèves et le respect de leur culture. Un autre défi : Comment enseigner à lire dans des sociétés à tradition orale ? Les enseignants doivent affronter un autre problème de taille : ni l’école, ni la maison ne leur prêtent de soutien notable dans le processus d’acquisition de l’écrit. C’est une vérité de La Palice de dire que les enfants apprennent à lire en lisant et à écrire en écrivant. Malheureusement, la plupart des enfants africains n’ont que rarement l’occasion de pratiquer l’un et l’autre. Tout d’abord, la majorité des parents traitent des affaires quotidiennes sur une base exclusivement orale. En conséquence de quoi, beaucoup de jeunes enfants arrivent à l’école sans familiarisation, et même sans expérience aucune, avec l’écrit. Par ailleurs, ils ne trouvent dans leur environnement que très peu de livres adaptés à leurs intérêts et à leur profil.

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À l’école, seuls les plus chanceux d’entre eux ont un livre de lecture par classe, ce qui n’est pas suffisant pour leur permettre de devenir des lecteurs avertis. Ce dont ces enfants ont vraiment besoin, ce sont des textes de lecture significatifs, agréables à lire et motivants. Dans les bibliothèques rurales et urbaines, ils peuvent bien se procurer quelques livres en anglais, en français ou en portugais, mais ils ont rarement accès à des textes intéressants, écrits dans leur langue et décrivant des réalités qui leur sont familières. Il n’est donc pas étonnant que les parents de ces enfants placent tout leur espoir dans les enseignants, et qu’ils attendent d’eux - et d’eux seulement - qu’ils initient leurs enfants à l’écrit. C’est là une responsabilité écrasante, certes, mais ce n’est pas un défi impossible. Là où la culture de l’école encourage clairement l’écrit, dans les écoles où le directeur, les enseignants et les élèves valorisent fortement l’écrit, les mathématiques et les sciences, les enseignants devraient être en mesure d’enseigner la lecture de manière efficace, même à des enfants privés par ailleurs de livres. Dans de telles écoles, l’attitude du directeur ainsi que la formation et l’engagement des maîtres peuvent contrebalancer, du moins en partie, le manque de commerce actif avec les livres ainsi que la carence généralisée de matériel didactique dont souffrent les élèves. Le présent ouvrage montre comment encourager l’amour de la lecture et comment faire des lecteurs avertis de ces enfants qui grandissent en manque presque complet de livres aussi bien à l’école qu’à la maison. Les manuels scolaires existants ne suffisent-ils pas pour garantir un enseignement de qualité ? Certains lecteurs douteront peut-être encore de la pertinence de cette publication. En effet, comme on peut le constater sur la page suivante, il existe de nombreux manuels scolaires en langues africaines. Ces manuels ne sont-ils pas de qualité suffisante pour garantir une bonne acquisition de l’écrit dans le primaire? Les manuels scolaires sont sans conteste très utiles. Il y a quelques années, on a pu montrer, une fois de plus, combien ils sont utiles pour accroître l’efficacité de l’éducation à l’école primaire dans les pays en voie de développement (Greaney &
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De nombreux enfants arrivent à l’école sans expérience aucune de l’écrit.

Les innovations éducatives sont possibles si l’atmosphère de l’école est favorable à l’apprentissage.

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Introduction

Manuels scolaires en langues africaines produits dans les pays suivants : Botswana, Mali, Niger, Tchad, Namibie, Tanzanie, Madagascar, Éthiopie et Ouganda.

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Marie CHATRY-KOMAREK

Introduction

Kellaghan, 1996). De fait, les manuels scolaires constituent encore de nos jours la principale composante de nombreux programmes de lecture en Afrique. Pendant de nombreuses années, j’ai été moi-même persuadée que les manuels scolaires et les guides pédagogiques sont les matériels didactiques les mieux adaptés pour enseigner à lire en Afrique. Aujourd’hui, je suis fermement convaincue que ceux-ci ne suffisent pas à eux seuls à résoudre le défi qu’est l’apprentissage de l’écrit. Les enseignants africains du primaire qui désirent travailler de manière efficace doivent également se familiariser avec de nombreux aspects politiques, pédagogiques, éducationnels, culturels et linguistiques qui sous-tendent ces manuels et les complètent. Public-cible de cet ouvrage : enseignants du primaire, conseillers pédagogiques et professeurs d’écoles normales Ce livre a été écrit en tout premier lieu à l’intention des enseignants du primaire qui sont directement concernés par l’introduction de l’écrit dans leur classe. Il devrait donc pouvoir être lu avec profit tant par les élèves-maîtres des écoles normales que par les enseignants déjà en charge d’une classe du primaire. Cet ouvrage encourage ces enseignants à faire l’examen de leurs pratiques d’enseignement et de leurs convictions pédagogiques. Les exemples et témoignages présentés ici devraient les aider à se rappeler leurs propres expériences d’élèves et de jeunes maîtres, leur permettant ainsi de lier les informations nouvelles avec des exemples concrets et des situations comparables dans leur classe ou en dehors. Il peut également être utile à d’autres publics, parmi lesquels les conseillers pédagogiques, les professeurs d’école normale, responsables de la discipline lecture et écriture, les autorités éducatives ainsi que les parents qui collaborent activement pour améliorer la qualité de l’éducation en Afrique. Un pont entre pratiques pédagogiques traditionnelles et innovations éducatives Les contenus du présent ouvrage devraient être à la fois très familiers et singulièrement novateurs pour les enseignants africains du primaire. Il est donc permis de se demander si ces enseignants seront prêts à adopter les innovations éducatives qui y sont décrites.
L’Harmattan, 2005

Les manuels en langues africaines sont très utiles mais ils ne peuvent pas fournir à eux seuls ce dont les enseignants ont besoin pour bien enseigner à lire.

Ce livre devrait encourager les enseignants à examiner leurs convictions pédagogiques et à les adapter aux résultats de la recherche en la matière.

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Introduction Ce livre devrait aider les enseignants à se libérer d’attitudes dogmatiques héritées des temps coloniaux.

Comme indiqué plus haut, la plupart d’entre eux n’ont pas accès à la littérature spécialisée concernant l’écrit. Il n’est donc pas surprenant que beaucoup recourent à un enseignement très dogmatique, hérité des temps coloniaux. Étant donné qu’ils ont si peu d’occasions de discuter de leurs choix pédagogiques, il se peut même qu’ils pensent devoir continuer à enseigner suivant les approches traditionnelles. Si on les informe de la manière dont d’autres enseignants utilisent les langues africaines ici et là sur le continent, cela peut les aider à se mettre en quête de nouvelles pratiques pédagogiques ou à améliorer les leurs. Ajoutons que l’information que présente cet ouvrage sur la manière d’enseigner aux jeunes Africains à lire et à écrire est loin d’être exhaustive. C’est ainsi par exemple qu’il n’a pas été possible de traiter de l’identification d’une méthodologie adaptée pour l’enseignement d’une seconde langue, bien qu’un tel sujet doive, parallèlement avec l’enseignement de la langue maternelle, constituer le cœur même de la formation initiale des enseignants. D’autres aspects éducatifs importants, tels que le suivi et l’évaluation, qui sont traités en profondeur dans nombre de publications spécialisées, n’ont pas pu être traités ici non plus. Il est cependant à souhaiter que la nature et la variété des informations présentées dans cet ouvrage inciteront de nombreux enseignants à s’embarquer pour un voyage pédagogique fascinant, en quête d’idées pour mieux assurer la maîtrise de l’écrit chez leurs élèves.

Accra, Ghana, juin 2003 pour la version anglaise Schwäbisch Gmünd, Allemagne, décembre 2004 pour la version française

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Marie CHATRY-KOMAREK

Introduction

Contenus de ce livre
• Le chapitre 1 débute par un tour d’horizon sur l’importance de l’écrit pour tous les enfants du monde, et les rendements scolaires médiocres de nombreux pays africains au sud du Sahara en la matière. Il place ensuite la question linguistique parmi les principales causes de l’analphabétisme dans le monde. Le chapitre 2 est consacré aux relations existant entre langue, culture et éducation. On y soutient que la langue d’apprentissage la plus efficace pour les jeunes enfants est leur langue maternelle. On y montre aussi combien l’éducation bilingue est un sujet hautement politique et comment l’acquisition de l’anglais, du français ou du portugais comme seconde langue souffre fréquemment d’erreurs et de conceptions erronées. Ce chapitre devrait permettre aux enseignants d’expliquer les principaux aspects d’une éducation bilingue à leurs collègues et aux parents d’élèves, afin d’être en mesure de l’appliquer avec succès dans leur propre classe. Le chapitre 3 présente les approches habituellement utilisées pour enseigner à lire : celles qui sont utilisées dans les manuels scolaires sont opposées à celles qui privilégient la lecture et l’écriture de textes réels, dans des situations authentiques. On y découvre que les méthodes utilisées dans les écoles africaines sont beaucoup plus diversifiées qu’on pourrait le supposer de prime abord. Dans ce chapitre, on recommande d’enseigner l’écrit de manière intégrée, empruntant des éléments de différentes approches méthodologiques. Le chapitre 4 traite de l’initiation à l’écrit. Les enfants qui viennent de familles qui aiment lire et ceux qui vont à l’école maternelle se trouvent encouragés et guidés dans leurs premiers pas vers l’écrit. Par contre, ceux qui arrivent à l’école sans expérience aucune de l’écrit ont besoin de temps et d’activités spécifiques pour compenser leur désavantage et rattraper le
Pourquoi est-il vital que tous apprennent à lire ?



Pourquoi langue et culture jouentelles un rôle si important pour qui s’initie à l’écrit ?



Quelles sont les méthodes d’enseignement de la lecture les plus utilisées actuellement dans les écoles africaines ?



Comment initier à la lecture et à l’écriture les élèves qui n’ont aucune expérience avec l’écrit ?

L’Harmattan, 2005

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