Calligraphie arabe

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La calligraphie est une des formes les plus significatives de l'art de l'Islam. Ici l'artiste nous plonge dans un monde onirique où s'entremêlent des architectures délicates dont la sobriété même fait étonnamment revivre les splendeurs de Bagdad, de Cordoue ou de Fès. Lassaâd Métoui est un orfèvre qui sculpte et cisèle ses chefs d'oeuvre selon des règles établies depuis des siècles avec une maîtrise du geste et du souffle, une précision et une concentration qui forcent l'admiration. L'ouvrage présente des pages de calligraphie en noir et blanc et en couleurs extraite des citations de penseurs et philosophes arabes ou antiques.
Publié le : jeudi 1 janvier 1998
Lecture(s) : 636
EAN13 : 9782296355033
Nombre de pages : 160
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Calligraphie Arabe
Dans le sillon du calame Du même auteur
D'ENCRE ET DE RÊVE
Livre d'Art
1993
GALLIFORMES
Samed Éditions - Sfax Tunisie
1994
LES SIGNES DES SABLES
The signs of the sands
Éditions Opera
1994
ÉTREINTES CALLIGRAPHIQUES
Éditions Hérault
1995
TRACE
Éditions L'Harmattan
1996
LEÇON DE CALLIGRAPHIE NASKHI
Éditions Annick des Grieux
1997 Calligraphie Arabe
Dans le sillon du calame
Préface : Jack Lang
Éditions L'HARMATTAN
5-7, rue de l'École-Polytechnique
75005 Paris Préface
Jack Lang
Introduction
Anne Terrier
Traductions
Ilias Driss
Proverbes extraits de
Ibn Zaydùn (Traduction Omar Merzoug)
Al Mutanabbi (Traduction Jean-Jacques Schmidt)
Éditions Orphée La Différence
Remerciements
Nadia Bousnoune
Sonia Bouzouita
Ahlein Hannachi
En couverture :
Si tu étais une mer, tu serais sans rivages.
Si tu étais une pluie, nul espace ne pourrait t'embrasser !
© L'Harmattan, 1997
ISBN : 2-7384-6164-6 PRÉFACE
La calligraphie est une des formes les plus significatives de l'art de
l'Islam. Elle symbolise particulièrement l'extrême raffinement de cette
civilisation qui a doté l'Humanité de tant de chefs-d'oeuvre.
L'art décoratif de l'Islam s'est notamment incarné dans cette expres-
sion plastique née de l'interdit de la représentation de Dieu et de son pro-
phète.
Cet interdit, comme souvent, a suscité en réaction le génie. Le génie
de la forme, des lignes, des blancs et des noirs qui se fondent dans d'in-
nombrables et prodigieuses métamorphoses.
La calligraphie arabe est une forme de poésie car elle invite au rêve
et au voyage. Elle est même selon certains le véritable art abstrait de
l'Islam, un art qui rendrait hommage à l'écriture comme étant, à n'en pas
douter, une des plus belles inventions de l'Homme.
Que de chemin parcouru entre les tablettes d'Uruk et les créations de
Lassaâd Métoui.
L'artiste nous plonge dans un monde onirique où s'entremêlent des
architectures délicates dont la sobriété même fait étonnamment revivre
les splendeurs de Bagdad, de Cordoue ou de Fès.
Lassaâd Metoui est un orfèvre qui sculpte et cisèle ses chefs-d'oeuvre
selon des règles établies depuis des siècles avec une maîtrise du geste et
du souffle, une précision et une concentration qui forcent l'admiration.
5 Je vous invite à découvrir ce merveilleux ouvrage qui, page après
page, sait captiver notre regard et nous emmener très loin.
Jack LANG
6

INTRODUCTION
« La calligraphie est une géométrie de l'âme » disait Platon. Il existe
en effet, depuis la nuit des temps, un rapport entre l'écriture et le sacré.
D'après une légende de l'Égypte ancienne, l'écriture aurait été créée
par le dieu Thot qui en aurait ensuite fait don aux hommes. C'est pour-
quoi ils donnèrent à leur système d'alphabet le nom de hiéroglyphe qui
signifie « écriture des dieux ».
Quelque trois mille ans plus tard, alors que les Romains les persécu-
taient, les chrétiens se transmettaient des rouleaux de parchemin conte-
nant les « Saintes Écritures », terme désignant l'ensemble des livres de la
Bible. Puis pendant près de huit siècles, ce furent des moines qui, du fond
du scriptorium adjacent à leur abbaye, transcrivirent les textes religieux
et enseignèrent aux laïcs la pratique de l'écriture.
Mais alors qu'en Occident l'écriture a, depuis le Moyen Âge, perdu
son caractère sacré, il n'en est pas de même en Orient et notamment dans
les pays de langue arabe : l'une des principales caractéristiques de la cal-
ligraphie arabe est justement son lien étroit avec le sacré, le divin.
C'est au vile siècle de l'ère chrétienne que le prophète Mahomet reçoit
en arabe la parole de Dieu qui est aussitôt écrite dans le Coran. « Ton
Seigneur a instruit l'homme par le calame » est-il dit dans la première
révélation. Dès lors, la langue et l'écriture arabes, instruments de trans-
mission du message coranique, deviennent sacrées pour tous les musul-
mans. À mesure que l'Islam se répand dans les territoires, formant un
vaste empire s'étendant de l'Espagne à la Chine, conquis par les Arabes,
l'écriture arabe jouit d'un prestige grandissant. Elle se substitue parfois à
des écritures locales temporairement réduites à un rôle inférieur. C'est
ainsi que l'arabe devint l'écriture des langues iraniennes, turques, per-
sanes, celle des habitants de la Malaisie, de l'Espagne médiévale, de la
Croatie et même de certains peuples d'Afrique noire.
Parallèlement, les calligraphes jouissent d'un immense prestige. On
raconte que le sultan ottoman Bajazet II admirait tellement l'oeuvre du
calligraphe Hamd-Allah al-Amasi qu'il tenait parfois son encrier lorsque
celui-ci écrivait. Car l'interdiction faite aux musulmans de représenter les
êtres animés a permis aux calligraphes de déployer des trésors d'imagi-
nation pour utiliser au mieux l'aspect graphique de l'écriture. De par ses
caractéristiques, l'écriture arabe se prête particulièrement bien à cet art
7 extrêmement élaboré consistant à dessiner, autant qu'à écrire, avec des
lettres. L'existence des points diacritiques, qui permettent de différencier
certaines lettres les unes des autres, contribue à donner à cette écriture
une apparence naturellement ornementale. De plus, le fait que chacune
des 28 lettres de l'alphabet puisse prendre 4 formes différentes selon
qu'elle est isolée, située au milieu, au début ou à la fin du mot constitue
une extraordinaire richesse sur le plan graphique. On ne s'étonne plus,
dès lors, que cette écriture ait donné naissance à une autre forme d'art,
l'art des arabesques. Le terme même de calligraphie se dit khatt en arabe,
de khatta qui signifie tracer un trait ou une ligne. Représenter un visage
ou un animal non seulement avec des letttres mais aussi avec des mots
extraits d'un texte religieux constitue une sorte de défi, au moins sur le
plan technique. Ces calligrammes à connotation religieuse sont typiques
de la calligraphie arabe.
Aujourd'hui encore, le calligraphe arabe est bien plus qu'un scribe
dont la seule fonction serait de transmettre un message et bien plus qu'un
dessinateur ; c'est un initié, à la fois artiste et savant, le maître incontesté
de la « science des lettres ».
À cette richesse naturelle s'ajoute la grande variété des styles d'écri-
ture, reflet de son évolution à travers l'Histoire.
Le koufi ou style koufique, apparu quelques années avant l'Islam,
connut une quarantaine de variantes qui portaient le plus souvent le nom
des dynasties sous lesquelles elles étaient apparues : style aghlabide
(ixe siècle), tûlûnide, fatimide (xe-xie siècle), ghaznaide (xie siècle), etc.
Après le xiie siècle, cette écriture géométrique au tracé lourd et anguleux,
qui était à l'origine réservée à la transcription du Coran, ne fut plus utili-
sée qu'à titre ornemental.
nashkî, dont le tracé souple et Les copistes du Coran lui préférèrent le
arrondi, les prolongements courts permettaient d'écrire plus rapidement.
Au Moyen Age, le nashkî donna naissance à six styles d'écriture : le
muhaqqaq, le rihan, version réduite du muhaqqaq, le thuluth, le tawqi,
variante du thuluth, le naskh, le riga, version réduite du tawki.
Ces six styles essaimèrent dans les nombreux pays de langue arabe
où ils furent adaptés, enrichis, déformés. Il en a existé une bonne centai-
ne selon les époques, selon les pays. Un grand nombre d'entre eux ont
aujourd'hui disparu.
Le calligraphie arabe est donc l'un des arts majeurs de l'Islam dont
elle est indissociable. De ce fait, elle est présente dans tous les domaines
de la vie quotidienne. Utilisée à des fins décoratives, on la retrouve sur
8 les façades d'édifices, surtout religieux, sur les monuments commémora-
tifs, sur des fresques, des tentures, des tapis. Utilisée à des fins utilitaires,
elle sert à rédiger des textes officiels, des archives, à orner les pièces de
monnaie.
Mais elle sert aussi, bien entendu, à retranscrire les textes du Coran.
Dans une société où la religion occupe une place prépondérante et où
l'écriture est d'essence divine, on comprend que la calligraphie soit un art
« inspiré » c'est-à-dire, étymologiquement, animé par le souffle divin.
Anne TERRIER
9 L'amour.
10 Celui dont la haine est grande, ses reproches sont minces.
4...Itic. ji bai.% jiS ci.
12 'excuser deux fois, c'est rappeler la faute.
► 7f,a1.c. i, ..111 _411 i li..S1 ► ► Le retour.
i -1ya
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