Les étudiantes en médecine à la faculté de Montpellier au cours de la Troisième République

De
Publié par

Cet ouvrage analyse les conditions de vie des étudiantes en médecine à la faculté de Montpellier, durant la Troisième République. Qui sont ces étudiantes en médecine ? Quelles furent les stratégies de ces 458 étudiantes (sur les 657 identifiées) qui au cours de 70 ans, ont terminé leur cursus universitaire ? D'où viennent-elles ? Quelles sont leurs nationalités ? Comment ont-elles vécu à Montpellier ? Quels furent leurs sujets de thèse ? Thèse de doctorat d'université ? Thèse de doctorat d'état ? Ces premières étudiantes françaises et étrangères qui osent transgresser les normes imposées aux femmes à cette époque vont devenir des modèles.
Publié le : vendredi 15 avril 2016
Lecture(s) : 7
EAN13 : 9782140007132
Nombre de pages : 246
Voir plus Voir moins
Cette publication est uniquement disponible à l'achat
Jacqueline Fontaine
Les étudiantes en médecine à la faculté de Montpellier au cours de la Troisième République
au cours de la Troisième République Préface de Simone Gilgenkrantz Savoir
& Formation
LES ÉTUDIANTES EN MÉDECINEÀ LA FACULTÉ DE MONTPELLIERAU COURS DE LA TROISIÈME RÉPUBLIQUE
Collection « Savoir et formation » série‘Genre et éducation’ dirigée par Nicole MosconiLes recherches se développent aujourd’hui sur les pratiques éducatives différenciées selon le sexe, sur les relations entre filles et garçons, sur les effets du sexisme et des stéréotypes de sexe en éducation, sur la division socio-sexuée des savoirs. La sérieGenre et éducation se propose de publier des travaux réalisés sur ces thèmes et, en général, toute recherche en éducation et formation qui prend en compte la perspective du genre, c’est-à-dire, la construction sociale de la différence des sexes et de la hiérarchie entre les sexes. Dernières parutions Edmée OLLAGNIER,Femmes et défis pour la formation des adultes. Un regard critique non conformiste, 2014. Rita BENCIVENGA,Femmes et hommes devant l’ordinateur. Histoires du développement d’une relation positive, 2014. Jacqueline FONTAINE,au féminin. L’Ecole Arts et Ingénieure Métiers ParisTech, 2014.Christine MORIN-MESSABEL, Muriel SALLE,À l’école des stéréotypes,2013.Marie-Gaëlle THOLÉ,Les filles à l’école au Mali. Langage, Représentations et Interactions, 2013.Claude RENOTON-LÉPINE,construction identitaire des La adolescentes face au genre, 2012.Sabine THOREL-HALLEZ,De la mixité à la co-éducation en danse contemporaine au collège, 2011. Jacqueline FONTAINE, Bénédicte Gendron :La retraite au regard du genre.2011.Marlaine CACOUAULT-BITAUD et Frédéric Charles,Quelle mixité dans les formations et les groupes professionnels ? Enquêtes sur les frontières et le ménage des genres, 2011.Léo THIERS-VIDAL,De « L’Ennemi Principal » aux prin-cipaux ennemis. Position vécue, subjectivité et consciences masculines de domination, 2010. Jacqueline FONTAINE,La scolarisation et la formation professionnelle des filles au pays de SCHNEIDER (1844-1942), 2010. Nicole MOSCONI, Biljana STEVANOVIC,Genre et avenir. Les représentations des métiers chez les adolescentes et les adolescents, 2007. Isabelle COLLET,L’informatique a-t-elle un sexe ?, 2006.
Jacqueline Fontaine Les étudiantes en médecine à la faculté de Montpellier au cours de la Troisième République Préface de Simone Gilgenkrantz L’HARMATTAN
© L’HARMATTAN, 2016 5-7, rue de l’École-Polytechnique ; 75005 Pariswww.harmattan.fr diffusion.harmattan@wanadoo.fr ISBN : 978-2-343-08520-3 EAN : 9782343085203
Remerciements
Je tiens à manifester ma reconnaissance au Professeure Simone Gilgenkrantz, de l’Université de Nancy, généticienne, qui a accepté de faire une lecture critique attentive de cet ouvrage et qui a rédigé la Préface de cet ouvrage et la biographie de Lola Abadie. Mes remerciements vont également aux familles de : Glafira Gaussel Lola Abadie (sa petite-fille Sabine Monyris) Lydia Mazel-Le Forestier Rachel S. en particulier Ulli Leurs descendants et descendantes ont accepté de nous rencontrer et nous ont confié des documents familiaux précieux (lettres, photographies…) sans lesquels cette recherche n’aurait pas pu être menée à son terme.
7
Préface
En l’année 1900, à Paris, une jeune Polonaise immigrée, Mélanie Lipinska, était reçue docteur en médecine après avoir soutenu une thèse inhabituelle et ambitieuse de 600 pages, intitulée « Histoire des femmes médecins ». Elle aurait pu, comme le faisait la plupart de celles qui osaient s’engager alors en médecine, choisir plus sagement un sujet se rapportant aux domaines qui leur étaient alors concédés : la femme ou l’enfant. Ainsi, une des premières femmes à obtenir le diplôme de docteur en médecine, en 1875, Madeleine Brès, avait opté pour sujet de thèse : « de la mamelle et de l’allaitement ». Un peu plus tard, en 1894, une autre Polonaise immigrée, Bronia Dluska Skolodowska, présentait un travail intitulé « Contribution à l’étude de l’allaitement maternel ». Elle venait d’accueillir sa sœur, Marie Curie, qui eut l’extraordinaire renommée que l’on sait. Toutefois, aujourd’hui, il est dommage que cette immense scientifique serve trop souvent de femme alibi, nécessaire et suffisante pour qu’on évite de se donner la peine de rechercher d’autres femmes scientifiques qui ont brillamment ouvert la voie aux suivantes. Non seulement Mélanie Lipinska avait fait une étude historique « depuis l’Antiquité jusqu’à nos jours », non seulement elle avait répertorié toutes les étudiantes ayant, à Paris, obtenu leur diplôme de docteur en médecine à partir de 1866 (date à laquelle l’accès aux études médicales était pour elles devenu possible), mais elle avait aussi pris le soin de s’enquérir - auprès des secrétariats de toutes les facultés de médecine existant alors en France : Nancy, Lyon, Bordeaux, Montpellier, Lille, Toulouse - du nombre des inscrites en cours d’étude et de celles qui avaient déjà obtenu leur diplôme. Ainsi naissaient les premières approches d’un sujet qui restera longtemps dans l’ombre : l’historiographie des femmes universitaires liée à celle des migrantes. Ce n’est qu’en 2006, à l’occasion du colloque Histoire/Genre/ Migration à Paris, que, pour la première fois, une étude exhaustive des « Premières doctoresses de la faculté de médecine de Paris (1870-1900) » était présentée par Pierre Moulinier. Il avait recensé, dans les archives nationales, le corpus « des premières dames ayant obtenu le titre envié de docteur en médecine à la faculté de Paris » pour en faire une analyse historique et sociologique complète. Mais qu’en était-il des facultés de médecine des villes de province ? Aucune étude n’avait été réalisée jusqu’alors. En 2012, une recherche des premières étudiantes en médecine à la faculté de Nancy montrait, d’une part qu’elles étaient toutes étrangères et que, de façon étonnante, elles étaient Bulgares pour la plupart, envoyées avec des bourses d’Etat ou de l’église orthodoxe bulgare, électivement dans cette
9
Soyez le premier à déposer un commentaire !

17/1000 caractères maximum.