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Thèses fondamentales pour une esthétique comme science de l’expression et linguistique générale

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Benedetto Croce (1866-1952) est sans aucun doute le philosophe italien le plus marquant du XXe siècle. Influencé par l’idéalisme hégélien, ses premiers travaux en portent la trace, même si par la suite cette ascendance sera quelque peu remise en question. Son oeuvre est immense et diverse, parcourant les domaines de la philosophie de l’histoire, de l’esthétique, de l’histoire de l’art, de la logique. Les Thèses fondamentales pour une esthétique comme science de l’expression et linguistique générale, publiées par le philosophe en 1900, constituent le premier jalon d’une réflexion esthétique qui aura une place centrale dans la philosophie crocienne et donnera forme à ces grands ouvrages que seront l’Esthétique comme science de l’expression et linguistique générale (1902) – dont le présent livre est le noyau théorique initial –, le Bréviaire d’esthétique, l’Aesthetica in nuce, les Derniers essais d’esthétique et la Poésie, où, sur un arc temporel de plus de 35 années, Benedetto Croce a développé ses thèses originales sur l’art comme intuition et expression, unité intuitive de forme et de contenu.

Fondateur avec Giovanni Gentile de la revue de philosophie La Critica (1903), Croce se démarquera publiquement des thèses de ce dernier sur le rôle de l’intellectuel dans le Fascisme en publiant un

Manifeste des intellectuels antifascistes (1926) qui en fera le symbole de la résistance de la libre pensée au totalitarisme.


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Benedetto Croce
THÈSES FONDAMENTALES POUR UNE ESTHÉTIQUE COMME SCIENCE DE L’EXPRESSION ET LINGUISTIQUE GÉNÉRALE
Traduit de l’italien par Pascal Gabellone
La numérisation de cet ouvrage a reçu le soutien du CNL
Et de la région Languedoc Roussillon
Table des matières
ï L’expression comme activité
ïï L’expression comme activité théorétique
ïïï L’expression comme activité théorétique particulière
ïV ïnexistence des classes d’expressions
V Analogie entre activités pratiques et théoriques
Vï L’activité en général et l’activité esthétique en particulier dans leurs relations avec le fait psychique
Vïï La reproduction des expressions
Vïïï La reproduction des expressions
ïX La reproduction des expressions
X ïdentité de la linguistique et de l’esthétique
Xï ïmpossibilité d’une esthétique qui ne soit science de l’expression
Conclusion
LES COLLECTIONS THÉÉTÈTE Esthétique Couverture réalisée d’après l’œuvre de Catherine Robelin (carbone sur toile), 2006 Champ social éditions, 2006 Champ social éditions – 34bis, rue Clérisseau – 30 000 NÎMES Courriel :contact@champsocial.com– site Internetwww.champsocial.com © Benedetto Croce Estate. All rights reserved
1- Impression et expression
I L’expression comme activité
L’expression est différente de l’impression. On peut avoir des impressions sans expressions. Chacun peut observer en soi-même cette différence lorsque, tout en étant en proie à des impressions, on s’efforce sans succès de les exprimer, pour avouer enfin qu’on « éprouve quelque chose que l’on ne sait pas exprimer ». Mais l’inverse n’est pas vrai. Il n’est pas possible d’avoir des expressions sans qu’on ait eu des impressions préalables. L’expression présuppose l’impression. Car qu’exprimerait l’expression, si elle n’exprimait pas, précisément, des impressions ? Le premier pas, donc, pour déterminer la nature du fait expressif consiste à chercher en quoi celui-ci se distingue du fait impressif, dont il est nécessairement précédé, mais auquel il ne fait pas nécessairement suite.
2- L’expression au sens esthétique et au sens naturaliste
On a affirmé que l’expression est le réflexe ou l’accompagnement physique de l’impression. Et l’on ne peut nier qu’il se produise réellement des phénomènes physiques accompagnant les impressions ; ni qu’ils soient différents de ces dernières, ni qu’ils soient désignés, dans le langage vulgaire et parfois même dans la terminologie scientifique, comme des expressions. L’expression de honte est accompagnée de la rougeur des joues, celle de peur, de la pâleur, la colère violente, du grincement des dents, l’allégresse, des yeux brillants et de certains mouvements des muscles de la bouche. Des modifications physiques se produisent aussi dans la nature inanimée, insensible aux impressions, que l’on dénomme précisément monde physique : par conséquent, lorsqu’elles apparaissent en liaison avec des impressions, elles ne font pas corps pour autant avec ces dernières. Sur les expressions au sens naturaliste nous avons une abondante littérature, dont un ouvrage de Darwin particulièrement reconnu aujourd’hui. Mais il n’est pas difficile de s’apercevoir, si on les considère avec attention, que les expressions au sens naturaliste sont quelque chose de tout à fait différent des expressions au sens esthétique. Celles-ci présupposent nécessairement les impressions, mais peuvent ne pas les suivre : celles-là, au contraire, ne présupposent pas les impressions, mais les suivent nécessairement. Comment pourraient-elles ne pas les suivre, si l’impression a lieu dans l’organisme physiologique, qui, outre qu’il est capable d’impressions, est un ensemble de processus chimio-physiques ? Et que l’on ne m’objecte pas que l’homme peut dissimuler ses impressions : la tendance à dissimuler est elle-même une impression et porte avec elle son réflexe physique : en dissimulant, on n’empêche pas ce dernier, mais on substitue un réflexe physique à un autre, puisqu’on a remplacé une impression par une autre. Or, si nous nommons a, l’impression, b, le réflexe physique ou expression au sens naturaliste, et c l’expression au sens esthétique, nous pouvons symboliser le rapport de ces trois phénomènes par la figure que
voici, où la ligne ab, qui part du point a, indique le réflexe physique qui accompagne nécessairement l’impression, tandis que l’expression esthétique est symbolisée par la ligne en pointillé ac, qui, si elle était tracée, ne pourrait commencer qu’à partir du point a, mais qui peut aussi bien ne pas être tracée, et en effet souvent ne l’est pas. A ne peut exister concrètement que comme ab, mais peut ne pas exister comme ac, alors que c concrètement ne peut exister sinon comme ac. Que l’on songe, pour mesurer intuitivement la différence entre ces deux faits, à un homme en proie à la colère et qu’on le compare à un autre qui, lui, exprime la colère. Que l’on se remémore l’aspect, les cris, les gesticulations d’un homme déchiré par la perte d’un être cher, et qu’on le compare à ce même homme représentant avec la parole et le chant ce qui s’agite au-dedans de lui.
Le point de départ commun a explique aussi pourquoi nous avons employé pour les deux phénomènes le même vocable (expression), qui revêt ainsi deux sens différents. Et puisque l’homme a coutume d’animer les faits du monde physique, on dénomme expressions également des phénomènes naturels qui n’accompagnent point des impressions psychiques. Ainsi dit-on qu’un certain degré de chaleur exprime la fièvre, que la dépression du baromètre exprime la pluie ; ou encore, que le niveau élevé du change exprime le discrédit du papier-monnaie d’un État, le mécontentement social, l’approche d’une révolution. Pour notre part, réservant le terme d’expression uniquement à l’expression au sens esthétique, nous appellerons les autres faits purement naturels des symptômes ou des phénomènes. Cela suffira pour avertir le lecteur (ce qui n’est pas superflu, par les temps qui courent) que notre science de l’Expression n’a rien de commun avec une sémiotique, qu’elle soit médicale, politique, physiognomonique ou chiromantique !
3- Expression et fait psychique
Beaucoup plus plausible, à première vue, paraît la tentative de distinguer l’expression de l’impression en identifiant la première avec une catégorie de faits psychiques différente de celle dont relève la seconde. Ainsi, en identifiant les impressions avec des sensations, on pourrait chercher à établir, comme on l’a fait, si les expressions ne sont pas une réaction suscitée par les premières : réaction du sentiment avec ses divers degrés de plaisir et de douleur, ou bien de l’appétition, positive ou négative. Mais cette tentative se heurte à une première objection, à savoir qu’il n’y a pas de catégories psychiques. En termes psychologiques, il n’y a pas de sensations, de sentiments ni d’appétitions, mais un unique fait psychique, que nous appelons impression, et qui est les trois choses à la fois – inconcevables, donc, séparément. On sait que toute sensation implique toujours un certain degré de plaisir ou de douleur, ainsi qu’une tendance à retenir ou à éliminer. Nous n’avons aucune expérience de sensations sans sentiments ni appétitions, ou de sentiments sans sensations ni appétitions, ou encore de ces dernières sans les premières : il nous est même impossible de nous les imaginer. Il n’est pas correct de dire que le sentiment présuppose la sensation, car cela revient à dédoubler arbitrairement un fait unique. Ces trois catégories n’ont pas été inventées sans
raison, et nous montrerons plus loin (infra, VI, § 7) quelle a été cette raison, en nous efforçant de satisfaire de façon légitime à l’exigence qu’elle représente. Mais cela ne nous empêche pas de reconnaître dès à présent que toute tentative d’identifier l’expression avec une catégorie psychique s’oppose à un fait indubitable, qui nous est fourni par l’observation interne et dont on est parti, à savoir la distinction entre impression et expression, car cette catégorie ne peut être que l’impression elle-même, l’unique catégorie psychique qui existe. Bien entendu, nous n’en faisons point une question de terminologie, et il nous est tout à fait indifférent que l’on nomme cette unique catégorie sentiment, émotion ou de toute autre manière, pourvu qu’on reconnaisse qu’elle est unique. Nous avons choisi, quant à nous, le mot impression, qui nous semble être le moins galvaudé par l’usage, et, dans ce cas précis tout au moins, le plus aisé à comprendre.
4- Expression et représentation
Mais l’on observera que, si nous avons raison de nier que l’expression soit assimilable à la sensation, au sentiment ou à l’appétition, c’est-à-dire qu’elle soit un fait psychique, c’est parce que nous n’avons envisagé que les faits psychiques de premier degré. L’expression pourrait donc appartenir aux faits psychiques de second degré, comme l’affirment justement certains psychologues. Mais il faut remarquer que parler ici de second degré n’est qu’une échappatoire commode. Dans l’analyse scientifique, les degrés ne peuvent être déterminés que par des différences qualitatives, qui, s’impliquant par le caractère concret des faits qu’elles distinguent, sont appelées au bout du compte des degrés. Car si par degré nous entendons simplement la classe, cette affirmation nous renvoie à la précédente, c’est-à-dire à établir des classes ou des catégories dans l’unique fait psychique. Laissons donc de côté, pour le moment, les premier, deuxième, troisième ou quatrième degrés, et regardons ce qu’il y a de réel sous cette dénomination. Les psychologues eux-mêmes entendent par second degré la représentation, ou image, ou trace que peut laisser derrière elle l’impression. La thèse qu’il faut discuter est donc : l’expression est-elle une sorte de représentation ? Le degré, pour l’instant, n’a rien à y voir. Pour que l’expression fût une sorte de représentation, il faudrait en indiquer le caractère différentiel par rapport à d’autres représentations. Mais, pour beaucoup d’efforts qu’on fasse, il est impossible de reconnaître ce caractère. Les représentations sont conçues comme quelque chose de distinct se détachant sur le fond psychique des impressions, si bien qu’elles se reproduisent et s’associent. On peut dire la même chose des expressions : qu’elles sont distinctes et se détachent sur le fond psychique. D’ailleurs, comment ce qui n’est pas exprimé pourrait-il se reproduire et s’associer ? L’inexprimé est insaisissable et ne fait jamais retour, ou, ce qui revient au même, ne fait plus retour comme avant. Le fait psychique est un continuum, depuis le moment où l’on naît jusqu’au moment où l’on meurt. Les représentations sont nombreuses et variées, comme autant d’individualités. Elles suivent ou ne suivent pas les impressions, qu’elles présupposent. Les expressions ne sont donc pas une classe de représentations, mais elles sont, mutato nomine (sous un autre nom), les représentations elles-mêmes. Vous pouvez les appeler représentations plutôt qu’expressions, images au lieu de représentations, idées au lieu d’images, fantasmes plutôt qu’idées : vous n’en saurez pas davantage.
5- Les faits d’activité
Très bien ! – diront d’autres. Mais ce que nous voulons affirmer, c’est précisément cela, à savoir que l’on peut changer le nom des expressions, mais que leur nature reste insondable, car elles sont un unicum sui generis (unique de son genre). Ni simple fait physique, ni simple fait psychique, mais un fait représentatif ou expressif. On peut en décrire les diverses modalités, mais on ne peut dire ce qu’elles sont. La physiologie décrit les cellules dans leurs innombrables combinaisons organiques, et pourtant elle avoue naïvement ignorer ce qu’est la cellule, ce qu’est le vivant par rapport au non vivant. Prenons exemple de modestie sur cette science ultramoderne, et résignons-nous à produire une Esthétique descriptive comme l’on produit une Physiologie cellulaire. L’expression est une donnée intuitive, et sa seule nature est d’être une donnée parmi tant d’autres. Celui du donné est le seul genre auquel on puisse la réduire ! La modestie est une belle vertu, qui s’accorde au caractère limité de nos forces par rapport à nos désirs. Cependant, pour qu’elle soit une vertu, il faut s’assurer que nos forces sont vraiment limitées ; autrement, derrière la vertu présumée de la modestie se dévoile le vice effectif de la paresse. En effet, ce serait faire preuve de paresse que de nous satisfaire de cette conclusion, sans avoir d’abord cherché à savoir s’il n’y a pas un autre ordre de faits, différent des ordres physique et psychique, et si l’expression – ou représentation – ne se rapporte pas à celui-là. Il est curieux, et typique de la condition spirituelle de notre temps, que cet ordre de faits soit ignoré ou nié, alors qu’il est nous-même, c’est-à-dire notre humanité. Est-ce que l’activité de l’homme n’est pas réelle ? et l’homme, qu’est-il d’autre, sinon activité ? comment se distingue-t-il de la nature environnante, sinon comme activité parmi des faits relevant de mécanismes physiques ou psychiques ? On ne connaît d’animaux ou de végétaux doués d’activité que dans les fables, comme celles d’Ésope où arbores loquuntur non tantum ferae (les arbres parlent, et pas seulement les bêtes sauvages) ; nous ne pouvons concevoir d’êtres surhumains qu’à notre image et ressemblance, comme des hommes d’un autre monde, plus ou moins semblable au nôtre. Lorsqu’on parle d’activité de la nature, on a recours au même procédé que lorsqu’on parle d’expression au sens naturaliste : procédé qui a sans doute sa raison d’être, mais qui diffère de l’observation directe de l’activité que nous exerçons sur nous-mêmes et qui est notre conscience. Si quelqu’un affirmait n’avoir jamais observé cette activité en lui-même, et que, lorsqu’il pense ou veut, il ne s’aperçoit pas qu’il lui arrive quelque chose d’intrinsèquement différent du fait de transpirer ou d’avoir froid, nous ne pourrions répondre qu’une chose : qu’il plaisante. Si d’autres nous disaient au contraire que, sans vouloir nier la différence entre activité et mécanisme, ils croient qu’en dernière analyse activité et mécanisme ne font qu’un, nous leur rétorquerions que cela est bien possible et qu’il faut s’engager dans une telle recherche, mais qu’unifier deux choses en une troisième revient avant tout à poser la différence entre les deux choses ; et ici, c’est la différence qui nous importe. Nous interrogeons la nature de l’expression et non pas celle de la réalité.
6- L’expression comme activité
Cette nature de l’expression consiste précisément à être un fait d’activité. Là est son caractère distinctif par rapport aux simples impressions. L’expression comporte une élaboration de ces dernières, une activité se déployant à partir des impressions et qui les transforme en quelque chose d’autre. L’attitude que l’on prend dans le fait expressif est bien
différente de celle du simple fait des impressions ; ou mieux, dans ce cas, il n’y a point d’attitude, car l’impression est passivité.
7- L’expressif (le beau) naturel
Un obstacle peut être représenté par l’existence de l’expressif (du beau) naturel. Nul n’ignore que l’on dit expressifs (beaux) des faits purement naturels tels qu’un visage, une personne, une fleur, un animal, une colline. Comment l’expressif peut-il être un fait d’activité, donc nettement distinct du fait naturel, s’il existe un expressif (beau) naturel ? Que l’activité puisse être parfois naturalité, est à exclure car c’est une contradiction dans les termes. Il faut exclure aussi l’hypothèse que l’expressif ne soit pas activité, car cela répugne à la conscience que nous en avons, et qui est notre seul guide. Il reste donc le dilemme suivant : que ce prétendu expressif (beau) naturel, ou bien n’est pas expressif, ou bien n’est pas naturel. Mais la première hypothèse n’est guère recevable, car placés devant les exemples cités, nous reconnaissons clairement qu’il s’agit d’expressivité. Il faudra s’en tenir donc à la seconde pour conclure que le prétendu expressif (beau) naturel est certes expressif, mais nullement naturel : en d’autres termes, qu’il est lui aussi un produit de l’activité de l’homme. Deux observations courantes viennent confirmer la justesse de cette déduction. On a coutume de dire que l’expressif (beau) naturel n’est reconnu que par un regard d’artiste. Les botanistes ne se soucient guère de fleurs belles, ni les zoologistes d’animaux beaux. D’autre part, on dit aussi que l’expressif (beau) naturel est toujours imparfait. Il n’est pas d’objet naturel auquel un artiste n’apporterait pas quelque retouche. Cela suffit à établir que même le prétendu expressif (beau) naturel dépend de l’activité de l’homme. Nous ne sommes pas encore en mesure de dire dans quelles conditions il se réalise, car de nombreux développements seront nécessaires avant qu’on puisse en élaborer la théorie (infra, VII, 1a, § 2).
8- Contenu et forme
Une des questions les plus débattues en esthétique est celle de la distinction entre contenu et forme. Est-ce que le fait esthétique consiste dans le seul contenu, ou bien dans la forme seule, ou bien encore dans le contenu et dans la forme à la fois ? Et, avant tout, qu’est-ce que le contenu et qu’est-ce que la forme ? Nous pourrions-nous passer de ces deux nouveaux mots sans difficulté. Le mot contenu ne nous dit rien de plus que le mot impression ; forme ne dit rien de plus qu’activité. Il nous faut donc récuser aussi bien la thèse selon laquelle le fait esthétique consiste dans le seul contenu (c’est-à-dire dans les simples impressions), que l’autre selon laquelle il consiste en l’union de contenu et forme, c’est-à-dire dans les impressions plus les expressions. Dans le fait esthétique, l’activité expressive ne s’ajoute pas au phénomène des impressions, mais celles-ci sont élaborées et transformées par celle-là. Les impressions réapparaissent dans l’expression comme l’eau passée dans un filtre réapparaît, à la fois même et différente, de l’autre côté du filtre. Le fait esthétique, par conséquent, est forme, et rien que forme. De là il s’ensuit que le contenu n’est pas quelque chose de superflu, il est même le point de départ nécessaire du fait expressif ; mais que des qualités du contenu aux qualités de la forme il n’y a pas passage. On a pensé parfois que le contenu, pour être un contenu
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