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Leçons de littérature

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392 pages
Le manuel d’histoire littéraire a été et demeure l’un des supports essentiels de l’enseignement de la littérature. Bien que conventionnel — standardisé, même —, ce genre d’ouvrage s’appuie sur les ressources de la narration pour proposer une interprétation subjective de l’histoire d’une tradition littéraire. Comment a-t-on conçu, depuis le début du xxe siècle, la transmission de la littérature québécoise ? De l’ouvrage fondateur de l’abbé Camille Roy (1918) jusqu’aux synthèses aujourd’hui employées au cégep, quelles histoires l’école a-t-elle relayées avant de parvenir au « grand récit » contemporain de la « littérature nationale » ? Et quels ont été, au fi l du temps, les principaux enjeux idéologiques, sociaux ou culturels liés à la constitution de cette tradition de lecture ? Ce sont là quelques-unes des questions auxquelles convie cette réflexion, qui propose la traversée inédite d’un siècle de critique et d’enseignement de la littérature québécoise.
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Placée sous la responsabilité du CRILCQ, la collection Nouvelles études qué-bécoises accueille des ouvrages individuels ou collectifs qui témoignent des nouvelles voies de la recherche en études québécoises, principalement dans le domaine littéraire : définition ou élection de nouveaux projets, relecture de classiques, élaborationde perspectives critiques etthéoriques nouvelles, ques-tionnementdes postulats historiographiques etréaménagement des frontières disciplinaires y cohabitent librement.
Directeur Pierre Nepveu, Université de Montréal
Secrétaire Patrick Poirier, Université de Montréal
Comité éditorial Marie-Andrée Beaudet, Université Laval E. D. Blodgett, University of Alberta Karim Larose, Université de Montréal Ginette Michaud, Université de Montréal Élisabeth Nardout-Lafarge, Université de Montréal François Paré, University of Waterloo
Comité scientifique Bernard Andrès, Université du Québec à Montréal Patrick Coleman, University of California Jean-Marie Klinkenberg, Université de Liège Lucie Robert, Université du Québec à Montréal Rainier Grutman, Université d’Ottawa François Dumont, Université Laval Rachel Killick, University of Leeds Hans Jürgen Lüsebrinck, Universität Saarbrücken Michel Biron, Université McGill
NOUVELLES ÉTUDESQUÉBÉCOISES
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Leçons de littérature
Un siècle de manuels scolaires au Québec
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Extrait de la publication
Cet ouvrage a été publié grâce à une subvention de la Fondation canadienne des sciences humaines, de concert avec le Programme d’aide à l’édition savante, dont les fonds pro-viennent du Conseil de recherches en sciences humaines du Canada.
Catalogage avant publication de Bibliothèque et Archives nationales du Québecet Bibliothèque et Archives Canada
Cellard, Karine, 1975- Leçons de littérature : un siècle de manuels scolaires au Québec  (Collection Nouvelles études québécoises)  Présenté à l’origine par l’auteure comme thèse (de doctorat--Université de Montréal), 2007 sous le titre : L’histoire littéraire en récits.  Comprend des réf. bibliogr.  ISBN 978-2-7606-2256-2 e  1. Littérature québécoise - Manuels d’enseignement supérieur - Histoire - 20 siècle.2. Littérature québécoise - Étude et enseignement (Supérieur) - Québec (Province) -e Histoire - 20 siècle. I. Titre. II. Collection : Collection Nouvelles études québécoises. PS8033.3.C44 2011 C840.900071’1714 C2011-940431-1 PS9033.3.C44 2011
er Dépôt légal : 1 trimestre 2011 Bibliothèque et Archives nationales du Québec © Les Presses de l’Université de Montréal, 2011
ïŚ (version imprimée) ---- ïŚ (version numérique ) ----
Les Presses de l’Université de Montréal reconnaissent l’aide financière du gouvernement du Canada par l’entremise du Fonds du livre du Canada pour leurs activités d’édition. Les Presses de l’Université de Montréal remercient de leur soutien financier le Conseil des arts du Canada et la Société de développement des entreprises culturelles du Québec (SODEC).
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Extrait de la publication
Extrait de la publication
À mon père
Introduction
Transportons-nous un instant en 1945. Comme chaque année, dans les collèges classiques rattachés à l’Université Laval, on soumet aux aspirants bacheliers trois sujets de composition française parmi lesquels ils devront faire leur choix. Ce jour-là, sur le questionnaire d’examen figure entre autres la question suivante :
Il semble passé en mode, dans une certaine classe de critiques, de proclamer l’absolue nullité de tout ce qui s’écrit chez nous. Avec un dédain qu’ils jugent de haute mise, ils promènent un monocle sur l’assemblée de nos historiens, de nos romanciers, de nos savants, de nos poètes, imposante au moins par son nombre, et prononcent sans hésitation : « Il n’y a là personne. » Commentez ces réflexions d’un critique. – Dites si vraiment il n’y a personne dans notre littérature canadienne aux domaines de l’histoire, du roman, de la poésie. Quelles « personnes » y voyez-vous qui auraient honorablement travaillé ? Concluez en disant ce que vous 1 pensez de la critique qui déclare nulle notre littérature .
Un peu plus de quarante ans plus tard, au lendemain de la réforme Robillard (1994) qui instaure une épreuve uniforme de français au terme de la formation collégiale, les questions soumises aux cégépiens sont plutôt formulées comme ceci :
Peut-on affirmer que, dans ces extraits deMaria Chapdelaineet du Survenant, les auteurs valorisent l’attachement à la terre ? Vous soutiendrez votre point de vue à l’aide d’arguments cohérents et
1. « Examens universitaires »,L’Enseignement secondaire au Canada, vol. XXIV, o n 1, octobre 1945, p. 43.
Extrait de la publication
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 Leçons de littérature
convaincants et à l’aide de preuves relatives au contenu et à la forme des textes proposés, preuves puisées dans ces textes et dans vos 2 connaissances littéraires qui conviennent au sujet de rédaction .
Les deux questions, incidemment, se rapportent à la même époque de l’histoire littéraire québécoise, puisqueLe Survenantest publié l’année même où est soumise la première de ces questions de rédaction, en 1945. Et pourtant, la simple lecture des directives suffit pour constater la distance qui sépare les deux types de démar-ches. En invitant l’étudiant à nier la pertinence d’une critique méprisante pour faire l’éloge de la littérature canadienne-française, la première incite à faire preuve d’un patriotisme culturel presque militant. La seconde, quant à elle, encourage une distance qui est à la fois celle du temps et de la perspective critique. La première fait appel à l’opinion de l’étudiant et l’amène à s’engager, alors que la seconde vise à évaluer des « connaissances littéraires » conçues comme les « preuves » de son argumentation. C’est que la littérature, comme toutes les sciences humaines et disciplines artistiques, n’est pas une matière neutre et son enseigne-ment ne peut se limiter à la transmission d’un contenu objectif. Lorsqu’il s’agit de présenter une tradition littéraire – qui plus est la tradition nationale –, un ensemble complexe de facteurs est suscep-tible de se mêler aux strictes considérations disciplinaires pour en infléchir le discours. Ainsi, des enjeux aussi différents que le renou-vellement méthodologique, les partis pris politiques ou les convic-tions religieuses peuvent imprégner le propos littéraire en y surimposant les préoccupations artistiques, idéologiques ou pédago-giques du moment. Et nul doute qu’en l’espace d’un siècle, ces pré-occupations ont beaucoup changé au sein de la société québécoise. C’est à une analyse de la teneur du discours pédagogique sur l’histoire littéraire québécoise que je convie le lecteur, dans une e traversée synthétique qui parcourt l’ensemble du  siècle. L’objet
2. Ministère de l’Éducation du Québec, Épreuves de français, langue d’en-seignement et littérature, examen du 13 mai 1998. Les questions proposées depuis 1996 à l’épreuve uniforme de français sont disponibles en ligne à l’adresse suivante : http ://www.mels.gouv.qc.ca/ens-sup/ens-coll/eprv_uni-forme/cahiers-sujets.asp.
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