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Le travail de l'écriture

De
188 pages
Élaboré au sein d'un groupe d'échange des pratiques autour de l'écriture dans le champ de l'approche biographique, cet ouvrage s'interroge sur la portée des différents dispositifs, des processus qu'ils mettent en oeuvre et des effets qu'ils produisent. Il aborde l'accompagnement du recueil de récits de vie et leur mise en écriture (Isabelle Seret et Catherine Liabastre), celui de l'écriture (auto)biographique (Annemarie Trekker et Michèle Cléach) et celui des écrits de formation et de recherche (France Merhan et Emmanuelle Florent).
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Annemarie Trekker Coordonné par
LE TRAVAIL DE L’ÉCRITURE
Quelles pratiques pour quels accompagnements ?
Préface d’Alex Lainé
LETRAVAIL DE LÉCRITURE
© L’Harmattan, 2014 5-7, rue de l’École-polytechnique ; 75005 Paris http://www.harmattan.fr diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr ISBN : 978-2-343-03238-2 EAN : 9782343032382
Coordonné par Annemarie TREKKERLETRAVAIL DE LÉCRITUREQuelles pratiques pour quels accompagnements ?Préface d’Alex LAINÉ
Histoire de Vie et Formation Collection dirigée par Gaston Pineau avec la collaboration de Pierre Dominicé (Un. de Genève), Martine Lani-Bayle (Un.de Nantes), José Gonzalez Monteagudo (Un. de Séville), Catherine Schmutz-Brun (Un. de Fribourg), André Vidricaire (Un. du Québec à Montréal), Guy de Villers (Un. de Louvain-la-Neuve). Cette collection vise à construire une nouvelle anthropologie de la formation, en s'ouvrant aux productions qui cherchent à articuler "histoire de vie" et "formation". Elle comporte deux volets correspondant aux deux versants, diurne et nocturne, du trajet anthropologique. Le voletFormationaux chercheurs sur la formation s'ouvre s'inspirant des nouvelles anthropologies pour comprendre l'inédit des histoires de vie. Le voletHistoire de vie, plus narratif, reflète l'expression directe des acteurs sociaux aux prises avec la vie courante à mettre en forme et en sens. Dernières parutions Volet :Formation Bernard HONORÉ,L’Ouverture spirituelle de la formation, 2013.Marie Christine NOIREAUD,De Pondichéry à Paris, parcours de femmes en formation, 2013.Martine LANI-BAYLE, Gaston PINEAU, Catherine SCHMUTZ-BRUN (coord.),Histoires de nuits au cours de la vie, 2012. Bernard HONORÉ,La mise en perspective formative, 2012. P. GALVANI, Y. de CHAMPLAIN, D. NOLIN, G. DUBÉ (coord.),Moments de formation et mise en sens de soi, 2011. Micheline THOMAS-DESPLEBIN,Les Thomas, une faille e nombreuse en milieu rural au XXsiècle, 2011. Marie-Christine JOSSO,Expériences de vie et formation, 2011. Jean-Claude GIMONET (dir.),Maison Familiale Rurale de Férolles, Les clés du devenir, 2011. Martine LANI-BAYLE (dir.), Philippe MONTAIREAU, Carole BUFFA-POTENTE,André de Peretti, pédagogue d’exception. Regards croisés sur l’homme aux mille et un rebondissements, 2011.
Préface Du travail à l’œuvre et à l’action : une approche clinique de l’écriture Une préface n’est rien d’autre que l’expression du point de vue d’un premier lecteur qui s’adresse aux lecteurs potentiels et aux auteur(e)s. C’est précisément d’un tel point de vue, construit au fur et à mesure de ma lecture, dont il va être question au cours de cette préface. Et cela à travers l’exposé des problématiques qui, dans les écrits proposés aux lecteurs, ont retenu mon attention parce que je les tiens pour majeures. L’écriture engage profondément le sujet qui écrit, comme le soulignent les textes qu’on va lire. Cela vaut aussi bien pour l’activité de lecture qui est hautement subjective au sens où celui qui la fait y met beaucoup de soi et du sien. Ma lecture n’échappe pas à cette règle. En sorte que ce que j’ai retenu à la lecture de cet ouvrage est évidemment le résultat de la rencontre entre les écrits des auteures et mes propres objets de réflexion et cadres de référence. Et voilà le travail ! La première des problématiques que je repère comme centrales dans les textes constitutifs de ce livre, est celle dutravail. Car il y a du travail – et même des travaux –à l’œuvre dans ces écrits. -D’abord le travail de rédaction de celles et ceux qui s’engagent dans les processus ou dispositifs d’écriture accompagnés par les auteures. -Ensuite le travail en tant qu’objet sur lequel portent, en bien des cas, les écrits rédigés : celui des professionnels
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de l’accueil et de l’aide sociale autour d’Isabelle Seret, celui des enseignants dont parle Emmanuelle Florent, celui des étudiants en cours de rédaction de leurs travaux universitaires auxquels se rapporte le texte de France Merhan. -Enfin, ces deux modalités de travail sont présentes en tant que productions des accompagnatrices-auteures se soumettant au même type de mise en mots écrits de leurs pratiques que celle qu’elles invitent les personnes qu’elles accompagnent à réaliser. Dit autrement, on a affaire aussi bien pour les participants aux dispositifs d’écriture que pour les six accompagnatrices-auteures à un «travail sur leur travail» ou «travail au carré» pour reprendre la juste expression proposée par Yves Clot. Tous ces textes vont en effet montrer ce qui constitue l’essence du travail, à travers deux expériences majeures : la souffrance et le plaisir. On va découvrir d’une part que le travail – aussi bien en tant que processus d’écriture que comme objet sur lequel il porte – ne se fait ni tout seul, ni sans peine. Il y a en effet pour ne parler que de la seule écriture, des obstacles, des réticences, des souvenirs d’école, des peurs à écrire, des difficultés techniques et autres manques d’habitude avec les doutes de soi qui y sont associés. Toutes choses qui s’accompagnent de souffrances, rencontrant l’une des étymologies du mot « travail »– du latintripalium,instrument de torture. Ici le travail apparaît comme «la résistance au réel» (Christophe Dejours). Mais aussitôt après il s’inverse dans une expérience à haute teneur en plaisir. Cette dimension est très présente dans les écrits qu’on va lire. En particulier dans ces moments très forts de la « socialisation » des écrits produits par les uns et les autres, c’est-à-dire lorsque chacun va lire ou, s’il ne le peut pas, faire lire son récit par un tiers, mais toujours en s’adressant au moins au groupe des pairs. Un des exemples parmi d’autres en est fourni par le texte de Catherine Liabastre sur les Sillonneurs de Bretagne, au moment où elle évoque la lecture de la transcription du récit de Monsieur M.:« QuandA. prend la parole dans le texte de Monsieur M., elle raconte avec ses mots
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à lui, en lisant son récit à sa manière à elle, son départ du Maroc il y a 30 ans. Dès son arrivée en France, Monsieur M. a travaillé dans les chantiers de construction du grand immeuble du Sillon. Il a contribué à bâtir le lieu où il habite aujourd’hui. Il l’a dit. C’est écrit. Thérèse le lit devant les habitants qui écoutent. Cette mise en voix restitue publiquement un parcours individuel ancré dans l’histoire sociale.»On imagine alors la fierté de celui qui est l’auteur et qui entend le récit de son parcours et de son travail énoncé et écouté publiquement. La souffrance du travail, celle du labeur et du «tu gagneras ton pain à la sueur de ton front», n’est jamais abolie. Mais elle s’inverse en plaisir dans la reconnaissance que les pairs et/ou le public adressent à l’auteur par le simple truchement de l’écoute qui signifie : « ce que tu nous dis de toi et de ce que tu as fait, nous en reconnaissons toute la valeur en termes d’efficacité, de justice et de beauté. » A la manière dont on dit : « C’est du beau boulot ! ».C’est en ce sens que ces écrits méritent d’abord (mais pas seulement) d’être lus, comme un « salut aux textes » – selon la très belle formule de l’ALEPH à laquelle Michèle Cléach fait référence. Car ils valent bien qu’on leur rende cet hommage de l’attention portée par un lecteur. La question du travail conduit directement à l’approche clinique. La pratique du « cousu main » du travail clinique La clinique est, en effet, fondamentalement centrée sur la pratique, le contact avec le terrain – même si elle est loin de se réduire à cela tant elle est habitée par le souci d’éclairage théorique. De ce point de vue, le terme d’« atelier »est particulièrement bien choisi pour désigner les dispositifs dont il est souvent question dans ce livre. Il souligne que ce qui est ème ème proposé est une pratique, un ouvrage – aux 18et 19siècles on parlait «d’ouvrouères »pour désigner ces lieux de la pratique artisanale où s’accomplissait le métier. On trouve le terme chez Balzac, notamment dans «Eugénie Grandet»
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