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Les écritures de l'intime de 1800 à 1914 - Autobiographies, Mémoires, journaux intimes et correspondances

De

Cet ouvrage présente l’originalité de rassembler ces différents sous-genres en un seul volume. Organisé en trois grandes parties “ Se repérer ”, “ Comprendre ” et “ S’entraîner ”, il propose :

- des repères pour aborder les formes du genre à l’étude ;
- un cours concis, éclairé par des encadrés (définitions, dates et titres-clés, documents commentés, éléments bibliographiques, etc.) ;
- des applications au travers de textes commentés, d’exposés et de dissertations, permettant un entraînement en vue des examens.

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Avant-propos
Les écritures du moi peignent la vie privée de l’au teur ; elles évoquent son existence dans sa dimension la plus personnelle, la plus intime. Le superlatif latinintimusis la notion d’intime est toute relative et dépend dedésigne ce qui est le plus intérieur à l’homme, ma l’esprit de l’époque. Pour le romantisme, c’étaient les sentiments qui paraissaient constituer la dime nsion la plus personnelle de l’être ; la vie du corps, la sexualité furent longtemps des sujets interdits, tabous, qu’il fallait taire. Rousseau fut l’un des premiers à transgresser les codes quand il racontait ses premi ères expériences, n’hésitant pas à parler d’homosex ualité ou d’exhibitionnisme. Les écritures de l’intime affich ent donc ce qui est normalement tu ou caché en vertu des lois de la politesse ou de la décence ; elles révèlent les zones obscures, les secrets de l’être, dans des textes où l’auteur parle de lui-même. Les écritures du moi se sont donc constamment heurtées à de solides réserves, sinon à de violentes cri tiques, et l’on peut suivre dans l’histoire littéraire un courant anti-intimiste. Le classicisme constitue un temps fort de cette tradition de rejet. L’écrivain du XVIIe siècle était soucieux de peindre l’homme e n général, sans se préoccuper des particularités in dividuelles. Pascal et le mouvement janséniste avaient déclaré que « le moi e st haïssable ». Leur réprobation s’expliquait par d es raisons religieuses et sociales. La piété religieuse devait détourner l’ho mme de s’intéresser à lui-même car il était présent é comme une créature misérable sans le secours de la grâce divine ; l’hu milité s’imposait donc. Le code de politesse de l’h onnête homme lui interdisait de parler de soi et La Bruyère, dans sesCaractèresn’a que sarcasmes pour les personnages nar  (1688), cissiques. Au XXe siècle, Valéry dira son mépris pour les fervents d’ eux-mêmes, déclarant dans sesCahiers : « Je ne m’aime pas », tandis que Malraux ne voudra pas s’intéresser à ce « misérable petit tas de secrets », matière des écritures de l’intime. Les écritures du moi remontent pourtant aux temps l es plus anciens. Georg Misch a consacré deux volume s aux écritures personnelles de l’Antiquité et quatre volumes à leu rs manifestations aux époques du Moyen Âge et de la Renaissance ( Geschichte der Autobiographie, Leipzig, B.G. Teubner, 1907). Pendant longtemps, ces écritures furent liées aux p ratiques religieuses de la confession et de l’exame n de conscience ;Les Confessionsde saint Augustin (400 ap. J.-C.) marqueraient le début de cette tradition. La Renaissance a permis, avec le triomphe de l’humanisme, un retour à une conception plus laïque de l’exercice ; les textes égotistes se sont alors multipliés; c’est l’époque
où furent écrits lesEssaisde Montaigne (1580-1595), et laVie(1560) de Benvenuto Cellini, le célèbre sculpteur et orfèvre italien. Les périodes troublées, comme celles des guerres de religion ou comme les années révolutionnaires, ent raînent le désir de comprendre, et un repli sur soi, favorables à l’ess or des écritures de l’intime. Malgré leur très grand nombre et leur ancienneté, c es textes possèdent un statut bien particulier. Ils ne sont bien souvent pas destinés à la publication ; ils s’écrivent et s’ins crivent donc en marge de la littérature. Ils ne con stituent pas vraiment un genre littéraire puisque ce qui les réunit, c’est moins u ne série de traits formels qu’un sujet commun : le moi. Il faut donc à leur propos parler plutôt d’ontologie que de rhétorique. La pub lication desConfessions1782 ; VII-XII, 1789) de Rousseau constitue (I-VI, pourtant un moment-clé dans l’histoire des écriture s du moi, celui de la naissance d’un genre neuf : l ’autobiographie. Rousseau aura de très nombreux émules, qui l’imiteront, le c ritiqueront, raconteront leur vie en s’inspirant du modèle littéraire qu’il avait proposé ; une très riche intertextualité unit ce texte fondateur aux témoignages de ses successeurs. Nous situerons donc notre étude dans un cadre tempo rel qui débute avecLes Confessions, à la veille de la Révolution et qui se clôt vers 1914, à une époque où les découvertes de la psychanalyse renouvellent complètement l’anal yse du moi, métamorphosant les formes des écritures de l’intime . Il est nécessaire de rappeler le contexte philoso phique, historique, littéraire et esthétique de l’époque (Se repérer). Comprendreles écritures du moi, c’est tenter d’abord de distinguer dans le cadre large du genre ses sous-genres :le roman personnel,l’autobiographie,le journal intime en évoquant chronologiquement les œ uvres majeures qui les illustrent. Il faudra ensuite dégager un certain nombre de traits communs à ces diverses formes d’écriture sur le plan desthèmes, del’analyse psychologique, dela rhétorique. Quelques textes commentés et exposés (S’entraîner) viendront compléter notre approche, en posant notamment la question de la sincérité et celle du Je.
Sommaire
Partie 1 – Se repérer
Introduction 1. Le contexte idéologique a. Le « connais-toi toi-même » de l’humanisme b. Le sensualisme et les écritures de l’intime c. L’idéalisme romantique ou le moi fondateur d. L’idéalisme « fin-de-siècle » et le culte du moi 2. Le contexte historique a. La Révolution française b. L’essor de la vie privée16 c. Le moi à l’âge des foules 3. Vogue et critique du biographique a. L’esthétique du biographique b. La vogue de la biographie c. La critique du biographique
Partie 2 – Comprendre
Introduction
Chapitre 1 - Le roman personnel 1. Caractéristiques et histoire du roman personnel 2. René de Chateaubriand (1802) a. Un roman en forme de confession b. Souvenirs vécus, souvenirs littéraires 3. Oberman de Senancour (1804) a. Senancour romancier : entre autobiographie et philosophie b. Une autobiographie ? c. Le récit de voyage 4. Adolphe de Benjamin Constant (1816) a. Amour et compassion b. L’analyse psychologique 5. La confession d’un enfant du siècle de Musset (1836) a. Le mal du siècle b. De l’autobiographie au mythe c. Sincécrité et duplicité
Chapitre 2 - L’autobiographie 1. Définition et histoire de l’autobiographie a. L’origine du mot b. L’autobiographie, un genre littéraire ? c. Le récit autobiographique d. Les fonctions de l’autobiographie e. Histoire de l’autobiographie 2. Le texte fondateur : Les Confessions (1782 et 1789) a. Le récit autobiographique b. L’analyse psychologique c. Se confesser d. L’écriture intime e. Jugements 3. Entre autobiographie et Mémoires : les Mémoires d’outre-tombe (1850) a. Genèse et structure b. Les Mémoires d’outre-tombe, une autobiographie ? c. Le moi et l’histoire d. Le moi théâtralisé e. Le souvenir 4. George Sand : autobiographie et autoportrait (Histoire de ma vie, 1855-1856) a. Statut de l’autobiographie b. Genèse d’une vie, genèse d’une œ uvre
c.Uneécriturecompositeetdigressive
c.Uneécriturecompositeetdigressive 5. Le refus de l’autobiographie romantique : Vie de Henry Brulard (1835-1836 ; première édition 1890) a. Le roman familial b. Une écriture autobiographique novatrice 6. L’autobiographie intellectuelle et morale : Renan, Souvenirs d’enfance et de jeunesse (1883) a. Une autobiographie intellectuelle et morale b. Les traits de l’autobiographie classique
Chapitre 3 - Le journal intime 1. Le journal intime : caractéristiques et histoire a. La situation d’énonciation b. Thèmes et fonctions c. Périodisation 2. Les journaux intimes au temps des idéologues et des romantiques a. Le Journal de Maine de Biran (1834) b. Le Cahier vert de Maurice de Guérin (1861) c. Le Journal de Stendhal (1888) d. Le Journal d’un poète de Vigny (1867) 3. Le texte de référence : le Journal d’Amiel (1882) a. Du moi dépersonnalisé au repli sur soi b. Les fonctions du journal 4. Le journal de malade : La Doulou d’Alphonse Daudet (1929) 5. Le journal de Léon Bloy : un journal du salut spirituel 6. Les journaux externes : le Journal, Mémoires de la vie littéraire des Goncourt (1851-1896) et le Journal de Jules Renard (1887-191 0) 7. Le Journal de Gide (1939)
Chapitre 4 - Unité des écritures de l’intime 1. Des écritures du salut 2. La rêverie intimiste 3. Le moi 4. La question de l’écriture
Partie 3 – S’entraîner
Explications de textes Rousseau, Les Confessions, livre IV (1782) Préface du Journal des Goncourt (préface écrite en 1872) Pierre Loti, Le Roman d’un enfant, chapitre 4 (1890) Jules Renard, Journal (1897) Exposés Sujet 1 : critique des écritures de l’intime Sujet 2 : la correspondance, une écriture de l’intime Sujet 3 : le lecteur dans les écritures de l’intime Dissertation Bibliographie Index des auteurs Index des œ uvres Index des notions