Comment s'implanter au Viêtnam

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Publié le : samedi 1 janvier 1994
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EAN13 : 9782296292680
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COMMENT S'IMPLANTER

.AU VIETNAM

Du même auteur. Vietnam: opportunités et stratégies, 1994.

La loi du Il mars 1957 n'autorisant, aux termes des alinéas 2 et 3 de l'article 41, d'une part, que les "copies ou reproductions strictement réservées à l'usage privé du copiste et non destinées à une utilisation collective", et, d'autre part, que les analyses et les courtes citations dans un but d'exemple et d'illustration, "toute représentation ou reproduction intégrale, ou partielle, faite sans le consentement de l'auteur ou de ses ayants-droit ou ayants-cause, est illicite" (alinéa 1er de l'article 40). Cette représentaÜon ou reproduction, par quelque procédé que ce soit, constituerait donc une contrefaçon sanctionnée par les articles 425 et suivants du Code pénal.

@ L 'Harmattan/Vietnam

Investment Consulting, 1994

ISBN: 2-7384-2700-6

NGUYEN Hong Thai

COMMENT S'IMPLANTER

AU VIETNAM

Éditions L'Harmattan 5-7, rue de L'École-Polytechnique 75005 Paris

VIETNAM

CONSULTING

.

INVESTMENT

PRÉFACE

Les pays européens et le Vietnam ont la volonté affirmée de développer rapidement leurs échanges économiques. Toutefois, malgré les avantages incontestables que procurent les possibilités de décompression des coûts (main-d'œuvre, matières premières, proximité des grands marchés en expansion, ...) les positions-leaders sont actuellement occupées dans ce pays par les investisseurs de l'Extrême-Orient. La percée européenne paraît plus difficile. Les investisseurs européens évoquent des obstacles tels que la complexité du réseau décisionnel, la difficulté d'obtenir des informations économiques fiables, notamment, celles concernant les marchés potentiels, et la persistance de certaines pratiques bureaucratiques. Ils reconnaissent néanmoins que les Asiatiques contournent mieux ces difficultés. Dans ce texte, malgré les efforts constants des autorités vietnamiennes d'améliorer le climat d'investissement et leur volonté manifeste de réserver une place importante à l'Europe pour contrebalancer les influences du Japon, des pays de l'ASEAN et de la Chine, les premières places risquent d'être prises de façon durable par les Asiatiques. Ces derniers avancent plus vite dans la réalisation de leurs projets. Ils semblent peu affectés par les difficultés citées. Cette situation résulterait du "pragmatisme asiatique" et des liens qu'ils ont gardés avec le Vietnam durant les décennies de son isolement de la communauté occidentale. Les Européens croient aux perspectives de développement de ce pays, et donc à la rentabilité à moyen terme de leurs projets. Ils regrettent que les opérations n'avancent pas assez vite. Ils déplorent la lenteur des fonctionnaires et de leurs partenaires, ainsi que leurs méthodes de travail, et leur vision de la vie des affaires. Ils citent également l'insuffisance d'informations disponibles avant leur installation dans ce pays. Ils estiment qu'une meilleure préparation à partir de l'Europe est incontestablement une
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source de gain de temps et d'argent. Cet ouvrage a l'ambition de combler partiellement cette insuffisance. Constitué de questions/réponses pour aborder les difficultés de façon claire, directe et pragmatique, il a été élaboré de la façon suivante: - dans un premier temps, nous avons examiné les problèmes de fond. Pour cela, nous avons étudié les conditions de réalisation des investissements étrangers au Vietnam, en particulier les causes des difficultés et les facteurs de réussite connus à ce jour. - dans un deuxième temps, nous avons adopté, pour la forme de cet ouvrage la méthodologie des questions/réponses. Nous avons ainsi demandé à plusieurs investisseurs européens de bien vouloir nous faire part des questions qu'ils regrettent de ne pas avoir posées avant de démarrer les opérations dans ce pays. L'exploitation de ces questions nous a permis d'élaborer un questionnaire autour des thèmes de réflexion de tout investisseur: - la décision d'investir, - la procédure d'investissement, - les dimensions économique, juridique, financière, comptable, fiscale et sociale de vie des affaires. La présentation des résultats correspond à une suite d'exposés détaillés sur ce qu'il faut savoir, avant de se lancer dans l'expérience vietnamienne. Ces exposés sont complétés par les annexes suivantes: - l'inventaire des textes juridiques et réglementaires applicables aux investissements étrangers, - la liste des instances dirigeantes du Vietnam, - le can1et d'adresses, - des informations pratiques sur les divers moyens de se rendre au Vietnam, - les sources d'informations. Ce livre n'est ni un ouvrage théorique, ni un recueil de recettes. Il est un ensemble à caractère initiatique, qui se veut coordonné, de questions, de concepts, d'approches, de techniques et d'aspects envirO'nnementaux susceptibles d'aider les chefs d'entreprise dans le début d'une étude de faisabilité d'un projet d'implantation au Vietnam. Il n'est pas un guide avec les recettes de réussite pour s'y implanter. Un 6

deuxième ouvrage Vietnam: opportunités et stratégies, édité également par L'Harmattan, le complète. Nous avons décidé de ne pas aborder la géographie, la culture et l'histOire d'avant 1975 du Vietnam. En effet, ces thèmes ont été largement traités dans de nombreux ouvrages de grande qualité. Qu'il nous soit permis de remercier: - les investisseurs européens et membres d'organisations intervenant dans ce domaine, en Europe et au Vietnam dont les précieux conseils ont été très utiles à la conception de cet ouvrage. En particulier Mrs L.e. GIAU et N.D. MAI (Centre de Développement du Commerce Extérieur), toute l'équipe SCITEC et son directeur général, Mr T.H. NAM ainsi que Mr Son HOANG, GUSTON, MOUNEL, pour sa relecture. - mes chers amis Françoise FOUGERE et Agnès DOREL pour leurs précieux conseils et leurs relectures, Jacques GRIMALDI, Nguyên Tân HON, Pierre RICHET et toute l'équipe de VIETNAM INVESTMENT CONSULTING pour leurs relectures et leurs échanges de vue fructueux, ainsi que Zarina YONOSSI qui a consacré plusieurs mois à aider l'auteur à tous les niveaux dans la réalisation de ce projet, sans laquelle ce livre n'aurait jamais pu voir le jour.

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CHAPITRE I

LA DECISION D'INVESTIR ET LA PROCEDURE D'INVESTISSEMENT

1.

QUELLE EST LA POLITIQUE VIETNAMIENNE MATIERE D'INVESTISSEMENT ETRANGER?

EN

Les autorités
politique fermes

vietnamiennes

en font une des priorités des engagements étrangers.

de la législatrès

économique. de l'Etat vis-à-vis

Les textes constitutionnels, comportent des investisseurs

tifs et réglementaires

L'Etat vietnamien: - fixe les priorités - propose geuses, et - apporte gers. La législation dérée l'une par vietnamienne dans ce domaine sur certains points, est consicomme propodes garanties aux investisseurs étrande l'investissement, fiscales très avanta-

des incitations

les observateurs,

des plus favorables

du monde.

Les conditions

sées aux investisseurs que celles d'autres

sont relativement

plus avantageuses

pays de la région.

11

1.1. QUELLES TISSEMENT1

SONT

LES

PRIORITES

D'INVES-

L'article 3 de la loi sur l'investissement étranger décembre 1987 a été consàcré à l'énumération domaines considérés par les autorités comme

du 29 des

prioritaires.

Ces priorités sont les suivantes: - les productions de biens de grande consommation celles destinées à l'exportation, - les productions utilisatrices de façon intensive main-d'oeuvre et des ressources naturelles, et

de la

- les projets d'amélioration

des secteurs pour lesquels ce pays est en retard par rapport à la région: services bancaires et financiers, infrastructures...,

- les activités qui rapportent des devises étrangères telles que le tourisme, l'exploitation des aéroports et des ports, la réparation navale...,

- les industries,

soit à technologie avancée, trices de beaucoup de main-d'oeuvre.

soit utilisa-

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1.2.

QUELLES SONT LES INCITATIONS FISCALES OFFERTES PAR LE GOUVERNEMENT VIETNAMIEN?

De nombreuses incitations fiscales ont été accordées par les autorités pour encourager les étrangers. Le traitement fiscal réservé à chaque investisseur est susceptible de varier en fonction de quelques variables-clés telles que l'importance des capitaux apportés, de la technologie transférée, de l'intérêt du projet pour le pays...,(Voir le n035). 1.3. QUELLES SONT LES GARANTIES FORMELLES?

L'article 21 de la loi du 29 décembre 1987 dispose que les capitaux et actifs des investisseurs étrangers ne seront ni réquisitionnés, ni expropriés par des mesures administratives, et que les entreprises étrangères ne seront pas nationalisées. Le Vietnam a signé, par ailleurs, des conventions bilatérales qui formalisent la protection offerte aux investisseurs étrangers avec plusieurs pays, dont la France. La nouvelle Constitution vietnamienne de 1992, dans son article 25, encourage les investisseurs étrangers en rappelant ces engagements formels:

- la protection des propriétés des personnes physiques et
morales étrangères, pour leurs capitaux, leurs patrimoines et leurs intérêts divers, à condition que ces propriétés soient conformes à la loi,

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- la non-nationalisation
étrangère au capital.

des entreprises

avec participation

Les conditions offertes aux investisseurs étrangers peuvent être considérées comme plus favorables qu'aux vietnamiens.

2.

QUELS SONT LES POUVOIRS DE MANAGEMENT D'UNE ENTREPRISE ETRANGERE?

L'une des garanties fondamentales est l'autonomie de gestion des entreprises étrangères. Dans ce pays où le Comité d'Etat du Plan conserve une importance considérable, les investisseurs peuvent être assurés d'une autonomie totale dans l'organisation de leur entreprise et dans la conduite des affaires. L'entreprise étrangère n'aura à exécuter aucune instruction, quantitative ou qualitative, du gouvernement relative à la production. Elle peut librement:

-

déterminer

sa stratégie

et ses plans d'action, sur les marchés domestique et

vendre ses produits étranger,

- importer les équipements et matériels nécessaires si de tels biens n'existent pas au Vietnam dans des conditions de prix et de qualité acceptables,

-

embaucher et licencier du personnel législation sociale,
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en respectant

la

- ouvrir des comptes bancaires, même dans les banques
étrangères sous réserve de l'accord Centrale, et les faire fonctionner. de la Banque

3.

QUEL EST LE BILAN DES PROJETS D'INVESTISSEMENTS ETRANGERS AU 31-07-1993 1

3.1. QUEL EST LE BILAN CHIFFRE?

PAYS

Nombre de projets

Montant des investissements projetés (milions de dollars)

1. Taïwan 2.Hongkong

3. Australie 4. France
Corée du Sud 6. Pays-Bas 7. Russie 8. Grande Bretagne 9. Singapour 10. Japon Autres pays
5.

90 146 35 41
32 8 48 15 38 39 190 682

1360
903,6

471 446
429,6 230 190,5 182 192 138,6 1217 5840

TOT AL

Source: CE. CI.

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A la fin du premier trimestre 1994, ce montant a dépassé 7,3 milliards de dollars. Les investissements autorisés lors du premier trimestre de 1994 compte pour un milliard de dollars, soit l'équivelent des investissementrs étrangers autorisés pendant les trois années qui ont suivi la loi sur les investissements étrangers de décembre 1987. La plupart des investissements sont situés dans le sud du pays. Hô Chi Minh Ville est le centre international des affaires du Vietnam. Où faut-il investir au Vietnam?

Dans ce pays pauvre en infrastructures, la grande métropole de Hô Chi Minh Ville offre aux investisseurs son aéroport, ses équipements routiers et portuaires, ses hôtels, ses banques étrangères, ses sociétés d'importl export, sa proximité avec les champs de pétrole à VungTau que convoitent toutes les compagnies étrangères. Par ailleurs, les habitants du sud ont eu dans le passé des contacts qui peuvent être propices à la coopération avec les étrangers. Les investisseurs considèrent donc que les affaires sont plus faciles dans cette partie du pays. A notre avis, pour des secteurs précis, certaines régions du nord et du centre offrent également des opportunités intéressantes à des coûts d'implantation et de production plus faibles. Beaucoup d'entreprises étrangères s'implantent déjà hors de cette métropole, notamment à Hanoï.

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3.2. QUELLE EST LA REPARTITION DES PROJETS D'INVESTISSEMENTS PAR ZONE GEOGRAPHIQUE DES PAYS INVESTISSEURS? Le bloc le plus important d'investisseurs est constitué par les entrepreneurs de la Chine et des pays de la diaspora chinoise de cette région du monde (Taïwan, Hongkong, Singapour et Macao). Ce bloc représente plus de 40 % des investissements approuvés.
Les pays de la CEE, la France en tête, réalisent environ 20 % des investissements. La Grande Bretagne et les PaysBas interviennent surtout dans! la recherche du pétrole et du gaz. Le Vietnam souhaite que les européens renforcent leur position dans l'économie du pays pour contre-balancer les grands pays asiatiques (le japon, la Chine et les pays de la diaspora chinoise) avec lesquels il a vécu, plus ou moins, des expériences d'affrontement.

3.3. QUELLE EST LA POSITION DE LA FRANCE? La quatrième position détenue par la France, fin juillet 1993, est à la fois menacée et susceptible d'être renforcée. Elle est d'abord menacée par l'évolution très rapide du japon qui n'occupe que la dixième position. Voir le n° 4. Elle peut être renforcée car de nombreux facteurs laissent prévoir un développement soutenu des investissements français: - l'augmentation considérable du nombre et de la valeur des projets agréés en 1992 et 1993, 17

- le développement continu des échanges commerciaux entre les deux pays. Depuis 1991, ceux-ci ont été multipliés par deux,
- la volonté des deux gouvernements de développer la coopération franco-vietnamienne, les potentialités de développement et le caractère francophile du Vietnam en font la dernière zone de l'Asie où la France peut réaliser une grande percée,

- la préparation

de très grands projets dont la raffinerie de TOTAL d'une valeur d'un milliard de dollars,
la présence au Vietnam de plusieurs banques françaises, qui constituent le groupe de banques étrangères le plus important, favorise

-

ce développement,

- les atouts importants de la France dans certains domaines où les deux pays leaders actuels ne peuvent la battre (télécommunications, tourisme international, rénovation des infrastructures qu'elle a créées, ...), - la présence au Vietnam de PME françaises dynamiques favorise également la percée de la France. C'est le deuxième grand axe du renforcement de la position française. A ce jour, à l'exception
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des grands programmes de télécommunications, d'hôtellerie et de recherche pétrolière, la plupart des projets approuvés sont des investissements à forte rentabilité et à court ou moyen terme. Cette si tuation comporte de nombreux inconvénients mais permet l'émergence d'un tissu d'entreprises de l'économie de marché. Hongkong et TaÏwan ont acquis les positions-leaders avec ce type de projets. Il y a néanmoins un contexte favorable aux PME françaises. Certaines d'entre elles ont déjà bien réussi. D'autres ont leur carte à jouer. Elles peuvent bénéficier, par ailleurs, des aides financières pour la réalisation des études de faisabilité et l'organisation de leur implantation.

4.

FAUT-IL Y INVESTIR MAINTENANT?

La réponse à cette question appartient au chef d'entreprise. Il n'y a pas de réponse-type à une telle question. La réponse définitive ne peut être apportée qu'après une étude de faisabilité approfondie. Notre propos, à ce stade, consiste à analyser les arguments d'ordre général souvent invoqués par ceux qui sont favorables à la décision d'investir sans tarder comme par ceux qui y sont défavorables.

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Notre démarche consiste à : les arguments rables et défavorables,

- regrouper

en deux

séries:

favo-

- souligner certains éléments les pays de la région,

de comparaison

avec

La zone géographique de L'Asie du Sud Est et de l'Extrême-Orient, selon certains auteurs, comporte plusieurs groupes de pays: - le Japon, le pays asiatique le plus industrialisé dant capitaux et technologie sophistiquée, possé-

-

les "dragons" (Taïwan, Hongkong, Singapour et la Corée du Sud), qui ont connu un développement économique soutenu depuis quelques décennies. Dans ces pays nouvellement industrialisés, à technologie intermédiaire avec des situations financières différentes, on enregistre déjà: . des niveaux de revenu annuel par habitant en

1991 très différents de celui du Vietnam (200 dollars): environ 6500 dollars (Corée du Sud); environ 9.000 dollars (Taïwan), environ 14.000 dollars (Hongkong et Singapour).

.

une pénurie

de la main d'oeuvre

et le recours

simultané à l'immigration (dont celle du Vietnam), et à la délocalisation vers les pays asiatiques moins développés, stables sur le plan politique et fournisseurs de maind'oeuvre et de matières premières. 20

enfin, les pays de l'A.S.E.A.N. (Association des Nations du Sud-Est Asiatique) autres que Brunéi et Singapour (la Thailande, les Philippines, l'Indonésie et la Malaisie), et depuis quelques années la Chine, puis le Vietnam. Nos éléments de comparaison régionale du travail. s'appuient sur cette division

- tenir

compte

de

la compétitivité

globale

d'un

pays et non seulement de ses atouts course à la baisse du coût salarial.
Cette compétitivité faiblesses notamment: le savoir faire de la main d'oeuvre, le niveau technologique, premières, comporte également d'autres

dans

la

forces et

.
.

. .

les matières

l'environnement

productif.

Notre objectif est d'apporter des éléments d'analyse afin que le chef d'entreprise puisse déterminer si l'ensemble des forces et faiblesses du Vietnam devrait conduire l'entreprise à mener une étude de faisabilité, ou à s'orienter vers d'autres zones géographiques, voire à rester sur le marché intérieur.

21

4.1. QUELLES SONT LES FORCES DU VIETNAM? Ce sont: - les ressources humaines et naturelles

-les possibilités de développement
- la stabilité politique et sociale économiques

extérieur

- les

performances ture de ce pays.

réalisées

depuis

l'ouver-

4.1.1. Quelles sont les ressources

du Vietnam?

Le Vietnam est richement doté de ressources naturelles, en particulier de ressources minières, forestières et maritimes. (Ces ressources sont présentées au n° 14). Il dispose également d'une main-d'oeuvre qualifiable.
Sur le plan quantitatif, les vietnamiens dont 50% sont en âge de travailler, constituent la 12ème population du monde. Très jeune et bien instruite, en comparaison avec les pays de la région, cette main-d'oeuvre est, par ailleurs, très bon marché. Dans beaucoup de secteurs, le Vietnam se trouve aujourd'hui vis-à-vis des "dragons" et des pays de l'ASEAN dans la même position que ceux-ci ont eue il y a quelques décennies vis-à-vis des pays occidentaux et du Japon. Dans la mesure où les entreprises des "dragons" et des pays de l'ASEAN, trouvent que l'utilisation de cette main-d'oeuvre est assez avantageuse pour y investir, celles des pays occidentaux et du Japon devraient, ne serait-ce 22

que dans des domaines coût de transport,

à technologie encore

de base et à faible

y trouver

plus d'avantages.

4.1. 2. Quelles sont les possi bili tés pement économique extérieur?

de

dévelop-

Situé sur le côté gauche du Pacifique asiatique, le Vietnam est, depuis son ouverture il y a quelques années, impliqué dans le processus de développement de cette région. Celled compte déjà pour un sixième de la production mondiale et espère atteindre le niveau de la Communauté Economique Européenne à la fin de ce siècle. Le Vietnam a désormais de bonnes relations avec tous les pays de cette région:

-

ceux de l'ASEAN dont les relations Vietnam sont passées de l'affrontement, quelques années, à la coopération. actuelles entre

avec le il y a

Quelles sont les relations de l'ASEAN et le Vietnam?

les pays

Après la réunification du Vietnam en 1975, ces pays lui ont proposé de se joindre à eux pour créer une nouvelle structure d'intégration régionale. Le Vietnam qui avait à l'époque d'autres ambitions, a refusé cette offre. 11en est résulté le Traité d'Amitié et de Coopération, signé au sommet de Bali en 1976, qui a permis la création de l'actuelle ASEAN. Depuis l'intervention vietnamienne au Cambodge, ses pays membres, comme la Chine, l'Amérique et l'Europe, tournaient le dos au Vietnam. Après la signature des accords de paix au Cambodge en octobre 23

1991, le premier ministre Vo Van Kiêt a effectué des visites à Brunéi, à Djakarta, à Kuala Lumpur et à Manille. Les premiers ministres thailandais et malaisiens se son t rendus plus tard au Vietnam. Des accords ont été immédiatement signés pour les échanges diplomatiques et commerciaux. Les membres de l'ASEAN ont accepté la demande du Vietnam d'accéder au Traité de Bali d'Amitié et de Coopération, et offert à ce pays pour le moment Je statut d'observateur. C'est le premier pas vers l'adhésion prochaine du Vietnam à cette organisation. Dans cette attente, les échanges commerciaux se sont rapidement multipliés. Des projets d'assistance au développement ont fait l'objet d'accords gouvernementaux avec plusieurs pays membres.

- la

Chine après de longues années de rupture. Quelle est la situation actuelle des relations vietnamiennes?

sino-

Jusqu'à l'arrivée des Français au siècle dernier, les relations entre le Vietnam et ce grand voisin expansionniste furent caractérisées par une suite de crises et de guerres. L'intervention du Vietnam au Cambodge en 1978 et la protection qu'il a offerte à la "République Populaire du Cambodge" en janvier 1979, ont conduit la Chine à provoquer des "inciden ts militaires fron taliers ", puis à le pénaliser économiquement. Le Vietnam a été contraint de choisir l'URSS, l'Europe de l'Est et Cuba. L'effondrement du communisme en URSS et en Europe de l'Est, a conduit 24

le Vietnam à accepter comme partenaires économiques principaux les pays de la diaspora chinoise (Taïwan et Hongkong sont les deux premiers investisseurs; Singapour est le premier partenaire commercial). Dans ces conditions, les visites officielles de Mrs Do Muoi et Vo Van Kiêt en novembre 1991 à Pékin, et de Mr. Li Peng à Hanôi en décembre 1992 ont permis un rapprochement officiel. Il s'est traduit sur le plan commercial par l'augmentation des échanges entre les deux pays. Par ailleurs, des accords ont été signés pour ce qui concerne la coopération dans les domaines culturel, scientifique et technologique, ainsi que la promotion et la protection des investissements. Ces accords ne doivent pas faire oublier l'important contentieux non réglé entre les deux pays sur de nombreux sujets, notamment la dette vietnamienne et les revendications de la Chine sur les îles Paracels et Spratleys que les vietnamiens considèrent comme leur territoire depuis toujours.

- le Japon
bonnes

et l'Inde qui conservent relations avec ce pays. les Japonais au Vietnam

toujours

de

Que font 1992 ?

depuis

le début

Les choses sont en train d'évoluer très vite dans les relations entre le japon et le Vietnam. Entre 1978 et 1992, le gouvernement japonais a suivi la politique américaine avec quelques nuances. Pendant toutes ces années, le Japon a quand-même maintenu des relations commerciales avec ce pays. En 1991, la dernière année de cette 25

période de gel des relations financières, il a acheté au Vietnam environ 660 millions de dollars de marchandises dont 80% du pétrole brut vietnamien, et vendu au Vietnam pour 220 millions de dollars. Des créances commerciales ont été également accordées par ses grandes maisons de commerce international. Les entreprises japonaises y envoient depuis plusieurs années des centaines de délégations d'hommes d'affaires et d'équipes d'experts pour monter discrètement des projets. La presse japonaise a fait état dès le début de 1992 de la modification de la politique japonaise en matière d'investissements à l'étranger: - la réorientation des zones géographiques des investissements : diminution en Amérique et en Europe, augmentation en Asie, dans ce continent, les flux d'investissement en Chine et en Indochine augmentent au détriment des "dragons" et des pays de l'ASEAN. D'importantes évolutions ont été enregistrées au cours de l'année. Dans un premier temps, un syndicat de banques (Bank of Tokyo, DaiIchi Kangyo, Mitsubishi, Sakura, Sanwa et Tokai), a permis au Vietnam de rembourser les arriérés enregistrés avant le gel des relations financères en 1978, pour un montant de 23,5 milliards de yens. Après ce remboursement, le gouvernement accordé 45,5 milliards de yens de créances à 30 ans, à 1 % avec une franchise de 10 reprise de l'aide financière, les entreprises sont lancées dans la course à l'implantation. 26 japonais a commerciales ans. Après la japonaises se Depuis juillet

-

1992, une trentaine de bureaux de représentation ont été ouverts à Hanôi, et un peu plus à Hô Chi Minh Ville. Selon un sondage effectué au cours du premier semestre 1993 par Far Eastern Economic Review, les investisseurs japonais citent le Vietnam comme le pays préféré après la Chine et avant les pays de l'ASEAN. Les nouveaux projets, selon des informations officieuses, se caractérisent par: -la vitesse accélérée de leur présentation, -l'importance des capitaux investis,

- l'installation de nombreuses unités de production de délocalisation, - le choix sélectif des secteurs: l'agro-alimentaire avec une préférence pour les produits de mer, la banque, l'électronique et le pétrole. Par ailleurs, le Japon a joué un rôle très important en secondant la France en vue de réintégrer le Vietnam à la communauté financière internationale en 1993. Dans ces conditions, l'investissement des entreprises européennes dans ce pays se réalise dans le contexte d'une économie de croissance, notamment, grâce à l'intégration progressive du Vietnam à cette zone des grands marchés asiatiques. 4.1.3. Quelle est sa situation Pays communis te lancé politique dans 27 et sociale? des réformes

la voie

depuis 1987, le Vietnam se distingue de la quasitotalité de ses anciens alliés par sa stabilité politique et .sociale. Celle-ci devrait permettre l'exploitation d'importantes ressources naturelles et humaines après des années de guerre et d'erreurs de gestion économique. Cette stabilité est probablement renforcée par l'arrivée au pouvoir, ces dernières années, d'hommes déterminés à réformer l'économie du pays.
La politique de réformes 001 MOI a été décidée par le 6ème congrès du Parti Communiste en décembre 1986. Sur le plan économique, les premières réformes, trop calquées sur l'ancien système, se sont révélées finalement peu efficaces. D'autres mesures plus radicales ont été prises depuis 1989. Les nouveaux dirigeants du gouvernement (le Premier Ministre, Vo Van Kiêt et le premier Vice-Premier Ministre, Phan Van Khai), sont considérés par les observateurs comme des hommes aptes à porter le flambeau de la nouvelle politique de réforme. Ils ont tous les deux exercé d'importantes responsabilités économiques avant d'accéder à leurs fonctions actuelles. Ils sont d'engager par ailleurs bien connus pour le pays dans la voie des réformes. leur volonté

Le bilan du Premier Ministre comporte déjà des réalisations importantes pour le redressement de l'économie:

.

S'agissant

des relations

extérieures,

il a établi dès

sa prise de fonctions, d'excellents liens avec les pays de l'ASEAN, condition essentielle pour la réintégration du Vietnam dans l'économie mondiale de marché. La crois28

sance très rapide des opérations d'import/export et des flux d'investissement en provenance des pays voisins, illustre le résultat de son action. Il a continué celle-ci en 1993, notamment avec des pays européens et l'Australie.

.

S'agissant

de la réorganisation

de l'économie,

les

nouvelles mesures énergiques en matière monétaire prises à la fin de 1991 et en 1992 contre l'inflation, l'un des maux les plus graves de cette économie, et l'amélioration des dispositions législatives nécessaires au développement du secteur privé et à l'implantation des entreprises étrangères, sont à porter à son crédit. 4.1.4. Quelle Vietnam? est l'évolution de l'économie du

Nous notons depuis quelques années d'intéressantes performances de l'économie vietnamienne malgré un contexte très difficile. En effet, depuis 1990, le Vietnam est lourdement pénalisé par deux éléments fortement négatifs. D'une part, il continue à subir les conséquences néfastes de l'embargo américain. Contrairement à ce que le retrait des troupes vietnamiennes du Cambodge en septembre 1990 pouvait laisser espérer, les Etats-Unis ont décidé de maintenir l'embargo économique généralisé à tout le Vietnam depuis son intervention dans ce pays. D'autre part, il doit supporter de graves difficultés consécutives à la suppression brutale des aides économiques des pays de l'Europe de l'Est et de l'ex-URSS. Ces deux éléments constituent de très lourds handicaps pour l'économie vietnamienne.

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