Le galo, qqhi q'cét don ?

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Ce livre n'est ni une méthode de langue ni un ouvrage théorique sur le gallo, langue romane de Haute Bretagne, mais simplement un petit ouvrage qui vous permettra de découvrir (ou de redécouvrir) ce qu'est le gallo. L'occasion de faire la chasse à certaines idées reçues et de se délecter de quelques mots et phrases mis « en goule » et dans les « orailles » sans trop... se prendre la tête !



Ce livre s'adresse aussi aux personnes connaissant peu ou pas le gallo ainsi qu'à celles qui utilisent des mots gallos quotidiennement dans leur vocabulaire sans forcément s'en rendre compte et qui ont l'habitude... d'aler es commissions o un pochon, de clencher la porte, de balosser o la veizine, de bouéner ou core d'étr benaize a baire un miqe avant la merienne !*

*(d'aller faire les courses avec un petit sac, de fermer la porte à clé, de discuter avec la voisine, de « glander », ou encore d'apprécier de boire un café arrosé avant la sieste !)



Anne-Marie Pelhate vient de recevoir le prix de « gallophone de l’année » décerné par le Conseil Régional de Bretagne. Elle est la responsable de l’enseignement du gallo au sein de l’association Dihun Breizh, qui promeut les filières bilingues breton / français dans l’enseignement catholique en Bretagne. Depuis 2005, elle intervient dans plus de 80 écoles de Haute-Bretagne. Formatrice, elle met en place des cours de gallo pour les adultes. Elle est aussi chargée d’enseignement à l’université de Rennes 2 dans le cadre de l’option gallo de licence.
Degast’ a notamment illustré Le guide du bretonnant de Mark Kerrain au Temps éditeur et Ce que vous avez toujours voulu savoir sur le breton ! aux Editions du temps.
Publié le : jeudi 1 septembre 2011
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Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782363120052
Nombre de pages : 128
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P réface
Ce livre n’est ni une méthode d’apprentissage de langue ni un ouvrage théo-rique sur le gallo, langue romane de Haute Bretagne. Il est simplement un petit ouvrage qui vous permettra de découvrir (ou de redécouvrir) ce qu’est le gallo. L’occasion de faire la chasse à certaines idées reçues et de se délecter de quelques mots et phrases mis « en goule » et dans les « orailles » sans trop.... se prendre la tête ! Ce livre s’adresse autant aux personnes qui ont déjà entendu du gallo dans leur entourage, qu’aux novices qui ont envie de s’initier ainsi qu’à ceux qui uti-lisent des mots gallos quotidiennement dans leur vocabulaire en français sans forcément s’en rendre compte et qui ont l’habitude d’aler es commissions o un pochon, de clencher la porte, de balosser o la vaizine, de bouéner ou encore d’étr benéze a baire un miqe avant la merienne !
d’aller faire les courses avec un petit sac, de fermer la porte à clé, de discuter avec la voisine, de« glander », ou encore d’apprécier de boireuncafé arrosé avant la sieste!
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Ce petit ouvrage de poche est composé d’une première partie un peu théo-rique (mais pas trop) sur le gallo, histoire de rétablir quelques vérités et de contrer nombre de préjugés sur celui-ci : qu’est-ce que c’est ? C’est une lan-gue ? C’est du patois ? Ça s’écrit ? Ça s’apprend ? Qui la parle ? Où ? Une deuxième partie est une sorte de « kit de survie en Haute Bretagne » émaillé de rubriques ludiques et thématiques. On y apprendra ainsi l’art de demander son ptit nom en gallo, de parler de la pluie et du beau temps, d’aller faire une visite chez le médecin, de composer un panier de légumes du jardin, de faire la fête, de découvrir des recettes du Pays gallo et même de donner quelques noms d’oiseaux à la personne de votre choix... Une dernière partie complétera le « kit » avec quelques points de grammaire et de conjugaison, représentatifs et emblématiques de la langue gallèse.
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Le galo, qhi q’c’ét don ?
L e gallo, ça vient d’où ?
 Comme ses sœurs française, normande, wallone et ses cousines espa-gnole, italienne, roumaine, le gallo est une langue née de l’évolution du latin et fait partie de la famille dite des « langues d’oïl ». Et elle ne date pas d’hier ! Petit retour sur l’histoire et les origines du gallo. er e Entre le I et le III siècle, le latin populaire se répand en Gaule par l’inter-médiaire des soldats et des commerçants. Il subit des influences des substrats linguistiques et des invasions successives. Au fil des siècles, on commence à distinguer les langues d’oïl au nord et les langues d’oc au sud de la Gaule. En Bretagne, le breton, langue celtique, s’implante dans la région suite à l’arrivée e des Bretons de la Bretagne insulaire à partir du V siècle. La coexistence des langues bretonnes et gallèse est attestée, dans les archives, depuis le Moyen Âge. Le terme gallo proviendrait du mot celtique «gall » qui désigne celui qui utilise une langue romane ou qui ne parle pas la même langue que les breton-e nants. À partir du IX siècle, une frontière linguistique avec le breton se dessine (ou plutôt un « talus » qu’il est facile d’enjamber pour passer d’une langue à l’autre) et se fixe au fil des siècles sur une ligne allant de Plouha à Vannes. On parle, par conséquent, le gallo dans les moitiés Est des actuels départements du Morbihan et des Côtes d’Armor, dans toute l’Ille-et-Vilaine et la Loire Atlan-tique.
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Jusqu’à la mise en place de l’enseignement obligatoire pour tous par Jules Ferry en 1882 et le chamboulement des sociétés qui a suivi les deux guerres mondiales, le gallo, comme la plupart des langues régionales, était la langue de communication principale de la population de Haute Bretagne. Le français,
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quant à lui, n’était vraissemblablement parlé que par les élites ou les bourgeois des grandes villes. Le changement de langue s’est effectué de la première guerre mondiale aux années 1950, d’abord dans les villes puis progressive-ment et, jusqu’à nos jours, en milieu rural. Le « patois », signe d’un monde ancien, d’une culture de plouc, était souvent vu comme un héritage qu’il fallait à tout prix abandonner pour favoriser la progression sociale de ses enfants. Aujourd’hui, en Bretagne, le gallo et le breton ne sont plus parlés par la majorité de la population. En parallèle au réveil du mouvement culturel breton des années 1970, une poignée de militants fonde l’associationLes Amis du Parler Galloen 1976 qui deviendra par la suiteBretagne Gallèse puisBertaeyn Galeizz. En 1977, le gallo est intégré à la Charte Culturelle Bretonne signée par le président Giscard d’Estaing. Cette charte marquera la première reconnaissance officielle du gallo et autorisera son enseignement. Depuis lors, on constate un intérêt croissant et un regain de vitalité en faveur de la langue gallèse. En 2004, Le Conseil Régional de Bretagne reconnaît officiellement à l’unanimité« l’existence du breton et du gallo comme langues de la Bretagne aux côtés du français ».En 2007, le conseil général d’Ille-et-Vilaine place la langue et la culture gallèses dans ses priorités.
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